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DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(F. Pelletier et G. Chouinard)
Pour le cultivar McIntosh, le stade nouaison est atteint dans la majorité des sites pour les régions du sud-ouest de Montréal, de la Montérégie et de Missisquoi.  En date du 2 juin, les fruits ont un diamètre moyen de 7-9 mm (cv McIntosh). Ce stade est également atteint dans certains sites plus chauds dans la région des Laurentides. En Estrie, les pommiers sont encore au stade calice, mais tout près du stade nouaison pour les sites les plus hâtifs. Dans la région de Québec, le stade calice a été atteint le 2 juin. La floraison a été de courte durée dans plusieurs régions, mais selon les rapports des collaborateurs du Réseau, la nouaison semble bonne pour la majorité des sites.

 

LA TAVELURE EST DÉCONFINÉE
(V. Philion)

Les premières taches de tavelure ont été rapportées dans un verger du sud du Québec. La position des feuilles affectées et donc la date de l’infection ne sont pas connues, mais les taches liées à l’infection du 15-18 mai sont en principe visibles depuis quelques jours. Dans les vergers où des taches sont visibles, les infections « secondaires » (propagation par les conidies) prennent le dessus sur les infections primaires, et la stratégie d’intervention doit être adaptée.

Dans les vergers dépistés où l’on ne trouve pas de taches, le modèle RIMpro continue d’être applicable. La réserve d’ascospores diminue graduellement, mais ne sera pas épuisée avant la mi-juin. Les éjections attendues avec les averses en cours et prévues d’ici au 6 juin mènent à des infections importantes (RIM > 300).

Méfiez-vous des averses ponctuelles. Chacune des pluies ne suffit pas à causer une infection, mais leur cumul est certainement favorable à la tavelure. Les spores éjectées peuvent survivre plusieurs heures, et chaque pluie subséquente permet l’infection d’une portion des spores éjectées.

La clef pour bien atteindre les spores (sans traiter indûment) est de renouveler les traitements en fonction de la croissance du feuillage et des éjections à risque. Le lessivage par la pluie est un facteur assez mineur. Après une séquence de plusieurs jours d’infection avec un cumul de RIM élevé, un traitement en post-infection est utile. Ne comptez pas sur un seul traitement en protection pour combattre plusieurs infections successives dont le risque cumulé est élevé. Des traitements de germination (stop) complémentaires ou en post-infection valent mieux qu’un abonnement à des traitements tout l’été pour protéger vos pommes.

 

CHANT DU CYGNE POUR LE BLANC
(V. Philion)

Dans les vergers au sud du Québec où le blanc est absent ou alors est actuellement limité aux bourgeons infectés l’an dernier, il est probable que la période de propagation « primaire » soit terminée. Les nouvelles contaminations ne seront possibles que si le blanc a déjà réussi à infecter de nouvelles pousses.

Cependant, dans les vergers où la propagation aux nouvelles pousses est visible, il sera difficile d’arrêter l’épidémie au moment où le temps chaud et humide reviendra. Un traitement « pénétrant » réalisé maintenant pourrait limiter les dégâts, mais combattre les épidémies de blanc déjà amorcées est difficile. La propagation s’arrêtera naturellement à la fin de la croissance annuelle (bourgeon terminal). C’est malheureusement aussi pendant cette période que les bourgeons (qui seront actifs l’an prochain) seront infectés.

L’arrachage des pousses infectées pendant les opérations d’émondage ou d’éclaircissage peut contribuer à ralentir la progression de la maladie.

INSECTES ET ACARIENS
(G. Chouinard et F. Pelletier)

Quelques premiers dommages de charançon de la prune ont été observés sur les jeunes fruits en Montérégie et dans la région de Missisquoi. Selon les prévisions météorologiques actuelles, aucune nuit propice à l’activité de cet insecte n’est prévue d’ici au 8 juin, mais les prévisions météorologiques peuvent changer rapidement. Les captures de carpocapse ont débuté dans l’ensemble des régions à l’exception de celle de Québec. Les observateurs du Réseau rapportent quelques sites avec un nombre élevé de captures en début de saison.

Image Agri-RéseauCarpocapse frustré par la présence de filets d’exclusion le 1er juin 2020, à Saint-Bruno . Photo : Francine Pelletier (IRDA)

Peu de captures d’hoplocampe sont rapportées pour les régions de la Montérégie, Missisquoi et du sud-ouest, alors que dans la région des Laurentides, le seuil localisé a été atteint dans plusieurs sites. En Estrie, peu de captures ont été observées, mais quelques dégâts présents près du calice sont rapportés dans certains sites. Une première capture est rapportée dans la région de Québec.

Une première chrysalide de tordeuse à bandes obliques (TBO) a été observée en Montérégie. Selon le modèle prévisionnel, les captures d’adultes devraient débuter vers la mi-juin dans les régions les plus chaudes (voir sommaire RAP).

Les tétranyques rouges ont commencé à pondre au cours de la dernière semaine en Montérégie. Le seuil d’intervention a été atteint dans quelques vergers où il n’y a pas eu d’application de traitement d’huile. Des tétranyques à deux points (adultes, œufs et larves) sont également présents à des niveaux faibles/variables selon les endroits.

Les premières observations localisées de colonies de pucerons roses sont mentionnées par les observateurs du Réseau.

Stratégies d’interventions spécifiques

  • Hoplocampe et TBO :  les interventions ne sont plus recommandées à ce stade dans les sites les plus chauds de la Montérégie et de l’Estrie, le stade protégé de ces ravageurs étant atteint. Dans les régions moins avancées, il faut intervenir rapidement, mais uniquement si le seuil d’intervention est atteint, afin de ne pas affecter inutilement votre portefeuille et vos travailleurs bénévoles (prédateurs et parasitoïdes)! Une autre fenêtre d’intervention contre la TBO s’ouvrira durant l’été, lorsque la prochaine génération de chenilles apparaîtra, si les seuils d’intervention sont atteints.
  • Charançon : si votre verger comporte un historique de dégâts et qu’aucune intervention postflorale efficace contre cet insecte n’a encore été appliquée, il faut prévoir une intervention à la faveur des prochaines journées favorables (consultez le sommaire de la semaine pour connaître la situation par région). Autrement, commencez le dépistage dès la nouaison afin de prévoir le besoin d’interventions additionnelles qui pourront être localisées.
  • Carpocapse : les populations peuvent être difficiles à contrôler, car les œufs éclosent sur une longue période, et le développement de résistance aux insecticides a été démontré au Québec. Les insecticides recommandés viseront soit les œufs, soit les larves tout juste sorties des œufs. Votre historique de dommages est la donnée la plus importante pour estimer le risque. L’approche générale est décrite à la fiche 76 du Guide de PFI. Toutefois, le recours à la confusion sexuelle et/ou à des modèles prévisionnels et aux services-conseils spécialisés est suggéré pour les situations problématiques.

Si vous utilisez la confusion sexuelle : le seuil d’intervention recommandé sous confusion est de 0,5 % de fruits attaqués. Plus de détails dans les fiches techniques sur la confusion sont accessibles à partir de la fiche 76 sur le carpocapse du Guide de PFI

Si vous n’utilisez pas la confusion sexuelle et qu’une intervention est nécessaire : selon les produits utilisés, l’application pourra viser les œufs ou les jeunes chenilles. Dans le premier cas, il faudra intervenir avant le début de l’éclosion de ces derniers (prévue autour du 11 juin dans les sites les plus chauds de la Montérégie, selon les prévisions actuelles du Réseau). Dans le deuxième cas, il faudra intervenir au pic d’éclosion des œufs (actuellement prévu la deuxième semaine de juillet en Montérégie).

Retenez toutefois ceci si vous optez pour la protection par pulvérisations :

    • Chaque période d’intervention « propice » a une date de début, mais aussi une durée qui peut être très longue dans le cas du carpocapse. Ainsi, selon les prévisions actuelles, l’éclosion des œufs de la première génération va s’étaler sur 7 semaines en Montérégie. Il importe donc de maximiser la durée d’action de chaque application d’un pesticide et de ne pas commencer les interventions dès le début d’une période propice, selon le produit utilisé et la météo.
    • Bien entendu, un verger hâtif  ayant un important historique de dommages pourrait devoir commencer à être protégé plus tôt  – dès cette semaine si les conditions météo sont favorables à une bonne efficacité résiduelle – et nécessitera un plus grand nombre d’applications pour couvrir la plus grande période de risque.
    • Si vous avez aussi du petit carpocapse (fiche 85 du Guide de PFI), les produits efficaces contre le carpocapse réprimeront également son « petit » cousin (même si idéalement les applications pourraient être faites quelques jours plus tôt).
    • Les diffuseurs actuellement utilisés pour la confusion sexuelle du carpocapse sont aussi efficaces pour combattre le petit carpocapse.

APPORTS EN CALCIUM 
(V. Philion et G. Chouinard)

Le calcium contribue à la fermeté des fruits tout en réduisant plusieurs problèmes phytosanitaires (point amer, brunissement, tavelure, blanc, etc.). Dès le stade calice,  il est temps de débuter les applications de calcium, dont la première peut être faite en mélange avec du bore. C’est aussi le moment de penser à ranger l’azote et donc d’éviter le nitrate de calcium. Une proposition sur l’ABC de la fertilisation en azote, bore et calcium en lien avec la phytoprotection, à lire ou à relire : La fertilisation sans nuire à la phytoprotection.

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 2 JUIN
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau Pommier. Nos analyses de situation les plus récentes sur les maladies, les plus récentes observations sur les ascospores de tavelure et les prévisions des modèles RIMpro sont disponibles en tout temps (cliquez sur les liens pour y accéder).

 

Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.
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