Dernière mise à jour le 9 mai 2015

État de la situation

Plusieurs sites rapportent l’ouverture de fleurs de poiriers et de pommiers hâtifs. Comme le feu bactérien (Erwinia amylovora) est favorisé par la température élevée que nous constatons actuellement, la crainte de cette maladie augmente (Voir fiche 104). Or il semble que la peur grimpe plus rapidement que le risque réel. Différents modèles existent pour prédire le feu bactérien et aucun n’est parfait. Même si les modèles partagent des similarités, ils ne s’entendent pas toujours. De plus, aucun modèle ne couvre toutes les connaissances sur cette maladie. Les modèles empiriques utilisés dans certaines régions (ex: Cougar Blight), prédisent des risques d’infection importants avec la pluie prévue la nuit prochaine pour les fleurs ouvertes hier et aujourd’hui. Le simulateur RIMpro dont la courbe de réponse à la température et la source des prévisions est différente, ne prévoit pas de risque important d’ici à demain midi. Pour les deux modèles, l’infection prévue pourrait être modifiée selon la température observée et selon l’heure d’arrivée de la pluie. Les fleurs qui vont ouvrir demain et dans les jours suivants ne seront pas à risque puisque la température ne sera plus favorable à la maladie. Les graphiques de prédictions de RIMpro mis à jour en continu sont disponibles pour chaque localité en cliquant le lien.

Cipra Cougar Oka 2015

RIMpro Oka 2015 avec annotations

Sans égard aux modèles, la gravité du feu bactérien associée à l’infection sur les toutes premières journées de floraison de l’année est généralement faible pour différentes raisons:  les chancres ne sont pas encore tous actifs, le nombre de fleurs est faible et les rares insectes devenus porteurs de la bactérie ne peuvent donc pas causer beaucoup de dégâts. En fait, les bactéries sont rarement détectées sur fleurs en début de floraison. Le risque augmente fortement à mesure que le floraison progresse et c’est souvent le risque des dernières fleurs ouvertes qui est sous estimé. Le froid des prochains jours va limiter le risque associé aux bactéries qui seront transportées à partir des fleurs ouvertes. Notez cependant que même en absence de risque à la floraison, des symptômes de feu bactérien apparaissent à chaque année dans les vergers affectés au cours des années précédentes en lien avec les  invasions des chancres (canker blight). Aucun traitement floral ne peut limiter cet aspect de la maladie.

Stratégie d’intervention PFI

Dans les vergers où aucune fleur n’est ouverte ou dans les vergers avec fleurs ouvertes dans les secteurs sans antécédent de feu bactérien, aucune intervention n’est recommandée. Dans les secteurs avec fleurs ouvertes et un antécédent important de feu bactérien, les avis agronomiques divergent. Comme les conséquences éventuelles de cette maladie sont beaucoup plus importantes que les couts associés aux traitements et que les possibilités de traitement au cours des prochains jours peuvent être limitées par la pluie, des avis de traitement ont été publiés par des agronomes du réseau. Du strict point de vue de l’épidémiologie, le nombre de foyers de la maladie qui apparaitront en lien avec l’infection des fleurs ouvertes hier et/ou aujourd’hui sera très faible si peu de fleurs sont ouvertes et un traitement ne serait donc pas nécessaire. Dans les cas extrêmes où des traitements sont néanmoins jugés nécessaires, la fiche 106 du guide PFI couvre en détails les différentes interventions possibles en période florale. Ne traitez que les blocs (rangées) où des fleurs ouvertes jugées à risque sont présentes.