Dernière mise à jour le 9 mai 2015

État de la situation

Les ascospores de Venturia inaequalis qui sont responsables des infections primaires de la tavelure du pommier doivent arriver à maturité avant d’être éjectées pendant les pluies et atteindre les feuilles du pommier. Cette année, la maturation des spores est fortement retardée par rapport au développement du pommier et les conditions chaudes et sèches que nous avons rencontré au cours de la dernière semaine retardent davantage cette maturation. Les éjections forcées au laboratoire à partir d’échantillons de litière très tavelée  ont peu progressé ou sont restées nulles alors qu’au stade du bouton rose les éjections devraient entrer dans une phase de progression rapide. Ces écarts sont fréquents dans les pays secs mais un retard aussi important est rarement observé au Québec. Une sécheresse qui perdure provoque même l’avortement d’une fraction de plus en plus importante des spores de l’année. L’arrêt de la maturation des spores par temps sec est intégré dans le modèle RIMpro et les simulations reflètent que l’inventaire des spores à maturité n’augmente que très faiblement. La prochaine pluie prévue ce soir va rétablir l’activité de ce champignon.

Stratégie d’intervention

La pluie toujours prévue au cours des prochains jours va vraisemblablement provoquer une infection de tavelure, mais la gravité de cette infection sera moindre que celle indiquée par les modèles. Si la pluie débute cette nuit, la ré-humectation de la litière facilitera une éjection plus importante demain, mais cette éjection ne sera pas très forte. En temps normal, la première journée de pluie contribue davantage à l’infection parce que la réserve de spores est éjectée le premier jour. Cette fois, les infections des jours suivants seront plus à craindre à mesure que les spores arriveront à maturité et votre stratégie d’intervention devrait en tenir compte. Une couverture marginale pour la pluie de demain mais optimisée en vue des prochaines pluie est donc préférable à l’inverse.