Dernière mise à jour le 8 août 2019

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(G. Chouinard)

La carence en pluie que nous connaissons actuellement n’est pas propice au bon développement de la récolte à venir. Le calibre des pommes est inférieur au calibre habituel à pareille date, et des opérations comme l’éclaircissage manuel des fruits (voir plus bas) et l’irrigation sont requises dans bon nombre d’exploitations – veillez à évaluer la situation dans la vôtre!

INSECTES ET ACARIENS
(F. Pelletier et G. Chouinard)

Avec la fin de la 1ère génération, les captures de carpocapse étaient faibles dans la plupart des vergers depuis la dernière semaine de juillet. Ces derniers jours, le début du vol de la 2e génération du carpocapse a toutefois été observé en Montérégie-Ouest et dans les Laurentides.

Les captures de mouche de la pomme sont variables d’un verger à l’autre mais dans l’ensemble moins de la moitié des parcelles ont atteint le seuil d’intervention jusqu’à présent. Selon le modèle prévisionnel, le pic de captures a été atteint la semaine dernière dans les régions les chaudes (sud-ouest et Montérégie) et sera atteint la prochaine semaine en Estrie et dans les Laurentides (voir le sommaire de la semaine).

Les observateurs du Réseau rapportent une augmentation des populations d’acariens phytophages dans certaines parcelles mais les populations demeurent jusqu’à présent sous les seuils d’interventions dans la majorité des cas. Leurs prédateurs naturels sont présents en grand nombre dans plusieurs sites avec l’apparition d’importantes populations de phytoséides et la forte présence de punaises de la molène (qui sont 100% utiles durant l’été, ne l’oublions pas) dans plusieurs vergers.

La présence localisée de punaises pentatomides et quelques dommages sur fruits sont rapportés par certains observateurs du Réseau dans les régions de la Montérégie, du sud-ouest de Montréal et de Missisquoi.

Des observateurs du Réseau rapportent la présence localisée de scarabée japonais, occasionnant des dommages sur feuilles parfois importants surtout dans le cultivar Honeycrisp, notamment en Montérégie, au sud-ouest de Montréal, dans la région de Missisquoi et en Estrie.

Adulte de scarabée japonais. Photo IRIIS phytoprotection.

Stratégies d’intervention

TAILLE D’ÉTÉ ET LUTTE AUX TORDEUSES

La taille d’été est la première recommandation du Réseau pour la lutte contre la tordeuse à bandes obliques (TBO) en période estivale.  Déjà nécessaire afin d’augmenter la qualité des fruits et l’équilibre des arbres trop vigoureux,  la taille d’été constitue une bonne méthode de lutte contre la TBO (et les pucerons verts). La période idéale pour cette opération débute au moment où les pousses annuelles terminent leur croissance et peut se prolonger jusqu’à 15 jours avant la récolte. Vous pouvez aussi effectuer un dépistage des chenilles sur les pousses afin de déterminer s’il est temps d’entreprendre l’élagage des gourmands pour la répression des tordeuses.

  • Élaguez tous les gourmands ainsi que les rameaux semi-dressés qui sont en surnombre, mais en conservant toutefois un nombre suffisant de rameaux pour le renouvellement de la récolte.
  • Attention : selon son degré de sévérité, la taille d’été peut diminuer de façon importante la vigueur de l’arbre. Évitez d’affaiblir davantage des pommiers qui manquent déjà de vigueur
  • Profitez de la taille d’été pour supprimer les fruits en surnombre (voir la fiche 43 du Guide de PFI pour les méthodes d’éclaircissage manuel), ce qui permettra de réduire encore plus les dégâts de tordeuses et d’augmenter la qualité de votre production.

CALCIUM ET PROTECTION PHYTOSANITAIRE

Même si les applications de calcium à cette période sont moins efficaces pour réprimer le point amer que celles effectuées plus tôt, les apports foliaires en août et septembre peuvent rehausser le niveau de cet élément dans les fruits, si les conditions d’absorption sont bonnes. De toutes les formulations de calcium, le chlorure (CaCl2) sous forme de flocons (77% CaCl2, soit 28-29% Ca) est la plus efficace et la moins chère et son usage est permis en production biologique. Le chlorure de calcium (mais pas les autres formes de calcium) réprimera en partie la tavelure (feuilles et fruits), le blanc, la suie-moucheture, la pourriture amère et les pourritures d’entreposage. Évitez la forme « nitrate » sur les fruits si on veut améliorer leur fermeté!  Attention le chlorure de calcium est toutefois délicat à appliquer en fin de saison. Pour réduire les risques de phytotoxicité et de maturation accélérée des fruits, ne pas appliquer lors de conditions de séchage très lentes, lorsque la température dépasse 26-27°C ou que le feuillage est déjà fragilisé par des ravageurs (ex : acariens). Ajuster alors la dose de chlorure de calcium à la baisse et attendre la baisse de la température en soirée avant de traiter. Pour plus d’infos sur le calcium en phytoprotection cliquez ici. Consultez également la fiche 117 du Guide de PFI pour plus de détails sur les applications de FRUITONE et RETAIN à effectuer  afin de minimiser les pertes à la récolte. Profitez-en aussi pour consulter la fiche 118 (suivi de la maturité et de la qualité des fruits).

POUR EN SAVOIR PLUS EN PÉRIODE ESTIVALE
(G. Chouinard et F. Pelletier)

Avec la fin de la période critique pour la tavelure et la majorité des interventions de base ayant été effectuées en période préflorale et postflorale, la fréquence des avertissements sera réduite au cours des prochaines semaines. Le Réseau-pommier continue toutefois à suivre l’activité des insectes et des maladies et nos sources d’informations ci-après sont toujours mises à jour :

BONNE RÉCOLTE À TOUS!

Cet avertissement a été préparé par Gérald Chouinard, agronome, Ph. D. Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du réseau Pommier ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.