Outils disponibles pour lutter contre le feu bactérien. Bouton rose dans les pommiers pour la Montérégie. Floraison dans les poiriers et pruniers en Montérégie. Floraison des pommiers à venir bientôt pour le sud du Québec. Introduction des ruches et protection des pollinisateurs et des espèces utiles. Tavelure : infection importante aujourd’hui. Bicarbonate de potassium et soufre : bonne nouvelle pour le mélange. Punaise terne moins active dans les derniers jours. Début des captures pour l’hoplocampe des pommes. Augmentation des observations des larves de tordeuse à bandes obliques. Début de la pose des pièges et des diffuseurs pour le carpocapse de la pomme dans le sud du Québec.
OUTILS DISPONIBLES POUR LUTTER CONTRE LE FEU BACTÉRIEN
(S. Gervais)
La floraison approche à grands pas ou est commencée pour les régions les plus au sud.
Pour les prévisions RIMpro de feu bactérien, consultez le modèle prévisionnel feu bactérien en sélectionnant d’abord le modèle et ensuite la station météo la plus proche de chez vous.
Consultez les fiches L.6-Le feu bactérien : biologie et L.8-Le feu bactérien : stratégies de lutte du Guide de production fruitière intégrée (Guide de PFI) pour plus d’information.
DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(S. Gervais et J. Tinslay)
Selon les sites, le stade « bouton rose » a été atteint pour la McIntosh en Montérégie-Ouest. Le stade « pleine floraison » arrivera en fin de semaine ou au début de la semaine prochaine avec la chaleur. Quelques cultivars hâtifs comme Sunrise ont quelques fleurs. La floraison est observée dans les poiriers et les pruniers dans cette région.
En Montérégie-Est, les stades atteints varient selon les secteurs, allant du stade « pré-bouton rose » à « bouton rose ». Les pruniers et les poiriers sont en début de floraison. Au verger pilote de Saint-Bruno-de-Montarville, le stade « pré-bouton rose » est atteint pour la McIntosh.
Dans les régions des Laurentides, de l’Estrie et du Centre-du-Québec, le stade « pré-bouton rose » est atteint pour la McIntosh. Les premières fleurs dans les pruniers ont aussi été observées dans les Laurentides.
Dans les régions de Québec, de la Mauricie et de Chaudière-Appalaches, les stades varient de « débourrement » à « débourrement avancé ».
En Gaspésie, les pommiers ont atteint le stade « pointe verte » ou « débourrement avancé » selon le site.

Développement des pommiers en Montérégie le 11 et 12 mai 2026
Source : Conseil Sud-Ouest et IRDA
Selon le modèle prévisionnel de CIPRA consulté le 13 mai 2026, le stade « floraison » pour le cultivar McIntosh arrivera :
- entre le 16 et le 18 mai en Montérégie-Ouest
- entre le 18 et le 20 mai en Montérégie-Est et à Missisquoi
- entre le 20 et le 25 mai dans les Laurentides et en Estrie
Pour les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, le stade « pré-bouton rose » est prévu entre 16 et 22 mai.
Pour le Bas-St-Laurent, le stade « débourrement avancé » est prévu entre le 14 et le 17 mai.
Surveillez vos pommiers! Vous pouvez sélectionner le modèle prévisionnel Phénologie McIntosh pour la station météo près de chez vous sur le site Web Agrométéo Québec.
LES POLLINISATEURS ET LES ESPÈCES UTILES
(S. Gervais)
La floraison a débuté dans les poiriers en Montérégie-Ouest et celle des pommiers suivra très bientôt. Pour obtenir des conseils sur la pollinisation (nombre de ruches, période d’introduction des ruches, emplacement des ruches et approvisionnement en eau pour les abeilles), consultez la fiche Conduite pour un développement et une mise à fruit optimaux du Guide de PFI.
Des pollinisateurs sauvages et des espèces utiles (araignées, punaises réduves, coccinelles et chrysopes) ont été observés dans les vergers par les collaborateurs du réseau. En tant qu’utilisateur de pesticides, vous avez la responsabilité de prévenir l’intoxication des abeilles, des pollinisateurs indigènes et des autres espèces utiles. Cela inclut notamment l’obligation légale de ne pas pulvériser de pesticides toxiques pour les abeilles pendant la floraison.
S’il est indispensable d’appliquer des pesticides pendant la floraison, il faut se limiter aux produits peu toxiques ou inoffensifs et les appliquer entre 19h et 7h, moment où les abeilles sont à la ruche. L’information sur la toxicité des pesticides envers les abeilles et les autres espèces utiles est disponible dans l’affiche Production fruitière intégrée 2026 et dans la fiche Les espèces utiles, une ressource à protéger du Guide de PFI.
TAVELURE ET BICARBONATE DE POTASSIUM ET SOUFRE
(V. Philion)
Tavelure
Dans les vergers où la tavelure est historiquement problématique (émondage négligé, pulvérisateur déficient, spores abondantes), un seul passage de pulvérisateur ne peut pas protéger toutes les surfaces contre l’arrivée massive de spores. Une stratégie à deux passages est donc parfois nécessaire, voire essentielle.
L’efficacité des fongicides est souvent mise en cause dans les cas d’échecs. Ce facteur joue certainement, mais n’explique pas tout. Notez cependant qu’à la pleine dose homologuée, les produits n’ont pas une efficacité égale. Le tableau d’efficacité à dose équivalente montre bien les produits moins performants.
L’efficacité des produits peut aussi être graduellement compromise par la résistance. Les fongicides qui appartiennent au groupe 11 (ex.: Flint) ne sont plus efficaces dans plusieurs vergers au Québec. Les fongicides qui appartiennent au groupe 9 (ex.: Scala) n’ont jamais été très performants et la résistance s’installe. Dans les vergers où le Nova était populaire, même le Cevya montre des signes d’essoufflement. Pensez à inclure d’autres familles de fongicides dans vos rotations. Les produits plus anciens comme Syllit (dodine), les produits Allegro/Downforce/Vantana (fluazinam) sont efficaces, de même que la nouvelle famille 52 (Migiwa).
Le mélange de Bicarbonate de potassium (B2K) et de soufre (ex: B2K (4 kg/ha) + Kumulus (4 kg/ha) est une avenue intéressante à la fois efficace, sécuritaire pour la santé et l’environnement et abordable. Dans la mesure où le traitement est bien positionné et que votre pulvérisateur couvre bien le feuillage, l’efficacité de cette solution « bio » est excellente.
Le risque de pluie des prochains jours est centré sur l’éjection prévue aujourd’hui. Les éjections prévues demain contribuent au risque, mais leur apport sera moindre. Dans la mesure où vous avez un traitement de protection déjà en place et qu’un traitement additionnel en post infection est jugé nécessaire, la fenêtre d’intervention la plus efficace avec le B2K+soufre débute ce soir (après les éjections) et se termine demain soir avant que le champignon puisse vraiment s’installer.
La perte d’efficacité de B2K + soufre commence quand le champignon a accumulé >400 degrés-heures (DH) après le début de la pluie, soit au moment où on dépasse le pic de la zone orange du graphique RIMpro. La fenêtre avec vent faible pendant la pluie prévue demain matin dans la région montréalaise est parfaite pour cette intervention.
Infection prévue aujourd’hui le 13 mai à Saint-Bruno-de-Montarville
Source : RIMpro
Avis bicarbonate et soufre
Une nouvelle étiquette pour le bicarbonate de potassium (#32451) apparaîtra d’ici quelques jours sur le site de la DRP (anciennement ARLA) ; depuis lundi le 11 mai (juste à temps pour la saison des grosses infections), il est désormais légal de mélanger en cuve le bicarbonate de potassium et le soufre pour lutter contre la tavelure du pommier.
TÉTRANYQUE ROUGE ET COCHENILLE
(S. Gervais et J.Tinslay)
La présence des ravageurs est très variable, tout comme les recommandations de traitement. Il est recommandé de consulter la section sur le dépistage et traitement de l’avertissement N° 2 du 22 avril 2026, afin de déterminer si une intervention est pertinente pour votre verger.
Une éclosion des œufs a été observée dans la région de Missisquoi uniquement. Le modèle prévisionnel CIPRA indique toutefois que les oeufs ont éclos dans la plupart des régions dans le sud du Québec ; il est possible que le modèle soit trop en avance sur le développement de ce ravageur. Il est donc primordial de vérifier si les œufs sont éclos et la présence de « formes mobiles » du tétranyque dans votre verger avant de penser à intervenir avec l’huile.
L’éclosion des œufs est prévue selon le modèle prévisionnel CIPRA:
- entre le 14 et 18 mai pour le Centre-du-Québec et l’Outaouais
- à partir du 18 mai pour la Mauricie.
Consultez l’avertissement N° 2 du 22 avril 2026 pour les conditions d’application et la fiche J.2- Le tétranyque rouge du pommier pour les conseils supplémentaires pour les traitements à l’huile au stade « pré-bouton rose » et « bouton rose ».
PUNAISE TERNE ET HOPLOCAMPE DES POMMES
(S. Gervais)
L’activité de la punaise terne a été généralement faible dans la dernière semaine pour la majorité des régions. Tant que la floraison n’est pas commencée, un traitement peut être possible si le seuil d’intervention est atteint. Prendre note qu’il est interdit d’appliquer un insecticide contre ce ravageur pendant la floraison incluant les poiriers et les pruniers. Pour les régions plus au nord, les stades phénologiques « débourrement » et « débourrement avancé » du pommier ne sont pas assez avancés pour causer un risque de dommages sur les fruits causés par ce ravageur. Consultez la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI et également la fiche sur le ravageur I.5-La punaise terne pour plus d’information.
Les premiers adultes d’hoplocampe des pommes ont été observés en Montérégie-Ouest la semaine dernière. Pour les méthodes de dépistage, consultez la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI. Il peut être fréquent que le seuil d’intervention soit atteint pendant la floraison alors que les interventions insecticides contre ce ravageur à ce stade phénologique sont interdites. La meilleure fenêtre d’intervention sera au stade « calice » du pommier.
Hoplocampe des pommes, Montérégie-Ouest
Source : Lauréline Boyer, Pleine Terre
CHENILLE PRINTANIÈRE ET TORDEUSE
(S. Gervais)
Situation actuelle :
Des chenilles printanières, comme la noctuelle du fruit vert et autres tordeuses, ont été observées au cours de la dernière semaine dans les vergers du sud du Québec. Les premières chenilles printanières ont également été observées dans la région de Chaudière-Appalaches.
Une augmentation des observations de larves de tordeuse à bandes obliques a été notée dans le sud du Québec. Aucune capture de papillons n’a toutefois été signalée jusqu’à présent.
Dépistage et seuil de traitement :
La méthode de dépistage des tordeuses sur le feuillage est décrite au tableau-synthèse Dépistage par observation des fruits ou du feuillage de la fiche I.1- Grilles de dépistage pour les vergers.
Traitement :
Pour les chenilles printanières, si l’historique de dommages sur les fruits à la récolte ainsi que le dépistage printanier indiquent une présence importante, la meilleure fenêtre d’intervention se situe avant la floraison. Consultez la fiche sur le ravageur pour plus d’information.
La tordeuse à bandes obliques est un ravageur difficile à combattre à l’aide d’insecticides; les pratiques préventives sont donc très importantes pour limiter sa présence. Il est recommandé de réduire les abris où les larves peuvent se cacher grâce à une bonne gestion de la taille (hivernale et estivale) ainsi qu’à un éclaircissage adéquat. Si le seuil d’intervention le justifie, l’approche de la floraison dans les régions plus au sud offre une première fenêtre d’intervention avec le Bt (Bacillus thuringiensis), à condition que les conditions météorologiques soient favorables, soit une température d’au moins 15 °C (idéalement 20 °C), peu ou pas de vent, et une application en fin de journée ou sous un couvert nuageux, puisque le produit est sensible aux rayons UV.
CARPOCAPSE DE LA POMME
(S. Gervais et J. Tinslay)
L’installation des diffuseurs pour la confusion sexuelle du carpocapse de la pomme ainsi que la pose des pièges a été entamée au cours de la dernière semaine dans le sud du Québec. La confusion sexuelle est une pratique à moindre risque efficace dans la répression des carpocapses de la pomme. L’article Focus sur une pratique à moindre risque (1): la confusion sexuelle contre le carpocapse de la pomme détaille l’efficacité et le fonctionnement de cette méthode.
Consultez la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers et la fiche I.11-Le carpocapse de la pomme pour plus détails sur le suivi et la répression du carpocapse de la pomme.
FERTILISATION FOLIAIRE
(S. Gervais)
Consultez le Calendrier de fertilisation foliaire du pommier afin d’apporter les éléments nutritifs essentiels pour obtenir des rendements optimaux et des fruits de qualité, sans pour autant accroître les problèmes de maladies et d’insectes.
RECHERCHE DE PRODUCTEURS
Dans le cadre d’un projet portant sur l’impact des changements climatiques sur la qualité des fruits lors de l’entreposage, Mick Wu (biostatisticien à l’IRDA) et le consortium Ouranos souhaitent développer des outils de gestion des risques mieux adaptés à chaque région. Ces outils tiendront compte des caractéristiques du sol et du climat.
Des entrevues seront réalisées auprès de producteurs afin de mieux comprendre votre expérience sur le terrain et les impacts des changements climatiques que vous observez.
- Rencontre de 1h-2h : compensation de 150 $
- Rencontre de 1h-2h + rapports de déclassement depuis 2008 (au moins 3 ans) : compensation de 300 $
Pour plus d’informations ou pour vous inscrire, contactez mick.wu@irda.qc.ca
RESSOURCES ET OUTILS POUR LA GESTION DE LA TAVELURE
(S. Gervais)
Consultez l’avertissement N° 1 publié le 15 avril dernier dans la section « Messages techniques régionaux » pour accéder à différents outils et liens utiles afin d’optimiser vos interventions contre la tavelure du pommier.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Stéphanie Gervais, agronome, M. Sc., Vincent Philion, agronome, M. Sc., phytopathologiste (IRDA) et Jessee Tinslay, M.Sc., professionnelle de recherche (IRDA). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Pommier ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agronome et Lise Bélanger (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

