L’éclaircissage est en cours ou en voie de l’être pour les régions plus au nord. Maladies et fertilisation : sortie des taches de tavelure; cibler la suie-moucheture dès le début de l’été dans les vergers à risque; privilégier les applications foliaires de chlorure de calcium et corriger les carences en magnésium avec du sel d’Epsom, en évitant tout mélange avec le chlorure de calcium. Le charançon de la prune est très actif en ce moment dans le sud du Québec et commence son activité dans le nord. L’éclosion des œufs du carpocapse est à venir pour le sud du Québec. Population d’acariens plutôt faible pour le moment. Premiers vols des adultes de la sésie du cornouiller à venir; l’installation des diffuseurs pour la confusion sexuelle est une méthode de lutte recommandée pour les vergers ayant des problématiques importantes.
DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(J. Tinslay)
En Montérégie et en Estrie, les calibres rapportés sont :
- De 6 à 15 mm pour la ‘McIntosh’
- De 8 à 13 mm pour la ‘Spartan’, la ‘Cortland’, et la ’Empire’
- De 12 à 18 mm pour la ‘Paulared’
- 9,5 mm pour la ‘Ambrosia’ (donnée rapportée de Montérégie-Ouest seulement)
- 12 mm pour la ‘Sunrise’ (donnée rapportée de Montérégie-Est et Estrie)
- 14 mm pour la ‘Honeycrisp’ (donnée rapportée de Montérégie-Est seulement)
Dans les Laurentides, une double floraison est observée dans certaines variétés, telles que la ‘Paulared’, la ‘Ambrosia’ et la ‘Passionata’, et le calibre rapporté est en moyenne entre 12 et 13 mm.
Au Centre-du-Québec, le stade « nouaison » est entamé.
Dans la région de la Capitale-Nationale, la ‘McIntosh’ a atteint un calibre de 6 mm en moyenne.
Dans les régions de Chaudière-Appalaches et de la Mauricie, la majorité des variétés ont atteint le stade « calice », dont certaines sont en fin de floraison et d’autres ont atteint le stade « nouaison ».
Dans la région de la Gaspésie le 8 juin, le début de la floraison jusqu’à la pleine floraison ont été observés.

‘Belmac’ dont le calibre moyen est de 18,1 mm
Photo : Conseil Sud-Ouest
Selon le modèle prévisionnel de CIPRA consulté le 10 juin 2026, voici les prochains stades à venir pour le cultivar ‘McIntosh’, pour les régions plus au nord :
- Bas-Saint-Laurent : le stade « calice » est prévu le 11 juin pour Kamouraska et le stade « nouaison » est prévu le 13 juin pour La Pocatière.
- Gaspésie : le stade « calice » est prévu pour le 15 juin.
Surveillez vos pommiers! Vous pouvez sélectionner le modèle prévisionnel Phénologie McIntosh pour la station météo près de chez vous sur le site Web Agrométéo Québec.
L’ÉCLAIRCISSAGE, ÇA SE POURSUIT
(S. Gervais)
Beaucoup de vergers ont réalisé leur éclaircissage dans le sud du Québec au cours de la dernière semaine. D’autres interventions sont à venir selon le calibre et la variété. Dans le nord du Québec, les opérations d’éclaircissage sont sur le point de débuter.
Consultez l’avertissement N° 7 du 20 mai 2026 pour les outils et les informations concernant le contrôle de la charge fruitière et l’éclaircissage.
Pour plus d’information, vous pouvez consulter le webinaire horticole 2026 Éclaircissage des pommes et utilisation des modèles RIMpro en ligne sur la chaîne YouTube du MAPAQ.
MALADIES ET FERTILISATION
(V. Philion)
Tavelure
Dans le sud du Québec, toutes les taches en lien avec les infections sur les feuilles du bouquet floral (feuilles de rosette) devraient déjà être apparentes, ainsi que les taches sur pousses issues des infections jusqu’au 15 mai. D’ici quelques jours, toutes les taches de l’infection du 24 et 25 mai seront aussi visibles. Dans les vergers dépistés où la tavelure n’est pas apparue, il est possible de réduire fortement la fréquence de vos interventions. Les rares ascospores encore présentes ne peuvent pas provoquer un risque mesurable. Le fauchage et la décomposition naturelle de la litière vont achever l’inventaire résiduel sans l’aide de fongicides.
Dans les vergers où la suie-moucheture cause des pertes économiques, vos traitements peuvent cibler cette maladie. Les traitements en début d’été sont beaucoup plus utiles qu’à la fin de l’été.
Dans les vergers où le blanc est présent, il faut continuer à protéger les pousses jusqu’à l’apparition du bourgeon terminal. Débuter un programme de traitement contre le blanc à cette période de l’année n’est pas utile.
Fertilisation
Le chlorure de calcium vendu sous forme de flocons (77 % CaCl2, soit 28 % Ca) est de très loin la meilleure stratégie de traitement foliaire pour les apports de calcium. Toutes les formulations « alternatives » apportent moins de calcium et sont plus chères. Les traitements pendant la période de multiplication cellulaire des fruits, soit les 6 semaines suivant le début du stade calice, sont les plus utiles. Par exemple, 6 applications hebdomadaires de 4 kg/ha (24 kg de chlorure de calcium, soit 6,7 kg de calcium par ha) est un minimum. La teneur en calcium des autres formulations rend impossible un apport optimal. Le chlorure de calcium a comme défaut principal qu’il est corrosif pour les équipements. Rincez bien vos pulvérisateurs. Les laveuses à pression sont très abordables et se rentabilisent rapidement considérant l’efficacité du chlorure de calcium par rapport aux autres produits.
Magnésium
Dans les vergers où des déficiences apparaissent, les traitements foliaires de sel d’Epsom peuvent compenser des apports au sol insuffisants. Pour obtenir une quantité utile de magnésium, il faut beaucoup de sel d’Epsom (10 % magnésium). Une application de 40 kg/ha donne 4 kg/ha de Mg, soit l’ordre de grandeur suggérée dans la fiche PFI et dont la dose est référencée dans le document.
Le chlorure de calcium est incompatible avec le sel d’Epsom et génère un précipité de sulfate de calcium (gypse ou plâtre de Paris) qui peut bloquer les buses. Même si la bouillie passe, le calcium précipité ne sera probablement pas absorbé.
CARPOCAPSE DE LA POMME
(S. Gervais)
Les captures du carpocapse de la pomme sont en augmentation en Montérégie-Ouest et dans les Laurentides, où les seuils d’intervention ont été atteints. En Montérégie-Est, les captures du carpocapse de la pomme et du petit carpocapse demeurent faibles dans la majorité des secteurs.
Les premières captures du carpocapse de la pomme ont été observées dans les régions de Québec, de Chaudière-Appalaches et de l’Estrie. En Estrie, une augmentation des captures du petit carpocapse a également été enregistrée.
Selon le modèle prévisionnel CIPRA, le début de l’éclosion des œufs est prévu au cours de la prochaine semaine en Montérégie et dans les Laurentides, ou dès la fin de la présente semaine dans le secteur de Franklin.
Pour les régions de l’Estrie, de Chaudière-Appalaches et de Québec, les premières pontes sont prévues respectivement autour du 12, du 15 et du 19 juin.
Dans la fiche PFI sur le carpocapse de la pomme, à la section « Moment du traitement », vous trouverez les périodes d’intervention recommandées ainsi que les produits appropriés. Consultez également le modèle prévisionnel disponible sur Agrométéo Québec en sélectionnant le modèle « Carpocapse de la pomme » afin de connaître la date correspondant au cumul de degrés-jours, si vous devez utiliser cette approche.
Consultez la fiche Grilles de dépistage pour les vergers et la fiche Le carpocapse de la pomme pour plus de détails sur le suivi et la répression du carpocapse de la pomme.
LE TRIO D’INSECTES POSTFLORAL
(S. Gervais)
La majorité des traitements visant le trio postfloral (hoplocampe des pommes, tordeuse à bandes obliques et charançon de la prune) ont été réalisés au cours des deux dernières semaines dans le sud du Québec.
Le charançon de la prune, ainsi que quelques populations de charançon de la pomme, demeurent les principaux ravageurs susceptibles de poursuivre leur activité durant le mois de juin. Selon votre régie de verger, la pression des populations et l’historique des dommages, des interventions pourraient encore être nécessaires. Un dépistage régulier est recommandé.

Dommages du charançon de la prune
Source : IRDA
La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau synthèse « Dépistage par observation des fruits ou du feuillage » de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers. Vous pouvez suivre l’activité de la ponte chez la femelle sur le site Web d’Agrométéo Québec, en sélectionnant le modèle « Charançon de la prune. » Pour connaître les stratégies d’intervention et les moments de traitement, consultez la fiche Le charançon de la prune du Guide de référence en production fruitière intégrée (Guide de PFI).
Les premiers dommages de ponte causés par le charançon de la prune commencent à être observés dans la région de Québec, mais n’ont pas encore été signalés en Chaudière-Appalaches. Dans cette région, c’est surtout le charançon de la pomme qui est observé, particulièrement dans les vergers de poiriers.
Aucun vol de tordeuse à bandes obliques n’a été signalé jusqu’à présent.
Pour les régions plus au nord, vous pouvez consulter l’avertissement n° 9 du 4 juin dans la section « Le trio d’insectes postfloral » pour obtenir davantage d’information sur la tordeuse à bandes obliques et l’hoplocampe des pommes.
ACARIENS
(S. Gervais)
La présence du tétranyque rouge et du tétranyque à deux points est observée un peu partout au Québec, mais les populations demeurent généralement faibles. Quelques dépassements des seuils d’intervention pour le tétranyque rouge ont toutefois été signalés dans la région de Québec.
Les prédateurs d’acariens sont également déjà présents dans les vergers et les observations de larves de punaise de la molène se poursuivent cette semaine. Cette dernière peut jouer un double rôle : elle est un excellent prédateur d’acariens et de pucerons, mais lorsqu’elle se retrouve en populations élevées et que la nourriture se fait rare, elle peut aussi s’attaquer aux fruits en les piquant, particulièrement lorsque les conditions météorologiques sont chaudes et sèches. Les dommages les plus importants sont observés entre les stades « calice » et « nouaison » (10 mm). Consultez la fiche Les punaises mirides occasionnelles du fruit afin d’estimer le risque qu’elle peut représenter et les stratégies d’intervention appropriées.
Afin de déterminer si une intervention est nécessaire contre les acariens, consultez la section « Dépistage par observation des fruits ou du feuillage » de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers et la fiche Stratégie globale de lutte contre les acariens pour les stratégies d’intervention en début de saison.
LES PUCERONS
(S. Gervais)
Augmentation des observations du puceron rose dans la région des Laurentides. Des seuils d’intervention localisés ont été atteints et des traitements ont été réalisés. Des colonies sont également observées en Montérégie, mais ne semblent pas représenter une problématique importante pour le moment. Consultez la fiche Grilles de dépistage pour les vergers pour la technique du dépistage, et la fiche Les pucerons pour les stratégies d’intervention. Pour les autres types de pucerons, les techniques de dépistages et les stratégies d’intervention s’il y a lieu d’intervenir sont également dans ces deux fiches du Guide de PFI.
Les prédateurs de pucerons ont déjà été observés par plusieurs conseillers dans différentes régions. Consultez la fiche Description et efficacité des prédateurs de pucerons pour plus de détails.
CÉCIDOMYIE DU POMMIER
(S. Gervais)
Selon le modèle prévisionnel CIPRA, la première génération de cécidomyie du pommier est maintenant terminée dans la plupart des régions du Québec. Dans les régions plus au nord, notamment à Québec et en Chaudière-Appalaches, cette génération devrait prendre fin au cours des prochains jours.
Il s’agit d’un ravageur mineur en PFI qui attaque principalement les jeunes feuilles des pousses terminales. Il affecte surtout la croissance, ce qui peut être problématique dans les nouvelles plantations. Une intervention peut être nécessaire dans ces cas. Plusieurs insectes prédateurs s’attaquent à ce ravageur, notamment les coccinelles et la punaise de la molène, déjà présentes dans les vergers. Consultez la fiche La cécidomyie du pommier pour plus d’information.
SÉSIE DU CORNOUILLER
(S.Gervais)
Selon le modèle prévisionnel CIPRA, les premiers vols d’adultes sont attendus d’ici une semaine dans le secteur de Franklin. Pour les autres secteurs du sud du Québec, le début des vols est prévu entre le 18 et le 24 juin.
Prévention
- Un bon entretien du couvert végétal à proximité du tronc permet de ralentir le développement des faux-broussins et de favoriser la prédation des chenilles par les oiseaux, contribuant ainsi à réduire les dommages causés par cet insecte.
- Les protecteurs de type spirale blanche tendent à favoriser la présence de la sésie du cornouiller en limitant l’aération du tronc, contrairement aux treillis métalliques qui offrent de meilleures conditions de ventilation.
Dans les vergers ayant un historique de dommages importants, la confusion sexuelle constitue une méthode de lutte efficace et disponible au Québec. Les diffuseurs doivent être installés avant le début du vol des adultes.
Pour plus d’information, consultez la fiche La sésie du cornouiller et les autres ravageurs du bois dans la section « Stratégie d’intervention » de la sésie du cornouiller.
FERTILISATION FOLIAIRE
(S. Gervais)
Consultez le Calendrier de fertilisation foliaire des pommiers afin d’apporter les éléments nutritifs essentiels et d’obtenir des rendements optimaux et des fruits de qualité, sans pour autant accroître les problèmes de maladies et d’insectes.
RESSOURCES ET OUTILS
(S. Gervais)
Accès aux modèles prévisionnels RIMpro pour la tavelure, le feu bactérien, l’oïdium et l’éclaircissage des pommiers.
Tavelure
- La tavelure : traitements contre les infections primaires, Réseau-pommier.
Feu bactérien
- Vos questions, nos réponses, Réseau-pommier;
- Le feu bactérien : biologie, Réseau-pommier;
- Le feu bactérien : stratégies de lutte, Réseau-pommier;
- Outil décisionnel pour la gestion de la brûlure bactérienne, Agri-Réseau.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Stéphanie Gervais, agronome, M. Sc., Vincent Philion, agronome, M. Sc., phytopathologiste et Jessee Tinslay, M. Sc. professsionnelle de recherche (IRDA). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Pommier ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agr., Ph.D. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.