Avertissements

  • Débourrement-Débourrement avancé pour plusieurs régions.
  • Début pré-bouton rose dans des variétés hâtives.
  • Tavelure : première infection de la saison possiblement peu risquée.
  • Activité de la punaise terne, mais le stade phénologique critique pour les dommages n’est pas atteint.
  • Fertilisation foliaire : début des applications pour l’urée au stade « débourrement avancé ».

 

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(S. Gervais)

Le stade « débourrement avancé » a été atteint dans la McIntosh sur le site de référence de développement foliaire en Montérégie-Ouest. Certaines variétés hâtives ont atteint le stade du « pré-bouton rose ».

En Montérégie-Est, les stades atteints varient selon les régions allant de « débourrement » à « débourrement avancé ». Au verger pilote de Saint-Bruno-de-Montarville, le stade « débourrement » est atteint dans la McIntosh et certaines variétés tardives ne sont pas encore débourrées.

Dans la région des Laurentides, le stade du « débourrement » pour la McIntosh a été atteint lundi et avec la chaleur des derniers jours, un début de « débourrement avancé » dans certaines variétés a été observé.

Stade « débourrement avancé » à Franklin (à gauche) et Stade débourrement à Saint-Bruno-de-Montarville (à droite)
Source : Conseil Sud-Ouest et IRDA

Selon le modèle prévisionnel de CIPRA consulté le 29 avril 2026, le stade « pré-bouton rose » (cv. ‘McIntosh’) sera atteint entre aujourd’hui (29 avril) et le début de la semaine prochaine (4 mai) en Montérégie-Ouest. Le stade « bouton rose » est également prévu pour la semaine prochaine pour cette région à partir du 7 mai.

Stade « pré-bouton rose » prévu selon les normales :

  • Montérégie-Est : entre le 5 et le 7 mai
  • Missisquoi : à du 4 mai
  • Laurentides : à partir du 7 mai
  • Estrie : à partir du 7 mai

Surveillez vos pommiers! Vous pouvez sélectionner le modèle prévisionnel Phénologie McIntosh pour la station météo près de chez vous sur le site Web Agrométéo Québec.

TAVELURE
(V. Philion)

À mesure que les prévisions météorologiques se précisent, on constate que la première infection primaire de tavelure de 2026 sera peu risquée. Le froid et le séchage du feuillage ne permettront pas aux nombreuses spores éjectées de compléter le cycle d’infection. Une intervention imparfaite avant la pluie devrait couvrir ce risque sans conséquence. Adapter les interventions au niveau de risque vous permet de mieux cibler l’effort pour combattre cette maladie.

Capture d’écran du modèle prévisionnel RIMpro (Tavelure du pommier) pour OKA le 29 avril 2026
Source : RIMpro

TÉTRANYQUE ROUGE ET COCHENILLES
(S. Gervais)

La présence des ravageurs est très variable, tout comme les recommandations de traitement. Il est recommandé de consulter la section sur le dépistage et traitement du dernier avertissement du 22 avril 2026, afin de déterminer si une intervention est pertinente pour votre verger.

Pour les traitements à l’huile :
Plusieurs d’entre vous, dans le sud du Québec, ont profité des conditions favorables des derniers jours pour procéder à l’application d’huile.

Pour ceux qui n’ont pas encore effectué ce traitement, il est important de porter une attention particulière à la dose utilisée, afin d’éviter la phytotoxicité, surtout pour les variétés hâtives qui ont ou pourraient avoir atteint le stade « pré-bouton rose ». Consultez la section « Quelques conseils supplémentaires » de la fiche J.2-Le tétranyque rouge du pommier du Guide de PFI.

Dans les régions plus au nord (Québec–Chaudière-Appalaches), le stade « débourrement » commence, mais les températures froides arrivent également. Il est donc recommandé d’attendre des conditions d’application plus favorables avant d’envisager un traitement. Consultez l’avertissement N° 2 du 22 avril 2026 pour les conditions d’application.

Les traitements fongicides commencent également avec la pluie à venir; attention au délai d’application entre l’huile et les produits fongicides à base de captane, soufre ou folpet. Consultez les étiquettes, afin de connaître les délais entre chaque produit qui sont variables.

 

PUNAISE TERNE
(S. Gervais)

Situation actuelle
L’installation des pièges se poursuit dans le sud du Québec. Quelques captures ainsi que des dégâts de miellat ont été signalés en Montérégie. Le ravageur a été un peu plus actif au cours des dernières journées chaudes.


Dégât de miellat par la punaise terne
Source : IRDA

Dépistage
Pour estimer le risque de ce ravageur, consultez la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI et également la fiche sur le ravageur I.5-La punaise terne.

Traitement
Le stade phénologique du pommier n’est pas encore suffisamment avancé pour présenter un risque de dommages sur les fruits. À ce stade, les dommages observés s’apparentent plutôt à un éclaircissage naturel. Pour un traitement, il faut attendre l’approche du stade « bouton rose », moment à partir duquel le ravageur pourra causer des dommages visibles sur les fruits à la récolte.

Porter une attention particulière pour les poiriers et les variétés hâtives qui vont atteindre le stade « bouton rose » bien avant la McIntosh.

FERTILISATION FOLIAIRE
(S. Gervais)

Certaines applications foliaires de fertilisants peuvent débuter dans les vergers ayant atteint le stade « débourrement avancé », conformément au Calendrier de fertilisation foliaire du pommier. L’application d’urée foliaire en début de saison (entre les stades de débourrement avancé et de calice) est bénéfique pour l’arbre et contribue également à réprimer la tavelure. Elle permet ainsi de gérer la nutrition tout en préservant l’efficacité des mesures de phytoprotection.

MÉLANGE BICARBONATE ET SOUFRE
(M. Côté)

Une demande de modification d’étiquette pour inclure spécifiquement le mélange en cuve du BICARBONATE DE POTASSIUM à des produits phytosanitaires contenant du soufre a été déposée lundi le 26 avril à la Direction de la Règlementation des Pesticides de Santé Canada (DRP, anciennement Agence de la Règlementation de la Lutte Antiparasitaire). Cette demande a été spécifiquement soulignée à la DRP et un traitement accéléré a été demandé.

RESSOURCES ET OUTILS POUR LA GESTION DE LA TAVELURE
(S. Gervais)

Consultez l’avertissement N° 1 publié le 15 avril dernier dans la section « Messages techniques régionaux » pour accéder à différents outils et liens utiles afin d’optimiser vos interventions contre la tavelure du pommier.

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.

Cet avertissement a été rédigé par Stéphanie Gervais, agronome, M. Sc. et Vincent Philion, agronome, M. Sc., phytopathologiste (IRDA). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Pommier ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agronome et Lise Bélanger (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Débourrement atteint pour plusieurs régions dans le sud du Québec. Tavelure : première infection à risque pour la saison 2026. Encore un peu de gel annoncé, attendre pour les traitements à l’huile, mais la chaleur s’en vient. Mélange bicarbonate et soufre.

 

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(S. Gervais)
Le débourrement complet de toutes les variétés est maintenant atteint en Montérégie-Ouest. On peut apercevoir une petite feuille qui commence à s’étaler.

En Montérégie-Est, le débourrement est généralement atteint avec, parfois, une petite feuille étalée, bien que certains sites n’aient pas encore atteint ce stade. Au verger pilote de Saint-Bruno-de-Montarville, les bourgeons sont « craqués » sans présence de tissus verts apparents : ils demeurent encore gris.

Dans la région des Laurentides, le stade du débourrement n’est pas encore entièrement atteint, mais il est imminent. Les prochaines journées de chaleur seront déterminantes pour cette région.


Stade « débourrement » avec, parfois, une petite feuille étalée (à droite). Franklin, le 22 avril 2026.
Source : Conseil Sud-Ouest
Selon le modèle prévisionnel de CIPRA, le « débourrement avancé » (cv. ‘McIntosh’) est atteint à Franklin. Toutefois, ce n’est pas encore le cas, il faut minimalement 2 feuilles étalées, ce qui indique un léger retard du modèle. Le débourrement avancé est actuellement prévu pour le 27 avril dans le secteur d’Hemmingford.

Stade « débourrement avancé » prévu selon les normales :

  • Montérégie-Est : à partir du 30 avril
  • Missisquoi : à partir du 27 avril
  • Laurentides : à partir du 1er mai
  • Estrie : à partir du 29 avril
Surveillez vos pommiers! Vous pouvez sélectionner le modèle prévisionnel Phénologie McIntosh pour la station météo près de chez vous sur le site Web Agrométéo Québec.

TAVELURE
(V. Philion)
Les ascospores de Venturia inaequalis responsables des infections primaires de la tavelure du pommier arrivent graduellement à maturité depuis la semaine dernière et vont s’accumuler d’ici la prochaine pluie. L’éjection prévue pendant la pluie est élevée, mais le risque d’infection sera probablement limité par la durée d’humectation du feuillage et la température relativement faible.

Néanmoins, la pluie prévue les 29-30 avril marquera probablement la première infection avec un risque mesurable en 2026. Ce risque n’est pas très élevé, mais des taches de tavelure sont à prévoir dans les vergers non traités, notamment dans les vergers qui présentent un inoculum élevé et des cultivars sensibles.

Image Agri-Réseau
Capture d’écran du modèle prévisionnel RIMpro (Tavelure du pommier) pour Frelighsburg le 22 avril 2026
Source : RIMpro

Il est possible de s’ajuster au risque avec un traitement partiel avant la pluie (un rang sur deux) et compléter ce traitement pendant ou après la pluie au besoin. Si l’infection demeure à un niveau faible, le traitement partiel avant la pluie devrait suffire pour couvrir le risque.

L’intensité du risque estimé par RIMpro est assez fiable pour ajuster ses interventions et raisonner les efforts requis pour mieux cibler les traitements. RIMpro est accessible gratuitement aux producteurs du Québec à l’adresse suivante : Prévisions RIMpro pour les maladies et l’éclaircissage des pommiers au Québec – Réseau-pommier

TÉTRANYQUE ROUGE ET COCHENILLES
(S. Gervais)
Image Agri-Réseau
Cochenille virgule (à gauche) et œufs de tétranyques rouges (à droite)
Source : IRDA

Situation actuelle
La présence des ravageurs est très variable, tout comme les recommandations de traitement. Il est recommandé de consulter la section ci-dessous sur le dépistage, afin de déterminer si une intervention est pertinente pour votre verger.

Pour les traitements à l’huile : quelques nuits de gel, ou près du point de congélation, sont prévues au cours des prochains jours. Toutefois, une tendance au réchauffement est attendue.

Dépistage
Afin de déterminer le besoin d’une application d’huile par le comptage des œufs d’hiver de tétranyque rouge sur les lambourdes, la méthode de dépistage est décrite dans la fiche J.2Le tétranyque rouge du pommier du Guide de PFI.

Pour la cochenille, les besoins en application d’huile ont été déterminés lors de la récolte 2025, la méthode de dépistage est décrite dans la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI.

Traitement : application de l’huile
Voici quelques précautions à prendre et conditions à surveiller pour une application d’huile :

  • Température chaude (idéalement 18 °C ou plus);
  • Vents faibles (< 10 km/h) et application soignée de façon à bien couvrir les bourgeons;
  • Attention aux risques de gel dans les 2-3 jours suivant l’application;
  • Éviter les périodes de séchage lent.

L’écorce de certains cultivars, tels que ‘Empire’, ‘Délicieuse rouge’ et ‘Ambrosia’, peut être sensible selon certaines informations provenant de l’Ontario. Aucune mention n’a toutefois été faite au Québec.

Attention à la phytotoxicité : certaines formulations d’huile ont augmenté le délai requis entre l’application d’huile et celle de soufre. Il est généralement recommandé de ne pas appliquer de fongicides à base de captane, de soufre ou de folpet dans un intervalle de 10 à 14 jours avant ou après un traitement à l’huile. Pour certaines formulations, comme l’HUILE 70 SUPÉRIEURE, couramment utilisée, le délai est passé à 30 jours avant ou après une application de soufre, mais demeure de 10 à 14 jours avant ou après une application de fongicides à base de captane et de folpet.

PUNAISE TERNE
(S. Gervais)

Situation actuelle
Le dépistage est commencé dans les vergers au sud du Québec. Quelques captures ont été signalées, mais l’activité du ravageur demeure globalement faible dans les vergers.

Dépistage
Pour estimer le risque de ce ravageur, consultez la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI et également la fiche sur le ravageur I.5-La punaise terne.

Traitement
Le stade phénologique du pommier n’est pas encore suffisamment avancé pour présenter un risque de dommages sur les fruits. À ce stade, les dommages observés s’apparentent plutôt à un éclaircissage naturel. Pour un traitement, il faut attendre l’approche du stade « bouton rose », moment à partir duquel le ravageur pourra causer des dommages visibles sur les fruits à la récolte.

MÉLANGE BICARBONATE ET SOUFRE
(V. Philion)
Une nouvelle réglementation pour les mélanges en cuve est en vigueur depuis décembre 2025. Ce règlement requiert une mise à jour des étiquettes et chaque titulaire est responsable de soumettre une demande de mise à jour à la Direction de la réglementation des pesticides (DRP; nouveau nom de l’ARLA).

La compagnie titulaire d’homologation n’a pas encore fait les démarches pour que le libellé sur l’autorisation du mélange du bicarbonate de potassium et du soufre apparaisse sur les étiquettes du produit. Des démarches sont en cours pour que la mise à jour soit faite dans les meilleurs délais. À la suite d’une erreur, il est possible que certains contenants de bicarbonate possèdent une étiquette mentionnant le mélange, amenant une confusion auprès des utilisateurs.

Comme les mélanges sont sous la responsabilité des titulaires et non de la DRP et que le titulaire autorise expressément ce mélange, l’utilisation de ce mélange par les producteurs serait peu risquée.

RESSOURCES ET OUTILS POUR LA GESTION DE LA TAVELURE
(S. Gervais)

Consultez l’avertissement N° 1 publié le 15 avril dernier dans la section « Messages techniques régionaux » pour accéder à différents outils et liens utiles afin d’optimiser vos interventions contre la tavelure du pommier.

Messages techniques pomicoles régionaux : changements pour 2026. Quelques bourgeons débourrés en Montérégie-Ouest. Premier tir d’ascospores, êtes-vous dans le coup? Le dépistage est commencé dans les régions plus au sud. Intervention avec de l’huile : prévisions météorologiques moins favorables. Actualités pesticides et outils pour s’informer sur les pesticides et votre santé.

 

MESSAGES TECHNIQUES POMICOLES RÉGIONAUX
(S. Gervais)

Des changements ont lieu cette année concernant les messages techniques régionaux. La production des messages techniques, jusqu’à maintenant réalisée par les conseillers du MAPAQ, sera confiée à des conseillers de clubs techniques. En date d’aujourd’hui, le service des messages pomicoles régionaux est assuré pour la région de Québec et de la Chaudière-Appalaches. Pour les Laurentides et l’Estrie, ce service fait l’objet d’échanges et sera possiblement offert. Toutefois, les messages techniques ne seront pas disponibles en 2026 pour la Montérégie-Est et la Montérégie-Ouest.

Soutenir vos décisions au cours de la saison
Accès aux modèles prévisionnels : les deux outils suivants présentent des données météorologiques.

  • RIMpro : Les modèles les plus utilisés concernent la tavelure du pommier, le feu bactérien et l’éclaircissage des pommiers. Les modèles portant sur les insectes peuvent être consultés, mais n’ont pas été validés dans un contexte québécois.
  • Agrométéo Québec : Les modèles les plus utilisés, provenant de CIPRA et validés dans un contexte québécois, sont : la phénologie McIntosh, le charançon de la prune (activité des femelles), le carpocapse de la pomme (degrés-jours cumulés), le tétranyque rouge et la tordeuse à bandes obliques. D’autres modèles sur les ravageurs du pommier sont également présents.

Le Guide de production fruitière intégrée (Guide de PFI) est là pour vous aider. Plus spécifiquement, la fiche L.4La tavelure : traitements contre les infections primaires du Guide de PFI, explique en détail comment interpréter le modèle RIMpro pour la tavelure du pommier. S’il manque des outils dans le Guide de PFI ou sur le site Web du Réseau-pommier qui pourraient vous aider dans vos décisions phytosanitaires, n’hésitez pas à nous transmettre vos suggestions à l’adresse suivante : stephanie.gervais@irda.qc.ca

L’accès à la version de base de RIMpro est gratuit pour tous. Une version payante est également disponible pour accéder à RIMpro interactif. Cette version permet de saisir le traitement de votre choix et de visualiser son impact sur la couverture protectrice lors d’une infection de tavelure en cours.

Pour vous abonner à la formule payante de RIMpro :

  1. Connectez-vous à : https ://rimpro.eu/
  2. Sélectionnez : Prix & Créer un compte
  3. Choisissez : Invité d’un conseiller dans la section « compte partagé » et complétez les informations pour le paiement (170 euros)

 

 

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(S. Gervais)

Le débourrement complet des pommiers est imminent dans la région du sud-ouest de la Montérégie. Quelques bourgeons sont ouverts, mais il reste encore beaucoup de bourgeons au stade « duvet argenté ». En Montérégie-Est, les stades varient de « dormant » à « duvet argenté ». Il y a une grande variabilité dans les vergers; il est donc important de vérifier l’état de développement de vos pommiers.

Bourgeon débourré (à gauche) et bourgeon au stade duvet argenté (à droite), avril 2026
Source : Vicky Fillion, agr. (CSO) et Valérie Archambault (IRDA)

Selon le modèle prévisionnel de CIPRA, le « débourrement » (cv. ‘McIntosh’) est prévu au cours des prochains jours pour les autres régions :

  • Estrie : 17 avril
  • Missisquoi : 16 avril
  • Laurentides :  21 avril

Surveillez vos pommiers! Vous pouvez sélectionner le modèle prévisionnel Phénologie McIntosh pour la station météo près de chez vous sur le site Web Agrométéo Québec.

 

PREMIER TIR D’ASCOSPORES, ÊTES-VOUS DANS LE COUP?
(V. Philion)

La saison de la tavelure primaire commence lorsque trois conditions sont réunies :

  1. Le débourrement est atteint et du tissu vert est exposé;
  2. Des ascospores matures sont prêtes à être éjectées;
  3. Une pluie suffisante survient pour déclencher l’éjection et assurer l’infection.

Cette semaine, nous avons observé les premières spores matures prêtes à l’éjection (Dunham, Compton), le débourrement est en cours dans quelques vergers et les prévisions de pluie sont suffisantes pour une première infection dans plusieurs secteurs.

Une fois la saison enclenchée, le risque de taches repose sur quatre facteurs clés :

  1. La propreté du verger;
  2. Le cultivar;
  3. La surface foliaire exposée;
  4. La sévérité des infections.

La gestion du risque passe par une maîtrise de ces quatre éléments; traiter quand c’est nécessaire, mais pas davantage. D’ici au démarrage effectif, il est encore temps de réduire le risque en nettoyant le verger et en planifiant la priorisation des traitements.

1) Propreté du verger
Éliminer la litière de feuilles au sol de l’année précédente demeure de loin la stratégie la plus rentable pour limiter la tavelure. Toutes les approches fonctionnent : balayage, soufflage, andainage, broyage.

Une application d’urée (40 kg/ha) diluée dans l’eau et dirigée vers les feuilles mortes au sol est une stratégie très rentable qui sert à la fois comme source d’azote et pour accélérer la dégradation de la litière.

D’autres options sont décrites dans le Guide de PFI dans la fiche L.3-La tavelure : stratégies générales de lutte.

2) Cultivar
Selon la disposition du verger, il est souvent possible d’ajuster l’intensité des traitements. Les parcelles de ‘HoneyCrisp’, de ‘Spartan’ et autres cultivars tolérants nécessitent généralement moins d’interventions que celles plantées en ‘McIntosh’ ou autres cultivars très sensibles. Quand le temps manque, prioriser.

3) Surface foliaire exposée

  • La tavelure devient possible dès le stade « pointe verte », mais le risque d’atteinte augmente rapidement jusqu’au « prébouton rose ».
  • Ensuite, un équilibre s’installe : chaque nouvelle feuille sensible est compensée par une feuille plus âgée qui devient résistante.
  • Après un traitement couvrant bien les feuilles présentes, chaque nouvelle feuille non protégée réduit l’efficacité globale d’environ un tiers.
  • Avec trois feuilles non couvertes, c’est comme si le verger n’était plus protégé.

En pratique : la vitesse d’émergence des feuilles et le nombre de feuilles non protégées lors des pluies influencent davantage la réussite des traitements que le délavage par la pluie. L’émergence des feuilles n’est pas régulière, adaptez la fréquence de vos traitements. Ne comptez pas sur la pluie pour redistribuer votre traitement aux nouvelles feuilles apparues plus tard. Surveillez la croissance, pas votre pluviomètre ou votre calendrier!

4) Sévérité des infections
La proportion de spores éjectées à chaque pluie et les conditions d’infection sont estimées en continu par le logiciel RIMpro.

Ce modèle intègre notamment :

  • La maturité des spores;
  • La température;
  • La durée d’humectation;
  • L’heure du jour.

L’indice de risque (RIM) qui en résulte permet d’ajuster les interventions : un RIM de 10, 100 ou 1 000 ne se gère pas de la même façon.

Décisions de traitement
Dans les vergers propres ou les blocs de cultivars tolérants, des traitements mur à mur ne sont pas toujours nécessaires pour des RIM de 10 ou même de 100. À l’inverse, dans un verger fortement tavelé l’an dernier, il est essentiel de couvrir les risques, au moins partiellement.

Pour mieux appréhender la tavelure et s’adapter au risque, il faut s’organiser. Une stratégie efficace consiste à traiter un rang sur deux avant une pluie à risque.

Le seuil d’intervention peut être modulé selon le contexte :

  • Blocs à risque : intervention dès un RIM > 50;
  • Blocs moins problématiques : seuil plus élevé.

Si la pluie n’a pas lieu, vous n’avez engagé qu’une demi-intervention. Si elle survient et dépasse votre tolérance, vous pouvez compléter le traitement dans les rangs non traités. Ce complément peut être appliqué pendant ou immédiatement après la pluie. Assurez-vous cependant d’avoir en inventaire des fongicides efficaces après les pluies (postinfection).

La protection « mur à mur » dans toutes les parcelles chaque jour de pluie coûte cher. Un traitement « 1x par semaine » d’un mélange coûteux ne garantit pas la réussite. La clé du succès réside dans une approche organisée.

 

TÉTRANYQUE ROUGE ET COCHENILLES
(S. Gervais)

Situation actuelle
Il n’y a pas encore beaucoup de données biologiques disponibles, et les prévisions météorologiques à court terme ne sont pas favorables aux traitements à l’huile. Malgré la chaleur annoncée dans les prochains jours, la pluie est très présente et des risques de gel sont prévus dimanche, lundi et mardi.

Dépistage
Afin de déterminer le besoin d’une application d’huile par le comptage des œufs d’hiver de tétranyque rouge sur les lambourdes, la méthode de dépistage est décrite dans la fiche J.2Le tétranyque rouge du pommier du Guide de PFI.

Pour la cochenille, les besoins en application d’huile ont été déterminés lors de la récolte 2025, la méthode de dépistage est décrite dans la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI.

Traitement : application de l’huile
Voici quelques précautions à prendre et conditions à surveiller pour une application d’huile :

  • Température chaude (idéalement 18 °C ou plus);
  • Vents faibles (< 10 km/h) et application soignée de façon à bien couvrir les bourgeons;
  • Attention aux risques de gel dans les 2-3 jours suivant l’application;
  • Éviter les périodes de séchage lent.

L’écorce de certains cultivars, tels que ‘Empire’, ‘Délicieuse rouge’ et ‘Ambrosia’, peut être sensible, selon certaines informations provenant de l’Ontario. Aucune mention n’a toutefois été faite au Québec.

Attention à la phytotoxicité : Certaines formulations d’huile ont augmenté le délai requis entre l’application d’huile et celle de soufre. Il est généralement recommandé de ne pas appliquer de fongicides à base de captane, de soufre ou de folpet dans un intervalle de 10 à 14 jours avant ou après un traitement à l’huile. Pour certaines formulations, comme l’HUILE 70 SUPÉRIEURE, couramment utilisée, le délai est passé à 30 jours avant ou après une application de soufre, mais demeure de 10 à 14 jours avant ou après une application de fongicides à base de captane et de folpet.

ACTUALITÉS PESTICIDES
(S. Gervais)

Mélanges en cuve : permis ou non?
Depuis le 20 décembre 2025, pour qu’un mélange en cuve soit permis, l’étiquette des deux produits à mélanger doit comporter une mention autorisant ce mélange. Cette mention peut être générale (autorisant les mélanges en cuve) ou explicite (nommant les deux produits).

Consultez le document Mélange en cuve : nouvelle date limite de mise en œuvre de la directive pour des exemples d’énoncés et pour comprendre l’effet de cette règle sur l’admissibilité des mélanges de produits antiparasitaires homologués.

Compte tenu de cette restriction, soyez prudent avec l’utilisation du bicarbonate de potassium en 2026. Son étiquette n’a pas encore été mise à jour pour permettre le mélange avec le soufre, et il est indiqué de ne pas le mélanger avec d’autres pesticides ou engrais.

Nouveau produit pour l’éclaircissage chimique des pommiers
Le BREVIS 150 SC est maintenant homologué et disponible pour la saison 2026. Il s’agit d’un herbicide à base de métamitrone utilisé comme régulateur de croissance. En réduisant temporairement la photosynthèse, il provoque une compétition entre les jeunes fruits.

Comme il s’agit d’un herbicide, le délai avant récolte est de 72 jours et le délai de sécurité est de 12 heures. N’oubliez pas de porter les équipements de protection individuelle (EPI) appropriés et de consulter l’étiquette.

Retrait du CALYPSO 480 SC
L’an dernier était la dernière année d’utilisation du CALYPSO 480 SC. L’utilisation du THEME 480 SC est encore permise cette année, mais sa disponibilité dépend des stocks commandés avant la saison 2025.

Modification du nombre d’applications permises pour le MANCOZÈBE
Les étiquettes de la majorité des pesticides à base de mancozèbe disponibles pour la saison 2026, à l’exception du PENNCOZEB 75 DF, ont été modifiées. La dose permise par application a changé, ce qui influence le nombre d’applications par saison.
Ainsi, le nombre d’applications peut varier de 4 à 12 selon la dose utilisée. Consultez l’étiquette ainsi que le tableau Caractéristiques agronomiques principales des fongicides testés pour lutter contre la tavelure du pommier de la fiche G-6 du Guide de PFI afin de connaître la dose terrain minimale efficace pour le mancozèbe.

QUATRE OUTILS POUR BIEN GÉRER VOS PESTICIDES
(S. Gervais)

Pour une information axée « pomiculture », le Guide de référence en production fruitière intégrée contient plusieurs fiches d’information sur les pesticides et des stratégies d’intervention.

L’affiche Production fruitière intégrée 2026 est maintenant disponible (version papier ou en ligne). Elle présente les principales recommandations du Comité de PFI et la classification PFI, ainsi que les cotes de toxicité et d’efficacité des pesticides.

Pour une information axée « pesticides », le site Web SAgE pesticides maintient à jour toute l’information officielle sur les produits homologués, incluant les hyperliens vers les étiquettes. Son objectif est de promouvoir une gestion rationnelle et sécuritaire des pesticides au Québec. Il contient également une section « PFI » qui présente les cotes d’efficacité des pesticides contre les ravageurs et leur toxicité envers les espèces utiles.

Pour vous protéger, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) présente la fiche Les pesticides et la santé – Risques et mesures préventives contenant de l’information sur les différentes intoxications, les différentes voies d’exposition aux pesticides, la méthode d’utilisation sécuritaire des pesticides et les équipements de protection individuelle.

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.

 

Cet avertissement a été rédigé par Stéphanie Gervais, agronome, M. Sc. et Vincent Philion, agronome, M. Sc., phytopathologiste (IRDA). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Pommier ou le secrétariat du RAP.  Édition : Marianne St-Laurent, agronome, M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Consultez les Messages des conseillers du MAPAQ