Non. Certains adjuvants (ex: LI-700) améliorent l’efficacité des antibiotiques, mais d’autres peuvent nuire (ex: SYLGARD). De plus, les adjuvants ne sont pas tous homologués en pomiculture.
Vos questions,
nos réponses
Le Blossom Protect
Est-ce que Blossom Protect doit absolument être traité AVANT que la bactérie arrive?
Non. En fait, Blossom protect doit être appliqué 24h avant l’INFECTION, mais pas nécessairement avant la CONTAMINATION. Entre l’arrivée de la bactérie (contamination ou colonisation) et l’infection, la bactérie doit se multiplier et atteindre une population suffisante pour infecter. Blossom Protect freine la bactérie pendant cette période, mais peut être appliqué sur les arbres après l’arrivée de la bactérie. Il n’y a pas d’avantage stratégique de traiter avant l’arrivée de la bactérie.
Est-ce que Blossom Protect est transporté aux nouvelles fleurs par les abeilles?
Oui. Les insectes pollinisateurs peuvent transporter un peu de levure, mais ce mode d’application n’est pas suffisant. La levure doit être appliquée sur les fleurs ouvertes avec le pulvérisateur parce que le tampon d’acide citrique (Composant B) en mélange, modifie le pH de la fleur, ce qui aide la levure à bien s’installer.
Est-ce qu’on doit traiter selon un modèle de risque?
Non. Les traitements peuvent être appliqués en fonction de l’ouverture des fleurs, mais cette approche n’est pas optimale. Pour bien couvrir toutes les fleurs de la première à la dernière, il n’est pas rare que 4 applications soient nécessaires. Les traitements en fonction des modèles permettent presque toujours de limiter les traitements à 1 ou 2 applications par bloc de verger.
Est-ce grave si je traite trop vite avant l’infection?
Si il fait chaud, Oui. Comme les fleurs doivent être traitées pour être protégées, les applications réalisées 3-4 jours avant l’infection n’atteignent pas les dernières fleurs ouvertes. Ce n’est pas un problème si la température est plus fraiche et que la population bactérienne n’a pas le temps d’atteindre les seuils critiques. Mais quand la floraison est rapide (parce qu’il fait chaud), les traitements trop hâtifs laissent à découvert des fleurs sur lesquelles la bactérie pourra se multiplier. Le modèle RIMpro permet de bien visualiser les fleurs à risque et de s’assurer que les traitements atteignent les bonnes fleurs.
Est-ce que je peux terminer mon traitement seulement demain?
Non. Le mélange doit être appliqué moins de 8 heures après sa préparation et la température de l’eau ne doit jamais dépasser 25°C. De plus, l’agitation en cuve doit être constante. Comme la levure se multiplie, les résidus laissés dans le réservoir peuvent bloquer les buses si le pulvérisateur n’est pas vidé entièrement.
Est-ce que les fongicides peuvent tuer la levure?
Oui. Plusieurs fongicides peuvent affecter l’efficacité de Blossom Protect. Les mélanges en cuve avec la plupart des produits sont proscrits. Par contre, le soufre et le Scala sont compatibles en mélange. Les traitements avec la plupart des autres fongicides moins de 24h AVANT Blossom protect ou moins de 48h APRÈS Blossom Protect diminuent l’efficacité de la levure. Les restrictions pour le cuivre sont encore plus sévères à cause des risques de phytotoxicité liés au pH très bas du mélange.
Est-ce que mon produit de l’an passé est encore bon?
Si le produit est maintenu réfrigéré, il peut être gardé pour 2.5 ans après l’achat. À la température pièce, 1 an. Mais si le produit a chauffé dans un endroit mal ventilé, ne pas l’utiliser.
Prévisions du feu bactérien selon RIMpro
Le feu bactérien (Erwinia amylovora) est une maladie sporadique mais dont les conséquences sur la culture peuvent être très graves. Quand toutes les conditions sont favorables à cette maladie, elle peut détruire entièrement un verger en une seule saison. La fiche 104 du guide PFI décrit en détails la biologie de cet organisme et l’épidémiologie de la maladie.
La phase la plus critique du feu bactérien est l’infection florale (blossom blight). L’infection des fleurs est possible quand toutes les conditions suivantes sont réunies: présence de fleurs ouvertes récemment; la bactérie est présente dans l’environnement; la température est assez élevée pour permettre la multiplication des bactéries; les fleurs sont mouillées au moment où la population bactérienne atteint des seuils suffisants pour provoquer des symptômes. Différents modèles peuvent aider à déterminer si la population bactérienne atteint les seuils requis pour l’infection pour chaque cohorte quotidienne de fleurs.
Les stratégies d’interventions florale sont décrites dans la fiche 106 du guide PFI. Des traitements sont recommandés seulement quand une infection est prévue ou dans certains cas, dans les heures suivants l’infection. Comme les traitements ne sont efficaces que sur les fleurs ouvertes et que la floraison est étalée, les modèles peuvent aider à optimiser les moments d’application.
RIMpro-Erwinia est basé sur un modèle publié. Le graphique ci-dessous est constitué de 4 sections décrites du bas vers le haut: 1) la date et la météo; 2) la population bactérienne; 3) l’indice d’infection; 4) la prédiction de sortie des symptômes.
Dans la première section, on trouve la date et l’heure selon l’échelle du graphique. Les prévisions météorologiques sont utilisées pour générer les données futures, soient celles qui apparaissent à droite de la ligne turquoise. La durée de mouillure des fleurs est représentée par un carré bleu pâle et la pluie par un carré bleu foncé.
Dans la deuxième section, l’ouverture des fleurs et leur contamination est décrite par l’apparition d’une nouvelle ligne noire pour chaque jour. Dans le modèle, chaque cohorte quotidienne de fleurs est d’importance égale pour l’estimation du risque. L’utilisateur doit tenir compte du nombre de fleurs ouvertes à chaque jour pour jauger du risque. Cette estimation n’est pas faite par le logiciel. L’apparition de la ligne noire est parfois décalée dans le temps quand la température est trop froide pour la contamination par les insectes. À mesure que la population bactérienne augmente pour les fleurs du jour, la ligne noire monte. La population prédite sur les fleurs contaminées est indiquée sur l’échelle de gauche (Epiphytic population CFU). Cette échelle est logarithmique. Chaque unité d’augmentation correspond à une multiplication par 10 de la population bactérienne. Le seuil minimal pour l’infection des fleurs (critical level) a été fixé à 5, soit 100,000 bactéries par fleur. En deçà de cette population seuil, les risques d’infection sont négligeables. Quand la population atteint la zone orange, l’infection de cette cohorte de fleurs devient possible en présence d’humectation.
La troisième section sert à prédire le risque d’infection. Or, l’importance de l’infection dépend de la population bactérienne, mais aussi de l’âge des fleurs lors de leur contamination et lors de l’infection. Les rectangles rouges représentent cette modulation du risque. Le seuil (empirique) de risque a été établi à 0,2 (Infection threshold). Lorsque ce seuil est dépassé, une ligne rouge d’infection apparait dans la quatrième section du graphique.
La quatrième section du graphique sert à estimer la date de sortie des symptômes en lien avec l’infection. La ligne rouge représente l’augmentation de la concentration bactérienne dans la plante. L’apparition des symptômes est prédite quand la ligne entre dans la zone verte.
Il est possible de déplacer la période des prévisions et modifier l’échelle des dates avec les boutons situés immédiatement sous le graphique. Il suffit de sélectionner l’option voulue et cliquer dans le graphique. Sélectionner une zone dans le graphique permet un contrôle plus précis du niveau de zoom et de la période représentée.
L’accès sur internet aux modèles RIMpro est offert gratuitement à tous les producteurs du Québec grâce à l’aide financière du MAPAQ et une entente entre l’IRDA et BioFruitAdvies.
Les liens suivants mènent directement à la simulation pour chaque localité:
- L’Acadie
- Compton
- Dunham
- Franklin
- Frelighsburg (AAC)
- Frelighsburg (Rang Garagona)
- Hemmingford
- Henryville
- Mont-Saint-Grégoire
- Mont-Saint-Hilaire
- Oka
- Rougemont
- Sainte-Anne-de-Bellevue
- Saint-Antoine-de-Tilly
- Saint-Bruno-de-Montarville (IRDA)
- Sainte-Cécile de Milton
- Sainte-Clotilde
- Sainte-Famille
- Saint-Germain-de-Grantham
- Saint-Joseph-du-lac
- Saint-Paul d’Abbotsford
- Saint-Sylvestre
- Victoriaville
Questions sur les antibiotiques
Deux antibiotiques (streptomycine et kasugamycine) sont homologués pour lutter contre le feu bactérien. Comme ces produits ne sont pas utilisés sur une base régulière, différentes questions reviennent annuellement:
J’ai traité hier et l’infection aura lieu aujourd’hui. L’éclosion des fleurs n’est pas terminée. Est-ce que les fleurs ouvertes depuis hier sont à risque?
Non. Les bactéries contaminent les fleurs seulement après l’éclosion et les bactéries doivent se multiplier et atteindre une population suffisante pour infecter. Selon la température, le temps nécessaire entre l’éclosion, la contamination et l’infection dépasse presque toujours 24h. Il n’y a donc pas d’avantage stratégique de traiter les dernières fleurs ouvertes. Par contre, les fleurs ouvertes 2 jours avant l’infection peuvent être à risque. Le modèle RIMpro-erwinia est précisément conçu pour cibler les fleurs qui doivent être traitées.
Est-ce que la streptomycine et la kasugamycine doivent être appliqués dans 1000 L/ha ?
Non. Les antibiotiques comme la plupart des produits peuvent être appliqués “en concentré”. C’est à dire que la quantité par hectare peut être traitée dans un volume de bouillie réduit. C’est le pulvérisateur qui détermine le volume de bouillie nécessaire. Les équipements modernes et bien calibrés permettent de traiter avec moins de 250 L/ha. Vous pouvez donc utiliser votre volume de bouillie “usuel”. Par exemple, 1 kg/ha de streptomycine dans 450 L/ha selon la dimension des arbres.
Est-ce que le temps de séchage après le traitement est un facteur déterminant?
Non. Selon les manufacturiers, tant que le feuillage a le temps de sécher avant la pluie, le produit sera absorbé. Selon le volume de bouillie appliquée et la météo, le feuillage est souvent sec en moins de 30 minutes.
Certains documents indiquent que la streptomycine se dégrade rapidement et ne protège les fleurs que quelques jours, faut-il vraiment traiter à nouveau?
Non. Même si effectivement la streptomycine se dégrade après quelques jours, les fleurs traitées restent bien protégées parce que les fleurs deviennent résistantes en vieillissant. Donc la durée d’efficacité de la streptomycine est généralement assez longue pour couvrir la période de sensibilité des fleurs. Cependant, quand les traitements ne sont pas appliqués selon les modèles et qu’ils sont appliqués trop tôt, il est possible que la dégradation du produit réduise l’efficacité.
Est-ce qu’on doit ajouter un adjuvant avec les antibiotiques?
Quoi faire après la grêle?
- Les traitements antibiotiques (streptomycine) sont recommandés dans les vergers avec un historique de feu bactérien suite aux orages de grêle en juin et juillet. Par contre, le traitement n’est pas nécessaire si la parcelle a été traitée avec Apogee. Voir la fiche 104 et la fiche 106 du guide PFI.
- À moins que les dommages au bois soient importants, les traitements fongicides sur pommiers sont inutiles au Québec. Dans les vergers où les chancres européens sont nombreux, un traitement au cuivre pourrait être utile pour éviter la propagation.
Pour d’autres cultures fruitières, (ex : pêche, prune1) et dans les régions où la pourriture brune2 (Monilinia) ou la pourriture amère (Colletotrichum) est fréquente sur pommier, un traitement fongicide est parfois bénéfique dans les heures suivants la tempête. Dans certaines cultures comme la canneberge, les traitements ne sont pas utiles.3
- MITRE, V., MITRE, I., SESTRAS, A. F. & SESTRAS, R. E. The Use of Plant Protection Products in Healing Wounds Caused by Hail in Plum. Bulletin of University of Agricultural Sciences and Veterinary Medicine Cluj-Napoca. Horticulture 68, (2011).
- Hellmann, M. Monilia fructigena – fruit rot in apple after artificial infraction of fruit skin in the summertime. Acta Horticulturae 149–154 (1998). doi:10.17660/ActaHortic.1998.466.25
- Wells, L. D. & McManus, P. S. Effects of Simulated Hail Events and Subsequent Fungicide Applications on Cranberry Fruit Rot Incidence and Yield. Plant Disease 97, 1207–1211 (2013).