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SITUATION DANS LES VERGERS (POMMIERS, INSECTES ET ACARIENS)
(F. Pelletier et G. Chouinard)

Les températures froides ont fortement ralenti le développement des pommiers. Pour le cultivar McIntosh, les derniers stades observés dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :

  • Le « bouton rose » a été atteint le 26 avril dans quelques sites plus hâtifs, dans la région de Missisquoi et en Montérégie, mais la majorité des sites sont encore au stade pré-bouton rose.
  • Le « pré-bouton rose » a été atteint le 26 avril dans les Laurentides et sera atteint possiblement aujourd’hui (28 avril) dans les secteurs les plus chauds de l’Estrie.
  • Le débourrement avancé est tout juste atteint dans les sites les plus hâtifs de la région de Québec.

Selon les prévisions des prochains jours, le stade bouton rose avancé est prévu pour le 3 mai dans les sites les plus hâtifs de la Montérégie, et la floraison vers la fin de la semaine prochaine (8 mai) dans ces mêmes sites. Voir le sommaire en fin de communiqué pour l’ensemble des prévisions et observations par région.

Des épisodes de gel ont été observés dans l’ensemble des régions, durant la nuit du 21 au 22 avril, avec des températures minimales sous la barre des -5 oC, notamment en Estrie, Missisquoi et au sud-ouest de Montréal (voir le sommaire). Des dommages de gel ont été observés par les collaborateurs du Réseau dans certains sites. En général, le pourcentage de bourgeons floraux endommagés est inférieur à 5-10 %, mais quelques sites peuvent être plus affectés.

Le temps froid des derniers jours a été peu favorable à l’activité des insectes ravageurs. L’activité de la punaise terneest demeurée faible dans l’ensemble des régions. Quelques dommages de chenilles printanières ont été observés, mais à des niveaux qui demeurent généralement faibles.

Aucune observation d’éclosion d’œufs de tétranyque rouge n’a encore été observée par les collaborateurs du Réseau. Selon le modèle de prévision, l’éclosion devrait être amorcée dans les régions les plus hâtives (Montérégie, Missisquoi, Sud-Ouest) et devrait débuter dans les prochains jours en Estrie et dans les Laurentides (voir le sommaire).

Peu d’interventions contre les insectes sont nécessaires dans les conditions actuelles. Consultez les précédents communiqués pour les interventions possibles contre les acariens et la punaise terne.

 

TAVELURE : LA GROSSE INFECTION DE L’ANNÉE ?
(V. Philion)

La pluie prévue entre ce soir (mercredi 28 avril) et samedi le 1er mai va permettre l’éjection de près de 25 % des ascospores de la saison 2021. C’est lors des infections à risque élevé (RIM attendu >1000) qu’on met à l’épreuve les stratégies d’intervention et qu’on constate les lacunes dans la qualité de la pulvérisation. Selon la propreté de votre verger (historique de tavelure) et sa sensibilité à la maladie, un seul traitement en protection avant la pluie ne pourra pas venir à bout de toutes les spores qui seront éjectées.

Vous devez penser à au moins 3 facteurs dans votre prise de décision :

  1. Combien de feuilles sont apparues entre le traitement et l’arrivée des spores. Les spores qui atterrissent sur des feuilles qui se sont déployées après votre traitement ne sont pas tuées. Aucun fongicide n’est capable de protéger correctement les feuilles enroulées (cigares non déployés). Le nombre de nouvelles feuilles qu’on peut « tolérer » dépend de la propreté de votre verger, de la tolérance du cultivar et des conditions d’infection. La sortie d’une feuille en moyenne par pousse est comparable à une baisse d’efficacité de 33 % environ. C’est tolérable sur HoneyCrisp, mais ça peut devenir une catastrophe dans un verger souvent tavelé.
  2. La pluie peut lessiver tous les fongicides, incluant les systémiques. La vitesse de lessivage dépend de la force de la pluie (orage vs pluie légère) et du produit, mais le lessivage est rarement la cause principale des échecs. Une nouvelle feuille déployée AVANT le lessivage est protégée à 0 % alors que les feuilles partiellement délavées restent partiellement protégées.
  3. Est-ce que les nouvelles spores arrivées sur des feuilles déployées après le traitement, ou après lessivage, auront le temps d’infecter les feuilles? Les éjections du premier jour de pluie sont souvent les plus dangereuses; elles sont plus nombreuses et ont un maximum de temps de mouillure pour infecter. Cependant, lors des pluies prolongées par temps chaud, les éjections restent à des niveaux élevés plus longtemps, et le temps d’infection est plus court. Le logiciel RIMpro peut vous aider à cibler le moment où vous jugez que la croissance (ou le lessivage) depuis votre dernier traitement dépasse votre seuil personnel de tolérance. C’est alors facile de visualiser si les ascospores à venir sont assez nombreuses et si le temps d’infection qui reste justifie une nouvelle intervention.

La « ceinture et les bretelles » pour le pire risque de l’année : une première ligne de défense avec un traitement de protection et une intervention vers la fin du risque pendant la pluie (germination) ou en post-infection peut être justifié. Un usage parcimonieux des produits systémiques SDHI (groupe 7) (ex.: APROVIA, SERCADIS) ou IBS (groupe 3) (ex.: INSPIRE, CEVYA) est certainement justifié en PFI. Ces produits n’ont pas besoin d’être appliqués en mélange s’ils sont intégrés dans une stratégie intégrée qui ne repose pas seulement sur la post-infection. Les produits « pré » mélangés ou les recommandations d’ajouter un fongicide de contact à chaque application augmentent les coûts, les risques pour l’environnement et les risques pour la santé, sans pour autant apporter de bénéfices.

 

COMPATIBILITÉ DE L’HUILE AVEC LES DIFFUSEURS À PHÉROMONES 
(D. Cormier)

Certains producteurs se demandent si, pour lutter contre le tétranyque rouge, les diffuseurs (ISOMATE CM/OFM TT) utilisés pour lutter contre le carpocapse de la pomme peuvent être installés avant l’application d’huile supérieure faite au printemps. Puisqu’aucune étude n’a encore évalué l’effet de l’huile supérieure sur la diffusion de phéromones du carpocapse de la pomme incluses dans les diffuseurs, nous ne recommandons pas cette pratique pour le moment. Il est à noter que cet aspect est présentement à l’étude dans le verger de l’IRDA et que les résultats seront analysés d’ici la saison prochaine. D’ici là, il est préférable, lorsque possible, d’installer les diffuseurs après avoir fait l’application d’huile supérieure.

RUCHES ET POLLINISATION
(G. Chouinard)

Les premières fleurs du cv. McIntosh pourraient ouvrir dès le 5 mai dans les sites chauds de la Montérégie. La liste des apiculteurs qui offrent leurs services pour la pollinisation est disponible ici. Pour des conseils sur la pollinisation (nombre de ruches, arbres pollinisateurs, protection des abeilles, etc.), consultez la fiche 42 et la fiche 95 du guide de référence en production fruitière intégrée, soit le Guide de PFI.

CLINIQUE D’ÉCLAIRCISSAGE LE 6 MAI
(E. Barriault)

Vous êtes invités à la clinique sur l’éclaircissage des pommiers et la gestion du feu bactérien, qui aura lieu jeudi 6 mai à 13 h. La pandémie limitant encore la possibilité de tenir des événements de groupe, la clinique sera en mode virtuel (via votre ordinateur, tablette ou téléphone intelligent).

Au programme : stratégies d’éclaircissages à la suite d’un gel printanier; les résultats du projet d’éclaircissage sans carbaryl; le modèle de bilan glucidique des pommiers et de croissance des tubes polliniques; le nouvel outil décisionnel pour la gestion du feu bactérien.

Bienvenue à tous! Aucune inscription nécessaire. Connectez-vous simplement quelques minutes avant l’heure prévue, en cliquant sur ce lien (application Teams nécessaire).

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 27 AVRIL
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

 

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

 

Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.
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