Avertissement du 15 octobre: vergers-vitrine, nouveaux pulvérisateurs et réévaluation de pesticides

LES NOUVEAUX VERGERS-VITRINE DU QUÉBEC :
VISITEZ CELUI DE VOTRE RÉGION DÈS LA SEMAINE PROCHAINE!
(G. Chouinard)

Vous en entendrez parler pendant les quatre prochaines années: grâce à un support financier du MAPAQ, l’IRDA a mis sur pied cette année un réseau de 5 vergers-vitrine à travers le Québec, chez un producteur de chacune des localités suivantes : Saint-Joseph, Mont-Saint-Grégoire, Sainte-Cécile-de-Milton, Oka et L’Islet. Les vitrines ont pour but de permettre à tous les producteurs de voir (d’où le nom de vitrines) les appareils et résultats de nouvelles méthodes de production de pommes dites « à moindre risque ».

Parmi les techniques, sélectionnées par les conseillers et experts du Réseau-pommier : pulvérisation à l’allemande (faible dérive et haute vitesse); lutte biologique contre les acariens; désherbage mécanique ; confusion sexuelle ; attracticides en remplacement des insecticides ; bicarbonate en remplacement des fongicides de synthèse, filets anti-insectes, broyeuse à feuilles, etc.

Pomiculteurs et pomicultrices, ne manquez pas le premier événement « vitrine » organisé durant la semaine du 21 octobre dans les cinq principales régions pomicoles: lisez l’invitation qui suit, choisissez votre site et venez faire du lèche-vitrine!

 

CLINIQUES D’INFORMATION ET DE DÉMONSTRATION
SUR L’UTILISATION D’UN PULVÉRISATEUR CERTIFIÉ AIRCHECK
(V. Philion)

L’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), en collaboration avec les cinq entreprises pomicoles concernées, les conseillers pomicoles associés et le MAPAQ, vous invite à une des séances gratuites de formation offertes les 21, 22, 25 et 26 octobre. Durant ces séances de formation et de démonstration vous pourrez voir fonctionner le pulvérisateur en question et connaitre les avantages de cette nouvelle approche en pulvérisation, qui sera utilisée dans les vitrines jusqu’en 2022.

Au programme

  • Particularités des nouveaux pulvérisateurs
  • Formation sur la méthode de pulvérisation allemande
    • Vitesse d’avancement
    • Vitesse du ventilateur
    • Volume de bouillie à l’hectare
    • Choix des buses

La formation sera donnée par monsieur Peter Triloff, consultant en protection des pommiers depuis 32 ans pour la plus grosse coopérative de pomiculteurs du Lac Constance, en Allemagne, (MABO, 120 000 tonnes par année). Monsieur Triloff est l’inventeur d’une technique de pulvérisation certifiée par les autorités allemandes (JKI Braunschweig) qui allie la réduction de la dérive, du temps de travail, de la consommation énergétique, du bruit, des doses et, donc, des coûts… tout en améliorant la couverture.

Formation en anglais
La formation sera offerte en anglais. Cependant, Vincent Philion, chercheur à l’IRDA, assurera au besoin une traduction sur place.

Pour inscription gratuite
Cette formation sera présentée dans cinq localités : cliquez sur le lien approprié ci-après pour vous inscrire en ligne ou communiquez avec Mathieu Bilodeau, responsable des communications : 418 643-2380, poste 203 (mathieu.bilodeau@irda.qc.ca)

 

L’ARLA POURSUIT SA RÉÉVALUATION DE PESTICIDES :
EST-CE QUE LA POMME EST CONCERNÉE ?

 

Soyons clairs: oui. La plus récente décision de l’ARLA à ce sujet est celle du 5 octobre concernant le mancozèbe (ex. DITHANE, MANZATE, PENNCOZEB).  Il s’agit de la nouvelle version d’un projet de décision datant de 2013, mais ses conclusions sont inchangées: l’ARLA propose en gros d’abandonner toutes les utilisations de ce fongicide (sauf sur le tabac). L’ARLA recevra les commentaires sur cette proposition, par écrit ou par voie électronique, jusqu’au 2 janvier 2019. Tout le monde, grand public inclus, peut transmettre des commentaires, en mentionnant le numéro de publication: PRVD2018-17.

Pour un résumé des projets actuels de l’ARLA en matière de réévaluation et concernant la pomme, consultez le tableau-synthèse sur le site du Réseau-pommier.

Avertissement du 5 septembre: pesticides, mouche de la pomme, récolte

ETAT DE LA RÉCOLTE

En date du début septembre, le calibre et la coloration des fruits étaient en général inférieurs à la moyenne dans les exploitations, mais les pluies reçues récemment et le rafraîchissement annoncé pourraient permettre à la situation de s’améliorer.  Le volume estimé et la qualité de la récolte 2018 s’annoncent semblables à ceux des dernières années.

Empire sur B9 au verger du mont saint-Bruno, 5 septembre 2018 (photo M. Larose)

 

MOUCHE DE LA POMME

État de la situation

Avec le temps chaud qui persiste, certains redoutent une activité prolongée de la mouche de la pomme, cette inquiétude étant renforcée par les nombreuses captures dans certains vergers encore à la fin aout.

Stratégie d’intervention

Ne vous laissez pas berner par la mouche! L’activité des insectes étant entièrement déterminée par la température, il est normal que les captures soient plus importantes par haute température; toutefois, le risque à la récolte lui n’est pas plus élevé en cette période. En fait, selon une étude de Cornell, la quasi-totaliité des mouches femelles (celles qui causent les dégâts aux fruits) ne pondent plus d’oeufs à partir de la fin août et sont donc aussi inoffensives que les mâles. Il est donc tout-à-fait raisonnable de ranger son pulvérisateur en septembre, malgré les captures enregistrées sur les sphères rouges.

 

DÉCISIONS RÉCENTES ET À VENIR DE L’ARLA
CONCERNANT LES PESTICIDES AUTORISÉS EN POMICULTURE

En raison de l’impact important que pourraient avoir les dernières décisions de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) pour la culture de la pomme au Québec, la période dite « d’ouverture aux commentaires » face aux décisions proposées de l’Agence représente une opportunité cruciale pour faire entendre vos arguments auprès de celle-ci.

Une période de consultations sera bientôt ouverte au sujet d’une récente décision concernant le mancozèbe (DITHANE etc.). Consultez la dernière mise à jour du tableau synthèse des réévaluations actuelles de l’ARLA en pomiculture en cliquant ici.

POUR EN SAVOIR PLUS

  • Cliquez ici pour le sommaire de la semaine, par région (observations et prévisions)
  • Cliquez ici pour les les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers-pilotes du Réseau.

BONNE FIN DE SAISON À TOUS!

Avertissement du 8 août: ravageurs de fin de saison et protection de la récolte

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS (G. Chouinard)

Le temps chaud et sec que nous connaissons actuellement n’est pas propice au bon développement de la récolte à venir. Le calibre des pommes est inférieur au calibre habituel à pareille date, et des opérations comme l’éclaircissage manuel des fruits (voir plus bas) et l’irrigation sont requises dans bon nombre d’exploitations – veillez à évaluer la situation dans la vôtre!

Gala, 9 août 2017 à St-Bruno (GC)

Gala, 7 août 2018 à St-Bruno (GC)

 

 

 

 

 

 

RAVAGEURS DE FIN DE SAISON (G. Chouinard)

État de la situation 

Plusieurs insectes et acariens restent actifs en cette période de l’été, ce qui est inclus les incontournables (mouche, carpocapse, tétranyques) mais aussi des visiteurs non-sollicités comme les pucerons, les scarabées, cicadelles et tordeuses – entre autres. La question à ce moment est de déterminer s’il y a réel besoin d’intervenir, car les populations varient d’un verger à l’autre, et il y a la faune auxiliaire (espèces utiles) qui est aussi très active, la date de la récolte qui approche et certains insectes qui commencent à réduire leur activité.

Stratégies d’intervention

Le dépistage est essentiel et critique pour le carpocapse, les acariens et la mouche, et des seuils d’intervention sont disponibles. Pour les détails sur le dépistage, consultez la fiche 65 du Guide de PFI. Consultez également les communiqués des semaines précédentes de même que les fiches spécifiques du guide sur les espèces présentes chez vous.

Les populations de mouches devraient  baisser graduellement au cours du mois d’août. Les traitements ne seront plus nécessaires à partir de la fin août, même si des captures sont présentes, car la ponte dans les fruits cesse graduellement à partir de la mi-août. Les traitements effectués contre la mouche pourront également cibler le carpocapse. Attention aux délais avant récolte!

Dégât de mouche de la pomme (fruit à droite) sur Honeycrisp, 8 aout 2018. Photo G. Chouinard

TAILLE D’ÉTÉ ET LUTTE AUX TORDEUSES

La taille d’été est la première recommandation du Réseau pour la lutte contre la tordeuse à bandes obliques (TBO) en période estivale.  Déjà nécessaire afin d’augmenter la qualité des fruits et l’équilibre des arbres trop vigoureux,  la taille d’été constitue une bonne méthode de lutte contre la TBO (et les pucerons verts). La période idéale pour cette opération débute au moment où les pousses annuelles terminent leur croissance et peut se prolonger jusqu’à 15 jours avant la récolte. Vous pouvez aussi effectuer un dépistage des chenilles sur les pousses afin de déterminer s’il est temps d’entreprendre l’élagage des gourmands pour la répression des tordeuses.

  • Élaguez tous les gourmands ainsi que les rameaux semi-dressés qui sont en surnombre, mais en conservant toutefois un nombre suffisant de rameaux pour le renouvellement de la récolte.
  • Attention : selon son degré de sévérité, la taille d’été peut diminuer de façon importante la vigueur de l’arbre. Évitez d’affaiblir davantage des pommiers qui manquent déjà de vigueur
  • Profitez de la taille d’été pour supprimer les fruits en surnombre (voir la fiche 43 du Guide de PFI pour les méthodes d’éclaircissage manuel), ce qui permettra de réduire encore plus les dégâts de tordeuses et d’augmenter la qualité de votre production.

 

 CALCIUM ET PROTECTION PHYTOSANITAIRE

Même si les applications de calcium à cette période sont moins efficaces pour réprimer le point amer que celles effectuées plus tôt, les apports foliaires en août et septembre peuvent rehausser de façon importante le niveau de cet élément dans les fruits, si les conditions d’absorption sont bonnes. De toutes les formulations de calcium, le chlorure (CaCl2) sous forme de flocons (77% CaCl2, soit 28-29% Ca) est la plus efficace et la moins chère. Le chlorure de calcium (mais pas les autres formes de calcium) réprimera en partie la tavelure (feuilles et fruits), le blanc, la suie-moucheture. et la pourriture amère. Évitez la forme « nitrate » sur les fruits si on veut améliorer leur fermeté!  Attention le chlorure de calcium est toutefois délicat à appliquer en fin de saison. Il est incompatible avec le sel d’Epsom, le POLYRAM, le bicarbonate de potassium et le soufre de type « poudre mouillable ».  Pour réduire les risques de phytotoxicité, ne pas appliquer lors de conditions de séchage très lentes, lorsque la température dépasse 26-27°C ou que le feuillage est déjà fragilisé par des ravageurs (ex : acariens). Ajuster alors la dose de chlorure de calcium à la baisse et attendre la baisse de la température en soirée avant de traiter. Pour plus d’infos sur le calcium en phytoprotection cliquez ici. Consultez également la fiche 117 du Guide de PFI pour plus de détails sur les applications de FRUITONE et RETAIN à effectuer  afin de minimiser les pertes à la récolte. Profitez-en aussi pour consulter la fiche 118 (suivi de la maturité et de la qualité des fruits).

POUR EN SAVOIR PLUS EN PÉRIODE ESTIVALE

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  • Cliquez ici pour les messages des conseillers du MAPAQ, les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers-pilotes du Réseau.

BONNE RÉCOLTE !!

Avertissement du 25 juillet: mouche de la pomme, carpocapse, acariens, scarabée japonais

MOUCHE DE LA POMME (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation 

Les captures de mouches de la pomme ont augmenté dans plusieurs vergers au cours de la dernière semaine notamment en Montérégie Est et Ouest et dans les Laurentides. Plusieurs vergers ou secteurs de verger ont atteint le seuil d’intervention. Selon le modèle prévisionnel, le pic de captures est prévu dans les prochains jours ou la prochaine semaine, pour les régions les plus chaudes (voir le tableau sommaire).

Stratégies d’intervention 

Poursuivez le dépistage jusqu’à la fin août et consultez les communiqués précédents.

CARPOCAPSE (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation 

Les captures du carpocapse de la pomme sont à la baisse dans la majorité des régions. Selon le modèle prévisionnel, on se situe actuellement entre la fin de la 1èregénération d’adultes et le début de la 2egénération. La présence de quelques dégâts frais est rapportée par certains collaborateurs du Réseau dans les vergers qui subissent une forte pression de ce ravageur.

Stratégies d’intervention 

Consultez la fiche 76 du Guide de PFI de même que les communiqués précédents du RAP.

ACARIENS (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation 

Les acariens phytophages (principalement le tétranyque à deux points) se sont développés rapidement à la faveur du temps chaud et sec des dernières semaines. La présence de leurs prédateurs naturels est également à la hausse (agistèmes, phytoséides et punaises de la molène).

Stratégies d’intervention 

Poursuivez le dépistage sur feuillage et consultez la fiche 91 du guide de PFI pour la stratégie globale de lutte. N’oubliez pas de tenir compte de la présence des prédateurs et d’augmenter votre seuil de tolérance en leur présence.

SCARABÉES (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation 

Plusieurs observateurs du Réseau rapportent la présence localisée de scarabées japonais dans différents secteurs, surtout sur le cultivar Honeycrisp, notamment en Montérégie, au sud-ouest de Montréal et en Estrie.

Scarabée japonais (en médaillon) et ses dommages sur Honeycrisp. Photo prise le 25 juillet à Saint-Bruno (G. Chouinard)

Stratégies d’intervention 

Parmi les homologations disponibles contre cet insecte,  ALTACOR, CALYPSO et IMIDAN sont les plus efficaces (sans être excellents). Lorsque présent, ce qui est plutôt rare dans les vergers du Québec, cet insecte se retrouve de façon localisée et il affectionne davantage certains cultivars. Consultez la fiche 86 du Guide de PFI pour plus d’informations sur les scarabées et limitez les interventions, si nécessaires, aux zones affectées en favorisant les produits les plus sélectifs envers les espèces utiles du verger (ALTACOR est le plus sélectif des trois mentionnés ci-haut).

POUR EN SAVOIR PLUS EN PÉRIODE ESTIVALE

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Avertissement du 4 juillet: mouche de la pomme, carpocapse, tordeuses, acariens, pucerons et leurs prédateurs

MOUCHE DE LA POMME (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation 

Des captures ont été observées dans certains vergers en Montérégie, au sud-ouest de Montréal, en Estrie et dans la région de Chaudière-Appalaches. En général, le nombre de captures est encore faible et seulement quelques vergers avec un historique important ont atteint le seuil d’intervention (voir le tableau sommaire).

Stratégies d’intervention (fiche 77 du Guide de PFI)

Dépistage: ne confondez pas la mouche de la pomme avec des espèces d’apparence semblable:

ailes mouche

Ailes de mouches de la famille des téphritides rencontrées dans les vergers du Québec

Seuil d’intervention: plusieurs vergers dépistés n’atteignent pas le seuil d’intervention avant la récolte. Ce seuil est de 2 mouches par sphère rouge, sauf si vos pommes sont destinées à l’exportation (le seuil est alors de 1 mouche par sphère) ou si vous avez déjà effectué un traitement contre cet insecte au cours de la saison (le seuil grimpe alors à 4 – 5 mouches par sphère).

Caractéristiques des produits homologués contre la mouche de la pomme :  SAgE Pesticides.

AUTRES INSECTES ACARIENS RAVAGEURS (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation 

Les captures de carpocapses ont été encore nombreuses dans plusieurs vergers au cours de la dernière semaine. Selon le modèle prévisionnel, le pic de captures de carpocapse pour la 1èregénération ainsi que le pic de ponte sont dépassés dans l’ensemble des régions à l’exception de celle de Québec (voir le tableau sommaire). Quelques dommages sur fruits sont observés par les collaborateurs du Réseau dans les différentes régions mais à des niveaux faibles jusqu’à présent. Dans les régions les plus chaudes, on se situe actuellement dans le pic d’éclosion de la 1ère génération. Les éclosions devraient s’étaler au-delà de la mi-juillet.

Les captures de papillons de tordeuses à bandes obliques sont variables selon les vergers. Selon le modèle prévisionnel du Réseau, le pic de captures devrait être passé dans la majorité des régions (voir sommaire du RAP). Les premières chenilles de la génération estivale ont été observées en début de semaine en Montérégie et au sud-ouest de Montréal.

Les populations de tétranyques sont plutôt faibles et seuls quelques blocs de vergers ont atteint le seuil d’intervention jusqu’à maintenant. Quelques observateurs du Réseau rapportent la présence à la hausse du tétranyque à deux points dans certains secteurs. La présence de leurs prédateurs naturels est également à la hausse, principalement des agistèmes et des phytoséides. La punaise de la molène, la punaise translucide et d’autres prédateurs d’acariens (Allotrombium et Balaustium) sont également présents dans certains vergers.

Des colonies de pucerons lanigères ont également été observées cette semaine dans certains vergers, principalement dans des secteurs avec un historique pour ce ravageur.

Punaise réduve (immature) sur pommier. Cette punaise est un prédateur agressif de plusieurs espèces d’insectes, d’où son nom anglais d’assassin bug. Photo F. Vanoosthuyse.

La présence en verger de plusieurs espèces utiles (principalement des prédateurs de pucerons et de tordeuses) est également rapportée en nombre important par les collaborateurs du Réseau : coccinelles (œufs, larves et adultes), punaises prédatrices (pentatomides et réduves), chrysopes, syrphes et larves de cécidomyies prédatrices.

Stratégies d’intervention

TBO et carpocapse:  consultez les communiqués précédents pour plus d’informations.

Pucerons, cicadelles et acariens: le dépistage vous permettra de vérifier s’ils sont présents dans votre verger, et si les populations sont suffisantes pour nécessiter une intervention. Consultez les fiches appropriées du Guide de PFI et retenez ces conseils :

  • élevez votre seuil de tolérance aux ravageurs lorsque des prédateurs/parasites de ces ravageurs sont présents dans votre verger
  • si vous devez intervenir avec des pesticides en période estivale, privilégiez les produits qui auront une toxicité la plus faible possible envers vos prédateurs, qui offrent ce service gratuit de lutte aux ravageurs.

ATTENTION AUX DÉLAIS À LA RÉCOLTE

Voici quelques exemples de produits homologués en vergers mais dont les délais à la récolte dépassent les 10 jours. L’étiquette du pesticide demeurant la seule source officielle, vérifiez toujours l’étiquette avant d’utiliser un produit!

INSECTICIDES ET ACARICIDES:
ACTARA : 60 jours CONFIRM, RIMON : 14 jours
CALYPSO : 30 jours KANEMITE : 14 jours
AGRIMEK: 28 jours IMIDAN, INTREPID : 14 jours
NEXTER : 25 jours SIVANTO PRIME: 14 jours
BELEAF: 21 jours
FONGICIDES:
KASUMIN: 90 jours FONTELIS: 28 jours
STREPTOMYCINE: 50 jours NOVA, FLINT, SCALA: 14 jours
DITHANE, MANZATE: 45 jours INSPIRE SUPER: 14 jours
POLYRAM: 45 jours LUNA TRANQUILITY: 14 jours
APROVIA, CUIVRE, SOVRAN: 30 jours

POUR EN SAVOIR PLUS EN PÉRIODE ESTIVALE

  • Cliquez ici pour le sommaire hebdomadaire par région (observations et prévisions)
  • Cliquez ici pour les messages des conseillers du MAPAQ, les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers-pilotes du Réseau.

Une dernière infection primaire à Québec

La pluie attendue la semaine dernière n’ayant pas eu lieu dans la région de Québec, les spores matures n’ont pas pu être éjectées avant aujourd’hui. Les éjections réalisées au laboratoire vendredi et les prévisions du simulateur RIMpro tendent à confirmer que  la pluie prévue ce soir, et toute la journée demain, provoquera la dernière infection primaire dans la région de la capitale nationale. Dans les vergers non déjà protégés, un traitement tôt demain matin pourrait arrêter l’infection en cours (traitement de germination).

Les fongicides à base de mancozèbe et de métirame seront interdits en pomiculture au Canada

L’ARLA a publié hier (21 juin) le résumé de sa décision concernant le métirame (Polyram) et le mancozèbe (ex: Dithane, Manzate, Penncozèbe), deux fongicides du groupe des EBDC. Le texte intégral des décisions (RVD2018-20 et RVD2018-21 respectivement) sont disponibles sur demande auprès de l’ARLA.

Les titulaires d’homologation de tous les produits contenants ces substances devront retirer la pomme de l’étiquette d’ici 2 ans et l’usage des produits en inventaire chez les producteurs sera interdit en pomiculture dans 3 ans (le 21 juin 2021).

L’agence de réglementation a déterminé que des risques préocuppants de cancer sont liés à l’exposition à l’éthylène thiourée (ETU) qui est un produit de dégradation retrouvé dans les fruits traités avec ces fongicides. L’agence a aussi souligné des risques pour la santé liés à l’exposition professionnelle, même en tenant compte des équipements de protection et d’un nombre moins élevé d’applications aux doses les plus faibles.

L’ARLA précise dans son analyse qu’elle est consciente que le retrait des EBDC forcera l’usage d’autres fongicides qui sont plus sujets à la résistance et propose comme solution l’emploi du FOLPAN (folpet) et l’ALLEGRO (fluazinam) qui sont pourtant jugés toxiques et inadmissibles en production fruitière intégrée (PFI) au Québec. Cette décision arrive dans la foulée des restrictions quant à l’usage du Captan qui entreront aussi en vigueur d’ici 2 ans.

La décision de l’ARLA ne peut être changée que si des données scientifiques sont fournies pour répondre aux différents points soulevés dans le rapport détaillé. Par exemple, des études sur l’estimation du risque pour les travailleurs dans les vergers haute densité. Un avis d’opposition avec un fondement scientifique peut être déposé dans les 60 jours suivant la publication d’une décision finale de l’ARLA.

 

Avertissement du 20 juin: arrivée de la mouche de la pomme; ravageurs d’été

Mise à jour : première capture de mouche mercredi 20 juin au verger du mont Saint-Bruno.

MOUCHE DE LA POMME  (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation

La première capture a été observée le 20 juin dans le verger du Réseau au mont Saint-Bruno. Même si le modèle du Réseau prévoit le début d’activité de la mouche de la pomme uniquement à partir de la 2e semaine de juillet, des captures sont possibles dès la fin juin dans les régions les plus hâtives et les vergers les plus affectés par cet insecte. Il est donc temps de nettoyer vos sphères rouges et à les installer cette semaine si ce n’est fait.

Mouche de la pomme adulte – photo : LEDP-MAPAQ, tirée de IRIIS phytoprotection

Stratégies d’intervention

Dépistage (fiche 65 du Guide de PFI)

Il est temps d’installer vos boules rouges engluées (vous n’en avez pas? cliquez ici). Le dépistage de la mouche de la pomme est une pratique incontournable en PFI, et ce, pour les deux raisons suivantes :

  • C’est rentable : le dépistage permet d’éviter des traitements insecticides dans la plupart des exploitations. Les traitements évités en été permettent à leur tour la multiplication des espèces utiles qui effectuent la lutte biologique contre les tordeuses, les mineuses, les acariens et les autres ravageurs. Cette lutte biologique peut vous permettre d’économiser chaque année, en moyenne, un autre traitement insecticide.
  • C’est écologique : la réduction du nombre de traitements insecticides vous permet de réduire les résidus sur les fruits, de préserver la biodiversité et d’élever votre performance environnementale.

AUTRES INSECTES RAVAGEURS (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation

Quelques dommages récents de charançon de la prune ont été observés au cours des derniers jours limités principalement dans les secteurs à risque. Selon les prévisions actuelles, les nuits du 22 et 23 juin seront favorables à son activité, dépendamment de la région (voir le tableau sommaire).

Après la Montérégie la semaine dernière, les premières captures de papillons de tordeuses à bandes obliques ont été observées cette semaine dans le sud-ouest de Montréal et dans la région des Laurentides.

Les captures de carpocapse sont en augmentation. Selon le modèle prévisionnel du Réseau, on s’approche du pic de captures pour la 1ère génération de papillons dans les secteurs les plus chauds et l’éclosion des œufs devrait avoir débuté dans la majorité des régions (voir le tableau sommaire). Un premier dommage sur fruits a d’ailleurs été observé dans la région de Missisquoi en début de semaine.

Les observateurs du Réseau rapportent cette semaine l’apparition en vergers des ravageurs suivants (en général sous les seuils d’intervention) : colonies de pucerons verts, cicadelles de la pomme de terre, ériophyides.

Stratégies d’intervention

Charançon de la prune,  TBO et carpocapse:  consultez les communiqués précédents pour plus d’informations.

Pucerons verts, cicadelles et ériophyides: le dépistage vous permettra de vérifier s’ils sont présents dans votre verger, et si les populations sont suffisantes pour nécessiter une intervention. Consultez les fiches appropriées du Guide de PFI.

 

POUR EN SAVOIR PLUS EN PÉRIODE ESTIVALE

Avec la fin de la période critique pour la tavelure et la majorité des interventions de base ayant été effectuées en période préflorale et postflorale, la fréquence des avertissements sera réduite au cours des prochaines semaines. Le Réseau-pommier continue toutefois à suivre l’activité des insectes et des maladies et nos sources d’information ci-après sont toujours mises à jour:
  • Cliquez ici pour le sommaire hebdomadaire par région (observations et prévisions)
  • Cliquez ici pour les messages des conseillers du MAPAQ, les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers-pilotes du Réseau.

Temps violent et propagation des maladies en verger

Le temps violent prévu demain dans le sud du Québec pourrait fortement aggraver les cas existants de feu bactérien.

Tiré de la fiche PFI:

Dans les parcelles voisinant des vergers où des symptômes de feu bactérien sont présents et/ou étaient présents l’an dernier, il est fortement recommandé d’intervenir en cas de grêle en juin ou en juillet. 

Deux interventions sont possibles, une application rapide de streptomycine, et/ou une application de Apogee. Il est généralement inutile d’appliquer des traitements fongicides comme CAPTAN ou autre sur les pommiers ou les poiriers, puisque les petits fruits verts résistent bien à l’infection par les pourritures. Ailleurs dans le monde, les risques de pourriture noire, de moniliniose ou d’autres maladies peuvent justifier ce traitement, mais ce n’est pas le cas au Québec.

Feu bactérien:

La streptomycine doit être appliquée dans les quatre heures suivant une tempête. N’intervenez que si tous les facteurs de risque sont réunis et seulement en cas de tempête assez violente. Les traitements réalisés jusqu’à 12 heures après la tempête sont probablement encore efficaces à 50 %, mais passé ce délai, la bactérie est internalisée dans le bois et échappe à l’action des antibiotiques. Le traitement peut être fait sur du feuillage encore humide, mais à condition que la pluie soit terminée et que le feuillage soit en cours de séchage.

Notez que l’utilisation de la streptomycine est limitée à un total de 5.7 kg/ha par année, soit environ 6 traitements par année, incluant les traitements floraux, et qu’aucun traitement n’est permis dans les 50 jours précédant la récolte. Pour des cultivars d’été réputés sensibles comme Paulared, cette restriction implique un arrêt des traitements au début de juillet. En pratique, la propagation du feu bactérien est limitée à la période de croissance des arbres et les orages à la fin juillet et en août sont donc beaucoup moins à risque pour la propagation du feu. L’éclaircissage manuel est interdit dans la parcelle dans les 14 jours suivant une application de streptomycine.

Il faut seulement traiter les parcelles où les symptômes ont été enlevés par la taille et les blocs sains à proximité. Traiter des vergers où l’on trouve de nombreux foyers actifs est la meilleure façon de sélectionner des populations de bactéries résistantes à la streptomycine. Une approche plus conservatrice quant à l’utilisation de la streptomycine a permis de garder cet outil de lutte, alors que dans les états où la streptomycine a été utilisée abusivement, ce produit n’est plus efficace.

Dans les blocs de verger où le régulateur de croissance APOGEE a été appliqué lors de la floraison, la propagation du feu bactérien est beaucoup moindre que dans les blocs non traités. Réservez vos interventions à la streptomycine là où elles sont le plus nécessaires.

Apogee

Un traitement avec le régulateur de croissance Apogee dans les jours suivants une tempête de grêle est recommandé pour trois raisons : Apogee peut ralentir la progression du feu, limiter la poussée de croissance des arbres qui survient quand les arbres sont endommagés et ainsi limiter la perte des bourgeons floraux sur le bois de 2 ans. Ce dernier effet permet de régulariser la production dans l’année suivant la grêle*. Cette recommandation « tardive » d’Apogee fait encore l’objet d’études.

*Rademacher W, Kober R. Efficient Use of Prohexadione-Ca in Pome Fruits. Eur J Hortic Sci [Internet]. 2003 [cité 26 févr 2018];68(3):101‑7. Disponible à: http://www.jstor.org/stable/24126154

Les éjections d’ascospores sont terminées, ou presque (16 juin)

Suite aux pluies des derniers jours, la réserve d’ascospores est maintenant épuisée dans la plupart des vergers. Les résultats des éjections forcées (en ligne) confirment ce qui a été annoncé mercredi (13 juin) et concordent avec RIMpro; pour la plupart des sites les comptages enregistrés vendredi (15 juin) étaient très faibles. Les résultats plus élevées observées à Compton s’expliquent du fait que les feuilles ont été ramassées avant la pluie. Pour la région de Québec, les éjections à venir jusqu’au 21 juin pourraient suffirent à causer des infections primaires, notamment dans les vergers où l’inoculum est plus abondant.

Comme à tous les ans, il restera encore quelques ascospores qui subsisteront, mais elles ne présentent qu’un risque marginal. L’effet combiné du fauchage, de la litière qui se décompose et du faible inventaire de spores résiduel feront en sorte que la probabilité d’infection par les ascospores sera marginale à partir de maintenant.

De plus, le cycle de croissance achève et de moins en moins de feuilles sensibles à la tavelure se développent. Dans le verger de l’IRDA, une bonne proportion des pousses du cultivar McIntosh ne sont plus en croissance et sont donc résistantes.

Dans les vergers où la fertilisation azotée continue tardivement (après la nouaison), les pousses restent sensibles plus longtemps, ce qui augmente considérablement le risque de propagation de la tavelure en été.

La fin des infections par les ascospores ne veut pas dire la fin de tous les traitements. D’ici la mi juillet, la fréquence de vos interventions va dépendre de la qualité de votre dépistage et votre confiance quant à la qualité des traitements réalisés pendant la période des infections primaires. Dans les vergers à inoculum faible, bien dépistés et où la qualité des traitements est présumée bonne, la fréquence et la dose des traitements peut être grandement diminuée. Par contre, dans les vergers où la qualité des traitements est incertaine, il est possible que des taches passent inaperçues lors du dépistage. Il est donc recommandé de maintenir une couverture foliaire, même si elle est allégée. Dans les vergers où des taches sont déjà présentes, il vous faudra maintenir une dose « d’entretien » de fongicide pendant une bonne portion de l’été. Dans ces vergers, le renouvèlement des traitements basé exclusivement sur la pluviométrie augmente vos couts sans nécessairement apporter de bénéfices. Il est possible de « gérer » parcimonieusement les traitements en fonction des résultats de dépistage et la fréquence des pluies, et non simplement par la quantité d’eau tombée. Voir la fiche du guide PFI pour les détails.