Articles et nouvelles sur les vergers-vitrines

L’IRDA est heureuse d’annoncer la sortie prochaine de 5 capsules vidéo conçues pour aider les producteurs qui désirent adopter de nouvelles pratiques innovantes et à risque réduit pour la protection des pommiers. Les capsules suivantes sont en cours de production (cliquez sur les liens pour visionner celles qui sont complétées):

  1. Le pulvérisateur à distribution d’air optimisée (durée 7 min):
  2. le GF120 contre la mouche de la pomme (durée 5 min)
  3. les filets d’exclusion
  4. le bicarbonate de potassium contre la tavelure
  5. le broyeur à feuilles et à branches

Ces capsules sont produites dans le cadre du projet des vergers-vitrine.

Vous en voulez plus? Revoyez la série de neuf capsules produites en 2015 sur la gestion des principaux ravageurs (charançon, tordeuses, carpocapse, mouche, tétranyque rouge, punaise terne, mineuse marbrée, hoplocampe et feu bactérien) en cliquant ici

 

 

La production commerciale de pommes sous filet d’exclusion se fait principalement en Europe, où la technique a d’abord été développée et perfectionnée. Au Québec, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) évalue la technique dans son verger expérimental de St-Bruno depuis 2012. L’évaluation et les essais se poursuivent, mais les nombreuses années d’expérience acquises jusqu’à maintenant montrent que la technique est suffisamment intéressante et fiable pour être adoptée en verger commercial.

Description et objectifs

La technique consiste à déployer des filets sur les pommiers afin de former une barrière physique et les protéger contre les attaques des insectes ravageurs. En présence des filets, il devient possible de cesser les traitements phytosanitaires sur les arbres tout en obtenant des pommes de qualité. Globalement, durant une saison de production, la technique permet de réduire considérablement les éléments suivants :
• le nombre d’interventions phytosanitaires ;
• le risque pour la santé et l’environnement liés aux pesticides ;
• les résidus de pesticides potentiellement laissés sur les fruits.

Installation et retrait des filets d’exclusion

Les filets sont installés le plus tôt possible en début de saison, idéalement tout juste après le dernier traitement à l’huile dirigé contre les oeufs du tetranyque rouge. Les filets demeurent fermés jusqu’au moment de la récolte, sauf en période de floraison pour permettre la pollinisation. Relever et refermer les filets en cours de saison est un travail long et fastidieux que l’on veut éviter. Exceptionnellement, les filets peuvent être relevés si des interventions phytosanitaires urgentes sont justifiées par les données de dépistage.

Pollinisation

Les filets peuvent être ouverts lorsqu’au moins une fleur par bouquet est ouverte (fleur mère). L’ouverture pendant une durée de quarante-huit heures est suffisante pour assurer une bonne pollinisation des fleurs, en autant que les journées choisies soient propices à l’activité des pollinisateurs (chaudes, ensoleillées et sans vent). Il n’est pas nécessaire ni recommandé d’introduire des ruches d’abeilles sous les filets fermés (les bourdons font un bon travail par contre même sous filets).

Éclaircissage

La courte période de pollinisation devrait se traduire par un ou deux fruits noués par bouquet. Si des travaux d’éclaircissage supplémentaires sont jugés nécessaires, les filets devront être relevés à nouveau pour procéder.

Traitements phytosanitaires

Une fois les filets installés, l’objectif est justement de cesser toute intervention phytosanitaire. En conséquence, il convient de prévoir les éléments suivants :

  • Avant l’installation des filets, s’assurer de bien réussir son traitement à l’huile supérieure. Normalement, ce traitement ne sera  toutefois plus  nécessaire après un an ou deux de production sans pesticides, les acariens prédateurs s’occupant de cette tâche.
  • Puisqu’aucun fongicide n’est appliqué en présence des filets, choisir des cultivars résistants à la tavelure. Le cultivar Honeycrisp est un bon candidat. C’est d’ailleurs le seul qui a été évalué sous filets au Québec.
  • Dépister et suivre l’évolution des ravageurs sous les filets puisque des problématiques peuvent quand même survenir. Les insectes enfermés sous les filets au moment de la pose peuvent continuer leur développement, tels la tordeuse à bandes obliques et la punaise de la molène. Exceptionnellement, il est possible que les filets doivent être relevés pour procéder à des pulvérisations. Les pulvérisations à travers le filet sont possibles, mais les mailles du filet réduisent la pénétration de la bouillie (ceci est actuellement en cours d’évaluation à l’IRDA).

Influence des filets sur les éléments météo

Les données recueillies depuis 2012 indiquent que la température et l’humidité relative sous les filets sont sensiblement les mêmes comparativement à ce qui est observé hors filets. La date de récolte peut être devancée ou retardée de quelques jours, mais en moyenne la différence sera faible. Et en cas d’épisode de grêle, les fruits seront protégés des impacts.

Rendement et qualité de la récolte

L’utilisation des filets peut aisément permettre l’obtention d’un rendement et d’une qualité comparables à une régie conventionnelle. Les filets bien installés permettent de contrôler les dommages d’hoplocampe, de charançon de la prune, de mouche de la pomme, de carpocapse, de plusieurs types de punaises, et bien plus.

Structure et matériel

Les filets sont installés et fixés solidement sur une structure portante selon une configuration monorang (chaque rang est recouvert individuellement). Idéalement, il faut privilégier les sites bien abrités du vent. Pour éviter les structures trop imposantes, les filets devraient idéalement être déployés sur des arbres dont la hauteur à maturité n’excède pas 3 mètres (10 pieds). Exemple de matériel suggéré (variable selon chaque projet) :

• Poteaux et capuchons anti-abrasion:

• Câbles et serres-câbles:
• Arches pour supporter les filets:


• Filets 60g/m2 (mailles de 1,90mm x 0,95mm) d’une largeur de 8,4 mètres
• Pinces pour fixer les filets
• Quincaillerie diverse

Coûts et rentabilité

Les filets, la structure portante et le temps de main d’œuvre pour installer et manipuler le système représentent des coûts importants. Comparativement à une régie conventionnelle, les coûts de production sont assurément plus élevés. Le prix déterminé pour les pommes vendues devra à son tour être ajusté pour couvrir ces coûts et assurer la rentabilité de la technique. Plus de détails seront fournis dans des publications plus complètes sur le sujet.

Aide financière

Les producteurs intéressés à mettre en place des parcelles sous filets d’exclusion peuvent obtenir une aide financière provenant de deux volets du programme Prime-Vert 2018-2023 du MAPAQ :

• volet 1 «Équipements et pratiques visant la réduction des risques liés aux pesticides». Ce volet permet d’obtenir une aide financière pour l’achat des filets anti-insectes jusqu’à un montant maximal de 20 000$ pour la durée du programme. Il est à noter que depuis le 1er avril 2020, les coûts reliés à la structure de fixation et les équipements de fixation spécialisés sont également admissibles ;

• sous-volet 3.3 du volet 3 «Essais à la ferme». Ce volet vise à appuyer les entreprises agricoles dans la réalisation d’essais d’implantation de pratiques agroenvironnementales éprouvées. Une aide maximale de 15 000$ couvre jusqu’à 70% des dépenses admissibles associées à la réalisation de l’essai pour un projet ayant une durée maximale de 3 ans.

Selon ces diverses possibilités et les particularités de votre projet, il peut s’avérer fort intéressant de combiner les aides financières provenant de ces deux volets. Pour en savoir plus sur ces programmes d’aide financière, contacter les responsables régionaux au MAPAQ de votre secteur.

Pour en savoir plus: les vergers-vitrine

Trois parcelles de démonstration de filets sont actuellement en place dans les vergers vitrine de L’Islet (Chaudière-Appalaches), Mont-Saint-Grégoire (Montérégie-Ouest) et Sainte-Cécile-de-Milton (Montérégie-Est). Ces parcelles sont ouvertes à tous les producteurs et intervenants du secteur pomicole. N’hésitez pas à contacter votre conseiller pomicole si vous désirez visiter les installations.

Références

 

 

La tavelure est l’ennemi numéro 1 de la pomme. Ce n’est pas étonnant qu’elle nécessite le plus grand nombre de traitements phytosanitaires et engendre le plus de risques pour la santé et l’environnement. Or l’intégration du bicarbonate de potassium dans la stratégie de lutte contre la tavelure contribue à réduire de façon importante les risques sur la santé et l’environnement. Avec les filets, c’est la technique qui a le plus d’impact sur la diminution des indices de risques.  De plus, le bicarbonate de potassium est très efficace contre la tavelure et très peu couteux! Toutefois, pour assurer son efficacité il faut repenser sa stratégie de lutte contre la tavelure et adapter ses façons de faire. Voici quelques conseils pour bien l’utiliser.

Tout d’abord, il faut savoir que contrairement aux fongicides habituels, il est inutile de l’appliquer en protection avant la pluie. Il faut plutôt attendre que l’infection soit confirmée et l’appliquer durant la période de germination des spores de tavelure lorsque ceux-ci sont présents sur la feuille de pommier. Le modèle RIMpro, accessible gratuitement en ligne, est très utile pour déterminer la période d’application.  En effet, le modèle indique par une ligne rouge le début de l’infection (no. 2 dans la figure). On peut voir, en bas du graphique, l’heure à laquelle l’infection commence. C’est à partir de ce moment que les traitements au bicarbonate peuvent commencer. La période optimale pour effectuer le traitement est variable selon la température : plus il fait chaud, plus il faut agir rapidement. C’est pourquoi il est question d’une période de 250 degrés-heures pour intervenir, c’est-à-dire 250 ÷ la température en degrés Celsius. Par exemple, s’il fait 10 C, nous avons 25 heures pour appliquer le bicarbonate, mais s’il fait 20 C nous n’avons que 12,5 heures. Sur le graphique du modèle RIMpro, cette période se termine lorsque la ligne rouge d’infection croise celle du nuage blanc (no. 3 et 4 dans la figure). Au-delà de cette période, le traitement perd graduellement de l’efficacité jusqu’au sommet du nuage orange qui correspond à 400 degrés-heures après le début de l’infection. Ainsi, on pourra commencer le traitement sur les variétés les plus sensibles à la tavelure ou les sections de vergers où la maladie était plus importante l’année précédente. Le traitement au bicarbonate peut être appliqué même s’il pleut, à condition que cette pluie ne soit pas trop intense (maximum 3 mm/h). Il est même recommandé de l’appliquer sur feuillage mouillé puisque cela permet une meilleure distribution du produit sur les feuilles. Lorsque la pluie s’intensifie, on peut arrêter le traitement et reprendre lorsque son intensité diminue.

 

1. Nuage blanc : spores en germination

2. Ligne rouge : progression de l’infection

3.250 degrés-heure : Moment où la ligne rouge d’infection croise celle du nuage blanc  

4. Période optimale pour intervenir avec le bicarbonate de potassium : 4 mai à partir de 20 h 45 au 5 mai vers 2 h 30 a.m.

Si vous n’avez pas accès au modèle RIMpro, vous pouvez aussi vous fier à l’heure du début de la pluie. On considère généralement qu’il y a infection de tavelure lorsque le feuillage reste mouillé pendant 140 degrés-heures (ou 14 heures à 10 C). Vous pouvez alors commencer votre traitement de bicarbonate à partir de ce moment et jusqu’à environ 300 degrés-heures après le début de la pluie.

Si vous craignez ne pas pouvoir l’appliquer sur la totalité de votre verger dans la période optimale de 250 degrés-heures, vous pouvez réserver son utilisation à certaines parcelles, le temps de vous familiariser graduellement avec son utilisation. De plus, lorsque les risques d’infection sont très élevés, c’est-à-dire qu’un maximum de spores de tavelure sont matures, il est préférable d’opter pour une stratégie de type « ceinture et bretelle ». Cette stratégie consiste à appliquer un fongicide protectant avant la pluie (soufre ou autre protectant conventionnel) et d’intervenir avec le bicarbonate durant la période de germination des spores (période de 250 degrés-heures). Outre le souffre, qui accentue l’efficacité du bicarbonate, il ne faut pas le mélanger avec d’autres traitements.

Le bicarbonate de potassium est utilisé avec succès par de nombreux pomiculteurs en régie biologique et en production fruitière intégrée, dont ceux qui participent au projet des vergers vitrine. Certains ont remplacé jusqu’à huit traitements fongicides conventionnels par le bicarbonate de potassium dans leur parcelle à moindre risque, sans impacts négatifs sur le pourcentage de dommages à la récolte.

Le bicarbonate est vendu par la coopérative NATURPAC de Deux-Montagnes et il est préférable de la commander à l’avance afin de s’assurer d’en avoir une quantité suffisante. La poche de 25 kg coûte 98,70$ et la dose d’application est de 4kg/ha. Un traitement coûte donc un peu moins de 15,80$/ha ce qui est beaucoup moins cher que les autres traitements habituels contre la tavelure. Afin d’accroître son efficacité, il est recommandé de combiner le bicarbonate avec 4kg/ha soufre. Même avec cette la combinaison soufre et bicarbonate, le coût du traitement demeure bien raisonnable à moins de 25$/ha. Vous pouvez également utiliser le produit SIRROCO qui est une préparation commerciale à base de bicarbonate et de soufre et qui coûte environ 70$/ha.

N’hésitez pas à parler de cette technique avec votre conseiller pomicole, qui pourra vous accompagner pour réussir vos traitements et surveillez les messages du Réseau d’avertissements phytosanitaires en cours de saison.

Notre deuxième article sur les pratiques à moindre risque traite d’une méthode de lutte qui mérite vraiment d’être démystifiée, ne serait-ce que pour expliquer les mots “attracticide” et GF-120! C’est une pratique couramment utilisée sur tous les continents et qui a démontré son efficacité depuis plusieurs années contre plusieurs espèces de mouches à fruits comme la mouche de l’olive, la mouche méditerranéenne des fruits, la mouche de la pomme et des dizaines d’autres ravageurs de cette famille. Son efficacité a aussi été démontrée pour les vergers du Québec.

Étrange comme nom…

On vous l’accorde! Le GF-120 est en fait un mélange ingénieux de deux choses: un appât alimentaire et un insecticide. Or si vous ne connaissez pas le GF-120, vous connaissez bien ses deux composantes : l’insecticide est le spinosad (aussi vendu sous les noms de SUCCESS et ENTRUST) et l’appât, bien que sa composition exacte soit gardée secrète par la compagnie, ressemble fortement à de la mélasse. L’appât attire les mouches vers les gouttelettes de produit sur le feuillage et les incite à s’en nourrir…et l’insecticide fait le reste. Cette combinaison dite “attracticide” (le terme anglais est attract-and-kill) est si puissante que seules quelques traces d’insecticide dans le mélange sont suffisantes pour que l’application soit efficace (le GF-120 contient 0,02% de spinosad, alors que le SUCCESS en contient 48%).

Pourquoi ce n’est pas plus connu si c’est si efficace?

Comme plusieurs méthodes de lutte à moindre risque, le GF-120 n’est pas une pratique à moindre effort:

  • l’application doit être faite en ultraconcentré (moins de 10L/ha) donc un applicateur portatif est nécessaire (ca peut aussi être vu comme un avantage);
  • des applications répétées sont nécessaires car il est facilement délavé par la pluie.

Tout compte fait, ces deux inconvénients restent acceptables si on considère les avantages suivants  :

  • Pas besoin de sortir le tracteur et le pulvérisateur à verger: s’applique rapidement et facilement avec un VTT (à près de 10 km/h, 1 rang sur 2 dans plusieurs exploitations)
  • Pas de délai avant récolte ni de délai de réentrée (une fois les résidus séchés)
  • Indice de risque réduit de 50% (impact sur la santé) à 90% (impact sur l’environnement) par rapport aux traitements à l’IMIDAN (phosmet)

Comment ça s’applique?

Le plus important dans l’application de ce produit est que la couverture ne doit pas être uniforme. Vous avez bien lu! L’applicateur et les buses (ex D1) doivent être réglés pour déposer quelques grosses gouttelettes (ex 5mm) plutôt qu’un nuage de fines gouttelettes, en gros parce que les mouches sont davantage attirées par les grosses gouttelettes qui contiennent plus d’appâts et que les grosses gouttelettes restent efficaces plus longtemps. Les gouttes n’ont pas besoin non plus d’être bien réparties dans le feuillage, car les mouches vont se diriger directement vers l’appât peu importe si, par exemple , elles ne sont situées que sur une bande à mi-hauteur du pommier.

Les applicateurs les plus utilisés sont ceux construits sur mesure avec une pompe, un réservoir et des buses montés sur un VTT (voir figure), mais d’autres systèmes peuvent être offerts par votre distributeur de produits phytosanitaires.

Ca marche vraiment?

Pas de doute. Dans les essais menés à Frelighsburg et Saint-Bruno, 7 à 10 applications de GF-120 ont remplacé avec succès  2 à 3 applications annuelles d’IMIDAN (dégâts équivalents ou moindres dans les parcelles de GF-120).

Le GF-120 est en démonstration dans les cinq vitrines pomicoles actuellement en opération au Québec. Sur certains sites, la méthode est utlisée une partie de l’été afin de réduire les applications de néonicotinoïdes (ex ASSAIL). Selon les sites, de 2 à 8 applications de GF-120 ont été requises annuellement.  Pour plus d’infos, consultez la présentation faite lors de la journée pomicole de Saint-Remi et disponible sur Agrireseau.

Voici le premier d’une série de billets qui ont pour but de démystifier les pratiques en cours dans les vergers-vitrine. Cette semaine: empêcher l’accouplement du carpocapse de la pomme en saturant l’air du verger en phéromone sexuelle !

Comment fonctionne la confusion sexuelle ?

Dans un environnement saturé en phéromone sexuelle, les carpocapses mâles ont de la difficulté à retrouver les femelles, ce qui réduit les accouplements donc les larves causant les dommages aux pommes. Le parfum est relâché dans le verger à l’aide de diffuseurs à phéromones installés dans le haut des arbres. Les détails concernant l’utilisation de la confusion sont disponibles dans les fiches « Principes de base et aide financière disponible », « Calcul du patron d’installation des diffuseurs », « Installation des diffuseurs (ISOMATE®-CM/OFM TT) », « Observation hebdomadaire et traitement insecticide » et « Comment fabriquer soi-même les outils nécessaires à la pose des diffuseurs et des pièges Delta ».
carpocapse de la pomme (adulte)

Carpocapse de la pomme adulte

Ça fonctionne et vous êtes invités à joindre le groupe si ce n’est pas déjà fait !

L’utilisation de la confusion sexuelle pour lutter contre le carpocapse de la pomme permet de réduire le nombre d’applications d’insecticide dans les vergers ainsi que les risques pour l’environnement et la santé. Comparé à la moyenne des deux années précédant l’utilisation de la confusion sexuelle, la diminution moyenne du nombre d’applications visant le carpocapse de la pomme est respectivement de 31 % dès la première année d’utilisation, de 57 % deux ans après le début de l’utilisation et de 70 % à partir de la troisième année de l’utilisation de la confusion sexuelle. La diminution des indices de risque par hectare associés aux applications d’insecticides ciblant le carpocapse est de 31 % (1re année), 59 % (2e année) et 70 % (3e année et plus) pour l’environnement et 29 % (1re année), 56 % (2e année) et 75 % (3e année et plus) pour la santé. Au Québec, en 2019, cette méthode de lutte est utilisée par 127 entreprises sur plus de 1 480 hectares de vergers.

Les frais d’achat des diffuseurs sont subventionnés minimalement à 70 % par le volet 1 du Programme Prime-Vert. L’aide financière peut atteindre 90 % pour les entreprises qui répondent à l’un des critères suivants : 1) l’intervention est liée à un projet d’approche de mobilisation collective reconnue par le Ministère; 2) un ou des producteurs de l’entreprise agricole sont de la relève agricole; 3) l’entreprise détient une précertification ou une certification biologique pour son verger ou un cahier des charges en matière de production durable reconnu par le MAPAQ. Le coût de l’utilisation de la confusion sexuelle passe donc de 523 $/ha (sans aide financière), à 157 $/ha (aide financière de 70 %) ou à 52 $/ha (aide financière de 90 %). Le Programme permet une aide financière maximale de 12 000 $/année par exploitation agricole. Pour plus de détail sur l’aide financière, consultez Le guide du demandeur.

Réduction des risques pour la santé et l’environnement.

En quoi la confusion sexuelle contre le carpocapse de la pomme permet-elle de réduire l’utilisation des insecticides et de protéger l’environnement et la santé ? Pour deux raisons:

  1. les applications insecticides épargnées sont autant de risques réduits pour la santé et l’environnement;
  2. les diffuseurs à phéromones ont un impact à peu près nul (même si l’utilisation de gants reste nécessaire).

diffuseur de phéromones du carpocapse de la pomme

Diffuseur à phéromones ISOMATE®-CM/OFM TT

Il nous fait plaisir de vous accueillir au verger-vitrine de la région de l’Estrie.  Le 19 juillet prochain, nous vous invitons à venir découvrir le monde mystérieux des acariens, les bons comme les méchants.  Des loupes binoculaires seront sur place : venez les observer de près et apprendre à identifier les acariens nuisibles comme les acariens prédateurs.  Un pomiculteur de la région partagera les actions qu’il a mises en place pour favoriser l’établissement des acariens prédateurs dans son verger.  Nous profiterons de l’occasion pour vous présenter le projet des Vitrines de régies à moindres risques dans la pomme, et vous présenter deux méthodes en démonstration dans d’autres vitrines : les filets d’exclusion et le désherbeur mécanique.

  • Date : vendredi 19 juillet
  • Lieu : Verger et cidrerie Ferland, 380, chemin de la station, Compton, J0B 1L0
  • Heure : Arrivée des participants à 11h45
  • Dîner : boîte à lunch, au coût de 15$, payable avant le 12 juillet, ou apporter votre lunch

Horaire (le programme détaillé est aussi disponible ici en version PDF):

  • 11 h 45 – Arrivée des participants et dîner
  • 13 h 00 – Mot de bienvenue (Caroline Turcotte, MAPAQ Estrie)
  • 13 h 15 – Comment reconnaître les acariens nuisibles et qui sont ces acariens prédateurs ? Jacques Lasnier, AgCord
  • 14 h 00 – Témoignage sur l’introduction des acariens prédateurs et le maintien de la biodiversité en verger. Marc Chiasson
  • 14 h 30 – Des nouvelles des vergers vitrine:
    • l’utilisation des filets d’exclusion en verger. Gérald Chouinard, IRDA
    • le désherbage mécanique. Mikaël Larose, IRDA
  • 16 h 00 – Fin de la journée

INSCRIPTION OBLIGATOIRE

Pour inscription, réservation d’une boîte à lunch (payable avant le 12 juillet) et information :

François Gendron, CAE:
819-820-8620, poste 29
fgendron@cae-estrie.com

Organisé par : Le Club agroenvironnemental de l’Estrie, le ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec et l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement.

Ce projet a été réalisé en vertu du sous-volet 3.2 du programme Prime-Vert 2013-2018 et il a bénéficié d’une aide financière du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

Conférence donnée par Gérald Chouinard aux Journées horticoles de Saint-Rémi en décembre 2019. Cliquez sur l’image pour ouvrir la présentation.

un des pulvérisateurs certifiés et utilisés dans les vitrines  – photo : Franz Vanoosthuyse, IRDA

Dans le cadre du projet Vitrines de régie à moindres risques dans la pomme, 5 ateliers de pulvérisation ont eu lieu à la fin du mois d’octobre dans les 5 vergers vitrines soient : Verger Cœur de pomme, Verger Pierre Tremblay et fils, Vergers et Jardins Caouette S.E.N.C., Cidrerie Milton et Cidrerie Verger Ferland. Les formations ont été données par monsieur Peter Triloff, consultant en protection des pommiers depuis 32 ans pour la plus grosse coopérative de pomiculteurs du Lac Constance en Allemagne, et Vincent Philion, phytopathologiste-chercheur à l’IRDA depuis 20 ans.

Ces ateliers gratuits portaient sur une méthode de pulvérisation allemande qui permet d’améliorer la couverture et de réduire les pertes de pesticides se retrouvant au sol. Cette méthode est possible en utilisant un pulvérisateur certifié AirCheck et offre de nombreux avantages comme la réduction de la consommation de diesel, de l’émission de CO2, du bruit, des doses, de la dérive, du temps de travail, des coûts et une augmentation de la sécurité de l’utilisateur grâce au système de rinçage intégré au pulvérisateur.

L’IRDA a fait l’acquisition de 5 pulvérisateurs certifiés AirCheck qui seront utilisés par les vergers vitrines pendant toute la durée du projet.

D’autres formations et démonstrations dans les vergers vitrines sont à venir!

Peter Triloff donnant l’atelier de pulvérisation à la Cidrerie Milton – photo : Mikaël Larose, IRDA

Pourquoi des vitrines?

La culture de la pomme nécessite l’application annuelle de pesticides contre de nombreux ennemis (insectes, acariens, maladies et mauvaises herbes, etc.). Plusieurs des produits utilisés ont toutefois des impacts environnementaux importants et/ou un coût élevé. Certaines méthodes de dépistage, de surveillance et d’intervention sont efficaces et disponibles pour réduire les risques pour l’environnement et la santé, mais sont utilisées à des degrés variables par les entreprises. Une plus grande adoption de ces nouvelles approches permettrait de réduire l’empreinte environnementale de la production québécoise.

Un grand projet, sur 6 ans dans cinq régions

Des vitrines ont donc été implantées dans cinq importantes régions pomicoles, soit les Laurentides, la Montérégie Est, la Montérégie Ouest, l’Estrie et la Capitale Nationale/Chaudière-Appalaches. Chacun des sites offrira une comparaison entre une régie à moindres risques et la régie couramment employée par l’entreprise. La régie à moindres risques sera constituée de techniques visant l’ensemble des ennemis de la pomiculture, dont la mouche de la pomme, le carpocapse de la pomme, le feu bactérien, la tavelure, les tétranyques ainsi que les mauvaises herbes. Les données de rendement, les indices de risques pour l’environnement et la santé, les relevés de dépistage ainsi que les données économiques seront recueillis et comparés annuellement pour les deux types de régies sur chacun des sites. Les résultats seront communiqués aux pomiculteurs dans des communiqués du RAP, lors des journées de démonstration, via des conférences, des capsules vidéo, des formations, etc.

Désherbeur mécanique pour limiter l’utilisation d’herbicide – photo : Mikaël Larose, IRDA

Installation des diffuseurs pour lutter contre le carpocapse de la pomme par la confusion sexuelle – photo : Mikaël Larose, IRDA

Bienvenue sur le “nouveau” site web du Réseau-pommier!

 

La plateforme PFI du Réseau-pommier fait peau neuve aujourd’hui, 7 ans après son lancement (il était temps)! Vous y trouverez néanmoins toujours les mêmes informations que vous appréciez, du moins nous l’espérons: le Guide de référence en production fruitière intégrée, les messages de vos conseillers, les prévisions météorologiques, les prévisions d’infections et d’infestations, un guide d’identification, les avertissements phytosanitaires, une Vitrine sur les pratiques de régie à moindres risques  et d’autres informations produites par les membres du Réseau-pommier.

Et tout cela gratuitement, grâce au support de l’IRDA, du Réseau d’avertissements phytosanitaires et des membres du Réseau-pommier du Québec 

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