DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(G. Chouinard)

Le « débourrement avancé » (cultivar ‘McIntosh’) a été atteint le 1er mai au sud-ouest de Montréal, le 2 mai dans les sites les plus chauds en Montérégie et le 3 mai dans Missisquoi. Ce stade sera atteint possiblement aujourd’hui (4 mai) en Estrie, dans les sites les plus chauds.

Selon les prévisions des prochains jours, le stade « débourrement » est prévu pour le 9 mai dans la région de Québec alors que le stade « prébouton rose » devrait être atteint le 8 mai dans les régions les plus hâtives.

Consultez le tableau sommaire (en lien au bas de ce communiqué) pour de l’information par région.

TAVELURE : PREMIÈRE GROSSE INFECTION EN 2022
(V. Philion)

Dans plusieurs secteurs pomicoles, la pluie en cours (mercredi 4 mai) provoquera la première infection de tavelure de 2022. Cette année, les spores sont en avance et l’infection prévue par RIMpro est à risque élevé. La stratégie la plus efficace pour réprimer les infections est de traiter pendant la fenêtre de germination des spores (traitements « stop »), soit après l’éjection, mais avant l’infection. Comme la période des éjections aujourd’hui se terminera après le début de l’infection des premières spores, cette approche n’est pas possible. Par contre, plusieurs produits demeurent excellents pour des traitements réalisés jusqu’à 250 degrés-heures après le début de l’infection. Cette stratégie est parfaitement adaptée à l’infection en cours.

Pour cette approche, le bicarbonate de potassium (c’est encore mieux s’il est appliqué en mélange avec du soufre, dans les vergers sans huile*) est très efficace, abordable et n’est pas sujet à la résistance.

Les traitements plus tardifs impliquent des produits plus chers et sujets à la résistance. La dose requise pour arrêter la tavelure augmente à mesure qu’on retarde le traitement. Il vaut mieux traiter rapidement sous la pluie que d’attendre le retour du beau temps.

*L’huile est compatible avec tous les fongicides sauf : CAPTAN, FOLPAN, le soufre et la bouillie soufrée.

 

INSECTES  PRINTANIERS
(G. Chouinard)
Punaise terne
Des captures de punaises ternes et quelques dommages (exsudat) ont été observés à des niveaux variables selon les sites. Jusqu’à présent, le seuil d’intervention a été atteint de façon localisée dans une minorité de vergers. Selon le modèle prévisionnel, on sera au pic de captures pour cet insecte dans les prochains jours pour la plupart des régions à l’exception de celle de Québec.

Pour évaluer le risque posé par ce ravageur, il faut tenir compte non seulement des captures sur les pièges, mais aussi de l’activité observée sur les bourgeons, de l’historique de la parcelle, des variétés présentes, des conditions climatiques et du type de mise en marché (voir la fiche 65 du Guide de référence en production fruitière intégrée [Guide de PFI] pour les seuils d’intervention). Le moment de l’intervention est important et doit coïncider avec les conditions favorables à l’activité de la punaise (peu ou pas de vent, température au-dessus de 15 °C et absence de pluie), ce qui se produit le plus souvent entre le « débourrement avancé » et le « prébouton rose ».

Ravageurs secondaires
Des captures élevées de papillons de la noctuelle du fruit vert sont observées dans les vergers pilotes du Réseau comparativement aux dernières années. Les premières captures de tordeuse à bandes rouges et de mineuse marbrée ont aussi été rapportées en Montérégie (Est et Ouest). La présence occasionnelle de ravageurs mineurs (thrips du poirier, orcheste du pommier) a aussi été rapportée par quelques observateurs du Réseau.

Les ravageurs secondaires ne nécessitent habituellement pas d’interventions spécifiques sauf de façon localisée (par exemple, dans les rangées bordant les érablières dans le cas du thrips du poirier). Le traitement insecticide préfloral classique (voir ci-après) peut aussi prévenir les dommages causés par les ravageurs secondaires. Qu’il s’agisse de traitements localisés ou complets, assurez-vous que ces ravageurs sont bien présents dans votre verger avant de sortir le pulvérisateur et choisissez le produit en fonction des espèces à réprimer. Pour connaître les caractéristiques des produits utilisables, consultez l’affiche Production fruitière intégrée 2022 ou consultez le site de SAgE pesticides.

HUILE SUPÉRIEURE VS ACARIENS ET SPONGIEUSE
(G. Chouinard)

Selon le modèle et les prévisions météorologiques actuelles, l’éclosion des œufs du tétranyque rouge pourrait survenir à partir du 10 mai dans les régions les plus hâtives (Montérégie-Ouest et Est). Pour faire suite aux recommandations de la semaine dernière, surveillez les prévisions météo et préparez-vous pour une application d’huile supérieure, sauf si le dépistage des œufs vous indique qu’un traitement contre les œufs n’est pas nécessaire (il s’agit d’une situation moins fréquente, mais possible). Consultez la fiche 92 du Guide de PFI pour les détails.

Votre verger a subi les attaques de la spongieuse l’année passée? L’huile aura aussi un effet étouffant sur les oeufs pondus sur les branches de pommier la saison dernière, et qui écloront sinon à partir de la mi-mai. Au besoin, inspectez vos pommiers afin de vérifier si des masses d’oeufs sont présentes. Si le problème est localisé, vous pouvez détruire manuellement les masses d’oeufs, facilement identifiables grâce à leur taille et la présence des poils qui les recouvrent.

Image Agri-Réseau

Femelle de spongieuse et sa masse d’oeufs sur un tuteur de bambou (été 2021 à Saint-Bruno). F. Vanoosthuyse (IRDA)

Rappels concernant l’huile

  • L’huile a une efficacité redoutable contre les œufs de tétranyque rouge si elle est appliquée dans de bonnes conditions : température chaude (idéalement 18 °C ou plus), vents faibles et application soignée de façon à bien couvrir les bourgeons.
  • Vous n’avez pas pu appliquer l’huile avant l’éclosion des oeufs? Sachez que lorsqu’elle est appliquée dans de bonnes conditions, l’huile est très efficace autant sur les premiers stades mobiles du tétranyque que sur les œufs.
  • Pour éviter toute phytotoxicité, utilisez la moitié de la dose d’huile au stade « prébouton rose » (max. 30 l/ha) et le quart de la dose au « bouton rose » (15-20 l/ha). Cette dose réduite appliquée au prébouton rose perdra cependant son efficacité contre les cochenilles.

LE TRAITEMENT INSECTICIDE PRÉFLORAL : PAS TOUJOURS NÉCESSAIRE
(G. Chouinard)

 

Les insectes sont peu actifs par temps froid, car ils sont dépendants de la température. Lorsque les conditions météorologiques sont défavorables à leur activité, il peut être envisagé de « sauter » cette intervention faite conventionnellement avec un insecticide à large spectre. Éviter le traitement insecticide préfloral est possible si quelques autres conditions sont présentes, comme la possibilité de traiter en période postflorale. Le seul insecte ravageur préfloral d’importance qui ne peut pas être contrôlé après la floraison est la punaise terne. Cette dernière doit donc être surveillée en période préflorale. Pour plus d’information, consultez la section « Omission du traitement préfloral » de la fiche 69 du Guide de PFI.

VOTRE PULVÉRISATEUR,  VOTRE SÉCURITÉ
(G. Chouinard)

Qu’il s’agisse de votre sécurité financière ou de votre sécurité personnelle, votre pulvérisateur est au coeur de votre entreprise et de votre vie. Ne négligez pas :

  1. de bien l’entretenir et de vérifier son réglage afin que vos pulvérisations soient conformes à vos besoins;
  2. d’y apporter les améliorations requises, voire le remplacer au besoin, afin qu’il réponde à vos exigences et à celles de votre entourage et de vos acheteurs.
Besoin de guides? Consultez la fiche 61 du Guide de PFI sur le réglage et l’étalonnage du pulvérisateur, de même que la nouvelle capsule vidéo sur la pulvérisation à distribution d’air optimisée.

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 3 MAI
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages téléphoniques des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.
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