Avis pour les maladies du pommier 13 juin 2018

Tavelure

La dernière infection primaire de la tavelure du pommier est prévue aujourd’hui dans les régions pomicoles avoisinants Montréal. Les spores matures prêtes à l’éjection observées au laboratoire et prédites par le simulateur RIMpro concordent assez bien: la pluie prévue aujourd’hui devrait épuiser la réserve d’ascospores pour la saison. La fin des éjections ne veut pas dire la fin de tous les traitements, mais votre stratégie peut désormais être allégée. Si vous êtes confiants que les infections passées (et celle à venir aujourd’hui) ne mèneront pas à des taches, vous pouvez diminuez fortement la fréquence de vos traitements. Le guide PFI décrit une stratégie de traitement adaptée aux différentes situations. Des conseillers rapportent des taches en lien avec une infection vers la mi mai, assurez-vous de bien évaluer votre situation locale.

 

Avertissement du 13 juin: ravageurs du fruit – protection et confusion sexuelle

INSECTES RAVAGEURS (G. Chouinard, F. Pelletier et F. Vanoosthuyse)

État de la situation

Les conditions de la semaine dernière étaient peu propices à l’activité du charançon de la prune et peu de dégâts récents de cet insecte ont été observés ces derniers jours. Bien que le pic d’activité soit passé dans le sud-ouest du Québec, l’activité de ponte des femelles va se poursuivre encore quelques semaines. Selon les prévisions météorologiques actuelles, quelques nuits favorables à l’activité du charançon sont prévues dans les prochains jours, parmi les nuits du 15 au 18 juin, dépendamment de la région (voir le tableau sommaire).

Les captures de carpocapses ont été plus faibles que la semaine passée vu les températures plus fraîches des derniers jours. Selon le modèle prévisionnel, l’éclosion des premiers œufs devrait avoir débuté dans les régions les plus chaudes. Aucun dommage n’est encore rapporté par les observateurs du Réseau (voir le tableau sommaire).

Une première capture de papillon de tordeuses à bandes obliques (TBO) a été observée le 8 juin en Montérégie.

Selon le modèle prévisionnel, les premières captures de sésies du cornouiller sont prévues pour la semaine prochaine dans les régions les plus hâtives mais des captures plus hâtives peuvent dans les vergers les plus affectés par cet insecte. Un premier adulte a d’ailleurs été capturé en début de semaine dans les Laurentides.

Une augmentation des observations de tétranyques à deux points est rapportée par plusieurs observateurs du Réseau en Montérégie et quelques vergers ont atteint le seuil d’intervention.

Les captures de mineuses marbrées ont été faibles jusqu’à maintenant dans l’ensemble des régions de la province. La 2génération d’adultes devrait débuter la semaine prochaine dans les régions les plus hâtives.

Stratégies d’intervention

Charançon de la prune et carpocapse:  consultez les communiqués précédents pour plus d’informations.

TBO: la taille d’été est la première recommandation du Réseau pour la lutte contre cet insecte en période estivale.  Pour information, veuillez consulter la fiche 74 du Guide de PFI.

Sésie du cornouiller (voir aussi la fiche 84 du Guide de PFI)

Identification: attention! si les larves retrouvées dans le faux-broussin sont presque toujours celles de la sésie du cornouiller, les papillons capturés dans les pièges à phéromone peuvent être majoritairement des espèces de sésies qui ne s’attaquent pas au pommier. Comment ne pas se méprendre?

Sésie du cornouiller – photo F. Vanoosthuyse. Les quatre caractères distinctifs peuvent être confirmés sur cette photo

  1. La sésie du cornouiller ne dépasse pas 22mm de longueur
  2. le bout de ses ailes antérieures n’est pas transparent
  3. son abdomen se termine par une touffe anale de poils au lieu d’une pointe
  4. si cette touffe anale porte des poils jaunes ou oranges, cette couleur est présente seulement sur les côtés de la touffe

Prévention: un bon entretien du couvert végétal près du tronc et une couche de peinture d’intérieur au latex sur la base du pommier préviennent généralement les dommages de ce ravageur dans les plantations sur porte-greffe nanisant (en particulier M.26). Les pommiers standards peuvent aussi être touchés, mais sans pour autant en être affectés.

Intervention: dans le cas de vergers sévèrement atteints, les mesures préventives peuvent être accompagnées d’un traitement insecticide. Produits homologués et favorisés en PFI: ALTACOR, RIMON et DELEGATE. Ces produits doivent être appliqués en dirigeant le jet de façon à couvrir également le point de greffe. Effectuez 1 à 2 applications, à intervalle de 14 jours, la première ciblée sur le pic de capture des adultes (actuellement prévu autour de la mi-juillet dans le sud-ouest du Québec).

Confusion sexuelle: cette technique peut aussi être utilisée pour la lutte à la série. Si c’est votre intention, il est temps d’installer les diffuseurs à phéromone!  On utilise des diffuseurs distincts de ceux utilisés pour carpocapse, mais le principe demeure le même.  Le Programme d’appui à l’utilisation d’agents biologiques et de phéromones visant la réduction des risques liés aux pesticides par les entreprises agricoles  permet d’offrir l’aide financière pour l’achat de ces diffuseurs. Consultez les détails du programme ici ou parlez-en à votre conseiller pomicole.

POUR EN SAVOIR PLUS 

  • Cliquez ici pour le sommaire hebdomadaire par région (observations et prévisions)
  • Cliquez ici pour les messages des conseillers du MAPAQ, les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers-pilotes du Réseau.

Avertissement maladies du pommier du 6 juin 2018

Tavelure du pommier: La saison des infections primaires à risque élevé est terminée dans le sud du Québec. Cependant, la réserve d’ascospores n’est pas entièrement épuisée dans tous les vergers et la fin des infections primaires sera annoncée seulement dans quelques jours. Dans les vergers où des taches sont apparues, votre stratégie d’intervention doit être adaptée en fonction des infections secondaires et la protection des fruits.

Blanc du pommier: Dans les vergers où le blanc est un problème, le modèle RIMpro blanc prévoit des conditions d’infection à partir du 10 juin prochain dans tous les vergers au sud du Québec. Dans la région de Québec, les risques débutent à partir du 12 juin. Adaptez vos traitements en conséquence en incluant au besoin un fongicide efficace contre  cette maladie préférablement dans les jours précédents la période d’infection. Consultez la fiche du guide.

Avertissement du 6 juin: ravageurs du fruit

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS (F. Pelletier)

Dans l’ensemble, une très bonne nouaison est observée dans la majorité des cultivars selon les rapports des différents collaborateurs du Réseau.  Actuellement, le diamètre des fruits pour le cultivar McIntosh varie entre 10-12 mm en Montérégie. Des calibres de 10 mm sont observées dans les Laurentides et de 9-10 mm pour la région de l’Estrie. Dans la région de Québec, le stade nouaison (cv. McIntosh)  devrait être atteint en fin de semaine dans les sites les plus chauds.

INSECTES RAVAGEURS (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation

Les conditions météorologiques ont été favorables à l’activité du charançon de la prune lors des journées chaudes de la semaine dernière et quelques dommages récents de ponte ont été observés de façon localisée par les collaborateurs dans les différentes régions.

Des captures plus soutenues du carpocapse de la pomme ont été observées lors des derniers relevés dans quelques vergers en Montérégie et au Sud-ouest de Montréal. Selon le modèle prévisionnel du Réseau, les toutes premières éclosions devraient débuter dans les prochains jours et s’étaler sur plusieurs semaines, le pic d’éclosion n’étant prévu qu’en juillet (voir le tableau sommaire de la semaine). Le pic de capture devrait être observé dans un peu plus de deux semaines pour les régions les plus chaudes.

Des chrysalides de tordeuse à bandes obliques (TBO) ont commencé à être observées en Montérégie et au sud-ouest de Montréal.  Selon le modèle prévisionnel, les premières captures d’adultes sont prévues pour la semaine prochaine dans les régions les plus chaudes (voir le tableau sommaire).

Quelques observateurs du Réseau ont mentionné  la présence de punaises de la molène en nombre variable selon le site notamment en Montérégie Est et en Estrie. Des colonies de pucerons roses ont également été observées dans une minorité de vergers en Montérégie. Des punaises pentatomides (adultes et masses d’œufs), certaines espèces phytophages et certaines prédatrices, ont également été observées dans quelques vergers notamment en Montégie et au sud-ouest de Montréal.

Stratégies d’intervention

Charançon de la prune: bien que le modèle prévisionnel d’activité ne prévoie pas de favorables » au cours des prochains jours, nous vous invitons à la plus grande attention lors du dépistage, car nous sommes en période critique pour les dégâts de cet insecte. Consultez les communiqués précédents pour plus d’informations.

Carpocapse: la période d’intervention possible avec des produits ovicides débute le 9 juin dans le sud-ouest du Québec. Ceci n’est pas une recommandation de traiter cette semaine dans votre région! Le moment précis des applications dépend de la région, du type de produit utilisé, et la décision d’agir doit être justifiée par l’historique de dommages dans votre verger et doit chercher à limiter les applications annuelles à un nombre raisonnable. Soyez toutefois vigilants à partir de maintenant. Consultez le tableau sommaire et la fiche 76 du Guide de PFI pour des détails. Retenez aussi:

  • Chaque période d’intervention « propice » a une date de début, mais aussi une durée, qui peut être très longue dans le cas du carpocapse. Ainsi, selon les prévisions actuelles, l’éclosion des œufs de la première génération pourrait s’étaler  sur  7 semaines en Montérégie. Il importe donc de maximiser la durée d’action de chaque application d’un pesticide et de ne pas commencer les interventions dès le début d’une période propice, selon le produit utilisé et la météo.
  • Bien entendu, un verger hâtif ayant un important historique de dommages et une stratégie imposant plusieurs interventions, pourrait devoir commencer à être protégé dés la fin de semaine, si les conditions météo sont favorables à une bonne efficacité résiduelle.
  • Si vous avez aussi du petit carpocapse (fiche 85 du Guide de PFI), les produits efficaces contre le carpocapse réprimeront également son « petit » cousin (même si idéalement les applications devraient être faites quelques jours plus tôt).
  • Les diffuseurs actuellement utilisés pour la confusion sexuelle du carpocapse sont aussi efficaces pour combattre le petit carpocapse.

Puceron rose: il importe de dépister les éventuelles populations, qui peuvent endommager les fruits en formation et réduire le potentiel de récolte de l’année prochaine (voir la fiche 65 et la fiche 78 du Guide de PFI).  Si une intervention est nécessaire, choisissez le produit en fonction des espèces présentes au même moment, de façon à  préserver les espèces utiles et réprimer les espèces nuisibles.  Plusieurs produits sont disponibles, mais peu sont à la fois efficaces et admissibles en PFI. Le Réseau recommande l’utilisation d’aphicides sélectifs (SIVANTO PRIME, MOVENTO, CLOSER ou BELEAF). Caractéristiques des produits homologués contre le puceron rose en période estivale : SAgE pesticides.

Pucerons roses sur pousses

Dégâts sur pommes (source INRA)

 

 

 

 

 

 

Punaise de la molène et TBO: consultez les communiqués des semaines précédentes.

POUR EN SAVOIR PLUS 

  • Cliquez ici pour le sommaire hebdomadaire par région (observations et prévisions)
  • Cliquez ici pour les messages des conseillers du MAPAQ, les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers-pilotes du Réseau.

Premiers symptômes de feu bactérien en Montérégie.

Dans les vergers avec un historique de feu bactérien (brûlure bactérienne), les premiers symptômes sur fleurs sont apparus hier (4 juin).Consultez la fiche 105 du guide PFI pour apprendre à reconnaitre les premiers symptômes et signes de la maladie.

Dans les vergers où des symptômes sont présentes, le temps de réponse est déterminant:

  1. L’éradication (émondage) doit débuter le plus vite possible, mais ne doit jamais être faite sur des arbres mouillés. Les opérations devraient être faites par temps sec. Toutes les opérations manuelles (ex: éclaircissage manuel) peuvent propager le feu. Soyez vigilants.
  2. Toute forme d’irrigation (incluant le goutte à goutte) doit être limitée au strict minimum pour ralentir la propagation. Il faut également cesser tout apport d’azote.
  3. Des traitements réguliers de cuivre (ex: Cueva, 5L/ha) peuvent atténuer la propagation en été sur les cultivars tolérants à la phytotoxicité liée au cuivre (ex: Gala). Sur les autres cultivars, une rugosité des fruits souvent inacceptable selon le marché visé peut apparaitre. Un séchage rapide diminue les risques (ex: volume réduit de bouillie et éviter les traitements sur des arbres mouillés).
  4. Des applications du régulateur de croissance APOGEE/KUDOS (ex:  500-1000g/ha) pourraient aussi atténuer la propagation des symptômes, mais cette pratique n’est pas validée.

La fiche 106 du guide PFI passe en revue les méthodes de lutte. Les doses mentionnées dans ce texte proviennent de résultats d’essais et sont plus faibles que celles indiquées sur les étiquettes.

Le début et la fin

Dans les régions pomicoles du sud du Québec, le début de la sortie des symptômes de la tavelure du pommier et du feu bactérien aura lieu d’ici la prochaine semaine. La fin de la saison des infections primaires de la tavelure aura lieu dans 7 à 10 jours selon les localités.

Tavelure : Si des symptômes apparaissent dans votre verger, vous devez adopter une stratégie de traitements en fonction des infections dites « secondaires ». La dernière infection primaire à risque élevé aura lieu vendredi selon les prévisions actuelles.

Feu: Dépistez régulièrement vos vergers. Apprenez à identifier les symptômes dès qu’ils apparaissent. Voir la fiche 105 sur ce sujet. Une intervention rapide pour couper les branches atteintes dès leur apparition est la meilleure stratégie dans la plupart des cas. Voir la fiche 106 pour plus de détails

Avertissement du 30 mai: premières interventions sur les fruits en formation

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS (F. Pelletier et G. Chouinard)

État de la situation

Pour le cultivar McIntosh, le stade nouaison est atteint dans la majorité des sites en Montérégie et au sud-ouest de Montréal et, en date du 29 mai, les fruits (cv McIntosh) ont un diamètre moyen de 5-7 mm dans ces régions. Ce stade est également atteint dans certains sites plus chauds dans la région des Laurentides. En Estrie, le stade calice a été atteint le 26 mai. Dans la région de Québec, les pommiers sont au stade pleine floraison et le calice devrait être atteint durant la fin de semaine.

Stratégies d’intervention

  • Éclaircissage chimique: consultez au besoin les informations données dans le communiqué de la semaine précédente.
  • Éclaicissage manuel: après avoir utilisé les agents ou appareils éclaircissants, il faudra attendre la chute physiologique des fruits (fin juin à début juillet) pour évaluer les besoins d’éclaircissage manuel.

INSECTES RAVAGEURS (G. Chouinard et F. Pelletier)

État de la situation

Les conditions météorologiques ont été favorables à l’activité du charançon de la prune au cours des derniers jours dans différentes régions. Les premiers dégâts sur fruits ont été observés dans des variétés d’été en Montérégie.

Les captures du carpocapse ont débuté en Montérégie et dans les régions du sud-ouest de Montréal et de Missisquoi.

Les premières captures d’hoplocampes ont été observées au cours des derniers jours dans la région de Québec. Des captures importantes ont été rapportées par les collaborateurs du Réseau pour les régions de l’Estrie, des Laurentides ainsi que dans quelques sites au sud-ouest de Montréal. Dans les autres cas, les captures sont demeurées faibles en général.

En général, les populations de chenilles de tordeuses à bandes obliques sur les nouvelles pousses sont assez faibles selon les observateurs du Réseau des différentes régions.

Les premiers œufs pondus cette saison par le tétranyque rouge ont été observés en Montérégie, mais les populations, ainsi que celles du tétranyque à deux points, demeurent faibles actuellement dans la majorité des vergers.

Les observateurs du Réseau mentionnent  aussi l’apparition en vergers de différents ravageurs (en général sous les seuils d’intervention) : cécidomyie du pommier, punaise de la molène, pucerons verts, mineuse des bourgeons du pommier.

Stratégies d’intervention

  • Charançon de la prune: les prochaines nuits (30 et ou 31 mai selon les régions) seront très favorables à l’activité de cet insecte (consultez le tableau sommaire pour connaitre la situation par région). Commencez le dépistage dès la nouaison. Au besoin, consultez le communiqué de la semaine précédente.
  • Carpocapse: Les populations peuvent être difficiles à contrôler, car les œufs éclosent sur une longue période et le développement de résistance aux insecticides a été démontré au Québec. Les insecticides recommandés viseront soit les œufs, soit les larves tout juste sorties des œufs. Comme il n’existe pas de consensus sur les seuils d’intervention à utiliser, votre historique de dommages sera une donnée essentielle pour estimer le risque. L’approche générale est décrite à la fiche 76 du Guide de PFI. Toutefois, le recours à des modèles prévisionnels et aux services-conseils spécialisés est suggéré pour les situations problématiques.

    Carpocapse: le début des éclosions (barres vertes) est prévu autour du 9 juin et le pic d’éclosion du 26 au 29 juin dans le verger de Saint-Bruno (source: Agropomme).  Cliquez pour grossir.

    • Si vous n’utilisez pas la confusion sexuelle, et qu’une intervention est nécessaire: selon les produits utilisés, l’application pourra viser les œufs ou les jeunes chenilles. Dans le premier cas, il faudra intervenir avant le début de l’éclosion de ces derniers (dès le 9 juin dans les sites les plus chauds de la Montérégie selon les prévisions du Réseau), et dans le deuxième cas, il faudra intervenir au pic d’éclosion des œufs (à partir du 26 juin dans les sites chauds de la Montérégie).
    • Si vous utilisez la confusion sexuelle: installez vos diffuseurs et vos pièges Delta dès aujourd’hui si ce n’est déjà fait! Le seuil d’intervention recommandé sous confusion est de 0.5% de fruits attaqués. Plus de détails dans les fiches techniques sur la confusion: Principes de base et aide financière disponible, Calcul du patron d’installation des diffuseurs, Installation des diffuseurs (ISOMATE®-CM/OFM TT) et Observation hebdomadaire et traitement insecticide.
  • Hoplocampe et TBO: une fois le stade nouaison dépassé, il est trop tard pour intervenir contre l’hoplocampe et la génération hivernante de TBO. Consultez au besoin les informations données dans les communiqués précédents.
  • Punaise de la molène: les températures chaudes et sèches sont favorables à l’apparition de dégâts sur les cultivars sensibles (surtout Spartan, Gala et Délicieuse). Si les fruits n’ont pas encore atteint le stade de 10 mm et que plus de 1 à 5 % des fruits sont attaqués, une intervention doit être envisagée (consultez la fiche 83 du Guide de PFI).

 

DES EMPLOYÉS À L’OEUVRE GRATUITEMENT DANS VOTRE VERGER

État de la situation 

Les observateurs du Réseau mentionnent cette semaine la présence de plusieurs prédateurs de tétranyques   (phytoséides et agistèmes) et prédateurs de pucerons (syrphes, hémérobes, chrysopes et coccinelles).

Stratégies d’intervention

Le choix de produits non toxiques pour vos employés gratuits est crucial si vous voulez favoriser leur présence et épargner des traitements supplémentaires au courant de l’été. Consultez l’affiche « Production fruitière intégrée » , le tableau de la fiche 95 du guide de PFI ou encore le site Web SAgE pesticides.

APPORTS EN CALCIUM

Le calcium contribue à la fermeté des fruits tout en réduisant plusieurs problèmes phytosanitaires (point amer, brunissement, tavelure, blanc, etc.). Les pulvérisations de calcium (autres que le nitrate de calcium) devraient commencer au plus tard deux semaines après la chute des pétales. Les applications de nitrate de calcium, quant à elles, ne sont plus recommandées après la floraison. Consultez le texte de Vincent Philion sur la fertilisation sans nuire à la phytoprotection.

POUR EN SAVOIR PLUS 

  • Cliquez ici pour le sommaire hebdomadaire par région (observations et prévisions)
  • Cliquez ici pour les messages des conseillers du MAPAQ, les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers-pilotes du Réseau.

Nouveauté dans le modèle feu bactérien de RIMpro

Le modèle RIMpro est en constante évolution. Pour faciliter l’interprétation du graphique du modèle feu bactérien, les jours d’infection sont maintenant visuellement liés au sorties de fleurs. Dans l’exemple joint, on peut voir que l’infection prédite le 25 mai est en lien avec les fleurs écloses le 22 mai. Les fleurs écloses le 23 mai n’atteignent pas tout à fait le seuil d’infection et sont trop vieilles pour une infection le 27 mai. Finalement, les fleurs en éclosion le 24 mai seraient à risque d’infection le 28 mai.

La lutte contre le feu bactérien dans un contexte de production biologique

Ce calendrier général a pour but de regrouper les options de traitement dans un contexte de production biologique. Pour comprendre l’épidémiologie du feu bactérien et les méthodes de lutte générales, consultez les fiches du guide PFI. Deux fiches (49 et 50) décrivent également en détail les produits suggérés. Le modèle RIMpro peut vous aider à cibler les fleurs à risque.

Comme les traitements en production biologique sont en général moins efficace ou plus difficiles à bien positionner, plusieurs approches doivent être combinées. Aucune des interventions suggérée ne devrait être utilisée seule.

  1. Débourrement: Cuivre en mélange ou non avec l’huile de dormance. Permet d’atténuer les populations bactériennes présentes sur les chancres.
  2. Début de floraison: Brulage des fleurs selon les besoins d’éclaircissage (ex: bouillie soufrée, bicarbonate de potassium)
  3. Milieu de floraison: Dès que les fleurs sont brûlées, un premier traitement de Blossom Protect est possible.
  4. 24h avant une infection prédite: Dernière possibilité d’appliquer Blossom Protect. C’est le traitement le plus efficace disponible. N’appliquez pas de bouillie soufrée après un traitement de Blossom Protect pendant la fleur.
  5. Moins de 24h avant l’infection ou le jour de l’infection:
    1. Les bactéries antagonistes (ex: Serenade ou Double Nickel) peuvent atténuer l’infection des fleurs mais leur efficacité est variable.
    2. Cuivre: Les traitements de cuivre sont relativement efficaces durant la floraison  mais à dose élevée ils provoquent souvent une rugosité commercialement inacceptable sur les cultivars sensibles au cuivre. Cette phytotoxicité est atténuée selon la formulation et en abaissant la dose (ex: Cueva 5L/ha), en réduisant le volume de bouillie (ex: <300 L/ha) et lorsque le séchage est rapide. Le mélange du cuivre avec Double Nickel atténue aussi la phytotoxicité mais l’efficacité n’est pas toujours augmentée par le mélange. Il n’est pas possible d’abaisser la dose davantage sans nuire à l’efficacité.
  6. À partir du stade calice et jusqu’à la fin de la croissance annuelle: Un programme régulier de Cueva  (5 L/ha) aux 10 jours atténue la propagation du feu en été. Sur les cultivars sujets à la rugosité, Cueva en mélange avec Double Nickel est moins phytotoxique que le cuivre utilisé seul. Le mélange peut aussi augmenter l’efficacité selon 2 rapports de recherche, mais cet effet n’est pas confirmé par d’autres tests. (K. Peter, comm. pers.)

Avis du 23 mai 2018 sur les maladies du pommier

FEU BACTERIEN

Dans la majorité des vergers actuellement en fleurs, les risques les plus sérieux sont prédits vers la fin de la semaine: soit le 25-26 mai pour pour les fleurs en éclosion entre le 21 et le 23 mai selon les stations. Un traitement le 24 mai (24 heures avant l’infection) permettrait de traiter efficacement toutes les fleurs d’un coup. Un bactéricide (ex: streptomycine) ou un antagoniste (ex: Blossom Protect) sont des avenues possibles. Si le traitement est fait moins de 24h avant l’infection, ou dans les heures suivants l’infection, seul un traitement bactéricide est possible. Il est important d’aller compter les fleurs encore à l’état de boutons roses et de ballons au moment du traitement pour estimer le risque associé aux fleurs qui vont éclore plus tard.

Consultez le modèle en ligne pour votre localité. Les risques calculés par les modèles ne concernent que les vergers où des cultivars sensibles ont des fleurs en éclosion aux dates visées et où des bactéries sont présentes.

TAVELURE (pluie prévue du 25 au 27 mai)

La pluie prévue au cours des prochains jours provoquera vraisemblablement une infection à risque élevé. De plus, la chaleur prévue pendant la pluie fera sortir de nouvelles feuilles après les traitements de protection. Finalement, l’accumulation de pluie risque de lessiver vos traitements pendant la journée de samedi. Concrètement, les spores qui seront éjectées samedi ne seront pas tuées par votre traitement de protection. Il faudra probablement intervenir à nouveau pendant la période de germination des spores ou le plus vite possible en post-infection

L’utilisation d’un logiciel comme RIMpro facilite la décision sur la nécessité d’un second ou d’un troisième traitement en illustrant si les spores éjectées sur la croissance après traitement ou après le lessivage peuvent ou non infecter le feuillage. Si un second traitement est appliqué (ex: pendant la période de germination ou en post-infection), pensez à le faire dans le sens contraire de celui fait avant la pluie. Un traitement en sens inverse permet d’atteindre des feuilles non ou mal couvertes la première fois.

BLANC DU POMMIER

Selon le modèle en usage (RIMpro blanc), les conditions prévues vendredi le 25 mai avant la pluie seront très propices à une infection par le blanc du pommier. Voir la fiche 109 du guide PFI pour plus de détails. Dans les vergers où cette maladie est un problème, un traitement fongicide à la fois efficace contre la tavelure et le blanc serait optimal. Par exemple, les fongicides du groupe 7 (SDHI) (ex: APROVIA, FONTELIS).

FERTILISATION, IRRIGATION, RÉGULATEURS DE CROISSANCE ET PHYTOPROTECTION (V. Philion et G. Chouinard)

L’urée foliaire utilisé comme engrais est partiellement efficace contre la tavelure. Fractionnez vos apports d’urée en mélange avec vos traitements réguliers (ex: 5 traitements à raison de 3kg/ha) entre le stade pré bouton rose et la fin mai (première semaine de juin Max). Voir la nouvelle fiche sur la fertilisation sans nuire à la phytoprotection pour plus de détails.

L’application du régulateur de croissance Prohexadione-Ca (APOGEE, KUDOS) ralentit la croissance végétative, ce qui réduit les besoins de taille et favorise la coloration et la qualité des fruits. Ce produit limite aussi fortement la propagation du feu bactérien en été. Les traitements peuvent débuter très tôt durant la floraison. APOGEE ou KUDOS sont sans effet sur les abeilles. Voir la fiche 49 pour les détails sur ces produits et la fiche 106 pour les stratégies de lutte contre le feu bactérien.

Pendant la période de la floraison, la disponibilité de l’eau dans le sol a un impact important sur la sévérité du feu bactérien. Limitez l’irrigation (goutte à goutte, etc) au minimum. Voir la fiche 106