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DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(F. Pelletier et G. Chouinard)

Pour le cultivar McIntosh, les derniers stades observés dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :

  • Le débourrement avancé a été atteint le 4 mai dans les régions de la Montérégie et de Missisquoi.
  • Le débourrement a été atteint le 29 avril dans les Laurentides et le 1er mai en Estrie pour les sites les plus hâtifs de ces régions.

GingerGold, Saint-Bruno, 4 mai 2020. Mikaël Larose (IRDA)

Selon les prévisions des prochains jours, le stade prébouton rose est prévu pour le 13 mai dans les sites les plus hâtifs au sud-ouest de Montréal et le stade débourrement, pour le 14 mai dans la région de Québec (voir le sommaire du RAP en fin de communiqué pour l’ensemble des prévisions et observations par région).

TAVELURE 
(V. Philion)

Le bicarbonate seul… souffre de l’absence du soufre
Le bicarbonate de potassium est homologué au Canada contre la tavelure du pommier depuis 2017. Tant que le bicarbonate est employé correctement en visant les ascospores en cours d’infection, ce produit est efficace et a l’immense avantage d’avoir un impact négligeable sur l’environnement et les humains. La version « générique » du BICARBONATE DE POTASSIUM (homologation 32451) est très économique, mais est plus délicate à utiliser que la version commerciale SIROCCO (homologation 31091).

Mélanger le bicarbonate générique avec du soufre (ex. : KUMULUS, MICROTHIOL) augmente l’efficacité et la période pendant laquelle le traitement maintient son efficacité. Le mélange reste une solution sécuritaire et bon marché pour lutter contre la tavelure. Le soufre est complémentaire au bicarbonate : il est efficace au cours des premières heures suivant l’infection, alors que le bicarbonate agit aussi sur les spores qui sont rendues plus loin dans leur développement.

L’affiche PFI distribuée aux producteurs cette année décrit l’utilisation du bicarbonate et un bulletin explique en détail le mode d’emploi.

Survivre à un tir à blanc
Les pluies du printemps provoquent l’éjection des spores responsables des infections de tavelure. Parfois, la pluie arrête et le feuillage sèche sans que les spores aient eu le temps de pénétrer la cuticule des feuilles et l’infection est interrompue. Les spores peuvent évidemment survivre un certain temps sur les feuilles en attendant une nouvelle pluie, mais pas toujours. C’est un tir à blanc.

La durée de survie des spores est un sujet qui revient régulièrement dans les discussions sur la tavelure. Est-ce qu’une période sèche de 4, 6, 12, ou 24 heures est nécessaire pour qu’elles meurent? Est-ce que l’infection continue avec la prochaine pluie? En fait, la survie dépend beaucoup du temps passé sur les feuilles avant la période sèche. Les spores seront tuées beaucoup plus rapidement lors d’une pluie très courte suivie d’une période sèche que lors d’une pluie plus longue qui laisse aux spores un peu de temps pour commencer à germer et à s’installer. Il n’existe donc pas de « règle simple et fiable ».

Heureusement, à mesure qu’elles sont publiées, toutes les connaissances sur la survie des spores sont intégrées dans le logiciel RIMpro et le graphique résume bien la situation.

RIMpro représente les spores en attente d’infection par une « montagne » blanche. Plus l’éjection est forte, plus la montagne est élevée. La montagne diminue à mesure que les spores meurent pendant la période sèche. Les spores survivantes qui réussissent à infecter le feuillage sont représentées par une ligne rouge, l’indice RIM. Plus la ligne rouge monte, plus l’infection est grave.

La pluie prévue jeudi risque de mener à un « tir à blanc » : la pluie de jour donnera lieu à une éjection (en jaune) assez forte et une accumulation élevée de spores sur les feuilles (montagne blanche), mais aucune infection n’est prévue. Le froid annoncé pour les prochains jours ralentit la maturation et l’éjection et allonge le temps requis pour l’infection.

INSECTES ET ACARIENS
(G. Chouinard)

La punaise terne a été un peu plus active lors des journées plus chaudes de la fin de semaine. Quelques punaises ou bourgeons affectés (exsudats) ont été observés, mais le seuil d’intervention est atteint de façon localisée dans une minorité de vergers seulement.

Piège blanc pour le dépistage de la punaise terne. Francine Pelletier (IRDA)

Plusieurs producteurs ont profité de la fenêtre d’application de la fin de semaine pour effectuer un traitement à l’huile supérieure dans les sites où une intervention contre le tétranyque rouge et/ou les cochenilles était requise.

Quelques captures de mineuses marbrées et de tordeuses à bandes rouges ont été observées dans la région du sud-ouest de Montréal et en Montérégie.

La présence occasionnelle de ravageurs mineurs (chenilles printanières, pucerons des graminées et thrips du poirier) dans les bourgeons a aussi été rapportée par quelques observateurs du Réseau-pommier.

Pour un rappel des stratégies d’intervention contre la punaise terne, les cochenilles et les acariens, consultez l’avertissement de la semaine dernière.

RUCHES ET POLLINISATION

Cela peut sembler improbable, mais les premières fleurs du cv. McIntosh pourraient ouvrir dans deux semaines dans les sites chauds de la Montérégie-Ouest. La liste des apiculteurs qui offrent leurs services pour la pollinisation est disponible ici. Pour des conseils sur la pollinisation (nombre de ruches, arbres pollinisateurs, protection des abeilles, etc.), consultez la fiche 42 et la fiche 95 du Guide de référence en production fruitière intégrée (Guide de PFI).

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 5 MAI
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

Avis: Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.

 

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