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DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(F. Pelletier)
Pour le cultivar ‘McIntosh’, les derniers stades observés dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :
  • Le stade « calice » a été atteint le 16 mai, en Montérégie et dans Missisquoi, et quelques sites plus hâtifs sont au début du stade « nouaison ».
  • Le stade « pleine floraison » a été atteint le 15 mai, dans les Laurentides, et le 16 mai en Estrie.
  • Le « bouton rose avancé » a été atteint le 17 mai dans la région de Québec.

Selon les prévisions des prochains jours, la pleine floraison (cultivar ‘McIntosh’) devrait être observée le 20 mai, dans la région de Québec (voir le sommaire en fin de communiqué pour l’ensemble des prévisions et observations par région). Les collaborateurs du Réseau rapportent jusqu’à maintenant une belle floraison pour la majorité des cultivars. Plusieurs belles journées pour la pollinisation ont aussi été observées au cours de la dernière semaine.

Éclaircissage des fruits 
Evelyne Barriault a publié un complément d’information sur l’utilisation du modèle RIMpro pour l’aide à l’éclaircissage:  consultez le message Hortitel Montérégie Ouest du 19 mai 2021.

FEU BACTÉRIEN, TAVELURE, BLANC
(V. Philion)

Feu bactérien 
Dans les vergers où des fleurs continuent d’éclore, notamment dans les régions de production un peu plus froides, les risques de feu bactérien sont élevés. Surveillez l’éclosion des fleurs et considérez sérieusement un traitement, notamment dans les environs des vergers avec un historique de la maladie et sur les cultivars les plus durement touchés lors de l’infection florale.

Les fleurs ouvertes déjà traitées sont protégées et n’ont pas besoin d’une dose de rappel! L’infection peut survenir parfois sur des fleurs écloses depuis un peu moins de 48 heures, mais pas sur des fleurs écloses depuis 24 heures. Le feu bactérien est une maladie redoutable, mais les recommandations exagérées de traitement chaque jour ne servent pas l’industrie. RIMpro vous permet d’identifier le risque pour chaque jour tout au long de l’éclosion.

Tavelure
Les spores de tavelure à maturité sont abondantes et ne disparaîtront pas avec la canicule. La prochaine pluie va certainement permettre l’éjection d’une forte proportion d’ascospores. Selon la durée de cette pluie et de la durée d’humectation, la gravité du risque pourrait mettre à l’épreuve votre stratégie d’intervention. Dans les vergers tavelés, la moindre brèche non protégée sera à risque. Les stratégies « ceinture et bretelles » ne sont pas toujours justifiées, mais l’indice RIMpro est un excellent indicateur pour guider le nombre d’interventions.

Blanc
L’absence de pluie et la température élevée sont fortement favorables au blanc du pommier (oïdium). Dans les vergers avec un historique récent, des traitements spécifiques contre cette maladie peuvent être justifiés, mais seulement sur les cultivars les plus sensibles (ex.: ‘HoneyCrisp’, ‘Ginger Gold’) et seulement lorsque les conditions sont favorables à la propagation comme actuellement. Le soufre, à intervalles réguliers, est efficace, mais complètement inapproprié quand la température prévue au cours des prochains jours est élevée (> 29 °C). Les traitements doivent être renouvelés pour couvrir la nouvelle croissance quand le risque perdure.

INSECTES ET ACARIENS
(F. Pelletier)

Ravageurs

  • Peu de captures d’hoplocampes des pommes sont rapportées par les collaborateurs du Réseau jusqu’à présent. Elles demeurent sous les seuils d’intervention, à l’exception de la région des Laurentides où les seuils ont été atteints de façon localisée.
  • Les captures de carpocapse de la pomme ont débuté dans quelques vergers en Montérégie.
  • Une première observation de charançon de la prune a été rapportée dans un verger de la région de Missisquoi. Selon les prévisions météorologiques actuelles, plusieurs soirées seront favorables à l’activité de cet insecte ces prochains jours, selon la région. Consultez à cet effet le sommaire en fin de communiqué pour l’ensemble des prévisions par région.
  • Des larves de tordeuses à bandes obliques et quelques autres chenilles printanières (arpenteuses, spongieuses, noctuelles) sont observées sur les nouvelles pousses ou bourgeons, mais leur présence demeure faible dans la majorité des sites.
  • Les collaborateurs du Réseau ont rapporté les premières observations de cécidomyies du pommier, de petit carpocapse et de pucerons lanigères.

Espèces utiles

  • La présence de différents types d’acariens prédateurs (phytoséides, agistèmes et Balaustium sp.) est également rapportée.

Stratégies d’interventions spécifiques:

  • Hoplocampe et TBO
    Une fois le stade « nouaison » dépassé, il sera trop tard pour intervenir contre l’hoplocampe et la génération hivernante de TBO. Une autre fenêtre d’intervention contre la TBO s’ouvrira durant l’été, lorsque la prochaine génération de chenilles apparaîtra, si les seuils d’intervention sont atteints.
  • Charançon
    Si votre verger comporte un historique de dégâts et qu’aucune intervention postflorale efficace contre cet insecte n’a encore été appliquée, il faut prévoir une intervention à la faveur des prochaines journées (consultez le sommaire de la semaine pour connaître la situation par région). Autrement, commencez le dépistage dès la nouaison afin de prévoir le besoin d’interventions additionnelles qui pourront être localisées.
  • Cécidomyie, pentatomides et puceron lanigère
    Ces espèces sont des ravageurs secondaires qui ne nécessitent pas d’intervention à ce stade, ou qui doivent être dépistés afin de déterminer s’il y a nuisibilité réelle. Le puceron lanigère, par exemple, est généralement contrôlé par des parasitoïdes et avec l’aide de perce-oreilles. Les punaises pentatomides sont faciles à voir… mais si elles peuvent être problématiques en fin de saison; c’est très rarement le cas à ce stade-ci.
    Image Agri-RéseauPunaise brune, E. servus
    Photo : C. Pouchet (IRDA)
  • Carpocapse
    Les populations peuvent être difficiles à contrôler, car les œufs éclosent sur une longue période, et le développement de résistance aux insecticides a été démontré au Québec. Les insecticides recommandés viseront soit les œufs, soit les larves tout juste sorties des œufs. Votre historique de dommages est la donnée la plus importante pour estimer le risque. L’approche générale est décrite à la fiche 76 du Guide de PFI. Toutefois, le recours à la confusion sexuelle et/ou à des modèles prévisionnels et aux services-conseils spécialisés est suggéré pour les situations problématiques.

    • Si vous utilisez la confusion sexuelle:
      Le seuil d’intervention recommandé sous confusion est de 0,5 % de fruits attaqués. Plus de détails sont fournis dans les fiches techniques sur la confusion, qui sont accessibles à partir de la fiche 76 sur le carpocapse du Guide de PFI. Si vous avez aussi du petit carpocapse (fiche 85 du Guide de PFI), sachez que les diffuseurs actuellement utilisés pour la confusion sexuelle du carpocapse sont aussi efficaces pour combattre son « petit » cousin.
    • Si vous n’utilisez pas la confusion sexuelle et qu’une intervention est nécessaire:
      Selon les produits utilisés, l’application pourra viser les œufs ou les jeunes chenilles. Dans le premier cas, il faudra intervenir avant le début de l’éclosion de ces derniers (prévue autour du 12 juin dans les sites les plus chauds de la Montérégie, selon les prévisions actuelles du Réseau). Dans le deuxième cas, il faudra intervenir au pic d’éclosion des œufs (actuellement prévu la première semaine de juillet en Montérégie).
    • Retenez toutefois ceci si vous optez pour la protection par pulvérisations :
      • Chaque période d’intervention « propice » a une date de début, mais aussi une durée qui peut être très longue dans le cas du carpocapse. Ainsi, selon les prévisions actuelles, l’éclosion des œufs de la première génération va s’étaler sur 7 semaines en Montérégie. Il importe donc de maximiser la durée d’action de chaque application d’un pesticide et de ne pas commencer les interventions dès le tout début d’une période propice, toujours en tenant compte du produit utilisé et de la météo.
      • Bien entendu, un verger hâtif ayant un important historique de dommages pourrait devoir être protégé plus tôt et nécessitera un plus grand nombre d’applications pour couvrir la plus grande période de risque.
      • Les produits efficaces contre le carpocapse réprimeront également le petit carpocapse (même si les applications pourraient être faites quelques jours plus tôt dans le cas du petit carpocapse).

 

APPORTS EN CALCIUM 

Le calcium contribue à la fermeté des fruits tout en réduisant plusieurs problèmes phytosanitaires (point amer, brunissement, tavelure, blanc, etc.). Dès le stade calice,  il est temps de commencer les applications de calcium, dont la première peut être faite en mélange avec du bore. C’est aussi le moment de penser à ranger l’azote et donc d’éviter le nitrate de calcium. La fiche 37a du Guide de PFI vous présente l’ABC de la fertilisation en azote, bore et calcium, en lien avec la phytoprotection : La fertilisation sans nuire à la phytoprotection.

 

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 18 MAI

(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

 

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.
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