Les vers occasionnels du fruit

Auteurs de la première édition : Yvon Morin et Gérald Chouinard
Auteure de la mise à jour 2023 : Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par l’auteure : 27 février 2023

 

Petit carpocapse de la pomme

Le petit carpocapse de la pomme (Grapholita prunivora) est un ravageur mineur en PFI. Ses œufs blancs sont déposés isolément sur les fruits ou le feuillage non loin d’un fruit. Les larves (6-8 mm en fin de développement), à tête brune et au corps rosé, ressemblent à s’y méprendre aux jeunes chenilles du carpocapse de la pomme, mais sont de plus petite taille (8 mm en fin de développement). Outre la taille, le critère permettant de les différencier est la présence, chez le petit carpocapse, d’un peigne anal à l’extrémité de l’abdomen. Cet appendice dur en forme de peigne est absent chez le carpocapse. Il est plus facilement visible à la loupe binoculaire et sur les larves en fin de développement. L’adulte est un petit papillon foncé (6 mm) portant quelques écailles dorées ou orangées sur les ailes antérieures ainsi que trois lignes bleutées.

Larve (gauche) et adulte (droite) du petit carpocapse de la pomme (source : Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ).

Face ventrale de l’extrémité de l’abdomen avec présence du peigne anal permettant de distinguer les larves de petit carpocapse (gauche) de celles du carpopase de la pomme (droite)(source : Francine Pelletier, IRDA).

Dégâts observables

Galeries superficielles (jusqu’à 6 mm de profondeur) sous la pelure du fruit, dans lesquelles s’accumulent des excréments semblables à ceux du carpocapse. Situés surtout près du calice ou du pédoncule du fruit, ces dégâts ont une étendue similaire à ceux causés par la tordeuse à bandes rouges. Le cultivar Cortland est particulièrement sensible au petit carpocapse. À la différence de la larve du carpocapse, celle du petit carpocapse gruge directement sous la pelure et forme un dégât faisant penser à une mine sur le fruit.

dégât de petit carpocapse de la pomme

Dommage du petit carpocapse (source: IRDA).

Stratégie de lutte 

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par pièges à phéromone de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers.

L’utilisation de la confusion sexuelle contre le carpocapse de la pomme et les insecticides efficaces contre le carpocapse répriment également le petit carpocapse. Le synchronisme est légèrement différent car la première génération de chenilles du petit carpocapse est un peu plus hâtive que celle du carpocapse, alors que la seconde génération est un peu plus tardive (voir la fiche sur Le carpocapse de la pomme).

Tordeuse orientale du pêcher

La tordeuse orientale du pêcher (Grapholita molesta) est nouvellement arrivée dans les vergers du Québec et est un ravageur mineur en PFI. Elle a été observée pour la première fois en verger au Québec en 2003 près de la frontière. Elle a par la suite été capturée entre 2003 et 2011 en quantités variables dans plusieurs sites en Montérégie-Ouest et Montérégie-Est, mais au cours des dernières années seulement deux spécimens ont été capturés dans les vergers pilotes du Réseau-pommier où elle est suivie.

D’apparence semblable au carpocapse, l’adulte peut être distingué de ce dernier par sa taille légèrement plus petite (6-7 mm) et l’absence de taches dorées sur les ailes antérieures. Les larves sont également semblables à celles du carpocapse, mais légèrement plus petites (11 mm en fin de développement). Elles peuvent être distinguées des larves de carpocapse car elles sont pourvues, tout comme le petit carpocapse, d’un peigne anal, mais encore une fois, l’utilisation d’une loupe binoculare est recommandée.

Adulte de tordeuse orientale du pêcher (Franz Vanoosthuyse, IRDA).

Dégâts observables 

Les larves de tordeuse orientale peuvent causer des dégâts aux fruits qui ressemblent à ceux du carpocapse, c’est-à-dire des tunnels dans la chair, mais elles se déplacent généralement de manière aléatoire sans nécessairement atteindre les pépins. En début de saison, elles peuvent aussi se loger dans les pousses terminales, ce qui entraîne le flétrissement des pousses infestées. Ces dommages aux pousses peuvent être confondus avec ceux causés par la mineuse des bourgeons du pommier (voir la fiche sur Les ravageurs sporadiques ou nouvellement observés ).

Stratégie de lutte

Cet insecte étant encore très peu présent et sa biologie étant assez proche de celle du carpocapse, une stratégie de lutte spécifique à la tordeuse orientale n’est pas encore nécessaire (voir la fiche sur Le carpocapse de la pomme).

Des photographies additionnelles des dommages causés par le petit carpocapse et la tordeuse orientale du pêcher se trouvent dans le Guide d’identification des ravageurs du pommier et de leurs ennemis naturels.

À noter que, étant donné leur similarité, les phéromones utilisées pour dépister le petit carpocapse peuvent capturer aussi un certain nombre de tordeuses orientales du pêcher et inversement. Un autre papillon étroitement apparenté, la noctuelle des cerisiers (Grapholita packardi), peut également être capturés dans les pièges.

Adultes de tordeuse orientale du pêcher (à gauche), du petit carpocapse de la pomme (au centre) et de la noctuelle du cerisier (à droite) – 3 espèces de tordeuses du genre Grapholita (Franz Vanoosthuyse, IRDA).

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire