Archive d’étiquettes pour : Lutte aux insectes

Auteurs de la première édition : Francine Pelletier, Gérald Chouinard et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteurs : 26 avril 2024

Description et comportement

Les punaises pentatomides (Pentatomidae) sont actuellement des ravageurs mineurs en PFI. Aussi appelées punaises à bouclier ou punaises puantes, elles ont un corps relativement volumineux en forme de bouclier, un peu à la façon d’une paire d’épaule, et une tête étroite. Leurs œufs ont la forme de petits barils et sont pondus en groupe d’environ 10 à 50. Les larves, de forme ovale, sont plutôt différentes des adultes et leur coloration change également d’un stade à l’autre.

Certaines espèces de pentatomides sont prédatrices et se nourrissent d’acariens, de pucerons, de chenilles, d’autres punaises et même de coléoptères (voir la fiche sur la Description et efficacité des prédateurs de pucerons pour en savoir plus sur ces espèces prédatrices). La plupart des espèces sont toutefois phytophages et peuvent, dans certaines situations, causer des dégâts aux fruits, par exemple lors de périodes de sécheresse ou lorsque les mauvaises herbes prolifèrent sous les pommiers.

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Masse d’œufs (gauche) et larves nouvellement écloses (droite) de punaises pentatomides (source : IRDA). 

La punaise brune (Euschistus servus euschistoides) est la plus répandue dans les vergers au Québec. Elle passe l’hiver au stade adulte, abritée sous les feuilles et la végétation présentes au sol. Les adultes deviennent actifs au printemps et peuvent apparaître en verger dès la fin mai. C’est toutefois en fin de saison que les populations les plus abondantes sont observées. Les œufs sont pondus à partir du début juin. Les larves sont présentes environ de la fin juin à la mi-août avant d’atteindre le stade adulte à partir de la fin juillet. Les larves et les adultes peuvent causer des dommages en piquant la pomme pour s’en nourrir. L’apparence et l’intensité des dommages sera toutefois influencée par le cultivar et le moment de la saison où le dommage survient.

Punaise brune (source : Laboratoire de diagnostic en phytoprotection, IRIIS phytoprotection).

Les deux autres principales espèces présentes en verger sont la punaise verte (Chinavia hilaris) et la punaise à trois taches (Euschistus tristigmus luridus). Leur biologie et le type de dommage qu’elles peuvent causer aux fruits sont semblables à ceux de la punaise brune. Bien que généralement prédominante, la punaise verte peut, certaines années, être observée en grand nombre sur certains sites, principalement à la fin août et en septembre. La présence de la punaise à trois taches est quant à elle associée à la proximité de boisés.

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Punaise verte et punaise à trois taches (source : Laboratoire de diagnostic en phytoprotection).

D’autres espèces, notamment du genre Brochymena spp. (par exemple la punaise à quatre bosses B. quadripustulata) peuvent aussi être observées à l’occasion en verger. Elles sont connues pour leurs habitudes à la fois phytophages et prédatrices et occasionnent rarement des dommages aux pommes. Elles peuvent toutefois être facilement confondues avec la punaise marbrée (Halyomorpha halys), une espèce exotique hautement nuisible et actuellement sous surveillance. Les premières captures de punaise marbrée au Québec ont été rapportées dans un verger de la Montérégie Ouest en 2016 et son établissement en milieu urbain a été confirmé dans la ville de Montréal en 2018. Depuis, chaque année, quelques spécimens ont été capturés en milieu agricole dans différents sites en Montérégie et dans les Laurentides, incluant en verger. L’espèce élargit donc progressivement sa distribution mais aucun dommage n’a encore été rapporté dans les sites où elle a été détectée.

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Adulte et larve de punaise pentatomide du genre Brochymena spp (source : IRDA).

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Adulte et larve de punaise marbrée (source : Laboratoire de diagnostic en phytoprotection).

Dommages

Les piqûres occasionnelles sur les pommes par les pentatomides peuvent provoquer à la surface du fruit une décoloration plus ou moins apparente (points ou plages décolorées), parfois accompagnée d’une dépression plus ou moins étendue (fossette ou plage). La décoloration occasionnée par la piqure est généralement de couleur verdâtre à la fois sur les cultivars rouges et les cultivars jaunes/verts mais prend occasionnellement une apparence brune ou noire sur certains fruits.

Dommages externes causés par des punaises pentatomides (source : IRDA).

Sous la surface du fruit, un dommage interne est généralement visible allant d’un mince tube d’alimentation à une zone liégeuse de forme et d’aspect varié pouvant atteindre de 0,5 à 1,0 cm de profondeur. En coupant transversalement au centre du dommage, sa forme permet souvent de déceler (mais pas toujours) la trace d’insertion du stylet et de le distinguer d’un dommage physique (meurtrissure ou grêle) ou d’un désordre physiologique (ex. : point amer).

Dommages internes causés par des punaises pentatomides (source : IRDA).

Dépendamment de la sévérité et de l’emplacement du dommage, une portion seulement des fruits piqués par les pentatomides sera porteuse d’un dommage qui déclasse la pomme. Les dommages qui surviennent en août sont ceux qui évoluent le plus souvent vers un dommage économique au moment de la récolte. Ceux qui surviennent plus tôt dans la saison se présentent généralement à la fin de la saison sous forme de légères ponctuations qui ne déclassent pas le fruit.

Par ailleurs, un délai d’environ 7 à 10 jours peut survenir entre le moment où le fruit est piqué et le moment où le dommage est visible. L’intensité et la rapidité de l’expression du dommage peuvent également varier selon le cultivar, certains étant connus pour être plus susceptibles (ex. : Gingergold, Honeycrisp, Ambrosia, Empire, Cortland et Gala). Les dégâts sont souvent plus nombreux en bordure du verger ainsi que sur les branches basses et là où des mauvaises herbes poussent près des fruits.

Estimation du risque

Étant donné que les pentatomides se nourrissent de nombreuses espèces de mauvaises herbes et de plantes cultivées (ex. : maïs, soya, luzerne, tomates, poivrons, pois, haricot), les vergers les plus à risque sont souvent ceux où plusieurs mauvaises herbes sont présentes sous les pommiers ainsi que ceux entourés de boisés ou de champs où l’on retrouve les cultures appréciées par ces espèces.

Des pièges appâtés à l’aide d’attractifs qui attirent les adultes et les larves de pentatomides peuvent être utilisés pour détecter la présence de ces espèces. Toutefois, leur efficacité pour refléter l’abondance des populations et prédire les dommages reste à démontrer.

Le piège pyramidal est celui le plus couramment utilisé pour le dépistage des punaises pentatomides. Il capture davantage d’individus qu’un piège suspendu dans la canopée car il exploite le comportement des punaises qui ont tendance à se déplacer vers le haut. Pour capturer l’ensemble des espèces d’importance présentes ou sous surveillance, il est toutefois important qu’il soit muni d’un attractif et que cet attractif contienne les phéromones agrégatives des espèces ciblées. Dépendamment du fabricant, certains attractifs disponibles commercialement contiennent l’ensemble de ces composés dans un même diffuseur alors que d’autres sont contenus dans des diffuseurs distincts et vendus séparément. Il est alors essentiel de les combiner et de changer chacun d’eux aux fréquences respectives recommandées par le fournisseur.

Piège pyramidal surmonté d’un récipient collecteur dans lequel est insérée une bandelette insecticide. Les attractifs sont placés à quelques cm à l’extérieur du contenant (source : IRDA).    

Stratégie d’intervention

Aucun insecticide n’est actuellement homologué au Canada contre les punaises pentatomides dans la pomme.

Une bonne gestion des mauvaises herbes à feuilles larges sur le rang (spécialement les légumineuses) évitera les dégâts sur fruits dans la majorité des cas.

Parmi les méthodes alternatives à la lutte chimique, l’utilisation de filets anti-insectes réduira considérablement les dommages causés par les pentatomides sur les cultivars susceptibles et à haute valeur commerciale. L’efficacité de cette méthode pour protéger les fruits contre la punaise marbrée a été démontrée en Italie et en France. Dans le cas des filets mono-rangs, une fermeture hermétique du filet au niveau du tronc des pommiers est toutefois requise pour une plus grande efficacité.

Compte tenu du peu d’options disponibles actuellement, le piégeage massif est une autre approche pouvant être envisagée. Son efficacité pour diminuer les dommages demeure toutefois à valider et à optimiser compte tenu du coût élevé des attractifs.

Pour des informations additionnelles sur l’importance relative des différentes espèces de pentatomides ayant été répertoriées au Québec, la façon de les reconnaître ainsi que sur la lutte par piégeage massif, consultez la fiche technique Punaises pentatomides en verger : diversité, abondance saisonnière et piégeage massif.

Pour des informations et photographies additionnelles illustrant la variabilité existant au niveau de l’apparence des dégâts causés par les pentatomides ainsi que les critères pouvant aider à les distinguer des dommages d’autres causes, consultez la fiche technique Apparence des dommages causés par les punaises pentatomides à différents moments de la saison sur différents cultivars de pommes.

 

 

Cette fiche est une nouvelle fiche du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2023. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Fiche 65

Gérald Chouinard et Yvon Morin

 

Calendrier d’apparition des principaux ravageurs et organismes utiles

Cliquez pour télécharger le tableau complet

* Guide approximatif utilisé : débourrement = avril; déb. avancé = 1ère semaine de mai; bouton rose = 2e de mai; floraison = 3e de mai; calice = 4e de mai.
** Punaise de la pomme, punaise de l’aubépine et lygide du pommier.

Méthodes de dépistage pour les insectes et acariens ravageurs

Guide résumé des méthodes de dépistage (Format poche)

Ce guide présente le résumé des méthodes de dépistage des principaux ravageurs. Cliquez ici pour télécharger le document. Il s’imprime avec un format de 8,5 po x 14 po.

Les seuils indiqués ne sont qu’un guide, qui correspond à la situation dans un verger type. Parmi les exceptions au verger type figurent les situations suivantes :

  • La présence de pommes déclassées ou d’autres rejets de fruits à proximité;
  • La forme irrégulière du verger (verger-type : forme plutôt rectangulaire);
  • La présence de bois de coupe à proximité immédiate du verger ou dans le verger;
  • La présence d’un verger mal entretenu à proximité;
  • La présence à proximité de réservoirs d’espèces nuisibles, en particulier les plantes suivantes :
    • arbres fruitiers (pommiers, pruniers, poiriers, cerisiers, vigne, bleuet, etc.)
    • pommetiers, cerisiers ou amandiers décoratifs
    • tout autre arbre ou arbuste du genre Prunus
    • aubépine
    • églantier
    • amélanchier
    • genévrier
    • sorbier ou cormier
Dépistage par pièges visuels
RAVAGEURS HOPLOCAMPE DES POMMES PUNAISE TERNE MOUCHE DE LA POMME
PIÈGES Carton blanc englué Carton blanc englué Sphère rouge engluée
NOMBRE DE PIÈGES 1 par section de 2 ha (minimum de 4 par verger) 1 par section de 2 ha (minimum de 4 par verger) 1 par section de 2 ha (minimum de 4 par verger)
PÉRIODE DE POSE Bouton rose Mi-avril, avant le débourrement Fin juin
FRÉQUENCE DES RELEVÉS Une à deux fois par semaine selon l’historique Une à deux fois par semaine selon l’historique Une fois par semaine
PÉRIODE DE RETRAIT Mi-juin ou dès la nouaison À la nouaison Septembre
POSITION DANS LE VERGER Entre les 1er et 4e rangs au pourtour du verger; de préférence dans les variétés hâtives 2e rangée au pourtour du verger Entre les 1er et 4e rangs au pourtour du verger; de préférence près des boisés et dans les variétés hâtives
POSITION DANS L’ARBRE À la hauteur des yeux (1,5 m) sur une branche fructifère, de préférence face au sud et à environ 1 mètre du tronc À la hauteur des genoux (75 cm), à l’extérieur des arbres, sur une branche fructifère, au-dessus d’un espace engazonné À la hauteur des yeux (1,5 m) sur une branche fructifère, de façon à ce qu’il soit bien visible et à l’abri du vent
SEUIL D’INTERVENTION (comptage cumulatif des captures) 5 captures par piège 2,5 à 4 captures par piège. Compléter par le dépistage de l’activité sur bourgeons (seuil jusqu’au débourrement avançé : 10 à 15 % des bourgeons occupés par une punaise ou présentant de l’exsudat; au pré-bouton rose: 3 à 5%; au bouton rose: 1 à 2%) Pommes d’exportation : 1 mouche par piège. Autres marchés : 2 mouches par piège. Après la fin juillet : 5 mouches par piège
REMARQUES De nombreux bouquets à fruits doivent être présents dans le voisinage du piège, mais enlever ceux à moins de 10 cm du piège. Pour éviter les réinfestations répétées, couper tous les pommiers abandonnés de même que les arbres de la famille des Rosacées (ex. : pommetiers et cerisiers sauvages) autour du verger De nombreux bouquets à fruits doivent être présents dans le voisinage du piège, mais enlever ceux à moins de 10 cm du piège. L’exsudat est une goutte de sève qui apparaît à la suite d’une piqûre de nutrition par la punaise terne. Ne pas installer les pièges sur les mêmes arbres que ceux de l’hoplocampe Des fruits doivent être présents dans le voisinage du piège, mais enlever ceux à moins de 10 cm du piège. Pour éviter les réinfestations répétées, couper tous les pommiers abandonnés de même que les arbres de la famille des Rosacées (ex. : pommetiers et cerisiers sauvages) autour du verger. Consultez la fiche 77 pour d’autres détails
Dépistage par pièges à phéromone
RAVAGEURS CARPOCAPSE DE LA POMME TORDEUSE À BANDES ROUGES MINEUSE MARBRÉE PETIT CARPOCAPSE
PIÈGE Multi-Pher I Multi-Pher II ou III Multi-Pher II ou III Multi-pher II ou III
PHÉROMONE Trécé Trécé Trécé Scentry
NOMBRE DE PIÈGES Vergers avec antécédents de dégâts : 1 à 3 pièges (ou paires de pièges) par section de 12 ha de verger. Si des paires sont utilisées, considérer uniquement les captures des 3 pièges les plus efficaces Vergers avec antécédents de dégâts : 1 par section de 12 ha de verger Vergers avec antécédents de dégâts : 1 par section de 12 ha de verger Vergers avec antécédents de dégâts : 1 par section de 12 ha de verger
Autres vergers : 1 par verger Autres vergers : 1 par verger Autres vergers : 1 par verger
PÉRIODE DE POSE Floraison Débourrement Débourrement Bouton rose
FRÉQUENCE DES RELEVÉS Une à deux fois par semaine selon l’historique Une fois par semaine Une fois par semaine Une fois par semaine
PÉRIODE DE RETRAIT Septembre Septembre Septembre Septembre
POSITION DANS LE VERGER Au centre du verger ou de chaque secteur à risques Au centre du verger ou de chaque section Au centre du verger ou de chaque section Au centre du verger ou de chaque secteur à risques
POSITION DANS L’ARBRE À la hauteur des yeux (1,5 m), à l’intérieur des arbres À la hauteur des yeux (1,5 m), à l’intérieur des arbres À la hauteur des yeux (1,5 m), à l’intérieur des arbres À la hauteur des yeux (1,5 m), à l’intérieur des arbres
SEUIL D’INTERVENTION (comptage cumulatif des captures sauf si autrement spécifié Première génération : (mi-mai à mi-juillet) : 10 captures par piège par semaine pour 2 semaines consécutives 500 captures par piège 3000 à 5000 captures par piège (15 à 25 ml dans un cylindre gradué de 10 ml) 300 à 500 (seuil approximatif). Les captures peuvent être importantes sans que des dégâts soient produits
Deuxième génération : dans les vergers avec historique de dégâts, 15 à 20 captures par piège par semaine pour 2 semaines consécutives; dans les vergers sans historique de dégâts, 25 à 30 captures par piège par semaine pour 2 semaines consécutives
REMARQUES Le dépistage du carpocapse doit être basé sur l’observation des dégâts et l’historique des dommages est essentiel pour déterminer les besoins de traitements. Les méthodes et les seuils différent si votre verger utilise un programme de lutte par confusion sexuelle: consultez la  fiche 76 pour les détails. Le seuil d’intervention peut être rehaussé en présence de parasites  : consultez la fiche 98 Le dépistage du petit carpocapse se complète par l’observation des dégâts et l’historique des dommages est essentiel pour déterminer les besoins de traitements. Voir les fiches 76 et 85 pour les détails
Dépistage par observation des fruits ou du feuillage
RAVAGEURS CHARANÇON DE LA PRUNE COCHENILLES PUNAISE DE LA MOLÈNE TORDEUSES SUR FEUILLAGE CHENILLES DU FRUIT (EXTERNES) CHENILLES DU FRUIT (INTERNES)
TECHNIQUE Observer la face visible des fruits situés sur les arbres en périphérie du verger et sur les cultivars hâtifs. Observer 100 fruits par section de 12 ha de verger (10 par arbre standard ou 5 par arbre nain ou semi-nain) Observer les fruits de 100 bouquets par bloc (10 par arbre). Principalement les variétés Délicieuse et Spartan Observer les feuilles de 100 bouquets floraux ou de 100 pousses en croissance par bloc (5 à 10 par arbre) Observer les fruits de 100 bouquets par bloc (10 par arbre) Observer 100 fruits par bloc (10 par arbre) et prélever ceux qui portent des marques de carpocapse (voir le texte)
Compter le nombre de fruits portant des marques fraîches de ponte Compter le nombre de fruits avec présence de cochenilles (boucliers) Compter le nombre de fruits portant des marques de piqûres Déplier soigneusement les feuilles enroulées et compter les chenilles trouvées Soulever soigneusement les feuilles en contact avec les fruits et compter les chenilles (ou leurs signes) trouvées Ouvrir les fruits sélectionnés et compter les fruits portant des excréments rougeâtres ou des galeries profondes ou superficielles
DÉBUT DES OBSERVATIONS Entre le stade calice et la nouaison À la récolte Début floraison Pré-bouton rose Bouton rose pour la TBO, calice pour les autres espèces Mi-juin
FRÉQUENCE 2 fois par semaine Une seule fois Une fois par semaine Une fois par semaine Une fois par semaine Une fois par semaine
FIN DES OBSERVATIONS Début à mi-juillet À la récolte 2 à 3 semaines après le calice (calibre des fruits > 10 mm) Mi-août Mi-août À la récolte
SEUIL D’INTERVENTION Premier traitement : en prévention au stade calice ou dès les premiers dégâts observés. Traitements additionnels : Dès que 1 % des fruits d’un secteur sont affectés (2 % à partir de la fin juin) De 1 à 3 % des fruits infestés Entre 1 et 5 % des fruits affectés Les seuils varient de 3 à 10 % selon la période, l’historique des dégâts et les espèces en cause. Consulter la fiche 74 pour des détails Les seuils varient de 0,5 à 5 % selon la période, l’historique des dégâts et les espèces en cause. Consulter la fiche 74 pour des détails Il est déconseillé d’attendre des dégâts sur fruit avant de penser à intervenir. La stratégie dépendra de l’historique des dégâts et des captures dans les pièges à phéromone. Le dépistage des dégâts servira à valider l’efficacité de votre stratégie : les seuils varieront de 0,1 à 1 % selon vos objectifs personnels
REMARQUES Pour éviter les réinfestations répétées, couper tous les pommiers abandonnés de même que les arbres de la famille des Rosacées (ex. : pommetiers et cerisiers sauvages) autour du verger Le seuil permet de déterminer la nécessité d’une intervention au printemps suivant. Consulter la fiche 80 La punaise de la molène est également un important prédateur d’acarien et de puceron Ces chenilles sont principalement des tordeuses, dont la tordeuse à bandes rouges (TBR) et la tordeuse à bandes obliques (TBO). On recommande rarement des traitements contre la génération estivale de TBO; les traitements contre la première génération (hivernante) sont beaucoup plus efficaces Ces chenilles sont principalement : la tordeuse à bandes rouges, la tordeuse à bandes obliques (TBO) et la noctuelle des fruits verts. On recommande rarement des traitements contre la génération estivale de TBO; les traitements contre la première génération (hivernante) sont beaucoup plus efficaces Ces chenilles sont principalement : le carpocapse de la pomme, le petit carpocapse de
la pomme et la tordeuse orientale du pêcher

Des méthodes de dépistage par observation du feuillage sont aussi disponibles pour les cicadelles, l’ériophyide, la mineuse marbrée, le puceron lanigère, le puceron rose, les pucerons verts, la punaise terne et les tétranyques. Les voici :

Ravageurs Cicadelles Ériophyide Mineuse marbrée (mines) Puceron lanigère Puceron rose
TECHNIQUE En excluant les gourmands, observer 100 feuilles par bloc (10 par arbre standard et 5 par arbre nain ou semi-nain) Prélever 25 feuilles par bloc (2 à 5 par arbre) et examiner les 2 faces des feuilles à l’aide d’une loupe 15x Prélever 100 feuilles par bloc (5 par arbre) sur les bouquets à fruits (au printemps) ou à mi-chemin sur la pousse de saison (en été) Observer 100 cicatrices de taille et gourmands par bloc (5 par arbre) Observer 100 bouquets floraux par bloc (10 par arbre standard et 5 par arbre nain ou semi-nain)
Compter les larves présentes sur la face inférieure des feuilles Compter ou estimer le nombre de formes mobiles sur chaque feuille Compter le nombre de mines de type « jeune » et de type « âgée » sur chaque feuille (voir fiche 73) Compter le nombre de colonies de pucerons trouvées Compter le nombre de bouquets infestés de plus de 20 pucerons roses
DÉBUT DES OBSERVATIONS 1re génération : floraison; 2e génération : début août Débourrement 1re génération : calice; 2e génération : mi-juillet Juin Débourrement avancé
FRÉQUENCE Une fois par semaine 1 à 2 fois par mois (selon la température) Une fois par mois 1 à 2 fois par mois Une fois par semaine
FIN DES OBSERVATIONS 1re génération : nouaison; 2e génération : fin août Fin août Début août Mi-août Fin juin
SEUILS D’INTERVENTION Cicadelle blanche 1re génération : 0,5 larve par feuille Environ 100 à 600 formes mobiles par feuille, selon le cultivar et le niveau de stress du pommier. Le roussissement du feuillage est un indicateur de l’atteinte du seuil 1re génération : 1 mine par feuille de type « jeune » (voir fiche 73). Lorsque les mines sont de type « âgé », il est trop tard pour intervenir Présence de colonies sur 50 % des cicatrices ou gourmands Plus de 10 % des bouquets contenant plus de 20 pucerons
Cicadelle blanche 2e génération : 1,0 larve par feuille 2e génération : 2 mines par feuille (en présence d’un stress et absence de parasites)
Cicadelle de la pomme de terre (vergers nains ou non en production) : 1,0 larve par feuille 3e génération : ne pas intervenir – il est trop tard et il y a risque de tuer les parasites très actifs à cette période
REMARQUES Ne pas inclure les gourmands pour le dépistage de la cicadelle blanche Rares sont ceux qui comptent les ériophyides! La tolérance est recommandée car ce ravageur sert de nourriture à plusieurs prédateurs et favorise donc le contrôle naturel des tétranyques Le seuil d’intervention peut être rehaussé en présence de parasites : consultez la fiche 98 Le seuil d’intervention doit être rehaussé en présence de prédateurs ou de parasites : consultez la fiche 97 La variété Cortland (et ses différentes lignées) est particulièrement susceptible à l’attaque du puceron rose
RAVAGEURS PUCERONS VERTS PUNAISE TERNE TÉTRANYQUES
TECHNIQUE Observer 100 pousses par bloc (10 par arbre) Observer les boutons floraux de 100 bouquets par bloc (2 à 5 par arbre) lors de journées chaudes (>10 °C) avec peu de vent Prélever un minimum de 25 feuilles (choisir des feuilles du bouquet floral jusqu’à la mi-juin, par la suite, ajouter également des feuilles de pousses) par bloc (2 à 5 par arbre) et examiner les feuilles à l’aide d’une loupe (10-15x)
Classifier chaque pousse dans une des catégories décrites à la fiche 78 Compter le nombre de boutons floraux occupés par une punaise ou présentant un exsudat (goutte) de sève Compter le nombre de formes mobiles et d’œufs sur chaque feuille
DÉBUT DES OBSERVATIONS Juin Tétranyque rouge : bouton rose; tétranyque à deux points : juin
FRÉQUENCE Une fois par semaine Chaque fois que se présentent les conditions météo précitées 2 à 4 fois par mois (selon la température et la présence de prédateurs)
FIN DES OBSERVATIONS Mi-août Bouton rose avancé Fin août
SEUILS D’INTERVENTION 30 % des pousses annuelles affectées de colonies denses OU : Jusqu’au débourrement avancé : 5 à 15 % des boutons avec punaise ou exsudat. Ce seuil peut être plus haut si la quantité de bourgeons à fruits est élevée Jusqu’au calice : 20 % des feuilles avec au moins 4 formes mobiles
50 % des pousses annuelles affectées de colonies modérées OU : À partir du pré-bouton rose : 3 à 10 % des boutons floraux avec punaise ou exsudat Du stade calice à la mi-août : 23 % des feuilles avec au moins 8 f.m. ou un total de 15 œufs et formes mobiles
80 % des pousses annuelles affectées de faibles colonies Après la mi-août : 24 % des feuilles avec au moins 15 f.m. ou un total de 29 œufs et formes mobiles
REMARQUES Pas d’intervention requise en présence de prédateurs : consultez la fiche 97 Le dépistage par pièges collants (voir le tableau à cet effet) permet la surveillance pendant les périodes de moins grande activité Le seuil d’intervention peut être rehaussé en présence de prédateurs: consultez la fiche 96

Note : La plupart de ces seuils peuvent être augmentés si la production est dédiée à la transformation.

 

D’où viennent ces méthodes?

Majoritairement des conseillers et chercheurs (membres d’aujourd’hui et d’hier) du Réseau-pommier du Québec. Consultez la fiche 67 pour les détails.

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

bannière des principaux partenaires de réalisation et commanditaires du Guide de PFI

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Francine Pelletier, Daniel Cormier, Franz Vanoosthuyse et Yvon Morin
Auteurs de la mise à jour 2023 : Audrey Charbonneau et Gérald Chouinard
Dernière mise à jour par les auteurs : 27 mars 2023

Dépistage visuel (gauche) et différents types de pièges pour dépister différents ravageurs (droite) (source : IRDA).

À la base de la PFI se retrouve un principe fondamental : les interventions phytosanitaires sont nécessaires uniquement lorsque l’importance des populations les justifie. En d’autres mots, assurez-vous d’être en présence d’un nombre suffisant de ravageurs avant d’effectuer une intervention!

Les méthodes de dépistage (piégeage ou observation visuelle) permettent de détecter la présence de la plupart des espèces de ravageurs du pommier et de déterminer leur importance réelle AVANT que le problème ne prenne de trop grandes proportions et qu’il soit trop tard pour intervenir. Le nombre de spécimens ou de dégâts récoltés ou observés indique, dans une bonne mesure, l’importance des populations de ravageurs dépistés et doit être comparé au seuil d’intervention afin d’établir s’il y a lieu ou non d’intervenir.

Le dépistage vous permet :

  • de mieux connaître les différents blocs de votre verger;
  • de mieux cibler vos interventions contre les ravageurs;
  • d’évaluer l’efficacité de vos interventions et d’identifier les traitements qui n’ont pas de réelle utilité;
  • de diminuer votre facture de pesticides;
  • de mieux préserver les insectes et acariens utiles qui travaillent gratuitement pour vous et qui permettent de réduire encore plus vos coûts en pesticides;
  • de préserver l’efficacité des pesticides disponibles en évitant le développement rapide de résistance chez les ravageurs visés;
  • de minimiser les risques liés à l’utilisation des pesticides (dérive, intoxication, pollution, ).

Le dépistage peut être une des pratiques les plus rentables dans un verger… Il suffit souvent de quelques heures pour économiser plusieurs centaines de dollars.

Pour toutes ces considérations, le dépistage constitue un des éléments clés de la PFI.

Puis-je effectuer moi-même le dépistage ou dois-je embaucher un spécialiste?

Tout le monde peut se promener dans un verger et faire des observations. Il serait d’ailleurs souhaitable que tous les pomiculteurs et pomicultrices observent leur verger et évaluent les effets des interventions qu’ils font. Un bon dépistage nécessitera quelques dollars de matériel, mais aussi une bonne dose de formation et d’apprentissage de même que de la rigueur et de l’assiduité. Le temps étant une denrée rare en saison pour le pomiculteur ou la pomicultrice et le dépistage exigeant minutie et régularité dans le suivi, plusieurs préfèrent confier ce travail à des dépisteurs comme ceux des clubs d’encadrement technique ou des clubs agroenvironnementaux (voir la fiche sur les Ressources essentielles en PFI). N’hésitez pas à assister votre dépisteur, vous en retirerez encore plus d’avantages et celui-ci (ou celle-ci) vous en sera reconnaissant(e).

Qu’est-ce qu’un seuil d’intervention?

C’est le nombre de spécimens d’un ravageur dépisté, ou le pourcentage de dégâts, à partir duquel une intervention au moment opportun devient nécessaire afin d’éviter que les pertes économiques causées par le ravageur ne dépassent le coût total de cette intervention (incluant ses effets indésirables). Les seuils d’intervention sont utilisés afin de déterminer les besoins en traitements. Lorsque le nombre de captures d’un piège, le nombre de dégâts ou le nombre d’individus observés d’un ravageur atteint le seuil indiqué, un traitement doit être envisagé dans le verger ou la section de verger considérée. Expressions apparentées : seuil de nuisibilité, seuil économique, nombre critique de captures.

Faut-il intervenir dès l’atteinte du seuil d’intervention?

Pas nécessairement. L’atteinte du seuil d’intervention signale qu’une intervention devra être effectuée au moment et à l’endroit opportuns propres à chaque ravageur. En théorie, ce moment survient lorsque la majorité de sa population a atteint ou atteindra sous peu le stade le plus sensible au pesticide choisi. En pratique, cela n’est possible que dans la mesure où vous pouvez répondre « oui » aux questions suivantes :

  • Les interventions peuvent-elles attendre l’arrivée de ce moment sans que les dégâts ne passent au-dessus du seuil économique?
  • Existe-t-il une méthode qui permette de déterminer le meilleur moment pour l’application du produit?

Le choix de la meilleure stratégie de lutte peut aussi dépendre des conditions climatiques en cours, de la période du jour, etc. Il devra être basé sur les recommandations de votre conseiller ou conseillère ou sur celles publiées dans les avertissements phytosanitaires du pommier ou dans le présent guide. Pour ce qui est des produits antiparasitaires préconisés contre chacun des ravageurs, les doses et les conditions d’application peuvent être retrouvées dans l’affiche Production fruitière intégrée, publiée annuellement par l’IRDA et couvrant les principales situations rencontrées en verger. Une liste complète des produits et doses homologuées pourra être obtenue pour toutes les situations en consultant le site web SAgEpesticides (voir la fiche sur les Ressources essentielles en PFI).

D’où proviennent tous ces seuils d’intervention? Sont-ils précis?

Les seuils d’intervention publiés dans ce guide sont le résultat de recherches ou de travaux menés aux États-Unis et au Canada par des scientifiques et des conseillers d’expérience. Ceux-ci ont développé et mis à l’essai des méthodes de dépistage pour la majorité des ravageurs primaires et secondaires. À cet effet, l’apport d’Agrilus, pionnier du service de dépistage dans les vergers au Québec, est à souligner. Les seuils sont constamment validés par l’expérience acquise en dépistage dans les vergers et ils sont périodiquement mis à jour par les membres du Comité de PFI du Réseau-pommier. Voir la fiche suivante pour consulter la liste des membres (Liste des membres du comité de PFI).

Les méthodes de dépistage sont habituellement d’une bonne précision. Néanmoins, les seuils d’intervention doivent être considérés uniquement comme des guides pour la prise de décision. Ils sont valides dans les situations les plus couramment rencontrées. Toute situation spéciale doit être considérée pour s’assurer d’un ajustement approprié à son verger, à sa situation. De même, il est de la plus haute importance de respecter la technique décrite, car chaque détail (type de phéromone, type de piège, hauteur d’installation, emplacement dans l’arbre, date de pose et de retrait, etc.) influence grandement le résultat et la prise de décision.

Est-il utile de dépister s’il n’existe pas de seuil d’intervention?

Oui. Dans ces cas, le dépistage sert à détecter la présence de l’insecte, à évaluer les densités de population et à déterminer l’apparition du stade visé pour une intervention phytosanitaire, en vue d’assurer une efficacité optimale.

Dois-je dépister tous les ravageurs ou uniquement les plus nuisibles?

Si pour une raison ou une autre, il vous est impossible de dépister tous les ravageurs, certains doivent impérativement être dépistés peu importe votre situation. C’est le cas par exemple du carpocapse et de la mouche de la pomme, qui attaquent directement les fruits pendant l’été. Comme les traitements insecticides appliqués l’été sont les plus dommageables pour l’équilibre biologique du verger, éviter ne serait-ce qu’une seule application d’insecticide grâce au dépistage est extrêmement souhaitable, d’autant qu’on améliore aussi la répression des autres ravageurs en ménageant les prédateurs et les parasitoïdes présents.

Comment pourrais-je réussir à reconnaître tous ces insectes et acariens?

De très bons guides illustrés existent pour vous aider! Un grand nombre d’espèces sont décrites et accompagnées de photos dans le Guide d’identification des maladies, insectes et acariens nuisibles et utiles des arbres fruitiers, disponible en partie sur la plateforme PFI du Réseau-pommier. La version PDF peut être acheté sur le site du CRAAQ. Le format papier n’est plus disponible. Si un doute persiste quant à son identification, il est possible d’envoyer le spécimen au Laboratoire de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ.

Comment expliquer qu’un insecte causant généralement peu de dégâts puisse être responsable de la majorité des dommages observés une année particulière? Comment un insecte peut-il causer de nombreux dégâts dans un verger et relativement peu chez son voisin?

Les fiches du présent guide portant sur les stratégies de lutte aux ravageurs ont pour but de vous aider à répondre à ces questions et surtout, à vous montrer l’importance d’observer vos pommiers. Un programme de traitements insecticides utilisant un calendrier avec des pulvérisations à des dates ou des stades de développement fixes, sans égard à vos populations de ravageurs ni aux conditions météorologiques, est coûteux et n’offre pas une garantie de succès.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition: Gérald Chouinard, Francine Pelletier, Daniel Cormier, Franz Vanoosthuyse et Yvon Morin
Auteures de la mise à jour 2023: Vanessa Nadeau, Francine Pelletier, Maude Richard et Gaëlle Charpentier
Dernière mise à jour par les auteurs : 29 novembre 2022

 

Les méthodes de dépistage peuvent être regroupées en deux catégories : dépistage à l’aide de pièges et dépistage par des observations visuelles. Peu importe la méthode utilisée, le dépistage doit être répété régulièrement, au moins une fois par semaine, mais parfois deux ou trois fois par semaine pour certains insectes ou dans certaines situations particulières. Aussi, pour chaque dépistage, avec pièges ou visuel, il existe des seuils d’intervention auxquels se référer afin de planifier les interventions phytosanitaires.

Le dépistage par pièges

Le dépistage par pièges est certainement la forme de dépistage la plus pratique et la plus rapide. L’utilisation de pièges peut sembler coûteuse, mais la plupart des pièges utilisés au Québec sont réutilisables, ce qui en fait une méthode de dépistage très économique :

PIÈGE TYPE (DURÉE DE VIE) COÛT PAR PIÈGE ($) ACCESSOIRES (QUANTITÉ/PIÈGE) $/AN QUANTITÉ/ VERGER COÛT/ha/AN*
Punaise terne et hoplocampe Piège blanc englué 2,94 $ 1 pour 2 ha 1,47 $
(1 an)
Mineuse marbrée Multipher II ou III 18,45 $ Phéromone (3/an) 17,10 $ 1 pour 12 ha 1,94 $
(15 ans) Plaquette insecticide (1/an) 5 $
Carpocapse de la pomme DELTA I (verger sous confusion sexuelle) 9 $ Phéromone (2/an) 18 $ 1 pour 4 ha 6,20 $
(5 ans) Plaquette collante (2/an) 5 $
Multipher I 23,95 $ Phéromone (3/an) 13,75 $ 1 pour 12 ha 1,67 $
(15 ans) Plaquette insecticide (1/an) 5 $
Tordeuse à bandes obliques Multipher I 23,95 $ Phéromone (2/an) 9,20 $ 1 pour 12 ha 1,28 $
(15 ans) Plaquette insecticide (1/an) 5 $
Piège wing trap (Pherocon) 8,49 $ Phéromone (2/an) 9,20 $ 1 pour 12 ha 1,39 $
(5 ans) Plaquette collante (2/an) 5,78 $
Mouche de la pomme Sphère rouge de plastique 6,25 $ Colle (35 g) 2,00 $ 1 pour 2 ha 1,63 $
(5 ans)
Sphère rouge de bois nd** Colle (35 g) 2,00 $  1 pour 2 ha _
(15 ans)

* Calculé à partir du coût total des pièges et accessoires requis pour un verger de 12 ha. Ce coût n’inclut pas le temps requis pour la pose, l’entretien, les visites et le retrait des pièges.
** non disponible

Certains pièges peuvent être faits maison, comme les sphères de bois pour la mouche de la pomme, ou encore les cartons blancs englués. Cependant les pièges doivent être conçus en respectant scrupuleusement les directives de votre conseiller ou conseillère en ce qui concerne les matériaux à utiliser, les dimensions, la couleur, etc. En pratique, il est souvent plus avantageux de les acheter d’une source fiable qui pourra vous en garantir l’efficacité et la disponibilité.

L’utilisation de pièges est essentielle dans le cas de l’hoplocampe des pommes et de la mouche de la pomme et elle est recommandée pour tous les autres ravageurs du pommier pour lesquels un piège efficace existe et qui présentent un risque appréciable de pertes (comme le carpocapse de la pomme, la tordeuse à bandes rouges, la mineuse marbrée et le petit carpocapse de la pomme). S’il y a un antécédent de dommages d’un de ces ravageurs dans votre verger, c’est que ce risque existe et le dépistage devient essentiel.

Toutefois, rigueur et minutie s’imposent lors de l’utilisation de tels outils car un piège mal installé, un attractif périmé ou inadéquat ou encore un entretien négligé peuvent provoquer des variations de captures importantes et des résultats de 10 à 100 fois supérieurs ou inférieurs aux résultats normalement attendus lorsque la méthode est respectée. Voyez-y!

Trois types de pièges sont utilisés dans les vergers du Québec :

Les sphères rouges engluées

Sphère rouge engluée (source : IRDA).

Ces pièges réutilisables sont fabriqués avec une sphère de bois ou de plastique (diamètre : 8,5 cm) enduite d’une peinture rouge foncé et munie d’un crochet de métal. Ils sont utilisés pour dépister la mouche de la pomme. Leur efficacité est basée sur l’attirance de la couleur et de la forme, et agissent à courte distance. Ils doivent être recouverts de colle à insectes (ex. : TANGLETRAP) avant l’installation.

Les cartons blancs englués

Ces pièges sont faits de carton blanc (14 × 18 cm) et recouverts de colle à insectes sur les deux faces. Ils sont utilisés pour dépister la punaise terne lorsque installés à 70 cm du sol et pour dépister l’hoplocampe des pommes lorsque installés à 150 cm du sol. Ces pièges agissent à courte distance, mais de façon différente selon l’espèce. Ils sont basés sur l’attirance de la couleur dans le cas de l’hoplocampe, alors que dans le cas de la punaise terne, ils ne font qu’intercepter au vol les adultes qui les confondent avec une « fenêtre sur le ciel ». La surface du piège ne doit pas refléter les rayons ultraviolets. À cette fin, le type de peinture utilisé est d’une grande importance. Tout comme les sphères, ces pièges doivent être nettoyés deux fois par semaine environ.

Piège blanc englué pour dépister la punaise terne et l’hoplocampe des pommes (source: IRDA).

Les pièges à phéromone

Ces pièges de différentes formes font appel à des phéromones sexuelles synthétiques qui leur confèrent un pouvoir d’attraction sur de longues distances. Les phéromones sexuelles synthétiques utilisées correspondent à des substances naturelles émises ordinairement par les femelles de plusieurs espèces d’insectes et qui attirent les mâles pour l’accouplement. Ces phéromones sont disponibles pour la plupart des lépidoptères qui s’attaquent au pommier (carpocapse, tordeuses, mineuses, noctuelles, sésies, etc.), ainsi que pour quelques autres insectes. Dans le cas des lépidoptères, le diffuseur (capsule ou bande adhésive) chargé de la phéromone synthétique appropriée attirera les mâles de l’espèce visée (et rarement de quelques espèces voisines) sur une superficie d’au moins 5 ha de verger (cette distance peut varier selon les espèces).

Différents types de pièges à phéromones peuvent être utilisés :

  • Multipher: ce piège réutilisable en plastique, couramment utilisé, est composé d’un couvercle, d’un entonnoir et d’un récipient cylindrique portant des ouvertures dont la dimension et la forme varient selon le modèle. Le Multipher I est utilisé pour le dépistage de gros papillons (ex. : carpocapse de la pomme, noctuelle du fruit vert), les Multipher II et III pour les petits papillons (ex. : mineuse marbrée) et ceux de taille intermédiaire (ex. : tordeuse à bandes rouges, sésie du cornouiller). Les pièges Multipher, conçus au Québec, ne nécessitent pas de base engluée mais une plaquette insecticide doit être suspendue à l’intérieur du piège.Il est recommandé de retirer les pièges du verger après la saison pour éviter qu’ils ne s’usent prématurément.
  • Delta : ce piège réutilisable de forme triangulaire est fait de plastique ondulé. Les plaquettes engluées sont insérées à la base du piège et peuvent être retirées pour faciliter le décompte des insectes. Il est principalement utilisé pour dépister le carpocapse de la pomme dans les vergers sous confusion sexuelle.
  • Piège wing trap(ex : Pherocon 1C) : ce piège est constitué de deux pièces en carton ou en plastique repliées de façon à ce que l’une forme un toit protecteur et l’autre, un récipient englué et évasé. Il peut être utilisé pour dépister différents insectes, notamment la tordeuse à bandes obliques bien que le Multipher lui soit souvent préféré en raison de sa facilité d’utilisation.

Piège Multipher I (gauche), piège Multipher II (centre) et piège Multipher III (source : Agropomme et Ginette H. Laplante).

Piège Delta (gauche) et piège wing trap (droite)(source : IRDA).

Installation et entretien des pièges

Les dates d’installation des pièges varient selon les espèces. Il est très important de respecter les dates spécifiées afin que les éléments attractifs ne soient pas exposés inutilement aux intempéries avant que ne débute la période des captures. Les pièges doivent être fixés aux arbres à l’aide d’une attache flexible, idéalement un double filament de métal dans un ruban de plastique (qu’on peut trouver là où on vend du matériel de dépistage) ou encore un cordon de plastique souple (genre « macaroni long ») utilisé pour l’entraînement des pommiers. Quant aux attaches de sacs de rebut « twist ties » vendues un peu partout, elles sont également pratiques si elles sont faites de plastique, mais on doit souvent utiliser une double épaisseur car elles ne sont pas assez durables. Aussi, ces attaches peuvent créer des étranglements aux branches des arbres si elles y sont laissées. Portez donc une attention à les retirer en même temps que les pièges. Avant leur installation, les phéromones doivent être conservées au congélateur ou au réfrigérateur, dans leur emballage d’origine. Pour s’assurer de leur pleine efficacité, portez des gants jetables pour les manipuler et changez de gants pour chaque type de phéromone. N’oubliez pas de remplacer les phéromones selon les directives fournies par le fabricant. Elles ne durent pas toute la saison! Évitez également de jeter les vieilles phéromones ou leur emballage au sol; disposez-en hors du verger.

Lors de chaque relevé de piège, le dépisteur, professionnel ou producteur, doit en vérifier l’état et effectuer l’entretien spécifié par la méthode de dépistage. Les surfaces engluées des pièges doivent être nettoyées lors de chaque visite en enlevant, à l’aide d’un couteau ou d’une spatule, les principaux insectes et les débris emprisonnés dans la colle. Après un certain temps, un grand nombre de débris ou d’insectes de petite taille peuvent s’accumuler dans la colle et réduire son efficacité. Les surfaces doivent alors être remplacées, si possible, ou alors rafraîchies par grattage et application de nouvelle colle.

En fin de saison, les sphères engluées doivent être débarrassées de leur colle à l’aide d’un solvant approprié. Le solvant par excellence est le solvant « à l’orange », fabriqué à partir d’extraits d’agrumes. À défaut, un diluant à peinture de commerce peut être utilisé, mais il est plus toxique. Très peu de solvant sera nécessaire si vous avez d’abord pris soin de chauffer la surface puis d’enlever autant de colle que possible à l’aide d’un outil approprié (grattoir, couteau, tissu rigide, etc.). Ne pas utiliser de diesel pour nettoyer les sphères rouges car le bois absorbe le produit, ce qui va nuire à l’efficacité du piège. Il est conseillé de nettoyer son matériel après le moment de la récolte afin d’être prêt à les réutiliser à nouveau la prochaine saison !

Captures enregistrées après un premier traitement

Après une intervention phytosanitaire contre un insecte particulier, les captures de ce ravageur enregistrées dans les sept à dix jours qui suivent ne sont normalement pas considérées pour une intervention additionnelle, sauf si de telles captures surviennent après de fortes pluies (plus de 25 mm).

Le dépistage par observations visuelles

Les observations visuelles permettent de déceler la présence d’un grand nombre d’insectes et d’acariens et d’évaluer les densités des populations. Ce genre de dépistage est utilisé pour les ravageurs difficiles ou impossibles à piéger (ex. : charançon de la prune, cicadelles, pucerons, tétranyques) ou encore lorsque le ravageur est facile à observer sans dpiège. On peut observer le ravageur lui-même ou encore ses manifestations (symptômes ou dégâts) sur le bois, le feuillage et/ou les fruits. Dans la plupart des cas, le dépistage s’effectue sans retirer aucune partie de l’arbre. Toutefois, dans le cas de ravageurs de très petite taille (ériophyides) ou de ravageurs dissimulés à l’intérieur des tissus (larves de mineuse, de carpocapse, etc.), il est parfois nécessaire de récolter un certain nombre de feuilles, de bourgeons ou d’autres organes afin de les examiner de façon plus minutieuse avec une loupe de poche ou une loupe binoculaire.

Observation visuelle des ravageurs ou de leur dégât (source : IRDA).

Procédure d’échantillonnage pour les observations visuelles

La façon dont sont sélectionnés les arbres et les organes à examiner détermine l’efficacité de votre dépistage et doit être respectée scrupuleusement. Premièrement, si votre verger est de grande taille, ou peu homogène, vous devrez le séparer en plusieurs blocs, ou parcelles, et effectuer le dépistage dans chacune des parcelles. Une parcelle de verger est un groupe de pommiers ayant le même historique (traitements et pratiques culturales) et dont les arbres sont de même grosseur et/ou année de plantation. Un groupement de cultivars plus sensibles à un ravageur peut aussi constituer un bloc. Si votre verger est très homogène, il peut constituer un seul bloc, mais de préférence chaque bloc devrait avoir une dimension maximale de 12 ha (30 acres).

Ensuite, lors de la sélection ou de l’observation des feuilles, pousses, fruits, etc., à travers le bloc, vous devez vous assurer que ces choix sont faits AU HASARD, à moins d’indication contraire. Ce n’est pas aussi facile à faire qu’à dire! Toutefois, vous y parviendrez si vous ne perdez pas de vue l’objectif du dépistage : vous ne cherchez pas à trouver un maximum de dégâts ou d’insectes, vous cherchez à déterminer s’il y en a suffisamment pour justifier une intervention.

Observation des fruits

Cette forme de dépistage doit être effectuée avec diligence, car elle vise à protéger les fruits de ravageurs qui s’attaquent directement à la récolte. On l’utilise surtout pour dépister le charançon de la prune, les punaises phytophages, les tordeuses, le carpocapse de la pomme et le petit carpocapse. Dans le cas d’insectes particulièrement dommageables comme le charançon de la prune, il est nécessaire de dépister plus d’une fois par semaine lors des périodes critiques.

Observation du feuillage

Cette forme de dépistage est en général plus fastidieuse que les autres, car elle est utilisée pour les ravageurs du feuillage, souvent de petite taille, et pour lesquels il n’existe pas de pièges efficaces. Toutefois, elle peut fournir de précieux renseignements, comme détecter la nécessité d’une intervention AVANT que les fruits soient attaqués ou affectés.

Pour cette raison, il est essentiel de dépister le feuillage sur une base hebdomadaire entre le pré-bouton rose et le début août pour dépister les acariens, mais aussi plusieurs insectes comme les tordeuses, mineuses, cicadelles et pucerons.

Observations de colonies sur feuillage

Les pucerons vivent habituellement en colonies, chacune pouvant contenir de quelques dizaines à plusieurs centaines d’individus. Pour les fins du dépistage, on distingue trois types de colonies en fonction de leur densité :

  • Faible :le feuillage n’est pas enroulé et les pucerons sont uniquement sur les feuilles;
  • Modérée :le feuillage est enroulé et les pucerons sont surtout sur les feuilles. Parfois quelques pucerons sont sur la tige de la pousse;
  • Dense :le feuillage est enroulé et les pucerons sont abondants sur les feuilles ET sur la tige de la pousse.

Lorsque différents types de colonies sont observés simultanément, pour les fins du calcul du seuil d’intervention, on considère qu’une colonie dense équivaut à deux colonies modérées et qu’une colonie modérée équivaut à deux faibles colonies.

Observations visuelles de maladies

Le dépistage par observations visuelles sur le feuillage et les fruits est tout aussi essentiel pour la bonne gestion de certaines maladies. Les symptômes observables varient généralement en apparence selon la maladie en cause. Par exemple, pour la tavelure du pommier, des taches grisâtres apparaissent sur les feuilles et les pommes, alors que pour l’oïdium il s’agit plutôt d’un genre de feutre blanchâtre qui recouvre les feuilles. Les principales maladies pour lesquelles un dépistage est effectué au cours de la saison sont : la tavelure du pommier, l’oïdium, et le feu bactérien (voir Fiche La tavelure : stratégies générales de lutte, Fiche Le blanc du pommier, et Fiche Le feu bactérien : dépistage).

Si vous faites l’observation de symptômes que vous n’arrivez pas à identifier, il est possible de les faire analyser en laboratoire afin de confirmer la présence d’organismes fongiques ou bactériens sur les organes affectés.

Périodes d’activité des ravageurs et des espèces utiles

Les activités de dépistage effectuées par le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) depuis plus de 40 ans ont permis de préciser les dates d’apparition des ravageurs et des espèces utiles dans les grandes régions pomicoles du Québec. Un calendrier des périodes d’activité de ces organismes nuisibles et utiles ainsi qu’un guide chronologique du dépistage est présenté à la fiche Grilles de dépistage pour les vergers.

Méthodes de dépistage des principaux ravageurs du pommier

Les méthodes de dépistage et seuils d’intervention pour les principaux insectes et acariens sont décrits aux tableaux synthèse Dépistage par pièges à phéromone, Dépistage par pièges visuels, Dépistage par observation du feuillage et Dépistage par observation des fruits de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers. Ces méthodes existent grâce au travail de nombreux scientifiques et conseillers d’expérience en pomiculture.

Ajustement des seuils d’intervention en présence d’espèces utiles

De nombreux prédateurs et parasitoïdes utiles sont présents dans les vergers où se pratique la PFI. Lorsqu’ils sont en grand nombre, ils effectuent une lutte efficace, ce qui permet d’ajuster les seuils d’intervention en conséquence.

Les ravageurs suivants peuvent être contrôlés naturellement par des prédateurs et parasites que vous pouvez protéger dans votre verger :

  • les pucerons verts,par les syrphes, cécidomyies, coccinelles, chrysopes ou punaise de la molène;
  • le puceron lanigère,par les prédateurs et les parasitoïdes dans les colonies au début août;
  • la mineuse marbrée,par les parasitoïdes (cocons blanchâtres) dans les mines en juillet et août;
  • les tétranyques,par les prédateurs de type phytoséiide et stigmaéide, sur et sous les feuilles en été.

Pour les détails sur l’utilisation et l’ajustement des seuils pour ces espèces, consultez les Fiche Les espèces utiles, une ressource à protéger, Fiche Description et efficacité des prédateurs d’acariensFiche Description et efficacité des prédateurs de pucerons et Fiche Description et efficacité des parasitoïdes

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteur de la première édition : Yvon Morin et Gérald Chouinard
Auteure de la mise à jour 2023 : Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par l’auteure : 24 janvier 2023

 

En gestion intégrée, l’objectif est de ne traiter que lorsque nécessaire. Cette approche permet de réduire l’impact négatif des pesticides sur l’environnement (ce qui vous inclut, ne l’oubliez pas!) tout en préservant les insectes et acariens utiles. Votre stratégie globale de lutte aux insectes et acariens devra s’appuyer sur les trois principes suivants :

  • Bien identifier les principaux ravageurs de votre verger en utilisant vos données de dépistage, votre historique de dommages à la récolte et vos registres d’utilisation de pesticides.
  • Établir une stratégie de lutte pour ces ravageurs identifiés, basée sur les recommandations du présent guide.
  • Dans la mesure du possible, ne pas effectuer plus d’une application par saison d’insecticides avec le même mode d’action sur deux générations successives d’un même ravageur. Ceci dans le but de réduire les risques que ces ravageurs développent de la résistance aux produits utilisés. Cette précaution est particulièrement importante dans le cas des acariens et des lépidoptères, tels que la tordeuse à bandes obliques et le carpocapse, qui sont beaucoup plus à risque de développer de la résistance que la mouche de la pomme ou le charançon de la prune.

En période préflorale

Plusieurs ravageurs sont présents à cette période : la punaise terne, la mineuse marbrée, l’hoplocampe, la noctuelle du fruit vert, les cochenilles (virgule et ostréiforme), les pucerons (vert, rose, lanigère), ainsi que plusieurs autres espèces de punaises et de tordeuses.

Malgré que cette liste puisse impressionner, l’utilisation d’un insecticide préfloral est malgré tout beaucoup moins nécessaire aujourd’hui que par le passé, les outils actuels de lutte permettant de contrôler après la floraison la plupart des ravageurs mentionnés ci-haut. Par exemple :

  • La tordeuse à bandes obliques, la noctuelle du fruit vert, la mineuse marbrée et les autres chenilles peuvent être efficacement réprimées au stade calice ou nouaison avec des produits comme SUCCESS ou DE
  • L’hoplocampe et la mineuse marbrée peuvent également être contrôlés par des applications postflorales de CALYPSO/THEMEeffectuées contre des ravageurs comme le charançon de la prune, la punaise de la molène et la cicadelle blanche du pommier.

Le seul ravageur d’importance qu’un traitement insecticide postfloral ne peut contrôler, et donc à cibler en période préflorale, est la punaise terne (voir fiche sur La punaise terne).

Omission du traitement préfloral

Il arrive fréquemment qu’aucun traitement insecticide préfloral ne soit nécessaire. L’une des deux conditions suivantes doit être satisfaite pour justifier l’omission de cette intervention.

Première condition (tous ces critères doivent être vérifiés) :

  • La population de punaise terne est sous le seuil d’intervention.
  • Les populations de la mineuse marbrée et de l’hoplocampe sont inférieures aux seuils d’intervention ou seront contrôlées par un traitement insecticide postfloral.
  • L’hoplocampe ne doit pas avoir causé de dommages importants la saison précédente, sauf si ces dommages résultent de l’absence du traitement insecticide au stade calice (voir la fiche sur L’hoplocampe des pommes).
  • Les populations de ravageurs occasionnels (noctuelle du fruit vert, puceron rose, punaise de la pomme, etc.) sont peu importantes ou seront contrôlées par le traitement postfloral.

Seconde condition (météo défavorable) :

  • Il n’y a pas de belles conditions climatiques pendant toute cette période et les températures ne sont pas suffisamment élevées pour favoriser l’activité du ravageur. Le traitement n’est alors probablement pas nécessaire, ces conditions défavorisant aussi l’activité des ravageurs. Cependant, il vaut quand même mieux suivre leur activité afin d’intervenir rapidement si les conditions climatiques s’améliorent.
  • L’omission du traitement préfloral a des avantages évidents (+), mais comporte aussi des risques (-) :
  • Une économie en temps et en coût est reliée aux applications d’insecticides. (+)
  • Une conservation des prédateurs particulièrement sensibles aux pyréthrinoïdes (ou autres insecticides utilisés) peut améliorer le contrôle naturel des tétranyques. (+)
  • Une bonne conservation des insectes pollinisateurs. (+)
  • Un risque d’activité et de dommages de punaise terne pendant la floraison si les conditions n’ont pas été propices plus tôt ou, s’il n’y a pas d’autres sources de nourriture. (-)
  • À la période postflorale, les populations du charançon de la prune, de l’hoplocampe et de la tordeuse à bandes obliques risquent d’être plus importantes et la surveillance devra être plus serrée. (-)

En période postflorale

La période postflorale comprend deux stades de développement du pommier, soit le calice et la nouaison. Cependant, puisque la floraison débute plus tôt chez certains cultivars (Ginger Gold, Jersey Mac, etc.) et plus tard pour d’autres (Spartan, Gala, etc.), il est possible d’observer des bourgeons au stade de floraison, calice et nouaison en même temps dans le verger.

À la période postflorale, plusieurs ravageurs sont à un stade de développement sensible aux insecticides et n’ont pas encore commencé à endommager les fruits. Un traitement insecticide à ce stade :

  • peut contrôler les adultes du peut contrôler les adultes du charançon de la prune (voir la fiche sur Le charançon de la prune);
  • peut contrôler les larves de l’hoplocampe de la pomme (voir la fiche sur L’hoplocampe des pommes);
  • est un traitement critique pour les vergers qui ont un problème de tordeuse à bandes obliques (voir la fiche sur La tordeuse à bandes obliques). En effet, c’est à ce moment qu’il est possible de diminuer considérablement les populations pour le reste de la saison.
  • peut aussi être dirigé contre les ravageurs qui se nourrissent de feuillage, comme la cicadelle blanche du pommier (voir la fiche sur La cicadelle blanche du pommier) et la mineuse marbrée (voir la fiche sur La mineuse marbrée), ou de jeunes pommes comme la punaise de la molène (voir la fiche sur Les punaises occasionnelles du fruit), si les populations le justifient.

Afin de ne pas atteindre les abeilles, les ruches doivent être retirées du verger avant de traiter.

À la période postflorale, l’intention est de traiter une seule fois. Comment y parvenir?

  • En général, un traitement au stade calice permet d’atteindre simultanément l’hoplocampe des pommes, le charançon de la prune et la tordeuse à bandes obliques. Les larves de mineuse marbrée pourront aussi être ciblées si les adultes de la première génération n’ont pas été contrôlés en période préflorale.
  • Le choix du produit à utiliser est crucial. Le tableau d’efficacité des insecticides contre les ravageurs (voir la fiche sur l’Efficacité potentielle des insecticides et acaricides) est conçu pour vous aider à faire un choix éclairé.
  • Pour limiter le nombre de passages et réussir l’intervention postflorale, il est parfois nécessaire d’utiliser un mélange d’insecticides. Ainsi, avec un problème de tordeuse à bandes obliques et d’hoplocampe, l’application au stade calice d’un mélange de spinosad (SUCCESS) ou de spinétoram (DELEGATE) avec un organophosphoré (IMIDAN*) est possible.

Période estivale

La stratégie en période estivale est déterminée d’abord et avant tout par les interventions requises pour protéger le fruit des attaques du carpocapse  (voir la fiche sur Le carpocapse de la pomme) et de la mouche de la pomme  (voir la fiche sur La mouche de la pomme).

Si les dommages causés par le carpocapse de la pomme sont importants pour le verger, une des premières interventions à faible risque pouvant être envisagée est l’installation des diffuseurs de phéromone afin de mettre en place la confusion sexuelle contre le carpocapse de la pomme. Pour de plus amples informations, veuillez consulter la fiche sur Le carpocapse de la pomme.

En l’absence de confusion sexuelle ou si une application de pesticide est nécessaire, la lutte au carpocapse requiert habituellement deux à trois interventions, soit dans l’ordre :

  • un ovicide (RIMON, INTREPID) ou un larvicide (CALYPSO/THEME, ASSAIL);
  • un ovicide-larvicide (ALTACOR);
  • un organophosphoré (IMIDAN*), s’il y a un problème de mouche de la pomme, ou une spinosyne (DELEGATE) si la mouche n’est pas problématique.

S’il n’y a pas de problématique avec le carpocapse de la pomme, des traitements visant uniquement la mouche de la pomme peuvent être envisagés, soit avec la méthode de lutte à faible risque (GF-120) ou avec un autre insecticide qui peut aussi lutter contre d’autres insectes dommageables présents en même temps que la mouche de la pomme comme IMIDAN, ASSAIL, EXIREL et CALYPSO/THEME (attention à l’utilisation de l’EXIREL si l’ALTACOR est utilisé contre le carpocapse, car ce sont des produits de la même famille). La lutte à la mouche de la pomme doit être entièrement basée sur le dépistage : le nombre d’interventions requises varie habituellement de zéro à trois par saison. Pour de plus amples informations sur la méthode de lutte GF-120, veuillez consulter la vidéo «Pratiques à moindre risque, épisode 2: L’attracticide GF-120 contre la mouche à pomme » sur la chaîne youtube de l’IRDA et la fiche résumée dans la section vitrine « Focus sur une pratique à moindre risque (2): La lutte attracticide (GF-120) contre la mouche de la pomme».

Cette stratégie générale ne s’applique pas dans toutes les situations et elle peut changer en fonction de l’arrivée de nouvelles matières actives ou en fonction de nouvelles découvertes sur le contrôle de ce ravageur. C’est pourquoi il est très important de se tenir à jour par le biais des avertissements phytosanitaires, des conseils professionnels, etc. Pour de plus amples informations, veuillez consulter la fiche sur les Ressources essentielles en PFI.

Programme de traitement minimal pour un verger typique

À titre d’exemple seulement, voici ce que pourrait minimalement constituer un programme de protection contre les insectes ravageurs dans un verger représentatif des conditions moyennes rencontrées au Québec, sans problème particulier de résistance, de proximité avec des vergers mal entretenus, et géré selon les principes de la PFI.

Traitement préfloral : aucun, sauf si la punaise terne excède le seuil maximal de 10 % (au stade pré-bouton rose et bouton rose seulement). À ce moment :

  • pyréthrinoïdes (au choix).

Traitement postfloral : de deux à trois traitements ciblant prioritairement le charançon, l’hoplocampe et le carpocapse, soit :

  • néonicotinoïde (CALYPSO/THEME) ou organophosphoré (IMIDAN*), en mélange avec DELEGATE ou SUCCESS, si la tordeuse à bandes obliques est aussi à contrôler.
  • DELEGATE, RIMON, ALTACOR ou INTREPID pour contrer spécifiquement le carpocapse, en une ou deux applications d’un seul produit, en rotation.

Traitement estival : un programme de traitement contre la mouche de la pomme, si le dépistage est positif :

  • organophosphoré (IMIDAN*) ou un autre produit homologué contre la mouche de la pomme.

Bien sûr, ce programme ne peut aucunement être utilisé comme tel dans votre verger sans autre forme de suivi. Consultez les différentes fiches du présent guide pour développer votre propre programme.

*Aucun éclaircissage manuel n’est permis après une application d’IMIDAN

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Daniel Cormier, Yvon Morin et Gérald Chouinard
Auteurs de la mise à jour 2023 : Daniel Cormier et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteurs : 16 mai 2024

 

Voyez la punaise sur Youtube! La capsule vidéo de 6 minutes dresse un portrait du ravageur, montre ses caractères distinctifs, identifie les conditions qui influencent son développement, et vous plonge dans l’action du dépistage et des méthodes d’intervention recommandées en production fruitière intégrée.

Description et comportement

La punaise terne (Lygus lineolaris) est un ravageur primaire en PFI. C’est un insecte brun, de 6 mm de longueur, au vol relativement rapide et facile à observer. Dès le débourrement, elle se trouve sur les jeunes bourgeons, dont elle extrait la sève. Elle est particulièrement active par temps chaud et calme.

Adulte de punaise terne (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

Elle hiberne sous forme d’adulte sous la litière des feuilles en bordure du verger, dans les boisés ou sous la paille dans les champs de fraises.

La punaise terne se nourrit sur plus de 300 espèces de plantes, ce qui contribue à sa très grande mobilité. Cependant, à l’ouverture des bourgeons du pommier, elle s’en alimente presque exclusivement. Sa période d’activité sur pommier s’étend jusqu’au stade du calice. À partir de ce moment, elle se déplace sur d’autres sources de nourriture plus attrayantes et pond ses œufs sur les mauvaises herbes ou sur d’autres plantes cultivées, comme le fraisier. Son pic d’activité sur pommier se situe généralement entre les stades débourrement et bouton rose.

Œuf de punaise terne (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

La larve, de couleur vert jaunâtre, a cinq points noirs sur le dos à partir du troisième stade larvaire. Les larves et les adultes des deux générations subséquentes ne se nourrissent pas sur les pommiers.

Larve de punaise terne (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

Cycle de vie de la punaise terne (source : Jonathan Veilleux, IRDA).

Dommages

La piqûre de nutrition de l’insecte sur le bourgeon en croissance provoque l’apparition d’une goutte de sève appelée exsudat. Cette goutte est transparente si le dommage est frais et brunit lorsqu’il est plus vieux. Cette prise de nourriture cause deux types de dommages, selon le stade de développement du pommier.

Les piqûres faites entre les stades de débourrement et de pré-bouton rose entraînent majoritairement l’avortement en partie ou en totalité des boutons floraux, qui s’apparente à un « éclaircissage naturel ». Dans le cas des piqûres faites à partir du stade bouton rose, elles provoquent soit la chute du bouton, soit l’apparition sur le fruit d’une dépression en forme d’entonnoir, parfois accompagnée de cicatrices liégeuses pouvant déclasser le fruit.

Dommage de nutrition sur pommette (source : IRDA).

dégât de punaise terne

Dommage de nutrition sur pomme à la récolte (source : Franz Vanoosthuyse).

Estimation du risque

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par pièges visuels de la fiche sur les Grilles de dépistage pour les vergers.

Pour estimer le risque que représente ce ravageur, il faut tenir compte de l’historique de la parcelle, du niveau de population, des variétés présentes, des conditions climatiques, et du type de mise en marché.

  • Historique de la parcelle : Si cette parcelle est régulièrement affectée par ce ravageur (plus de 2 % de dommage sur fruit à la récolte) en l’absence de traitement, une intervention peut être envisagée (utilisez les seuils mentionnés à la grille Dépistage par observation des fruits ou du feuillage de la fiche Grilles de dépistage pour les verger.
  • Niveau de population : Le dépistage se fait à l’aide de cartons blanc englués, utilisé conjointement avec l’observation des adultes et des dégâts, permettant d’avoir une bonne idée de l’état de la population.
  • Variétés susceptibles (dommage sur fruits) : Les variétés Cortland et Paulared sont généralement plus affectées, suivies par Spartan et Gala. Les punaises se nourrissent aussi sur les poires.
  • Conditions climatiques : Les conditions favorables à un traitement (peu ou pas de vent, température au-dessus de 15 °C, pas de pluie) sont généralement favorables à l’activité de la punaise. Des dégâts plus importants que prévu peuvent survenir si ces conditions sont présentes seulement durant la floraison.
  • Mise en marché : La punaise terne n’affecte pas suffisamment la productivité d’une parcelle pour justifier d’intervenir dans un verger qui ne produit que de la pomme de transformation.

Les pommiers situés près des boisés et autres sites d’hibernation ainsi que les pommiers nains sont également plus exposés aux attaques de la punaise terne.

Stratégie d’intervention

Répression

L’intervention à l’aide d’insecticide la plus efficace pour réprimer la punaise terne se situe généralement entre le stade du débourrement avancé et le pré-bouton rose. Les pyréthrinoïdes sont les insecticides les plus efficaces pour lutter contre ce ravageur et sont à privilégier en raison de leur activité à large spectre qui réprime plusieurs insectes printaniers. Contrairement à d’autres types d’insecticides, les pyréthrinoïdes fonctionnent mieux à une température qui ne dépasse pas 25 °C. Un traitement localisé sur les rangs avoisinant les boisés ou sur les variétés les plus sensibles peut être suffisant.

Même si les pyréthrinoïdes sont les insecticides les plus efficaces contre la punaise terne et les adultes de mineuse marbrée, ils sont malheureusement aussi les plus toxiques aux insectes et acariens utiles. C’est pourquoi en PFI ils ne doivent jamais être utilisés plus d’une fois par saison et jamais après la floraison.

Ces insecticides agissent par contact, c’est-à-dire qu’ils tuent les insectes lorsqu’une gouttelette de bouillie les touche. Ils sont aussi résiduels, ainsi les insectes qui ne sont pas dans le verger lors de l’application peuvent quand même être atteints par les résidus sur les feuilles. Cependant, s’il pleut ou s’il fait froid pendant ou après le traitement, cette activité résiduelle sera réduite. En fait, le produit est moins efficace car l’insecte ne se trouve pas sur le pommier dans ces conditions.

Certains néonicotinoïdes (ex.: ASSAIL/ACETA) et autres insecticides, dont les flonicamides (BELEAF) et les sulfoximines (CLOSER), ont aussi une bonne efficacité contre la punaise terne mais les néonicotinoïdes sont utilisés principalement durant l’été alors que les flomicamides et les sufloximines sont efficaces uniquement contre les insectes piqueurs-suceurs, dont les punaises et les pucerons.

Moment du traitement

Puisque la période préflorale peut s’étaler sur plus d’un mois, les avantages du traitement vont différer en fonction du moment précis choisi pour l’intervention. Pour chacune des périodes de traitement, celui-ci pourra être combiné avec un des traitements fongicides nécessaires contre la tavelure du pommier :

Si le traitement est appliqué tôt, au stade pré-bouton rose ou avant :

  • Il aura une meilleure efficacité contre la punaise terne.
  • Il pourra être combiné avec l’application d’huile supérieure nécessaire contre le tétranyque rouge.
  • Étant donné qu’il y a moins de feuillage, il y a moins de résidus toxiques de pyréthrinoïdes de synthèse sur le feuillage présent en été. Cela permet de conserver une plus grande population de prédateurs des tétranyques.
  • Le traitement aura un impact négatif plus faible sur les insectes pollinisateurs naturels du verger.

Si le traitement est appliqué plus tard, au bouton rose ou au bouton rose avancé :

  • Il aura une meilleure efficacité contre la plupart des ravageurs préfloraux, mis à part la punaise terne : mineuse marbrée, hoplocampe, noctuelle du fruit vert et tordeuse à bandes obliques.
  • Il aura une efficacité non négligeable contre certains ravageurs postfloraux, comme le charançon de la prune.
  • Il pourra être combiné avec l’application d’urée et/ou bore nécessaire avant la floraison pour aider au développement des fleurs ainsi qu’à la nouaison des fruits.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Daniel Cormier, Yvon Morin et Gérald Chouinard
Auteurs de la mise à jour 2023: Daniel Cormier et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteurs : 16 mai 2024

 

Cet ennemi du pommier est réglementé en vertu de la Loi sur la protection sanitaire des cultures (voir la fiche sur Le « droit de produire » et la Loi) et les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter la propagation aux cultures avoisinantes.

Voyez l’hoplocampe sur Youtube! La capsule vidéo de 6 minutes dresse un portrait du ravageur, montre ses caractères distinctifs, identifie les conditions qui influencent son développement, et vous plonge dans l’action du dépistage et des méthodes d’intervention recommandées en production fruitière intégrée.

Description et comportement

L’hoplocampe (Hoplocampa testudinea) est un ravageur secondaire en PFI. Cet insecte, apparenté aux abeilles et aux guêpes, possède un corps noir, mais la face ventrale de son abdomen ainsi que ses pattes sont jaune orange. Sa tête est jaunâtre avec un point noir et ses quatre ailes sont transparentes.

hoplocampe de la pomme (adulte)

Adulte d’hoplocampe des pommes (source : Bernard Drouin, MAPAQ).

L’insecte hiberne dans le sol sous forme de larve mature à l’intérieur d’un cocon. Les premiers adultes apparaissent un peu avant le stade du bouton rose et la population atteint son pic à la floraison.

Les œufs blancs et brillants sont insérés individuellement à la base du réceptacle des fleurs et éclosent au stade calice, en moyenne 10 à 12 jours après la ponte.

Œuf d’hoplocampe des pommes pondu à la base du réceptacle, visible après dissection (source : IRDA).

La larve est de couleur jaunâtre avec une tête brun foncé de forme très arrondie. Elle possède trois paires de pattes à l’avant du corps et sept paires de fausses pattes sur l’abdomen, ce qui la distingue des principales autres larves pouvant être retrouvées dans le fruit, telles que les larves de lépidoptères comme le carpocapse, qui n’ont que quatre paires de fausses pattes. La larve d’hoplocampe se nourrit du fruit pendant quelques semaines pour ensuite former un cocon dans le sol, d’où les adultes ressortiront au printemps suivant.

Larve d’hoplocampe des pommes (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

 

Cycle de vie de l’hoplocampe des pommes (source : Jonathan Veilleux, IRDA).

Dommages

Les femelles volent d’une fleur à l’autre pour se nourrir et pondre leurs œufs, qu’elles insèrent à la base du réceptacle. Elles provoquent ainsi une légère dépression qui apparaît près du calice du fruit. Ce dommage ne déclasse toutefois que rarement le fruit.

Apparence des dommages de ponte sur les pommes en début de saison (gauche) et en fin de saison (droite) (source : Yvon Morin et IRDA).

Les larves provoquent toutefois des dommages caractéristiques et facilement identifiables, appelés dommage primaire et dommage secondaire.

Dommage primaire

Le dommage primaire apparaît lorsque les larves nouvellement sorties de l’œuf mangent le dessous de la pelure, provoquant une cicatrice brune qui ressemble à un ruban liégeux. Ce ruban part habituellement près du calice et tourne autour du fruit. Les pommes qui ne portent qu’un dégât primaire restent le plus souvent dans l’arbre jusqu’à la récolte.

Dommage primaire de larve d’hoplocampe des pommes en début de saison (gauche) et en fin de saison (droite) (source : IRDA).

Dommage secondaire

Après avoir mangé le dessous de la pelure, la larve pénètre le fruit en creusant un tunnel pouvant atteindre 3 mm de diamètre. De ce tunnel s’écoulent des déjections et un liquide brun rougeâtre rouille qui dégage une odeur forte. La larve peut occasionnellement se déplacer sur une pomme voisine et y creuser un autre tunnel : il y aura alors seulement un trou avec des excréments et du liquide. Tous les fruits qui portent un dégât secondaire d’hoplocampe tombent avant la récolte.

Dommages secondaires de larves d’hoplocampe des pommes (source : IRDA et Jospeph Moisan-De Serres, MAPAQ).

Ces dommages secondaires ressemblent à ceux du carpocapse. Cependant, les pommes attaquées par le carpocapse sont plus grosses, puisque le dommage se fait en juillet plutôt qu’en juin, comme c’est le cas pour l’hoplocampe.

Estimation du risque

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par pièges visuels de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers.

Stratégie d’intervention

Répression

Pour lutter contre des populations élevées de ce ravageur, un traitement est réalisé au stade calice. Cependant, il arrive souvent que les populations soient faibles et ne nécessitent pas d’intervention à ce stade.

Il est fréquent que le seuil d’intervention soit atteint pendant la floraison, alors que les interventions insecticides contre cet insecte sont interdites. Il faut à ce moment viser les larves et chercher à les atteindre avant qu’elles ne commencent à manger la pelure des pommes, c’est-à-dire dès leur sortie des œufs. Pour un maximum d’efficacité, le traitement doit donc être réalisé au stade calice, dès que 90 % des pétales sont tombés.

Cependant, il peut arriver que l’hoplocampe émerge plus rapidement ou encore que la population soit tellement élevée que le traitement du calice soit insuffisant (historique de dommages récurrent). Dans ces cas, un traitement insecticide au bouton rose avancé avec un pyréthrinoïde de synthèse peut être justifié pour baisser la population d’adultes. Malheureusement, cette application va également affecter gravement les insectes pollinisateurs naturels.

Les insecticides les plus efficaces pour lutter contre ce ravageur au stade du calice sont les organophosphorés et les néonicotinoïdes, comme le thiaclopride (CALYPSO/THEME). D’autres produits des groupes diamide et néonicotinoïde employés pendant la période postflorale peuvent être efficaces contre ce ravageur. Aucun organophosphoré n’est actuellement homologué contre l’hoplocampe, mais les applications effectuées tôt au calice contre le charançon de la prune seront aussi efficaces contre l’hoplocampe. Puisqu’il est nécessaire de rejoindre les œufs pour un traitement efficace, il faut s’assurer de faire une application adéquate, c’est-à-dire appliquer le bon produit, à la bonne dose et pendant la période d’éclosion des œufs.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Yvon Morin, Gérald Chouinard et Daniel Cormier
Auteure de la mise à jour 2023 : Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par l’auteure : 27 février 2023

 

Cet ennemi du pommier est réglementé en vertu de la Loi sur la protection sanitaire des cultures (voir la fiche sur Le « droit de produire » et la Loi) et les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter la propagation aux cultures avoisinantes.

Voyez le charançon sur Youtube! La capsule vidéo de 6 minutes dresse un portrait du ravageur, montre ses caractères distinctifs, identifie les conditions qui influencent son développement, et vous plonge dans l’action du dépistage et des méthodes d’intervention recommandées en production fruitière intégrée.

Description et comportement

Le charançon de la prune (Conotrachelus nenuphar) est un ravageur primaire en PFI, présent dans la grande majorité des vergers du Québec (pommes, poires et prunes). L’adulte mesure 5 mm de longueur. Il est de couleur noire, brune ou grisâtre avec un dos (élytres) bossu et rugueux, et un bec (rostre) recourbé qui mesure le tiers de sa longueur. Puisqu’il est actif surtout en soirée et durant la nuit, il est rarement visible lors des dépistages.

Les adultes hibernent principalement dans la litière des boisés et des forêts d’arbres feuillus qui avoisinent les vergers, ou sous des amas de branches ou près des bâtiments. La plupart de ceux qui restent dans le verger pendant l’hiver ne survivent pas, sauf si le temps reste doux et/ou que la neige est abondante tout l’hiver.

Adulte du charançon de la prune (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

À la faveur de journées chaudes et calmes du printemps, les charançons se déplacent vers le verger. L’accouplement débute habituellement durant la floraison et la ponte, dès la nouaison des fruits. Une seule femelle peut pondre jusqu’à 200 œufs en quelques semaines. Les œufs sont pondus individuellement sous la pelure des jeunes fruits et l’éclosion survient de 3 à 12 jours après la ponte. La larve pénètre la pomme et s’en nourrit pendant 2 à 3 semaines. De couleur blanc-jaune avec une petite tête brune, elle ne possède pas de pattes et peut atteindre une longueur de 6 à 9 mm. Elle se dirige ensuite vers le sol pour se transformer en nymphe.

Œuf de charançon de la prune (la pelure a été abaissée afin de le rendre visible)(source : Vicky Filion).

Larve du charançon de la prune (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

Nymphe du charançon de la prune (source : IRDA).

Au début du mois d’août, les nouveaux adultes commencent à émerger et à se nourrir de pommes. Ces adultes sont toutefois incapables de se reproduire et de pondre des œufs avant d’avoir complété leur développement, pendant l’hiver. Il n’y a donc qu’une seule génération par année.

Cycle de vie du charançon de la prune (source : Jonathan Veilleux, IRDA).

Dommages

Il existe trois types de dommages sur les fruits : le dommage de ponte, le dommage de nutrition des larves et le dommage de nutrition des adultes.

Dommage de ponte

Ce dommage apparaît lorsque la femelle insère son œuf sous la pelure de la pomme et qu’elle mange ensuite la pelure autour de l’œuf. Cette opération forme une cicatrice caractéristique en forme de croissant de lune, qui permet à l’œuf de ne pas être écrasé lorsque le fruit grossit.

Dommage de ponte du charançon de la prune en forme de croissant de lune (source : Franz Vanoosthuyse).

Dommage de ponte du charançon de la prune cicatrisé (source : Francine Pelletier, IRDA).

Dommage de nutrition des larves

Les larves qui éclosent des œufs se nourrissent de la chair du fruit, ce qui provoque habituellement sa chute avant la récolte.

Pour plusieurs raisons (défense physiologique, insecticides), une grande quantité d’œufs et de larves vont toutefois mourir avant de compléter leur développement, et des pommes avec des dommages de ponte resteront dans l’arbre jusqu’à la récolte.

Cicatrices de pontes et malformations causées par le développement des larves du charançon de la prune à l’intérieur d’un fruit en croissance (source : IRDA).

Dommage de nutrition des adultes

Ces dommages de forme circulaire sont causés par les adultes qui se nourrissent des fruits en enfonçant leur rostre dans la chair. Les adultes qui émergent au mois d’août font seulement ce type de dommage (principalement près de la queue de la pomme), tandis que les adultes du printemps font surtout des dommages de ponte.

Dommage de nutrition causé par un adulte du charançon de la prune de la nouvelle génération en août (source : Francine Pelletier, IRDA).

Dommages présents à la récolte occasionnés au printemps par la génération d’adultes après leur sortie d’hibernation (soource : Francine Pelletier, IRDA).

Estimation du risque

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par observation visuelle des fruits ou du feuillage de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers.

Le potentiel de dommage de cet insecte est très élevé et son dépistage reste encore laborieux. Pour ces raisons, un traitement préventif postfloral à effet résiduel est souvent recommandé comme principal moyen de lutte, mais des traitements de bordure (rangées périphériques) sont aussi possibles selon la pression de la population et l’historique de dommages.

Stratégie d’intervention

Prévention

  • Évitez l’implantation de nouveaux vergers trop près de boisés de feuillus qui augmentent la survie du charançon à l’hiver.
  • Placez les cultivars les plus attrayants pour le charançon (comme les cultivars d’été) dans les rangées de bordure. Ces arbres serviront d’indicateur de la présence de l’insecte.
  • Créez une bordure défavorable à la survie du charançon durant l’hiver en plantant autour du verger une ceinture d’arbres de type résineux.
  • Éliminez les foyers d’infestation à proximité du verger (moins de 200 m), particulièrement les pommiers, les pommetiers, les cerisiers, sauvages ou abandonnés et tous les arbres de la famille des rosacées.
  • Ramassez les fruits affectés et détruisez-les.

Répression

Si une intervention contre le charançon est nécessaire, le choix de la stratégie à utiliser (traitement complet ou traitement de bordure) dépendra de la situation.

Un traitement complet est requis dès qu’une des situations suivantes est rencontrée :

  • le verger possède un historique de dommages importants du charançon;
  • le verger a subi des dommages de charançon l’année précédente;
  • le verger est adjacent à un verger à risque;
  • les captures d’hoplocampes (ou d’un autre insecte) dépassent le seuil d’intervention;
  • le verger n’a pas reçu de traitement insecticide préfloral.

Un traitement de bordure est recommandé dans les autres cas. Le traitement en bordure permet l’établissement des insectes et acariens utiles au centre du verger tout en réduisant les coûts reliés à l’achat de pesticides. Il doit être appliqué dans les 20 à 30 mètres ceinturant le verger, soit 3 rangs de pommiers standards ou 5 rangs de pommiers nains ou semi-nains. Il doit également inclure les cultivars hâtifs.

Le traitement de bordure est efficace et rentable pour des blocs de grandes surfaces. Il est aussi plus efficace lorsque quelques journées consécutives de temps très chaud sont survenues avant ou pendant la floraison. Il est cependant moins efficace si le verger est de forme irrégulière, étroit ou s’il y a une forte proportion de cultivars hâtifs, de petits pommiers ou un historique de dommages au centre du verger.

Cette pratique donne de bons résultats et peut être utilisée à condition que le verger soit dépisté de façon régulière (2 à 3 fois par semaine) à partir du stade calice et durant le mois de juin. Elle peut occasionner une augmentation de la population l’année suivante. Tous les deux ou trois ans, il est préférable de traiter l’ensemble du verger, selon l’historique des dommages.

Moment du traitement

Si l’ensemble du verger est traité, le traitement doit avoir lieu entre les stades calice et nouaison. Le traitement en bordure doit avoir lieu au stade calice, avant que le charançon pénètre à l’intérieur du verger.

Le traitement doit être fait lors d’une soirée chaude, humide et sans vent, entre 18 h et minuit. C’est à ce moment que le charançon s’active dans les pommiers. À cette période de l’année, le charançon se tient généralement immobile au sol durant le jour.

Les insecticides recommandés sont les mêmes que ceux qui sont utilisés pour lutter contre les populations de l’hoplocampe, soit le phosmet (IMIDAN*) et le thiaclopride (CALYPSO). Ces produits sont moins résiduels, mais moins toxiques pour les insectes et les acariens utiles, que les autres produits homologués contre le charançon (voir la fiche sur l’Efficacité potentielle des insecticides et acaricides).

Il est important de souligner que le carbaryl (SEVIN) utilisé pour l’éclaircissage est peu efficace pour le charançon, même à dose élevée.

Lorsque les interventions de la période postflorale ne sont pas efficaces, des dommages peuvent être causés par la nouvelle génération d’adultes en août. Toutefois, les traitements appliqués pour lutter contre d’autres ravageurs, comme la mouche de la pomme, seront efficaces si le charançon est présent. Voir la fiche sur La mouche de la pomme.

* Attention, aucun éclaircissage manuel n’est permis après l’application de l’IMIDAN.

Filet d’exclusion

Le contrôle du charançon de la prune peut être fait à l’aide du filet d’exclusion. Au Québec, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) évalue la technique dans son verger expérimental de St-Bruno depuis 2012. L’évaluation et les essais se poursuivent, mais les nombreuses années d’expérience acquises jusqu’à maintenant montrent que la technique est suffisamment intéressante et fiable pour être adoptée en verger commercial. Pour plus d’informations, voir la fiche sur Les méthodes alternatives à la PFI  et la vidéo sur le filet d’exclusion.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Daniel Cormier, Yvon Morin et Gérald Chouinard
Auteurs de la mise à jour 2023 : Daniel Cormier et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteurs : 16 mai 2024

 

Voyez la mineuse sur Youtube! La capsule vidéo de 6 minutes dresse un portrait du ravageur, montre ses caractères distinctifs, identifie les conditions qui influencent son développement, et vous plonge dans l’action du dépistage et des méthodes d’intervention recommandées en production fruitière intégrée.

Description et comportement

La mineuse marbrée (Phyllonorycter blancardella) est un ravageur secondaire en PFI. Elle hiberne dans les feuilles tombées à l’automne au stade chrysalide nymphale à l’intérieur de la mine dans laquelle elle s’est nourrie au stade larvaire. Elle en émerge au stade du débourrement avancé, sous forme d’un petit papillon (4-5 mm) orné de rayures blanches et dorées.

Adulte de la mineuse marbrée (source : J. Moisan-De Serres, MAPAQ).

Il y a trois générations de mineuses marbrées par an. Au stade pré-bouton rose, la femelle de la première génération pond ses œufs un à un sous les jeunes feuilles du bouquet floral. Elle est particulièrement active lors des soirées chaudes et peu venteuses. Les œufs sont translucides et visibles à l’aide d’une loupe de grossissement 10X. L’éclosion survient de 9 à 14 jours plus tard et la chenille s’enfouit alors entre les deux épidermes de la feuille. La larve mesurant 1 à 4 mm est aplatie et de couleur blanc crème à jaunâtre. Ce sont ces larves qui causent les dommages en se nourrissant de la sève et des tissus à l’intérieur des feuilles. Vers la fin du mois de juin, elles se transforment en chrysalides à l’intérieur de la feuille et l’émergence des adultes se produit 8 à 12 jours plus tard. La chrysalide est brun foncé et mesure 7 mm de longueur.

Larve et chrysalide de mineuse marbrée (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

Cycle de vie de la mineuse marbrée (source : Jonathan Veilleux, IRDA).

Dommages

La mine est d’abord visible seulement sur la face inférieure de la feuille : il est possible d’y apercevoir une tache vert pâle qui trahit la présence d’air sous la cuticule de la feuille. Les larves présentes dans ces jeunes mines se nourrissent uniquement de sève. Toutefois, lorsqu’elles atteignent le 4e stade larvaire, elles commencent à se nourrir de tissus végétaux, créant des taches décolorées visibles sur la surface supérieure de la feuille. Les mines apparaissent alors tachetées de blanc.

Dommage sur la face inférieure de la feuille (=type jeune) (source : IRDA).



Dommage de mineuse sur la face supérieure et la face inférieure de la feuille (=type âgé) (source : Nathalie Laplante, MAPAQ).

Lorsque les mines sont très abondantes (entre cinq et dix par feuille en troisième génération), il y a un risque de chute prématurée des feuilles et des fruits, ainsi que de mûrissement prématuré. La chute des fruits et des feuilles peut s’aggraver si les arbres subissent d’autres stress, comme une infestation d’acariens, une sécheresse ou que la charge en pommes est élevée.

Estimation du risque

Le suivi des captures des papillons permet de déterminer si le seuil d’intervention est atteint. La méthode de dépistage est décrite au tableau-synthèse Dépistage par pièges à phéromones de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers.

Stratégie d’intervention 

Prévention

La mineuse marbrée peut être contrôlée de façon naturelle par le parasitoïde larvaire Pholetesor ornigis qui est cependant très sensible aux insecticides (néonicotinoïdes, pyréthrinoïdes, carbamates et plusieurs organophosphorés). L’approche privilégiée en PFI est donc de ne pas intervenir spécifiquement contre la mineuse marbrée avant la floraison et d’éviter autant que possible l’utilisation de produits néfastes aux parasitoïdes (voir la fiche sur la Description et efficacité des parasitoïdes).

Répression

  • Les adultes de mineuse marbrée peuvent être contrôlés par une application de pyréthrinoïde de synthèse avant la floraison.
  • Les jeunes larves (stades 1 à 3) peuvent être contrôlées par des insecticides systémiques appliqués au stade calice ou nouaison.
  • Il est presqu’impossible d’atteindre les larves plus âgées (stades 4 et 5) avec des insecticides.

Si une intervention postflorale est prévue contre d’autres insectes et que les populations de mineuse marbrée dépassent le seuil d’intervention, il faut chercher à atteindre le maximum de femelles adultes et de jeunes larves tout juste sorties de l’œuf, avant qu’elles ne pénètrent la feuille et se retrouvent hors d’atteinte. Selon les conditions météorologiques, ce moment survient quelques jours après le « pic de captures », c’est-à-dire le moment où le maximum de papillons est capturé entre deux dépistages réguliers.

Les insecticides suivants, appliqués contre d’autres ravageurs en traitement postfloral, vont également être efficaces contre les larves de mineuse marbrée :

  • SUCCESS (spinosad) ou DELEGATE (spinétorame) utilisés contre la tordeuse à bandes obliques. Ces insecticides seront plus efficaces contre les larves de mineuse marbrée si 0,8 % d’huile supérieure est ajoutée lors de l’application. Il faut cependant faire très attention à la phytotoxicité qui peut survenir si du captane est utilisé jusqu’à dix jours avant ou après ce traitement;
  • AGRI-MEK (abamectine) utilisé contre les tétranyques;
  • ASSAIL/ACETA (acétamipride) et EXIREL (cyantraniliprole) utilisés contre le charançon de la prune et l’hoplocampe.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Daniel Cormier, Yvon Morin et Gérald Chouinard
Auteurs de la mise à jour 2023 : Daniel Cormier et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteurs : 16 mai 2024

 

Cet ennemi du pommier est réglementé en vertu de la Loi sur la protection sanitaire des cultures (voir fiche sur Le « droit de produire » et la Loi) et les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter la propagation aux cultures avoisinantes.

ATTENTION DOSES RÉDUITES : l’ARLA ne prend pas action contre ceux qui préconisent de telles pratiques, si elles n’entraînent pas de danger pour la santé ou la sécurité humaine ou pour l’environnement et qu’elles ne sont pas destinées à promouvoir la vente de produits antiparasitaires. Si toutefois l’utilisation de doses réduites ou adaptées devait entraîner des pertes pour les utilisateurs, les conseillers ou les organisations qui les recommandent pourraient être tenus responsables de leurs recommandations dans des actions civiles.

Voyez la TBO sur Youtube! La capsule vidéo de 7 minutes dresse un portrait du ravageur, montre ses caractères distinctifs, identifie les conditions qui influencent son développement, et vous plonge dans l’action du dépistage et des méthodes d’intervention recommandées en production fruitière intégrée.

Description et comportement

La tordeuse à bandes obliques (Choristoneura rosaceana) (TBO) est un ravageur primaire en PFI. Elle est présente dans la majorité des vergers au Québec. C’est un ravageur qui a développé de la résistance aux insecticides de la famille des organophosphorés et des pyréthrinoïdes dans plusieurs régions pomicoles.

Il y a deux générations de tordeuse à bandes obliques par an : la génération hibernante et la génération d’été. Ce sont les larves de la génération d’été qui endommagent le plus la récolte.

Génération hibernante (larves du printemps)

Les premières larves du printemps sont visibles à partir du stade débourrement. La majorité des larves apparaît cependant entre le bouton rose et la nouaison et les plus tardives, après la nouaison. Elles sortent d’hibernation au 2e ou 3e stade larvaire et mesurent environ 4 mm de long. Elles sont distinguables des autres chenilles présentes à cette période par leur tête brun-noir et leur corps verdâtre. De plus, contrairement aux noctuelles présentes aussi à cette période, les tordeuses à bandes obliques s’enroulent dans les feuilles.

Ces larves du printemps se nourrissent de feuilles, de bourgeons et de fleurs de pommiers, mais aussi de petites pommes, avant de se transformer en nymphes, puis en adultes de la génération d’été.

Larve de tordeuse à bandes obliques enroulée dans une feuille (la feuille a été déroulée afin de rendre la larve visible)(source : IRDA).

Larve et chrysalide de tordeuse à bandes obliques (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).

L’adulte (14 mm) est un papillon de nuit brun pâle avec trois bandes obliques foncées sur les ailes antérieures. Il émerge et s’accouple au mois de juin. La femelle pond ses œufs par masse de 50 à 600 individus sur les feuilles. La ponte commence quelques jours après l’accouplement et se termine vers la fin juillet. Sur une période de sept à huit jours, elle peut pondre jusqu’à 900 œufs.

Génération d’été

L’adulte (14 mm) est un papillon de nuit brun pâle avec trois bandes obliques foncées sur les ailes antérieures. Il émerge et s’accouple au mois de juin. La femelle pond ses œufs par masse de 50 à 600 œufs sur le dessus des feuilles. La ponte commence quelques jours après l’accouplement et se termine vers la fin juillet. Sur une période de sept à huit jours, elle peut pondre plusieurs masses totalisant jusqu’à 900 œufs.

Adulte et masse d’oeufs de tordeuse à bandes obliques (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ et Yvon Morin).

La taille de la masse d’œufs diminue à chaque ponte. Fraîchement pondue, la masse est de couleur vert pâle. À l’occasion elle peut devenir jaune, jusqu’au moment où il est possible d’apercevoir un petit point noir dans chaque œuf. Ce point noir est la tête de la future larve à naître.

L’éclosion survient généralement de 7 à 15 jours après la ponte. Le corps de la jeune chenille est vert pâle et mesure 2 mm de long. Sa tête noire ou brune la différencie de la tordeuse à bandes rouges, qui a la tête verte comme le reste de son corps. Les dernières feuilles de la pousse annuelle encore enroulées sont un abri idéal pour les premiers stades, qui se nourrissent de jeunes feuilles ou de pommes. Lorsqu’elles sont nombreuses, il est possible de les observer aussi sous les feuilles, attachées par des fils qu’elles tissent à la nervure centrale.

Lorsqu’elle atteint des stades plus avancés, la chenille laisse son premier abri pour en trouver un deuxième et continue à se développer. Grâce à des fils de soie, elle enroule les feuilles autour d’elle pour fabriquer cet abri. Elle peut aussi s’abriter entre des pommes et s’en nourrir.

Larve de tordeuse à bandes obliques abritée entre une feuille et une pomme (source : Audrey Charbonneau, IRDA).

Les larves se développent normalement pendant tout le mois de juillet. À leur sixième et dernier stade de développement, elles peuvent mesurer jusqu’à 25 mm de long. Il arrive parfois que de jeunes larves cessent leur développement au troisième stade larvaire (juillet-août) et entrent en diapause (hibernation) jusqu’au printemps prochain.

Génération hibernante (larves d’automne)

Les adultes qui donneront naissance aux larves de la génération hibernante apparaissent graduellement entre la mi-août et le mois d’octobre. Les larves se nourrissent principalement de feuilles, mais peuvent également se nourrir de fruits. Lorsqu’elles atteignent le 3e stade larvaire, elles s’abritent sous l’écorce du pommier pour hiberner.

Comportement

Lorsqu’elle sort de l’œuf, la larve tisse un fil de soie au bout duquel elle se laisse emporter par le vent, parfois sur plusieurs dizaines de mètres, afin de se disperser. Le même phénomène est observable lorsqu’elle est dérangée; il faut être rapide pour l’apercevoir, car aussitôt que l’on déroule les feuilles, elle se laisse rapidement tomber vers le sol.

Survie des larves

Il n’y a qu’un certain pourcentage de larves qui survivent à leur sortie des œufs. Plusieurs tombent au sol ou ne se trouvent pas d’abri ou de nourriture. Cela dépend des conditions climatiques lors de l’éclosion. De fortes pluies durant cette période – particulièrement durant le pic d’éclosion – entraînent une proportion plus importante de jeunes larves vers le sol, ce qui compromet leur survie.

Cycle de vie de la tordeuse à bandes obliques (source :  Jonathan Veilleux, IRDA).

 

Dommages

Les larves printanières de la génération hibernante endommagent peu la récolte. La majorité des pommes attaquées tombent au sol lors de la chute physiologique de juin. Les quelques dommages qui peuvent être visibles au moment de la récolte sont liégeux et profonds et ressemblent à ceux qui sont faits par la noctuelle du fruit vert.

Les larves de la génération d’été endommagent considérablement la récolte. Lorsqu’elles sont petites, leurs pièces buccales leur permettent de faire seulement des petits trous dans la pelure. Plus grosses, leurs grandes bouchées forment des sillons larges et peu profonds sur la pelure et dans la chair des fruits, mais sans les déformer.

Dans des régions où les populations sont abondantes et lorsque l’été est long, les larves de la génération hibernante peuvent aussi endommager les fruits à l’automne. Les dommages se trouvent souvent entre deux pommes ou sous une feuille attachée à une pomme par des fils de soie.

tordeuse à bandes obliques (larve et dégâts)

Dommage de tordeuse à bandes obliques à la récolte (source : Yvon Morin).

Estimation du risque

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par observation des fruits ou du feuillage de la fiche   Il est très difficile de prévoir avec précision la quantité de dommages que la tordeuse à bandes obliques peut infliger à une récolte à partir des observations de larves au printemps. C’est la raison pour laquelle le seuil d’intervention varie de 0,5 à 3 %. Si l’été est chaud et sec, il y aura une forte augmentation de la population et donc des dommages. Si généralement vous traitez contre le carpocapse et faites des applications de RIMON, ALTACOR ou DELEGATE en été, vous allez réduire la population de TBO et vous pouvez alors tolérer plus de larves au printemps.

Dans les vergers qui ont eu peu ou pas de dommages la saison précédente, seul le dépistage des larves permet de savoir s’il est nécessaire de traiter. Dans les vergers qui possèdent un historique de dommages, un traitement préventif au stade calice ou nouaison est généralement requis au moins une année sur deux pour lutter contre les populations de larves du printemps. Ce traitement aura aussi un impact sur les populations de la génération estivale, qui seront alors plus faibles qu’en absence de traitement. Même s’il est prévu de traiter, il est préférable de dépister les larves pour évaluer leur population avant.

En juillet, on retrouve les chenilles à la fois sur les pousses en croissance et sur les bouquets de fruits. Lorsque le nombre de pousses en croissance diminue, on doit observer uniquement les bouquets de fruits. Il faut porter une attention particulière aux pommiers hâtifs et à ceux au feuillage abondant. De plus, les tordeuses se retrouvent souvent sur les pommes du cultivar Cortland, abritées entre deux fruits.

Stratégie d’intervention

Prévention

La TBO est un insecte difficile à combattre par des pulvérisations, il faut appliquer une régie qui réduit la capacité des larves à faire des dommages. Les pratiques suivantes permettent l’exposition des pommes au vent et au soleil et diminuent le nombre d’endroits où peuvent s’abriter les larves :

Ces pratiques ont deux autres énormes avantages en PFI :

  • Les pesticides utilisés lorsque requis atteindront mieux la cible.
  • Les fruits seront de meilleure qualité (grosseur et couleur).

Lutte naturelle

Il existe des prédateurs et parasitoïdes qui s’attaquent aux œufs ou aux larves de tordeuses à bandes obliques. Les trichogrammes sont de petites guêpes qui pondent leurs œufs dans les œufs de la TBO et les tuent. Plusieurs parasitoïdes (Braconidae, Ichneumonidae, Tachinidae) attaquent et tuent les larves de la TBO. Il existe aussi une guêpe du nom de Macrocentrus iridescens et des mouches tachinides, qui sont des parasitoïdes des larves. Comme ces insectes utiles sont sensibles aux insecticides, ils se retrouvent seulement dans les vergers où des insecticides peu toxiques sont utilisés. Cette lutte biologique n’est pas parfaite, mais elle est naturelle et gratuite, alors pourquoi s’en priver? Consultez les fiches sur Les espèces utiles, une ressource à protéger, Description et efficacité des prédateurs de pucerons et Description et efficacité des parasitoïdes pour plus d’informations sur ces espèces utiles et comment les protéger.

Répression

Si vous devez intervenir contre la TBO, retenez les conseils suivants :

  • Limitez le recours aux insecticides. Les niveaux de résistance aux pesticides cessent d’augmenter et même chutent naturellement lorsque ces pesticides ne sont pas appliqués pendant quelques années. Afin de limiter l’utilisation des pesticides, effectuez le dépistage des adultes et des chenilles et n’intervenez que si les seuils sont atteints.
  • N’intervenez pas si de nombreuses chenilles se sont déjà transformées en chrysalides (ce qui est normalement le cas à la nouaison), car les interventions à ce stade sont inefficaces. Vous aurez l’opportunité d’intervenir à nouveau en juillet, si les populations de la prochaine génération dépassent les seuils.
  • Si des pulvérisations sont nécessaires, faites une rotation des produits suggérés, en utilisant une famille chimique différente pour chaque génération.
  • Lors de l’application d’un produit, utilisez la dose minimale efficace. Toute application inutile de pesticides augmente vos coûts et la pression de sélection. Toute application d’une dose insuffisante pourra vous forcer à intervenir une seconde fois, ce qui revient un peu au même! Ceci signifie aussi d’éviter les produits qui ne sont pas efficaces à la dose homologuée.
  • Si les conditions météorologiques ne se prêtent pas à une intervention chimique pendant la période idéale, il n’y a pas de solution magique. Cependant, rappelez-vous que les méthodes physiques de lutte (taille et éclaircissage manuel) pourront être utilisées en cours de saison, peu importe la température.

Plusieurs insecticides sont homologués contre la tordeuse à bandes obliques. Les plus efficaces et plus souvent recommandés en PFI sont le SUCCESS, l’ENTRUST et le DELEGATE qui font partie de la même famille d’insecticides, les spinosynes. Les insecticides suivants ont également une bonne efficacité : novaluron (RIMON), chlorantraniliprole (ALTACOR et ALTACOR MAX), Bacillus thuringiensis (BIOPROTEC, DIPEL, FORAY) et méthoxyfénozide (INTREPID).

Comme pour la plupart des traitements insecticides, l’application doit être faite à des températures au-dessus de 15 °C (de préférence 20 °C).

Il est primordial d’utiliser une grande quantité de bouillie à l’hectare, comme pour les traitements à l’huile. Il faut aussi diminuer la vitesse d’avancement pour que la bouillie pénètre bien les pommiers. Les applications concentrées sont moins efficaces.

Utilisation du Bt.: La bouillie à base de Bacillus thuringiensis (Bt) devrait idéalement ne pas contenir d’autres produits chimiques, car elle contient un mélange de cristaux et de spores de la bactérie, qui est un organisme vivant. Il faut rincer adéquatement le pulvérisateur avant d’y verser le mélange préalablement dilué. L’ajout de lait en poudre à la bouillie augmentera la rémanence du produit en protégeant les bactéries des rayons solaires et en améliorant son adhérence aux feuilles. Un phagostimulant (ex. : PHEAST) peut aussi être ajouté pour augmenter l’appétit des larves et par conséquent augmenter leur ingestion du Bt. À noter que les plus récentes formulations de Bt (ex BIOPROTEC) sont compatibles avec une grande diversité de produits, la seule limitation connue étant les produits alcalins (pH supérieur à 9) et ne bénéficient pas, du moins clairement, de l’ajout de produits comme PHEAST.

Moment du traitement

En l’absence de résistance, les traitements faits aux périodes préflorale et postflorale sont suffisants pour bien lutter contre la TBO, mais malheureusement, ce n’est souvent plus le cas. Le meilleur moment pour intervenir se situe entre les stades calice et nouaison.

Les traitements au RIMON, INTREPID et au Bt agissent plus lentement que les autres et ils doivent être appliqués plus tôt, soit au plus tard au stade calice.

Les traitements au SUCCESS, ENTRUST, DELEGATE, ALTACOR MAX, ALTACOR ou INTREPID peuvent être appliqués jusqu’au stade de nouaison. Passé ce stade, trop de larves de TBO ont commencé leur transformation en chrysalide.

Des interventions insecticides spécifiques contre la génération estivale de TBO ne sont pas recommandées en PFI, car elles sont peu efficaces.

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.