Fiche 83

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Les punaises occasionnelles du fruit

Gérald Chouinard et Yvon Morin

 

Punaise de la molène

La punaise de la molène (Campylomma verbasci) est un ravageur mineur en PFI. Deux fois plus petite (3 mm) que la punaise terne, cette punaise vert grisâtre se distingue des autres punaises phytophages par la présence de points noirs sur ses pattes, observables sur les derniers stades larvaires ainsi qu’au stade adulte. Les larves de la punaise de la molène ressemblent un peu à des pucerons, mais elles sont beaucoup plus mobiles et ne possèdent pas de cornicules (présentes au bout de l’abdomen des pucerons). L’adulte et la larve sont principalement des prédateurs de pucerons et d’acariens. Pendant une courte période suivant la floraison (principalement au stade calice), les jeunes de la première génération peuvent aussi se nourrir de la sève des fruits en formation, principalement sur les cultivars d’été (Melba, Lodi), ainsi que sur les cultivars Délicieuse et Spartan. Les stades larvaires subséquents n’endommagent pas les pommes. Consulter la fiche 96 pour une description de l’activité utile de la punaise de la molène en tant que prédateur d’acariens.

punaise de la molène (larve)

Dégâts observables : De petites bosses de la taille d’une tête d’épingle, principalement sur les pommes situées dans le centre des arbres, sont caractéristiques du dégât de la punaise de la molène. Toutefois, une partie des dommages disparaîtra pendant la croissance du fruit et ne sera plus apparent à la récolte. Pour leur part, les pommes subissant des attaques sévères vont chuter prématurément ou développer des malformations au voisinage des piqûres. Cet insecte apprécie également la sève des tissus à croissance rapide; un flétrissement de l’apex est parfois observé sur certaines pousses terminales lors d’attaques sur des jeunes pommiers à forte croissance végétative.

dégât de punaise de la molène

Une méthode de dépistage par observation des fruits est disponible pour estimer le risque économique posé par la punaise de la molène. Cette méthode figure au tableau de la fiche 65.

Stratégie de lutte : Les blocs à risque face à la punaise de la molène sont ceux qui :

  • comportaient de fortes populations de tétranyques rouges à la fin de l’été précédent;
  • comprennent des cultivars sensibles (Melba, Délicieuse, Spartan); il arrive toutefois que d’autres cultivars soient aussi affectés;
  • ont obtenu une excellente répression du tétranyque rouge avec de l’huile ou un autre traitement effectué avant la floraison;
  • ont subi des températures chaudes et sèches entre les stades calice et nouaison;
  • n’ont pas reçu de traitement avec un pyréthrinoïde au stade bouton rose.

Les néonicotinoïdes sont les produits recommandés en cas d’attaque sévère et ils doivent être appliqués peu après la floraison sur les premiers stades larvaires. Les dégâts les plus importants sont produits entre les stades calice et nouaison (10 mm), après quoi il est préférable de ne pas appliquer de produits toxiques pour cette punaise, afin qu’elle puisse exercer son action prédatrice (pour plus de détails, voir la fiche 96).

 

Punaises pentatomides

punaise pentatomide (adulte)

Les punaises pentatomides (Pentatomidae) sont actuellement des ravageurs mineurs en PFI. Aussi appelées punaises à bouclier ou punaises puantes, elles peuvent intimider avec leur gros corps ovale (7 mm et plus à maturité) en forme de bouclier équarri près de la tête, un peu à la façon d’une paire d’épaules. Ces insectes suceurs, présents sur le pommier toute la saison, sont surtout prédateurs et se nourrissent d’acariens, de pucerons, de chenilles, etc. Toutefois, deux espèces, soit la punaise verte (Acrosternum hilare) et la punaise brune (Euschistus servus) peuvent causer des dégâts aux fruits lors de périodes de sécheresse, ou lorsque les mauvaises herbes prolifèrent sous les pommiers. Bien qu’encore absente de nos vergers, une troisième espèce, la punaise marbrée (Halyomorpha halys), est également sous surveillance depuis son établissement dans la ville de Montréal en 2016.

Dégâts observables : Les piqûres occasionnelles sur le fruit peuvent provoquer localement un ralentissement de croissance donnant naissance à de légères dépressions. Au centre de cette dépression, la trace de la piqûre est parfois quasi invisible à la surface, mais se traduit par une ligne verdâtre pénétrant directement dans la chair du fruit et pouvant atteindre de 1 à 2 cm de profondeur. Ces dégâts sont plus nombreux sur les branches basses et là où des mauvaises herbes poussent près des fruits.

Stratégie de lutte : Une bonne gestion des mauvaises herbes à feuilles larges sur le rang (spécialement les légumineuses) évitera les dégâts sur fruits dans la majorité des cas.

 

Punaise de la pomme

La punaise de la pomme (Lygocoris communis) est un ravageur mineur en PFI. Les jeunes stades larvaires de cet insecte, de couleur jaune à vert pâle, éclosent quelques jours avant la floraison. Ils extraient la sève des feuilles et des jeunes fruits en formation. Les adultes (6 mm) apparaissent en même temps que ceux de la lygide (mi-juin) et ressemblent à ceux de la punaise terne; les adultes de cette dernière ne s’attaquent cependant pas aux pommes à cette époque.

punaise de la pomme (adulte)

Dégâts observables : Des gouttes de sève qui perlent sur les fruits piqués; des cicatrices rugueuses surélevées sur les fruits à maturité, de dimensions plus grandes que celles causées par la punaise de la molène et qui ne s’accompagnent pas de dépressions.

dégât de punaise de la pomme

Stratégie de lutte : La période optimale pour une intervention se situe au stade calice. Ces insectes ne causent pas de dommages dans les vergers où une intervention insecticide est effectuée en période préflorale ou postflorale avec un insecticide à large spectre.

 

Lygide du pommier

La lygide du pommier (Lygidea mendax) est un ravageur mineur en PFI. La larve de cette punaise phytophage est allongée et rouge rubis; elle suce la sève des feuilles et des jeunes fruits en formation. L’adulte (7 mm), poilu et rouge-orangé, n’endommage pas les pommes. Les stades immatures et les adultes apparaissent aux mêmes périodes que la punaise de la pomme.

lygide du pommier (adulte)

Dégâts observables : Comme avec la punaise de la pomme, de la sève perle des fruits piqués par les larves, mais les piqûres évoluent en cicatrices rugueuses et plates (non surélevées) sur le fruit à maturité, semblablement aux dégâts causés par de la grêle survenue tôt en saison.

dégât de lygide du pommier

 

Punaise de l’aubépine

La punaise de l’aubépine (Heterocordylus malinus) est un ravageur mineur en PFI. Le jeune adulte, noir et orné de marques rouge vif, est très semblable à celui de la lygide du pommier, mais il prend une couleur noire uniforme quelques jours après sa métamorphose en adulte. Les jeunes stades de cette punaise apparaissent à la chute des pétales et se nourrissent de sève. Les adultes (7 mm) n’endommagent pas les pommes. Sa biologie est très semblable à celle des autres punaises phytophages.

punaise de l'aubépine (jeune adulte)

punaise de l'aubépine (adulte)

Dégâts observables : Les piqûres sur le fruit provoquent des dépressions, à la manière de celles causées par la punaise terne, mais plus légères et disparaissant habituellement en cours de saison.

 

Cette fiche est tirée du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation écrite.

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Gerald Chouinard

Agronome et entomologiste à l'emploi du ministère de l'Agriculture, de Pêcheries et de l'Alimentation du Québec depuis 1992 et de l'IRDA depuis sa création. Depuis plus de 20 ans, il supporte les pomiculteurs et les professionnels de la pomiculture dans leur mission: produire des pommes de qualité, dans le respect de l'environnement.

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