Fiche 77

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La mouche de la pomme

Yvon Morin et Gérald Chouinard

 

Cet ennemi du pommier est réglementé en vertu de la Loi sur la protection sanitaire des cultures (Fiche 15) et les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter la propagation aux cultures avoisinantes.

 

Voyez la mouche sur Youtube à https://www.youtube.com/watch?v=4kk7HjBtLkc
La capsule vidéo de 5 minutes dresse un portrait du ravageur, montre ses caractères distinctifs, identifie les conditions qui influencent son développement, et vous plonge dans l’action du dépistage et des méthodes d’intervention recommandées en production fruitière intégrée.
Description et comportement

La mouche de la pomme (Rhagoletis pomonella) est un ravageur primaire en PFI, en fait le second ravageur en importance en été après le carpocapse. Ce ravageur est en augmentation ces dernières années dans les vergers québécois. Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer cette tendance, telles que l’abandon partiel de l’utilisation des organophosphorés contre le carpocapse.

La mouche de la pomme est plus petite (5 à 6 mm) que la mouche domestique. Son corps est noir et ses pattes jaunes. Un point blanc distinctif est présent sur son dos, à la pointe inférieure du thorax.

La femelle est généralement plus grosse que le mâle et possède quatre lignes blanches transversales sur l’abdomen, tandis que le mâle en a trois. Les ailes des deux sexes portent des bandes noires en forme de « F » inversé, caractéristique à l’espèce.

Deux autres mouches très semblables à la mouche de la pomme, mais non nuisibles, peuvent être observées en verger : la trypète noire des cerises (Rhagoletis fausta) et la trypète des cerises (Rhagoletis cingulata). Il est possible de les différencier grâce à leurs motifs sur les ailes (voir le Guide d’identification des ravageurs du pommier et de leurs ennemis naturels).

Les premiers mâles émergent du sol vers la fin juin et le début juillet. Les femelles émergent quelques jours plus tard et commencent à pondre lorsqu’elles deviennent matures, soit cinq à dix jours après leur sortie du sol.

Les œufs sont insérés sous la pelure du fruit, en juillet et août. Chaque femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs en 30 jours. Les œufs éclosent quelques jours après la ponte.

Les asticots blancs pénètrent alors la pomme en se nourrissant de la chair, jusqu’à ce qu’ils atteignent 7 à 8 mm de long. Ils quittent alors le fruit et s’enfoncent dans le sol pour y passer l’hiver sous forme de pupe. Une partie des adultes émergent de ces pupes l’été suivant, les autres restent dormantes de deux à cinq ans avant qu’un adulte en émerge. Il n’y a qu’une génération par année.

mouche de la pomme (adulte)

 

Dommages

Le premier dommage est causé par l’introduction de l’œuf dans la pomme, qui provoque l’apparition subséquente d’un petit point rouge sur la pelure, qui peut parfois passer inaperçu. Le deuxième dommage est fait par l’asticot qui se nourrit de la chair de la pomme en y creusant des galeries à partir de la surface du fruit. Les galeries deviennent plus larges et plus visibles à mesure que la larve se développe.

mouche de la pomme (adulte et dégât)

 

Estimation du risque

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par pièges visuels de la fiche 65.

sphère rouge engluée (piège)

 

Stratégie d’intervention

La mouche de la pomme est très sensible aux insecticides et si des organophosphorés (IMIDAN) sont utilisés en juillet et/ou en août contre le carpocapse, celle-ci sera bien contrôlée. Parmi les autres produits recommandés en PFI à cette époque, figurent CALYPSO et ASSAIL, qui ont aussi une bonne efficacité, quoique moindre que celle des organophosphorés.

En verger écologique ou bio, le GF-120 donne également de bons résultats. Il est cependant très sensible au délavage et doit être appliqué régulièrement, ce qui en fait un choix plus dispendieux. Pour les autres insecticides, consulter les fiches 46 et 47.

 

Cette fiche est tirée du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation écrite.

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Yvon Morin

agronome spécialisé en pomiculture depuis plus de 25 ans. Employé, puis dirigeant de la première entreprise de services-conseils pour les vergers, il a développé et mis à l'épreuve nombre de méthodes de dépistage et de seuils d'intervention utilisés par les conseillers en pomiculture du Québec

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