Fiche 71

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L’hoplocampe des pommes

Yvon Morin et Gérald Chouinard

 

Cet ennemi du pommier est réglementé en vertu de la Loi sur la protection sanitaire des cultures (Fiche 15) et les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter la propagation aux cultures avoisinantes.

 

Voyez l’hoplocampe sur Youtube à https://www.youtube.com/watch?v=ZRkutDXUkPo
La capsule vidéo de 6 minutes dresse un portrait du ravageur, montre ses caractères distinctifs, identifie les conditions qui influencent son développement, et vous plonge dans l’action du dépistage et des méthodes d’intervention recommandées en production fruitière intégrée.
Description et comportement

L’hoplocampe (Hoplocampa testudinea) est un ravageur primaire en PFI. Cet insecte, apparenté aux abeilles et aux guêpes, possède un corps noir, mais la face ventrale de son abdomen ainsi que ses pattes sont jaune orange. Sa tête est jaunâtre avec un point noir et ses quatre ailes sont transparentes.

hoplocampe de la pomme (adulte)

L’insecte hiberne dans le sol sous forme de pupe. Les premiers adultes apparaissent au stade du bouton rose et la population atteint son pic à la floraison. Les œufs sont insérés à la base du réceptacle des fleurs et éclosent au stade calice, en moyenne 10 à 12 jours après la ponte. La larve, de couleur jaunâtre avec une tête brun foncé, se nourrit du fruit pendant quelques semaines pour ensuite former une pupe dans le sol, d’où les adultes ressortiront au printemps suivant.

Des photographies de l’adulte, de la larve et des dommages sont présentées dans le Guide d’identification des ravageurs du pommier et de leurs ennemis naturels.

hoplocampe de la pomme (larve)

 

Dommages

Les femelles volent d’une fleur à l’autre pour se nourrir et pondre leurs œufs blancs et brillants, qu’elles insèrent à la base du réceptacle. Elles provoquent ainsi la légère dépression qui apparaît près du calice du fruit. Ce dommage ne déclasse toutefois que rarement le fruit.

dégât d'hoplocampe de la pomme

Les larves provoquent toutefois des dommages caractéristiques et facilement identifiables, appelés dommage primaire et dommage secondaire.

Dommage primaire

Le dommage primaire apparaît lorsque les larves nouvellement sorties de l’œuf mangent le dessous de la pelure, provoquant une cicatrice brune qui ressemble à un ruban liégeux. Ce ruban part près du calice du fruit et tourne autour du fruit. Les pommes qui ne portent qu’un dégât primaire restent le plus souvent dans l’arbre jusqu’à la récolte.

dégât d'hoplocampe de la pomme

Dommage secondaire

Après avoir mangé le dessous de la pelure, la larve pénètre le fruit en creusant un tunnel pouvant atteindre 3 mm de diamètre. De ce tunnel s’écoulent des déjections et un liquide brun rouille qui dégage une odeur forte. La larve peut occasionnellement se déplacer sur une pomme voisine et y creuser un autre tunnel : il y aura alors seulement un trou avec des excréments et du liquide. Ces dommages secondaires ressemblent à ceux du carpocapse. Cependant, les pommes attaquées par le carpocapse sont plus grosses, puisque le dommage se fait en juillet plutôt qu’en juin, comme c’est le cas pour l’hoplocampe.

Tous les fruits qui portent un dégât secondaire d’hoplocampe tombent avant la récolte.

 

Estimation du risque

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par pièges visuels de la fiche 65.

 

Stratégie d’intervention

Pour contrôler des populations élevées de ce ravageur, un traitement est réalisé au stade calice. Cependant, il arrive souvent que les populations soient faibles et ne nécessitent pas d’intervention à ce stade.

Il est fréquent que le seuil d’intervention soit atteint pendant la floraison, alors que les interventions insecticides contre cet insecte sont interdites. Il faut à ce moment viser les larves, et chercher à les atteindre avant qu’elles ne commencent à manger la pelure des pommes, c’est-à-dire dès leur sortie des œufs. Pour un maximum d’efficacité, le traitement doit donc être réalisé au stade calice, dès que 90 % des pétales sont tombés.

Cependant, il peut arriver que l’hoplocampe émerge plus rapidement ou encore que la population soit tellement élevée que le traitement du calice soit insuffisant (historique de dommages récurrent). Dans ces cas, un traitement insecticide au bouton rose avancé avec une pyréthrinoïde de synthèse peut être justifié pour baisser la population d’adultes. Malheureusement, cette application va également affecter gravement les insectes pollinisateurs naturels.

Les insecticides les plus efficaces pour contrôler ce ravageur au stade du calice sont les organophosphorés et le CALYPSO. Aucun organophosphoré n’est actuellement homologué contre l’hoplocampe, mais les applications effectuées tôt au calice contre le charançon de la prune seront aussi efficaces contre l’hoplocampe. Puisqu’il est nécessaire de rejoindre les œufs pour un traitement efficace, il faut s’assurer de faire une application adéquate, c’est-à-dire appliquer le bon produit, à la bonne dose et pendant la période d’éclosion des œufs.

 

Cette fiche est tirée du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation écrite.

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Yvon Morin

agronome spécialisé en pomiculture depuis plus de 25 ans. Employé, puis dirigeant de la première entreprise de services-conseils pour les vergers, il a développé et mis à l'épreuve nombre de méthodes de dépistage et de seuils d'intervention utilisés par les conseillers en pomiculture du Québec

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