La noctuelle du fruit vert
Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard et Yvon Morin
Auteure de la mise à jour 2023 : Ly-Anne Hamel
Dernière mise à jour par l’auteure : 2 février 2023
Description de comportement
La noctuelle du fruit vert (Orthosia hibisci) est un ravageur mineur en PFI. Elle hiverne dans le sol sous forme de chrysalide et l’adulte émerge avant le débourrement du pommier. L’adulte est un papillon gris-brun de bonne dimension (25-40 mm), de couleur assez terne et d’apparence pelucheuse. Chacune de ses ailes porte deux taches gris-pourpre.
Adulte de noctuelle du fruit vert (source : Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).
À la suite de l’accouplement, la femelle pond ses œufs un par un sur les branches jusqu’à concurrence de quelques centaines d’œufs par individu. De couleur gris-blanchâtre, les œufs ont des nervures distinctives visibles au microscope. Ils éclosent à partir du stade du pré-bouton rose jusqu’à la chute des pétales. Les chenilles sont généralement vert pâle, marquées de trois lignes blanches ou jaunâtres longitudinales et parsemées de minuscules points blancs. Sa tête est verte comme le reste de son corps. À noter qu’il existe également des formes plus foncées de la larve de noctuelle.
Chaque chenille traverse six stades larvaires et sa taille à maturité peut atteindre 40 mm; c’est la plus grosse chenille parmi celles qui affectent habituellement le pommier. Les premiers stades larvaires enroulent quelque peu les feuilles à l’éclosion pour s’y alimenter. Leur nuisibilité se fait davantage remarquer à partir du stade bouton rose, période propice pour une intervention lorsque nécessaire (voir la section Stratégie d’intervention ci-bas). Les chenilles se développent graduellement en s’attaquant successivement aux feuilles, aux bourgeons, aux fleurs et finalement aux petites pommes. Elles se trouvent souvent dissimulées sous une feuille.
Larve de noctuelle du fruit vert (Joseph Moisan-De Serres, MAPAQ).
Vers la fin de juin, les larves descendent au sol et s’enfouissent à une profondeur d’environ 5 cm pour se transformer en chrysalide et passer l’hiver. Il n’y a qu’une génération par année.
Cycle de vie de la noctuelle du fruit vert (source : Jonathan Veilleux, IRDA).
Dommages
Les dommages d’alimentation causés par les larves de noctuelle du fruit vert sont généralement bénins jusqu’à la floraison, puisqu’elles causent alors des dommages superficiels au feuillage et éclaircissent les fleurs. Or, lorsque les larves deviennent matures, elles creusent de gros trous ronds et symétriques traversant parfois presque toute la pomme et pouvant causer sa chute lorsque le cœur est affecté. D’ailleurs, près de 70% des fruits endommagés se retrouveront au sol après la chute physiologique de juin. Ces dégâts sont faciles à identifier au printemps, mais il est plus difficile de distinguer, sur un fruit mature, si les profondes lésions galeuses ont été causées par la noctuelle ou par les tordeuses actives à ce moment. Les larves de noctuelles s’attaquent généralement à un seul fruit, mais leur appétit peut s’étendre à plus d’une douzaine de pommes.
Dommage de larve de noctuelle sur pommette (source : IRDA).
Dommage sur fruit mature pouvant être causé par une larve de noctuelle (source : B. Drouin).
Estimation du risque
Les noctuelles sont habituellement dépistées en fonction de leurs dégâts sur fruit. La méthode de dépistage des chenilles externes est décrite au tableau-synthèse Dépistage par observation des fruits ou du feuillage de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers. Toutefois, puisque les noctuelles débutent leur activité avant la formation des fruits, leur présence dans le verger peut également être confirmée par le dépistage des symptômes d’alimentation entre les stades pré-bouton rose et calice. Examinez 5 pousses terminales et 5 bouquets floraux sur 10 pommiers éparpillés dans la parcelle pour un total de 50 boutons et 50 bouquets floraux. Le seuil d’intervention est alors de 12 à 15 larves sur les 100 sites d’observation.
Stratégie d’intervention
Bien que fort nuisible, cet insecte est peu fréquent dans les vergers commerciaux et ses populations sont normalement tenues en échec par les interventions pré-florales effectuées avec des insecticides à large spectre. La décision de traiter doit tenir compte de l’historique des dégâts à la récolte et de la présence de l’insecte lors du dépistage au printemps. Si votre choix est de traiter contre cette espèce en particulier, il faut agir contre les jeunes larves, soit environ cinq à dix jours après le maximum des captures (normalement observé autour du stade bouton rose). L’application d’un pyréthrinoïde avant la floraison constitue un traitement des plus efficaces, mais plusieurs autres produits sont utilisables (Bt, ALTACOR, ASSAIL, etc.) À noter que les dommages surviennent parfois tout juste après la formation du fruit, avant la chute des pétales. Puisque l’utilisation de la majorité des insecticides est interdite pendant la fleur, les produits à base de Bacillus thuringiensis sont alors particulièrement intéressants (BIOPROTEC PLUS), étant inoffensifs pour les abeilles. Enfin, les interventions effectuées au stade calice avec des organophosphorés (ex. : IMIDAN) sont peu efficaces en raison de la résistance/tolérance de la noctuelle à ces produits.
Pour en savoir plus
Green Fruitworm | NC State Extension Publications
Speckled green fruitworm : New England Tree Fruit Management Guide : UMass Amherst
Pest alert: green fruitworm, rosy apple aphid – Fruit Growers News
Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.
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