Fiche 80

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Les cochenilles

Yvon Morin et Gérald Chouinard

 

La cochenille de San José et la cochenille virgule du pommier sont réglementées en vertu de la Loi sur la protection sanitaire des cultures (Fiche 15) et les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter la propagation aux cultures avoisinantes.

 

Cochenille ostréiforme et cochenille de San José

cochenille ostréiforme

La cochenille ostréiforme (Quadraspidiotus ostreaeformis) et la cochenille de San José (Quadraspidiotus perniciosus) sont des ravageurs mineurs en PFI mais avec la réduction de l’utilisation de l’huile de dormance, elles se retrouvent plus fréquemment sur fruits à la récolte. Ces deux espèces hibernent dans de petits boucliers circulaires (1-2 mm), de couleur blanc sale, visibles sur l’écorce des rameaux. Des larves (parfois appelées par leur nom anglais de « crawlers ») en émergent au stade calice. À ce moment, elles sont jaunâtres et se déplacent afin de trouver un endroit propice pour se fixer sur le bois et confectionner leur propre bouclier. Souvent, elles se fixent sur les fruits, de préférence dans la région du calice. Le bouclier est alors un peu plus foncé (brun grisâtre) avec un point rouge pourpre au centre. Le cycle vital de la cochenille ostréiforme est semblable à celui de la cochenille de San José, toutefois la première complète une génération par année alors que la seconde en complète deux.

Dégâts observables : Si la cochenille virgule (décrite ci-après) cause très peu de problèmes dans les vergers commerciaux, les dégâts de la cochenille ostréiforme et de la cochenille de San José peuvent être beaucoup plus importants. Un arbre très infesté manque de vigueur et ses feuilles sont minces et tachetées de jaune. Il est aussi possible d’apercevoir de minuscules taches circulaires sur l’écorce et sur les fruits avec, au centre de chacune, une excroissance en forme de pic.

Stratégie de lutte : Les cochenilles sont généralement réprimées par les traitements habituels effectués dans les vergers. De fait, l’huile appliquée au printemps réprimera la majorité des œufs et le traitement insecticide au stade calice éliminera généralement les larves qui ont survécu à l’huile et qui se déplacent sur les rameaux. Des problèmes peuvent occasionnellement se présenter dans les vergers mal taillés.

 

Cochenille virgule

cochenille virgule

cochenille virgule

cochenille virgule (crawlers)

La cochenille virgule (Lepidosaphes ulmi) est un ravageur mineur en PFI. Les œufs de cette espèce passent l’hiver sous de petits boucliers (2-3 mm) en forme de virgule collés à l’écorce des branches. Au printemps, chaque bouclier abrite entre 40 et 100 œufs qui éclosent au stade calice pour donner de petits insectes suceurs (« crawlers »).

Dégâts observables : L’arbre infesté perd de sa vitalité. Lors de fortes infestations (situation rare), son feuillage prend une apparence tachetée et restera souvent de petite taille.

Stratégie de lutte : Voir sous « Cochenille ostréiforme », ci-dessus.

 

Cochenille de Comstock

cochenille de Comstock

La cochenille de Comstock (Pseudococcus comstocki) est un ravageur mineur en PFI. Cet insecte suceur a un corps mou (adulte : 2,5-5 mm), de forme ovale et portant de longs filaments. Contrairement aux autres cochenilles, celle-ci ne sécrète pas un bouclier, mais se recouvre graduellement de cire, ce qui lui donne une apparence floconneuse de couleur blanchâtre. Les jeunes stades peuvent se trouver par petits groupes, principalement sur les pousses terminales en juin, et plus tard aux jonctions des branches et sur les cicatrices de taille. Ces petites masses peuvent avoir l’apparence de légères colonies de pucerons lanigères, mais une simple observation à l’œil nu permettra d’identifier la cochenille, plus grosse que le puceron, sans coloration rouge et ne se développant pas en imposantes colonies. Une deuxième génération apparaît à la fin août. À cette époque, les cochenilles se regroupent soit sur les surfaces rugueuses ou irrégulières du bois, soit au calice du fruit ou dans toute autre cavité naturelle. Les mâles ailés (1 mm) sont difficiles à observer et ne causent pas de dommage.

 

Cette fiche est tirée du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation écrite.

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Yvon Morin

agronome spécialisé en pomiculture depuis plus de 25 ans. Employé, puis dirigeant de la première entreprise de services-conseils pour les vergers, il a développé et mis à l'épreuve nombre de méthodes de dépistage et de seuils d'intervention utilisés par les conseillers en pomiculture du Québec

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