Fiche 75

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La cicadelle blanche du pommier

Yvon Morin et Gérald Chouinard

 

Description et comportement

La cicadelle blanche du pommier (Typhlocyba pomaria) est un ravageur primaire en PFI. Elle mesure de 1 à 3 mm de longueur, et son corps allongé est effilé aux deux extrémités. Elle est généralement observée sur la face inférieure des feuilles.

cicadelle blanche (adulte)

Cet insecte hiberne au stade d’œufs sous l’écorce de jeunes branches de pommier. Le début de l’éclosion a lieu un peu avant la floraison. Les larves sont de couleur blanche ou verdâtre et complètent cinq stades de développement. Les deux premiers stades sont petits (1 mm), n’ont pas d’ailes et ont les yeux rouges. C’est durant ces deux premiers stades que l’insecte est le plus sensible aux insecticides. Les stades larvaires 3 à 5 possèdent une ébauche d’ailes et prennent graduellement une teinte beige pâle en se développant. Les adultes mesurent environ 3 mm et apparaissent à la fin juin. Ils sont ailés, très mobiles et peu sensibles aux insecticides. Chaque femelle pond de 50 à 60 œufs sur les pétioles et les nervures inférieures des feuilles. Ces œufs donnent naissance aux nymphes de la deuxième génération vers le début août, puis aux adultes vers la mi-août.

 

Dommages

Les dommages sont causés par les adultes et les larves qui se nourrissent du contenu des cellules des feuilles (contrairement à la cicadelle de la pomme de terre qui, elle, se nourrit de la sève des pommiers).

Le feuillage infesté pâlit et une tache pâle se développe au site de chaque piqûre, ce qui donne aux feuilles une apparence mouchetée. Lors de fortes infestations, non seulement l’arbre perd de la vigueur, mais la qualité des fruits et l’aoûtement des pommiers peuvent être affectés.

dégât de cicadelle blanche

Cependant, les excréments laissés sur les pommes au mois d’août peuvent être la cause principale de pertes, car les fruits affectés peuvent être déclassés s’ils ne sont pas bien brossés.

Lorsqu’ils sont présents en grand nombre à la récolte, les adultes peuvent aussi déranger les cueilleurs.

 

Estimation du risque

La cicadelle blanche est présente dans tous les vergers, mais elle n’est généralement pas un problème en raison des applications de SEVIN lors des traitements d’éclaircissage. Cependant, le SEVIN est très toxique à plusieurs espèces d’acariens prédateurs et son utilisation n’est pas toujours nécessaire.

La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse Dépistage par observation des fruits ou du feuillage de la fiche 65.

Au stade du calice

Lors de la première génération, il y a de fortes probabilités d’obtenir le seuil d’intervention dans les vergers avec un historique de dommages, si aucun traitement n’a été fait contre cet insecte.

Un traitement est recommandé, lorsque le seuil d’intervention de 0,5 individu par feuille est atteint. Il vise les jeunes larves de la première génération.

En août

Il peut arriver également qu’un traitement soit nécessaire à cette période contre la deuxième génération, lorsqu’aucun traitement n’a été appliqué au stade calice, ou qu’il n’a pas été efficace. Le seuil d’intervention proposé est de un individu par feuille, en combinaison avec au moins un des facteurs de stress suivants :

  • une quantité importante de mines (plus de une à deux mines par feuille) provoquées par la mineuse marbrée du pommier;
  • une décoloration importante du feuillage en raison de la présence d’acariens;
  • de la grêle importante qui a endommagé les feuilles;
  • des pommiers chétifs dus à la sécheresse ou à un gel.

 

Stratégie d’intervention

Le traitement de la première génération de larves est toujours plus efficace, car mieux synchronisé avec les premiers stades larvaires. La période se situant entre les stades calice et nouaison est le meilleur moment pour intervenir.

Le carbaryl (SEVIN), qui est utilisé lors de l’éclaircissage chimique des pommes, est très efficace pour contrôler ce ravageur. S’il n’est pas utilisé, les autres insecticides efficaces sont principalement les néonicotinoïdes, le thiaclopride (CALYPSO), l’acétamipride (ASSAIL), l’imidaclopride (ADMIRE), le clothianidine (CLUTCH), et le thiaméthoxane (ACTARA). L’abamectine (AGRI-MEK) et le pyridabène (NEXTER) sont également efficaces dans une moindre mesure.

Pour les interventions en août, certains insecticides, par exemple les néonicotinoïdes, utilisés à cette époque pour contrôler d’autres ravageurs, contribuent à diminuer suffisamment les populations de cicadelles.

 

Cette fiche est tirée du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation écrite.

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Yvon Morin

agronome spécialisé en pomiculture depuis plus de 25 ans. Employé, puis dirigeant de la première entreprise de services-conseils pour les vergers, il a développé et mis à l'épreuve nombre de méthodes de dépistage et de seuils d'intervention utilisés par les conseillers en pomiculture du Québec

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