Archive d’étiquettes pour : Les espèces utiles

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Yvon Morin, Daniel Cormier, Robert Maheux et Sylvie Bellerose
Auteurs de la mise à jour 2023 : Francine Pelletier, Daniel Cormier et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteurs : 4 mars 2024

 

ATTENTION DOSES RÉDUITES : l’ARLA ne prend pas action contre ceux qui préconisent de telles pratiques, si elles n’entraînent pas de danger pour la santé ou la sécurité humaine ou pour l’environnement et qu’elles ne sont pas destinées à promouvoir la vente de produits antiparasitaires. Si toutefois l’utilisation de doses réduites ou adaptées devait entraîner des pertes pour les utilisateurs, les conseillers ou les organisations qui les recommandent pourraient être tenus responsables de leurs recommandations dans des actions civiles.

 

Les espèces utiles travaillent gratuitement pour vous à produire des fruits de qualité et à abaisser les populations de ravageurs. La plus connue de ces espèces est sans contredit l’abeille domestique, pollinisatrice acharnée dont la valeur totale de son travail dans la pomme au Canada a été évaluée à environ 218 millions de dollars en 2021 selon l’Aperçu statistique de l’industrie apicole canadienne et contribution économique des services de pollinisation rendus par les abeilles domestiques  (consultez la fiche sur la Pollinisation et qualité du fruit pour les détails quant au rôle joué par l’abeille en pomiculture).

Il existe toutefois bien d’autres espèces utiles dans nos vergers, et leur valeur est également très importante. Plusieurs espèces s’attaquent aux acariens (Fiche Description et efficacité des prédateurs d’acariens), certaines sont d’excellentes consommatrices de pucerons (Fiche Description et efficacité des prédateurs de pucerons), alors que d’autres ont un régime alimentaire plutôt varié. Elles contribuent à réprimer efficacement la mineuse marbrée, les pucerons verts et les pucerons lanigères. Parmi les 59 espèces de parasitoïdes qui localisent et tuent les larves de la tordeuse à bandes obliques répertoriées en Amérique du Nord, dix-huit espèces ont été capturées dans les vergers du Québec. Leur activité, notamment celle des parasitoïdes (Fiche Description et efficacité des parasitoïdes), peut être spectaculaire. Il n’est pas rare, par exemple, d’observer des taux de parasitisme de plus de 30 % chez les tordeuses et de 75 % chez les mineuses, dans les vergers commerciaux du Québec qui pratiquent la PFI.

Mais, il y a un « mais » : plusieurs de ces espèces utiles sont très sensibles à l’application des pesticides. Le choix de ces produits est donc crucial si vous voulez favoriser leur présence. En les protégeant, vous bénéficierez ainsi de leur activité qui pourra vous faire épargner des traitements phytosanitaires au cours de l’été. Pour mieux protéger ces espèces utiles, vous pouvez consulter les effets nocifs des insecticides et fongicides sur l’affiche PFI de la saison en cours ou SAgE Pesticides

Pour ne pas nuire à leur travail, quelques règles simples, mais précieuses méritent d’être suivies.

Protection des abeilles et autres pollinisateurs

Dans nos régions, l’abeille domestique ne survit pas à l’hiver. Celles qu’il est possible d’apercevoir durant la saison chaude proviennent de ruches tenues par des apiculteurs. Par conséquent, à l’approche de la floraison, la location de ruche est une pratique rentable car la seule présence de pollinisateurs sauvages ne peut suffire (sauf peut-être dans le cas des vergers plus petits). Les abeilles domestiques et les pollinisateurs sauvages favorisent une pollinisation uniforme et par conséquent, un meilleur rendement. Afin de protéger ces insectes utiles, le simple bon sens et la Loi défendent strictement d’appliquer des pesticides toxiques pour les abeilles lors de la floraison (voir la fiche sur La protection des abeilles et la loi.)

Abeille domestique, Apis mellifera (source : IRDA).

Prévenir l’intoxication des abeilles

L’agriculteur qui utilise des pesticides dans ses cultures a le devoir de prendre les mesures préventives suivantes pour ne pas intoxiquer les abeilles :

  • Avant d’épandre un pesticide, prévenir les apiculteurs des environs afin qu’ils mettent leurs colonies à l’abri. Communiquer avec un centre de services du MAPAQ pour obtenir la liste des apiculteurs voisins.
  • Ne pas pulvériser de pesticides toxiques aux abeilles sur des cultures en fleurs fréquentées par des abeilles. S’il est indispensable d’appliquer des pesticides pendant la floraison, se limiter aux produits relativement peu toxiques ou inoffensifs (voir plus bas pour la liste) et le faire entre 19 h et 7 h, moment où les abeilles sont rentrées à la ruche.
  • Ne pas traiter par temps venteux pour éviter que les embruns de pesticides soient emportés vers les ruches avoisinantes.
  • Les abeilles mellifères s’intoxiquent souvent en butinant les plantes de couverture, comme le pissenlit ou le trèfle, qui sont en fleurs dans le verger. La tonte ou la taille de ces plantes avant la pulvérisation d’insecticides protégera les abeilles.
  • Retirer les ruches aussitôt que la pollinisation est terminée (ou suffisante) et avant l’application des insecticides en post-floraison.
  • Lire l’étiquette de chaque pesticide pour connaître les précautions à prendre pour protéger les abeilles.

Toxicité des pesticides utilisables en pomiculture envers les abeilles

La toxicité des différents produits utilisés en pomiculture envers les abeilles (et les autres espèces utiles) est présentée dans le tableau téléchargeable via le lien à la fin de cette fiche. Ces cotes de toxicité résultent de la compilation des données disponibles sur le site web de SAgE pesticides  et de différentes sources publiées au Canada et aux États-Unis. En cas de divergences entre les sources, privilégier l’interprétation légale, soit l’étiquette des pesticides concernés.

Les produits utilisables pendant la floraison sont peu nombreux, et même ces produits doivent être appliqués préférablement ou obligatoirement entre 19 h et 7h. Parmi ceux-ci, figurent les produits suivantsALTACOR (chlorantraniliprole), CONFIRM (tébufénozide),  BIOPROTEC et DIPEL  (Bt), INTREPID (méthoxyfénozide), BELEAF (flonicamide), KANEMITE (acéquinocyl), NEALTA (cyflumétofène), SAFER’S, OPAL, KOPA (sels de potassium d’acide gras), SIVANTO PRIME (flupyradifurone), SURROUND (kaolin), VERSYS, SEFINA (afidopropen), VIROSOFT CP4, CYD-X et MADEX (virus de la granulose du carpocapse), et la plupart des agents de lutte contre la tavelure, le feu bactérien et les autres maladies. Des applications de ces produits pendant la floraison sont donc possibles si les produits sont homologués pour cette période. Vérifiez l’étiquette!

Protection des prédateurs et parasitoïdes

La présence d’espèces utiles dans le verger est largement favorisée lorsque ceux-ci peuvent trouver la nourriture dont ils ont besoin, c’est-à-dire des ravageurs. La PFI tolère donc la présence de ravageurs jusqu’à un certain seuil de tolérance économique qui permet ainsi la survie des prédateurs et parasitoïdes. Il faut donc être ouvert et savoir qu’il n’est pas possible de réprimer totalement tous les ravageurs du verger. L’approche de la PFI vise davantage à obtenir le meilleur coût de production par pomme récoltée plutôt que la récolte maximale avec une facture plus onéreuse de pesticides.

Plus d’informations sur les prédateurs et parasitoïdes rencontrés en vergers sont présentées aux fiches suivantes :  Description et efficacité des prédateurs d’acariensDescription et efficacité des prédateurs de pucerons et Description et efficacité des parasitoïdes.

Protection des autres espèces utiles

Araignées

Plus d’une cinquantaine d’espèces d’araignées peuvent être rencontrées dans les vergers. Ces organismes sont tous prédateurs, principalement d’insectes. Dans les vergers commerciaux, les araignées errantes et les araignées à toile (comme les épeires) se nourrissent principalement de tétranyques et de tordeuses. Elles sont plus abondantes lorsque les traitements insecticides y sont modérés. Les applications d’insecticides à large spectre dirigées contre la mouche de la pomme nuisent à l’établissement maximal des populations d’araignées en août.

Araignée (source : IRDA et Franz Vanoosthuyse)

Micro-organismes utiles

Oui, il existe de très petits organismes utiles à la pomiculture! Certains nématodes présents naturellement dans le sol, mais aussi des bactéries, des champignons et des virus s’attaquent aux insectes et aux acariens. D’autres champignons utiles s’attaquent plutôt à la tavelure. De nombreuses études en cours à travers le monde visent à mieux connaître ces micro-organismes qui sont la plupart du temps spécifiques, c’est-à-dire qu’ils ne s’attaquent qu’à une seule espèce ou qu’à un petit groupe d’espèces. Certains de ces micro-organismes (les plus connus actuellement) sont listés à la fiche sur le Répertoire des principaux organismes utiles en vergers.

Comment adapter votre programme de traitements de façon à protéger les espèces utiles

Les espèces utiles sont très sensibles à de nombreux pesticides et le choix de ces produits est important pour favoriser leur établissement. Avant de choisir un pesticide, le principe général suivant mérite d’être rappelé :

  • Dépistez les ravageurs et traitez uniquement lorsque les seuils d’intervention sont atteints.
  • Intervenez contre les maladies si les conditions météorologiques sont favorables à leur développement

Lorsque des applications sont vraiment nécessaires, favorisez les choix suivants :

  • Sélectionnez le pesticide le moins toxique sur les espèces bénéfiques que vous voulez protéger. La majorité des nouveaux insecticides disponibles sont des produits sélectifs qui sont plus efficaces contre le ravageur visé avec une faible toxicité sur les prédateurs et parasitoïdes présents.
  • Utilisez la dose minimale efficace pour réprimer les ravageurs et les maladies (voir ci-après).
  • Privilégiez les traitements de bordures lorsque c’est possible, afin de créer une zone centrale exempte de produits toxiques qui servira de refuge pour les espèces bénéfiques.
  • Choisissez si possible le moment de la journée où les espèces utiles sont moins actives ou vulnérables, soit en début ou fin de journée.

Les tableaux d’efficacité des insecticides et acaricides contre les ravageurs (Fiche sur l’Efficacité potentielle des insecticides et acaricides) et de toxicité des pesticides envers les espèces utiles (ci-dessous) vous permettront de faire les meilleurs choix pour protéger votre récolte tout en favorisant le développement des espèces utiles. Pour les fongicides, la toxicité de ceux-ci se retrouve sur l’affiche PFI de la saison en cours.

Cliquez ici pour télécharger le tableau complet.

Dosage des pesticides

L’application d’une dose supérieure à celle affichée sur l’étiquette du produit est risquée et représente un coût supplémentaire de production. Cette surdose représente aussi un risque pour la récolte (limite maximale tolérée de résidus sur les fruits dépassée, possibilité de phytotoxicité), un risque pour l’applicateur et un risque pour l’environnement. De plus, elle peut contribuer au développement de résistance chez les ravageurs et les maladies, sans compter ses effets nocifs décuplés sur les espèces utiles.

Pour sa part, une dose insuffisante ne règle pas le problème pour lequel le pesticide a été appliqué, et les applications répétées qu’elle peut engendrer peuvent également favoriser le développement de résistance et le déclin des espèces utiles. Sans compter la perte de tous les recours possibles contre la compagnie car seule la dose inscrite sur l’étiquette est garantie efficace par le fabricant.

La détermination de la dose d’emploi d’un pesticide ne doit jamais être prise à la légère dans le seul but de réduire la facture de pesticides (bien que cet objectif soit défendable).

En fin de compte, il n’y a donc qu’une recommandation possible : la meilleure dose à utiliser est toujours la dose minimale efficace qui permet de réprimer adéquatement le ravageur ou la maladie.

Les doses présentes sur l’étiquette des nouveaux produits sont homologuées en fonction de leur efficacité sur le ou les ravageur(s) visé(s) et/ou du degré d’infestation présent. Dans le cas des vergers, elles sont maintenant évaluées avant homologation dans des plantations à haute densité. En vergers de pommiers standards, la dose minimale efficace d’un produit récent risque donc de correspondre à la dose maximum avec un volume de bouillie élevé permettant de bien couvrir tout le feuillage présent.

Les étiquettes de produits moins récents n’indiquent parfois qu’une seule dose, valable pour les conditions les plus difficiles, comme dans le cas de pommiers standards ou dans le cas où la pression de ravageur est élevée. Cette dose unique peut donc, dans certaines conditions, correspondre à une surdose sur le plan agronomique!

Consultez la fiche sur le Réglage et étalonnage du pulvérisateur pour des informations sur la façon d’ajuster les doses utilisées en fonction du gabarit des arbres.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Yvon Morin, Gérald Chouinard et Robert Maheux
Auteurs de la mise à jour 2023 : Francine Pelletier, Daniel Cormier et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteurs : 4 mars 2024

 

Note : consultez le calendrier d’apparition des principaux ravageurs et espèces utiles (Fiches sur les Grilles de dépistage pour les vergers pour visualiser les périodes d’activité des prédateurs d’acariens décrits dans cette fiche.

Pour vous aider à reconnaître ces prédateurs, consultez également le Guide d’identification des ravageurs du pommier et de leurs ennemis naturels ou ou sa version en ligne.

Phytoséiides

Description et comportement

Les phytoséiides regroupent les plus voraces des acariens prédateurs. Ils complètent plusieurs générations par année sous les conditions climatiques du Québec. Plusieurs espèces peuvent être rencontrées dans les vergers mais les deux plus communes sont Neoseiulus (=Amblyseiusfallacis et Typhlodromus caudiglans.

Acarien phytoséiide (source : IRDA).

 

Leur corps généralement translucide en forme de goutte d’eau laisse souvent apercevoir un « H » coloré, de couleur rouge ou jaune, dépendamment s’ils se nourrissent de tétranyques rouges ou de tétranyques à deux points.

Les différentes espèces de phytoséiides sont impossibles à distinguer l’une de l’autre sans microscope. De taille voisine à celle des tétranyques, ces prédateurs sont visibles à l’aide d’une loupe (10X ou plus). Ils se déplacent rapidement, contrairement aux acariens ravageurs.

Alimentation et période d’activité

La proie favorite de N. fallacis est le tétranyque à deux points alors que T. caudiglans, plus généraliste, peut aussi se nourrir de tétranyques rouges et d’ériophyides. Cette espèce passe l’hiver sur le pommier contrairement à N. fallacis qui passe l’hiver dans la litière du sol ou à la base des pommiers.

En début de saison, ces prédateurs sont présents surtout au sol se nourrissant de tétranyques à deux points sur les mauvaises herbes à feuilles larges. Ils colonisent le pommier lorsqu’un nombre suffisant de proies sont présentes.  En fin de saison, à partir du mois d’août, il arrive qu’ils soient présents en grand nombre dans des vergers où les populations de tétranyques à deux points et d’ériophyides sont élevées.

Efficacité

Souvent, le seuil d’intervention pour le tétranyque à deux points est atteint avant que les phytoséiides ne montent dans les arbres. Ainsi, si les conditions sont favorables, il peut être avantageux de retarder l’application d’acaricide afin de permettre aux populations de phytoséiides de se développer sur les pommiers. Si celles-ci sont assez abondantes, elles peuvent faire chuter rapidement les populations de tétranyque à deux points.

Sensibilité aux pesticides

Ces prédateurs sont très sensibles aux pyréthrinoïdes (UPCYDE, SHIP, POUNCE, PERM-UP, AMBUSH, DECIS. POLECI, MATADOR, SILENCER, LABAMBA et DANITOL) et au carbaryl (SEVIN). Plusieurs insecticides tels que RIMON, ASSAIL, CALYPSO, DELEGATE et SURROUND peuvent avoir une toxicité variable selon le stade (œufs, larves ou adultes) et/ou causer aussi des effets plus subtils comme une diminution de la fécondité ou du taux de prédation. Leur utilisation peut donc interférer avec la lutte biologique offerte par les phytoséiides et être associée à une recrudescence des populations de tétranyques dans certains vergers. Il pourrait en être de même dans le cadre d’un programme d’applications répétées de soufre. Les fongicides contenant du mancozèbe (DITHANE, MANZATE, PENNCOZEB) et l’acaricide NEXTER leur seraient aussi toxiques. Consulter le tableau téléchargeable à la fiche sur Les espèces utiles, une ressource à protéger pour plus d’informations sur la toxicité des différents produits utilisés en pomiculture envers ces prédateurs.

Stigmaéides

Description et comportement

Ces acariens prédateurs (Agistemus sp., Zetzelia sp.) ressemblent aux acariens ravageurs, mais leur couleur, comme celle de leurs œufs, est jaune citron parfois teintée de rouge lorsqu’ils se nourrissent de tétranyques rouges. Ils se déplacent beaucoup moins vite que les phytoséiides.

Acarien stigmaéide (source : Jacques Lasnier).

Alimentation et période d’activité

Au Québec, l’espèce la plus répandue est Agistemus fleshneri, communément appelé agistème mais l’espèce Zetzelia mali est également présente. Ils se nourrissent surtout d’ériophyides et d’oeufs de tétranyques mais peuvent survivre, en pénurie de proies, en s’alimentant de pollen ou d’autres proies incluant les acariens prédateurs phytoséiides. Ces prédateurs, qui hivernent au sol à la base des arbres, sont actifs tôt au printemps et peuvent assez efficacement maintenir les populations de tétranyque sous les seuils d’intervention. Cependant, c’est à partir de juillet et août qu’ils se trouvent en plus grand nombre, surtout lorsque les ériophyides ont été abondants l’année précédente. Ils peuvent aussi cohabiter avec d’autres acariens prédateurs, comme les phytoséiides.

Efficacité

De concert avec les autres prédateurs d’acariens, les stigmaéides sont d’importants alliés des pomiculteurs québécois contre l’ériophyide et les tétranyques. Ils sont cependant vulnérables, car sous certaines régies, ils peuvent être décimés par l’utilisation de certains pesticides qui leur sont toxiques.

Lorsqu’ils sont présents, il n’est pas recommandé d’intervenir contre l’ériophyide. Leur présence justifie aussi un dépistage « serré » du tétranyque rouge et du tétranyque à deux points avant d’intervenir.

Autres acariens prédateurs

Balaustium spp (Erythraeidae)

Les acariens du genre Balaustium sp. sont plus gros qu’un tétranyque (environ 1,0-2,5 mm) et facilement visibles à l’œil nu. Leur corps est rouge et parfois densément recouvert de soie ce qui leur donne un aspect velouté. Plusieurs espèces peuvent être rencontrées en vergers mais l’espèce Balaustium putmani (0,7-1,1 mm) est la plus connue. En plus de s’attaquer aux différents stades de tétranyques, ils se nourrissent de plusieurs types de proies incluant les pucerons, les cochenilles, les œufs de papillons et autres petits insectes au corps mou ainsi que de pollen. Ils sont souvent observés se déplaçant rapidement sur le feuillage en début et en fin de saison.

Acarien du genre Balaustium sp. (Source : IRDA).

Allothrombium spp (Trombidiidae)

Les acariens du genre Allothrombium sp., sont de gros acariens de couleur rouge-orangé dont la taille peut dépasser 3 mm. Leur corps est recouvert d’un court duvet qui leur donne aussi un aspect velouté. Chez ce groupe, les larves sont des parasites externes d’insectes qui se fixent durant quelques jours sur leur hôte avant de poursuivre leur cycle de développement. Les adultes sont des prédateurs généralistes voraces qui peuvent se nourrir d’acariens et de différents petits insectes incluant les pucerons. Ils peuvent être observés tôt au printemps sur le sol ou sur le tronc des pommiers à la recherche de nourriture. Ils peuvent être assez communs dans les vergers, particulièrement en fin de saison. Au Québec, on retrouve notamment dans les vergers l’espèce A. lerouxi.

Acariens du genre Allothrombium spp au stade larvaire avec son hôte (puceron) (source : Bernard Drouin et Francine Pelletier, IRDA).

Balaustium

Acarien du genre Allothrombium spp au stade adulte (source : MAPAQ).

 

Anystis baccarum (Anystidae)

Anystis baccarum est un petit acarien rouge visible à l’œil nu (1,0-1,5 mm) qui se déplace rapidement sur le feuillage. Il a l’aspect d’un petit crabe. Son corps et ses pattes sont parsemés de soies. C’est un prédateur commun en verger et en vignoble. L’espèce se nourrit d’acariens, de cicadelles et de pucerons.

Anystis baccarum (source : IRDA).

 

Punaise de la molène

La punaise de la molène (Campylomma verbasci) se retrouve dans la majorité des vergers du Québec. En début de saison, elle y réduit efficacement les populations de tétranyques rouges. La larve et l’adulte sont également prédateurs de pucerons.  Malheureusement, durant une courte période, les jeunes larves peuvent également se nourrir de jeunes fruits, et leur comportement est difficile à prévoir.

punaise de la molène (adulte)

Punaise de la molène adulte (source : IRDA).

Description et comportement

L’adulte est vert grisâtre et deux fois plus petit que la punaise terne. Il est possible de l’observer sur les jeunes pousses, principalement dans les blocs très vigoureux et peu taillés, où il se nourrit de pucerons et de sève. À la fin de l’été, les œufs sont pondus sur des arbres où il y a des tétranyques rouges. Ils éclosent la saison suivante pendant la floraison du pommier. Les larves ressemblent au puceron vert, mais sont plus mobiles. Elles se nourrissent de larves de tétranyques.

Tel que mentionné, ce prédateur a parfois tendance à se détourner de ses proies pour s’attaquer au fruit. Ce comportement dépend, entre autres, de l’abondance de proies, du cultivar et des conditions climatiques. Il survient habituellement lorsque la population de punaises de la molène est abondante et qu’il y a peu de tétranyques. La présence d’un cultivar attrayant, comme la Délicieuse rouge et la Spartan, favorise ce comportement. Dans les cas extrêmes, les autres cultivars peuvent aussi être attaqués. Un temps chaud et sec après la floraison favorise aussi l’attaque des fruits.

La période propice aux dommages se situe entre le stade calice et le stade nouaison (10 mm). Après ce stade, il est préférable de ne pas appliquer de pesticides qui sont toxiques pour cet insecte afin de le maintenir dans le verger pour qu’il exerce son action prédatrice.

Sensibilité aux pesticides

La punaise de la molène est peu sensible aux insecticides de la famille des organophosphorés mais est très sensible aux néonicotinoïdes. Consultez le tableau de la fiche sur les Insecticides homologués en pomiculture au Québec pour connaître quels insecticides lui sont toxiques et limitez leur utilisation si vous désirez profiter de son activité utile.

Punaise translucide

Description

La punaise translucide (Hyaliodes vitripennis) est une punaise d’apparence délicate, de taille semblable à la punaise terne (4-5 mm). Elle est facilement reconnaissable grâce à ses ailes transparentes barrées de deux lignes noires et à ses antennes rayées.

Les stades immatures sont verts et le bout de leur corps, effilé et retroussé, prend une couleur rouge lorsqu’elle se nourrit de tétranyques rouges. La punaise translucide se retrouve presque toujours sur le dessous des feuilles du pommier.

Adulte et larve de punaise translucide (source : Bernard Drouin).

Période d’activité

Cette punaise était auparavant le prédateur du tétranyque rouge le plus efficace et le plus courant dans les vergers du sud-ouest du Québec. Cependant, avec l’utilisation plus fréquente d’insecticides durant l’été contre le carpocapse, la population de ce prédateur a fortement diminué. Il se retrouve surtout dans les pommiers standards, mais aussi dans les pommiers nains et semi-nains.

Dans nos conditions climatiques, il n’y a qu’une génération par année. Les premières larves apparaissent environ à la fin juin et les adultes sont présents de la mi-juillet à la fin août. La ponte commence vers le début d’août.

Alimentation

En plus du tétranyque rouge, cette punaise se nourrit de cicadelles, de pucerons, de larves de lépidoptères et même de mineuses dans leur mine!

Pour favoriser sa présence

Il est possible de favoriser sa présence en tolérant un peu plus de tétranyques dans un bloc du verger. Les punaises translucides déposeront leurs œufs dans ce bloc au courant du mois d’août. Il est important que les tétranyques soient encore présents à cette période, sinon, la punaise ira pondre ailleurs. Donc, un « grand nettoyage » des acariens ravageurs est à éviter.

Sensibilité aux pesticides

Il y a peu d’information disponible pour les nouveaux insecticides. Il est cependant connu que les néonicotinoïdes lui sont toxiques.

Autres punaises prédatrices

D’autres punaises prédatrices (réduves, nabides, pentatomides, anthocorides et mirides) peuvent se nourrir quasiment de tout ce qui bouge et qui n’est pas trop gros. Elles sont souvent observées dans les vergers qui reçoivent un minimum d’insecticides pendant l’été. Certaines sont très voraces, comme la punaise soldat Podisus maculiventris. Plusieurs sont décrites dans la fiche sur la Description et efficacité des prédateurs de pucerons qui traite des prédateurs de pucerons.
Des photos de ces punaises se retrouvent également dans le Guide d’identification des ravageurs du pommier et de leurs ennemis naturels ou sa version en ligne.

Introduction de prédateurs d’acariens en vergers

Il arrive malheureusement que les populations de prédateurs d’acariens disparaissent soudainement de certains blocs de vergers, soit en raison de l’application d’un pesticide qui leur est toxique, soit en raison de l’absence des acariens phytophages et des autres types de proies qui leur servent de nourriture. De nombreuses études ont démontré que la réintroduction de prédateurs dans ces zones est possible, en transférant du bois de taille d’été, ou simplement des feuilles de pommiers, à partir de vergers-source (spécialement dans le cas des phytoséiides et de la punaise translucide). Pour plus d’informations sur la méthode de transfert d’acariens par le bois de taille d’été, consultez le Guide des méthodes alternatives de protection des pommiers.

Les acariens prédateurs sont même disponibles commercialement au Québec pour lutter contre les tétranyques, ils sont disponibles chez Anatis Bioprotection, Koppert et Plant product). La grande sensibilité des prédateurs d’élevage aux pesticides et leur coût d’achat limitent actuellement leur utilisation, mais la protection des populations de prédateurs indigènes est fortement recommandée et profitable, comme présentée ci-dessous.

Abondance et efficacité des principaux prédateurs d’acariens au Québec

Pour les tétranyques, il est estimé que les populations peuvent être maintenues naturellement en dessous des seuils de nuisibilité lorsqu’il y a au moins un prédateur de type phytoséiide pour 10 à 15 tétranyques. La présence d’ériophyides sur le feuillage tôt en saison augmente cette probabilité, car les acariens prédateurs les utilisent comme source de nourriture « en attendant » l’arrivée des tétranyques.

NOM ABONDANCE PROIE PRÉFÉRÉE EFFICACITÉ INTÉRÊT EN PFI
Stigmaéides +++ Tétranyque rouge +++ ++++
Ériophyide ++++ ++++
Phytoséiides +++ Tétranyque à deux points ++++ +++
Punaise translucide1 + Tétranyque rouge +++ ++
Punaise de la molène ++++ Tétranyque rouge ++ ++
Puceron vert ++ ++
Allothrombium sp. ++ Généraliste + ++
Balaustium sp. + Généraliste + +
Anystis baccarum + Généraliste + +
Prédateurs de pucerons2 Variable Puceron vert Variable ++

Légende : + = faible; ++++ = élevé.

1. Très affectée par certains traitements estivaux contre le carpocapse.

2. Certains prédateurs de pucerons (chrysopes, coccinelles, etc.) s’attaquent aussi aux tétranyques.

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Yvon Morin et Robert Maheux
Auteurs de la mise à jour 2023 : Francine Pelletier et Daniel Cormier
Dernière mise à jour par les auteurs : 4 mars 2024

 

Les prédateurs de pucerons sont très communs dans les vergers et ils peuvent maintenir efficacement les populations de pucerons présentes en dessous des seuils de nuisibilité. L’utilisation de pesticides à faible risque pour ces espèces utiles favorise leur présence dans le verger. Plusieurs de ces espèces se nourrissent aussi d’acariens, ce qui n’est pas sans intérêt (voir la fiche sur la Description et efficacité des prédateurs d’acariens).

Consultez le calendrier d’apparition des principaux ravageurs et espèces utiles (Fiche sur les Grilles de dépistage pour les vergers pour visualiser les périodes d’activité des différentes espèces décrites dans cette fiche.

Pour vous aider à reconnaître ces prédateurs, consultez également le Guide d’identification des ravageurs du pommier et de leurs ennemis naturels ou sa version en ligne.

Cécidomyies prédatrices

La cécidomyie du puceron (Aphidoletes aphidimyza), à ne pas confondre avec la cécidomyie du pommier est l’un des plus importants prédateurs de pucerons verts sous les conditions prévalant au Québec. Elle se nourrit également de pucerons lanigères et de pucerons roses. Les cécidomyies passent l’hiver dans un cocon enfoui à environ 1 cm sous le couvre-sol du verger. L’adulte ressemble à un petit moustique (3 mm) d’apparence banale et difficile à observer, apparaissant en juin. Chaque femelle pond jusqu’à 300 œufs, dont plusieurs sur les feuilles de pommiers, près des colonies de pucerons. Les larves (asticots) sont orange vif et ont l’apparence de petits vers (2 mm) sans tête ni pattes. Les premières larves sont présentes au début de juin et il y a, en général, deux générations par année. Seules les larves sont prédatrices. Celles-ci paralysent leur proie par une piqûre et les ponctionnent ensuite pour se nourrir de leur contenu. Une larve de cécidomyie peut consommer jusqu’à 50 pucerons par jour. D’autres espèces de cécidomyies (Feltiella spp) sont prédatrices d’acariens.

Adulte et larve de cécidomyie prédatrice de pucerons (source : Francine Pelletier).

En utilisant des pesticides qui vont leur être moins nocifs (se référer au tableau de la fiche sur Les espèces utiles, une ressource à protéger sur la toxicité), les larves de cette espèce sont généralement suffisamment abondantes pour réprimer efficacement les pucerons verts sans besoin d’intervention. Il est estimé que les populations de pucerons verts peuvent être maintenues naturellement en dessous des seuils de nuisibilité lorsque 25 % des pousses affectées par les pucerons contiennent des cécidomyies prédatrices ou qu’il y a présence d’au moins une larve de cécidomyie par 20 à 40 pucerons.

Chrysopes

Chez ce groupe d’insecte bénéfique, c’est uniquement la larve qui est prédatrice (8 mm). Elle ressemble à un petit crocodile à l’abdomen effilé, munie de pinces à l’avant. L’adulte (10-20 mm) est d’apparence délicate. Il est reconnu par sa couleur verte ou parfois brune (dans ce cas, ce sont plus précisément des hémérobes), à ses longues antennes fines et à ses grandes ailes translucides parcourues d’un réseau de nervures et posées, au repos, tel un toit en pente au-dessus de son corps allongé. Ses œufs blancs (1 mm) sont dressés un à un au bout de longs fils de soie (1 cm) et sont facilement observables sur la face inférieure des feuilles ou parfois à la surface des fruits.

Œufs de chrysope (source : Catherine Pouchet, IRDA).

Larve et adulte de chrysope (source : IRDA et Franz Vanoosthuyse).

Environ trois générations de chrysopes sont dénombrées par année au Québec. Les larves sont présentes à partir de la mi-juin et vont fluctuer en nombre selon l’abondance des pucerons jusqu’à la mi-octobre. Elles peuvent consommer jusqu’à 50 pucerons par jour. Il est estimé que les populations de pucerons verts peuvent être maintenues naturellement en dessous des seuils de nuisibilité lorsqu’il y a une larve de chrysope pour 70 pucerons. Ce prédateur peut aussi être utile pour maintenir sous un seuil acceptable les populations de certains ravageurs tels que cochenilles, acariens, cicadelles et jeunes stades larvaires de papillons (chenilles) ou d’autres insectes, mais peu de données existent pour quantifier cette utilité.

Syrphes

Plusieurs espèces de syrphes peuvent être présentes dans les vergers. Près de 18 espèces différentes ont été répertoriées au Québec. Bien qu’il s’agisse d’une mouche, l’adulte ressemble, de par sa coloration, à une abeille. Il se différencie toutefois facilement par son habitude à faire du vol stationnaire. Sa tête et ses yeux de mouche sont aussi plus gros que ceux d’une abeille. La larve (6 mm) est un asticot sans pattes, qui ressemble à une petite limace (figure). Selon les espèces, elle est de couleur variable : gris, jaune, orange, vert ou une combinaison de ces couleurs, celles-ci formant généralement une série de lignes sur le dos. Les œufs de syrphe sont blancs et peuvent être facilement observés à travers les colonies de pucerons.

Syrphe adulte du genre Toxomerus sp. (source : Catherine Pouchet, IRDA).

Larve et œuf de syrphe (source : Catherine Pouchet et Francine Pelletier).

Ce groupe d’insectes est utile de deux façons. Adultes, ils agissent comme pollinisateurs, se nourrissant de pollen et de nectar. Au stade larvaire, la plupart des syrphes rencontrés en vergers sont d’excellents prédateurs de pucerons verts et roses : certaines espèces peuvent en consommer entre 400 et 900 pendant les 3 à 4 semaines de leur développement. Toutes peuvent se nourrir de cochenilles, de chenilles et d’autres petits insectes. Les syrphes sont actifs dès l’ouverture des bourgeons, les différentes espèces se succédant pendant toute la saison. Les plus efficaces sont retrouvées avant la fin de juillet et peuvent, jusqu’à ce moment, maintenir les populations de pucerons à de faibles densités.

Des larves très semblables aux syrphes appartiennent à une autre famille de mouche (Chamaemyiidae). Le genre Leucopis sp. est commun en verger. Chez Leucopis sp., les deux appendices situés à l’extrémité postérieure de la larve sont séparés alors que chez les syrphes, ils sont accolés. Les œufs sont très semblables à ceux des syrphes. Les adultes sont de petites mouches gris argenté.

Larve et adulte de Leucopis sp. (source : Francine Pelletier).

Coccinelles

Les coccinelles sont facilement reconnaissables avec leur forme arrondie et leur couleur vive (souvent rouge, parfois orangée, jaune ou noire), ornée de points noirs ou de marbrures. Une dizaine d’espèces peuvent être retrouvées dans les vergers. Elles se nourrissent de pucerons, d’acariens, de cochenilles ainsi que d’œufs de toutes sortes d’insectes. Les adultes et les larves sont prédatrices. Elles peuvent se nourrir d’une centaine de pucerons par jour. Au Québec, les coccinelles complètent une génération par année.

Les principales espèces rencontrées en vergers au Québec sont :

Coccinelle à deux points : L’adulte (5mm) est rouge avec un point noir au centre de chaque aile. Il s’agit d’une espèce indigène au Québec mais, avec l’arrivée de coccinelles exotiques, elle est aujourd’hui beaucoup moins fréquemment observée.

Deux morphes de coccinelles à deux points (source : Daniel Coderre et Catherine Pouchet, IRDA).

Coccinelle à sept points : L’adulte (7 mm) est rouge avec sept points bien comptés et porte deux marques pâles sur les côtés du thorax et à la jonction des ailes. Il s’agit d’une espèce exotique. On l’observe principalement au printemps, puis à la mi-septembre.

Coccinelle à sept points (source : IRDA).

Coccinelle à quatorze points : Il s’agit également d’une espèce d’origine exotique. L’adulte (3-5 mm) est jaune et porte un motif noir ressemblant à un damier. Ne cherchez pas trop à trouver le nombre exact de points!

Coccinelle à quatorze points (source : Ginette Laplante).

Coccinelle asiatique : Depuis son arrivée au Québec en 1994, cette espèce exotique est maintenant la coccinelle la plus commune dans la majorité des vergers. C’est aussi la plus vorace, et une des plus grosses (7 mm). Elle se nourrit principalement de pucerons et d’acariens, mais aussi de larves de tordeuses et de plusieurs autres petits insectes. Sa coloration varie de jaune à noir, en passant par le rouge et l’orangé. Le nombre de points peut aussi varier de 0 à 20.

Coccinelle asiatique (source : Audrey Charbonneau, IRDA).

Coccinelle maculée : Il s’agit d’une espèce indigène au Québec observée occasionnellement en verger. Son corps est ovale de forme allongée (5-7mm). Elle est de couleur rouge ou rosé et porte douze points noirs sur ses ailes et son thorax.

Coccinelle maculée (source : Franz Vanoosthuyse).

Stethorus sp. : La plus petite de toutes les coccinelles (1 mm). Contrairement aux autres espèces, celle-ci s’attaque principalement aux acariens. L’adulte, parfois appelé « tête d’épingle » est complètement noir.  La larve est grise et de forme allongée (2 mm). Elle est recouverte de poils courts et ressemble à un minuscule porc-épic. Elle peut dévorer jusqu’à 75 tétranyques de tous les stades chaque jour. Très vorace, elle est par contre relativement peu fréquente dans nos vergers et présente principalement dans le sud du Québec.

Adulte et larve de la coccinelle Stethorus sp. (source : Francine Pelletier).

En plus des stades adultes, la présence des coccinelles en verger est visible par :

  • des amas de 10 à 50 œufs jaune-orangé, en forme de fuseaux, sous les feuilles, souvent près des colonies de pucerons.
  • des larves à l’allure de minuscules crocodiles se déplaçant sur le feuillage. Les premiers stades larvaires sont uniformément foncés. Les stades subséquents peuvent développer une coloration gris-bleu foncé, souvent ornée de points jaunes, oranges ou rouges, et portent des verrues pourvues de poils.
  • des nymphes (stade immobile) de couleur jaune ou orange attachées aux feuilles lors de la transformation au stade adulte. Des adultes jaune clair, sans point ni tache peuvent parfois être observés lorsqu’ils viennent d’émerger de la nymphe.

Œufs de coccinelle (source : Ginette Laplante).

Jeune larve de coccinelle s’attaquant à un puceron (source : Francine Pelletier).

Larve de coccinelle au dernier stade avant la nymphe (source : Francine Pelletier).

Nymphe de coccinelle (source : Francine Pelletier).

Perce-oreille (forficules)

Souvent perçu comme un ravageur des cultures, le perce-oreille est un prédateur généraliste très utile en verger de pommier. Il se nourrit des pucerons y compris le puceron lanigère ainsi que d’acariens, de psylles et de larves de lépidoptères (ex : carpocapse de la pomme). L’adulte (1-2 mm) est brun foncé, de forme allongée et muni de pinces à l’extrémité de l’abdomen. Ses ailes antérieures sont courtes sous lesquelles sont repliées ses ailes postérieures mais il vole rarement. Les larves, ressemblent aux adultes mais sans les ailes. Il n’y a qu’une seule génération par année. Cet insecte est surtout actif la nuit et se réfugie pendant la journée sous des abris au sol ou caché dans les feuilles enroulées. Étant omnivore, il se nourrit également de végétaux et de matière en décomposition. Il consomme donc parfois les feuilles ou les fruits endommagés ce qui peut l’amener à être considéré comme un ravageur. En verger de pommier, le perce-oreille est davantage un prédateur précieux contribuant à maintenir les populations de pucerons sous les seuils de nuisibilité (voir la fiche sur Le perce-oreille européen, un ravageur bénéfique?).

Perce-oreille pourchassé par une jeune larve de punaise soldat (source : IRDA).

Punaises prédatrices

Les punaises prédatrices regroupent un nombre très varié d’espèces qui s’attaquent à différents types de proies., La punaise de la molène et la punaise translucide peuvent se nourrir de pucerons en quantité non négligeable, en plus de se nourrir d’acariens. Une description détaillée de ces deux espèces se trouve dans la fiche sur la Description et efficacité des prédateurs d’acariens qui traite des prédateurs d’acariens. D’autres punaises s’attaquant à des proies variées de petite taille (acariens, cochenilles, thrips, œufs et larves de lépidoptères) peuvent aussi être couramment observées au sein des colonies de pucerons. On retrouve notamment les punaises anthocorides du genre Orius sp. qui sont de petites punaises à la tête allongée et au corps plat portant des marques blanches et noires, l’espèce Pilophorus perplexus ressemblant à une fourmi mais avec une bande argentée sur le corps ou la punaise brune du pommier Atractotomus mali, reconnaissable par la forme caractéristique de ses antennes.

Punaise anthocoride du genre Orius sp. (gauche) et du genre Pilophorus sp. (à droite) (source : IRDA).

Larve de la punaise brune du pommier Atractotomus mali (source : Francine Pelletier).

Les punaises réduves et nabides comprennent plusieurs espèces de punaises prédatrices généralistes. Elles sont généralement de plus grande taille (10-20 mm) et possèdent de longues pattes qu’elles utilisent pour capturer leur proie ce qui leur permet de s’attaquer également à de plus gros insectes. Ce sont de redoutables prédateurs. Plusieurs espèces chassent à l’affût et attendent que leur proie soit à proximité pour la saisir.

Larve de punaise réduve (source : Franz Vanoosthuyse).

Adultes de punaise réduve Zelus luridus mâle et femelle (source : Catherine Pouchet, IRDA).

Certaines espèces de punaises pentatomides (punaise à bouclier) sont prédatrices, la plus commune en verger étant la punaise soldat Podisus maculiventris. Les adultes ont un corps en forme de bouclier et les larves ont une forme plutôt différente, leur coloration changeant également d’un stade à l’autre. La plupart des espèces de pentatomides prédatrices sont un peu plus petites (8,5-13 mm) que celles qui sont phytophages (10-14 mm), On les distingue également par l’extrémité de leurs ailes qui est membraneuse et porte habituellement une ligne noire et par la bordure de leurs « épaules » qui est généralement pointue et non arrondie. Les œufs des espèces prédatrices sont également plus foncés que celles des espèces phytophages (blanc ou vert pâle) et portent une rangée de longs cils au pourtour de l’opercule. Les larves et les adultes sont des prédateurs très polyphages. En verger, elles vont s’attaquer entre autres aux chenilles de tordeuses et d’autres lépidoptères, à la punaise terne, à d’autres espèces de punaises (dont les pentatomides phytophages) et à des coléoptères comme le scarabée japonais.

Adultes de la punaise pentatomide Podisus sp. s’attaquant à un scarabée japonais (gauche) ou se disputant une larve de spongieuse (droite)(source : Vicky Filion et Francine Pelletier).

Masse d’œufs et jeunes larves de punaises pentatomides prédatrices (source : Bernard Drouin).

Abondance et efficacité des prédateurs de pucerons au Québec

Pour les pucerons verts, il est estimé que les populations peuvent être maintenues naturellement en dessous des seuils de nuisibilité lorsqu’il y a présence de prédateurs de pucerons (syrphes, cécidomyies, coccinelles, chrysopes ou punaise de la molène) dans 90 % des colonies, et que les colonies sont de densités faibles à modérées.

Pour le puceron lanigère, il est estimé que les populations peuvent être maintenues naturellement en dessous des seuils de nuisibilité lorsqu’il y a présence de prédateurs (perce-oreilles et autres listés au tableau ci-après) ou de parasitoïdes dans les colonies au début août (un seuil précis n’est pas disponible).

Nom Abondance1 Proie préférée Efficacité Intérêt en PFI
Cécidomyies ++++ Pucerons ++++ ++++
Syrphes ++++ Pucerons +++ ++++
Punaises prédatrices2 ++++ Acariens +++ ++++
Pucerons Variable +
Chenilles + +
Coccinelles ++ à +++ Pucerons ++ ++
Chrysopes + Pucerons ++ +

Légende : + =faible; ; ++++ = élevé.

1. L’abondance peut varier d’une saison à l’autre; par exemple, il peut arriver certaines saisons que les coccinelles soient plus abondantes que les cécidomyies et les syrphes.

2. Punaise de la molène, pentatomides, réduves, nabides, anthocorides, 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Yvon Morin et Daniel Cormier
Auteurs de la mise à jour 2023 : Francine Pelletier et Daniel Cormier
Dernière mise à jour par les auteurs : 4 mars 2024

 

Consultez le calendrier d’apparition des principaux ravageurs et organismes utiles (voir la fiche Grilles de dépistage pour les vergers pour visualiser les périodes d’activité des différents organismes décrits dans cette fiche.

Pour vous aider à reconnaître ces parasitoïdes, consultez également le Guide d’identification des ravageurs du pommier et de leurs ennemis naturels.

Les parasitoïdes sont des insectes qui vivent au dépend d’autres insectes appelés hôtes et finissent par les tuer. Contrairement aux prédateurs, les parasitoïdes sont des insectes spécialistes car chaque espèce de parasitoïde s’attaque à un nombre restreint d’insectes et à un stade (œuf, larve, pupe, adulte) précis du développement de son hôte. Certaines espèces de parasitoïdes peuvent parasiter plusieurs espèces d’insectes, généralement des insectes qui appartiennent à un même groupe. De plus, seules les femelles recherchent un hôte potentiel pour l’attaquer. La femelle dépose alors un ou des œufs dans ou sur son hôte. L’œuf du parasitoïde se développe rapidement et la larve du parasitoïde émerge de l’œuf et commence à se nourrir de son hôte. L’hôte meurt lentement et peut toutefois continuer à se nourrir pour une courte période. Les parasitoïdes peuvent avoir un impact important sur les populations de ravageurs. La majorité des parasitoïdes sont des hyménoptères (guêpes), certains sont des diptères (mouches) et quelques-uns sont des coléoptères.

Mouches tachinaires (tachinides)

Ces mouches ont l’apparence d’une mouche domestique, mais sont recouvertes de poils raides. Elles pondent des œufs matures, prêts à éclore, sur le dos des derniers stades larvaires de plusieurs papillons, dont la tordeuse à bandes obliques. Leurs œufs donnent rapidement naissance à des asticots qui se nourrissent à même la chenille, impuissante à se libérer de ses agresseurs. Les femelles pondent environ 100 œufs. Au Québec, la mouche tachinaire Actia interrupta est le parasitoïde le plus abondant de ce ravageur. Sa présence est variable d’une année à l’autre mais des taux de parasitisme allant jusqu’à 65 % ont été observés dans des vergers au Québec. Elle complète deux générations ou plus par année. Elle est présente de la fin juin au début août et s’attaque principalement aux larves de la génération estivale.

Mouche tachninaire Actia interrupta, parasitoïde de la tordeuse à bandes obliques (source : J. Champagne-IRDA)

Larve de tordeuse à bandes obliques tuée par la mouche Actia interrupta. Le parasitoïde est sorti de son hôte pour former sa pupe (source : Francine Pelletier, IRDA).

La mouche Istocheta aldrichi qui parasite le scarabée japonais fait également partie de ce groupe. Originaire du Japon, elle a été introduite en Amérique du Nord dans les années 2020 pour combattre ce nouveau ravageur. Elle est observée au Québec depuis quelques années avec des taux de parasitisme allant parfois jusqu’à 50 %. Elle ne fait qu’une génération par année qui coïncide, sous nos latitudes, avec la présence de son hôte.

Œufs pondus par la mouche Istocheta aldrichi sur des scarabées japonais (source : vivace.net).

D’autres mouches tachinaires s’attaquent aussi à différents types d’hôtes incluant les punaises pentatomides. Attirées par les phéromones émises par les mâles, elles pondent un ou plusieurs œufs sur la punaise. La larve pénètre à l’intérieur de l’hôte pour s’en nourrir et ressort après environ deux semaines de croissance. La punaise meurt peu après, dû à l’effet mécanique de la sortie du parasitoïde. Il y a plus d’une génération par année et ces mouches peuvent parasiter les adultes ainsi que les derniers stades larvaires de pentatomides.

Punaise brune (Euschistus servus) ayant été parasitée par la mouche Gymnoclytia occidua (à droite), une des espèces parasitoïdes des punaises pentatomides (source : IRDA).

Œuf de mouche tachinaire pondu sur un adulte de l’espèce exotique Halyomorpha halys, (punaise marbrée) récemment établie au Québec (photo : Stéphanie Gervais, IRDA).

Guêpes braconides

Les braconides sont de petites guêpes brunes ou noires qui pondent leurs œufs dans le corps de leur hôte qui n’y survit pas. Leur taille varie de 2 à 15 mm. Plusieurs espèces peuvent être présentes en verger, parasitant une grande variété d’hôtes comme les pucerons, la mineuse marbrée ou les tordeuses. Les braconides sont d’efficaces agents de lutte biologique.

Pholetesor ornigis est un braconide très commun des vergers particulièrement efficace pour la lutte biologique contre la mineuse marbrée. On l’aperçoit surtout sur la face inférieure des feuilles, à la recherche de larves de mineuses. Il est présent à partir du stade bouton rose, mais il atteint souvent son pic d’activité vers le stade calice. Ce parasitoïde est très efficace pour réprimer la mineuse (souvent plus efficace qu’un traitement insecticide!). Il est cependant sensible aux insecticides de la famille des organophosphorés, des pyréthrinoïdes ainsi qu’au carbaryl utilisé pour l’éclaircissage. Si vous êtes aux prises avec d’importants problèmes de mineuses, il peut être avantageux de ne pas utiliser ce dernier produit lors de l’éclaircissage ou d’effectuer uniquement un traitement de bordure au stade calice, afin de protéger cet ennemi naturel précieux. Pour vérifier si ce parasitoïde travaille pour vous, ouvrez les mines lors de la deuxième génération d’adultes de mineuse (vers la fin juin) pour voir si des cocons du parasitoïde s’y trouvent. Ce cocon est blanc-gris alors que la chrysalide de la mineuse est brune.

Pholetesor ornigis est un braconide très commun des vergers (photo), particulièrement efficace pour la lutte biologique contre la mineuse marbrée. Il est observé surtout sur la face inférieure des feuilles, à la recherche de larves de mineuses. Il est présent à partir du stade bouton rose, mais il atteint souvent son pic d’activité vers le stade calice. Ce parasitoïde est très efficace pour réprimer la mineuse (souvent plus efficace qu’un traitement insecticide!) Il est cependant sensible aux insecticides de la famille des organophosphorés et des pyréthrinoïdes. Si vous êtes aux prises avec d’importants problèmes de mineuses, effectuez uniquement un traitement de bordure au stade calice, de façon à conserver vos braconides. Pour vérifier si ce parasitoïde travaille pour vous, ouvrez les mines lors de la deuxième génération d’adultes de mineuse (vers la fin juin) pour voir si des cocons du parasitoïde s’y trouvent. Ce cocon est blanc-gris alors que la chrysalide de la mineuse est brune.

Pholetesor sp. (2 mm), parasitoïde de la mineuse marbrée (source : MAPAQ).

Cocon du parasitoïde Pholetesor onigris dans une mine de mineuse marbrée (source : B. Drouin).

La tordeuse à bandes obliques peut également être victime de différentes espèces de guêpes braconides. Les parasitoïdes Macrocentrus linearis (M. iridescens) et Meteorus trachynotus sont les plus fréquemment observés chez les chenilles de la génération printanière, parasitées à l’automne précédent. Dans le cas de M. linearis, plusieurs individus vont émerger d’une seule larve parasitée. Ils peuvent aussi parasiter les chenilles de la génération estivale. L’espèce Ascogaster carpocapsae s’attaque quant à elle au carpocapse de la pomme. Elle pond dans l’œuf du carpocapse et la larve du parasitoïde demeure à l’intérieur de la larve du carpocapse jusqu’à ce qu’elle atteigne son dernier stade larvaire et fasse son cocon. C’est à ce moment que le parasitoïde poursuit son développement en consommant l’intérieur de la larve de carpocapse. Un braconide du genre Agathis sp. parasite également les larves du pique-bouton du pommier.

Macrocentrus spp. (4-5mm) parasitoïde de la tordeuse à bandes obliques (source : J. Champagne- IRDA).

Cocons de guêpes parasitoïdes sortis d’une larve de tordeuse à bandes obliques (source : Francine Pelletier, IRDA).    

D’autres braconides présents en vergers parasitent les pucerons verts et roses, notamment des parasitoïdes appartenant aux genres Binodoxys spp, Ephedrus spp, et Aphidius spp. Les pucerons parasités prennent une teinte différente, souvent dorée ou noire, et sont reconnaissables par leur aspect gonflé. On retrouve ces « momies » parfois au milieu des colonies avec les pucerons sains ou encore seuls à l’extérieur des colonies comme ceux parasités par le genre Praon spp. qui forme un cocon sous le puceron parasité.

Puceron rose « momifié » après avoir été parasité par Ephedrus sp. (source : Francine Pelletier, IRDA).

Puceron parasité par le genre Praon sp. (source : Franz Vanoosthuyse, IRDA).

Guêpes ichneumons

Ces guêpes au corps élancé présentent une grande variation de taille et de couleur. Elles sont généralement de plus grande taille que les autres groupes de guêpes parasitoïdes avec leurs longues antennes et, chez les femelles, un long ovipositeur qui dépasse parfois la longueur de leur corps. La plupart des représentants de ce groupe sont des parasitoïdes de chenilles. Par exemple, un gros ichneumon Apophua simplicipes qui s’attaque à la tordeuse à bandes obliques est fréquemment rencontré dans les vergers du Québec ainsi que l’espèce Itoplectis conquisitor de taille légèrement inférieure.

Guêpes ichneumons Apophua sp. (~15 mm) et Itoplectis sp (~10 mm), parasitoïdes de la tordeuse à bandes obliques (source : J. Champagne, IRDA).

Cocons formés par la guêpe Apophua sp. après avoir parasité une larve de tordeuse à bandes obliques (source : Francine Pelletier, IRDA et Vicky Filion, CPSO).

L’espèce Lathrolestes ensator qui s’attaque à l’hoplocampe des pommes appartient également au groupe des ichneumons. Il s’agit d’une espèce importée d’Europe et relâchée dans quelques vergers au Québec pour lutter contre ce ravageur. Suite à ces introductions, le parasitoïde a réussi à s’établir sous les conditions du Québec dans les vergers peu traités où il a été introduit. Il est cependant très sensible aux insecticides et malheureusement, le traitement post floral coïncide à sa période d’activité.

Guêpes chalcides

Les chalcides (Chalcidoidea) forme un grand groupe d’insectes dont la plupart sont de très petites guêpes (1-3 mm) qui parasitent d’autres insectes. Parmi ceux-ci, Aphelinus mali parasite très efficacement le puceron lanigère. Habituellement, ce ravageur ne cause pas de problème dans les vergers tant que le parasitoïde, et les autres agents de lutte biologique, ne sont pas décimés par les pyréthrinoïdes, le carbaryl utilisé pour l’éclaircissage ou d’autres produits à large spectre (voir la fiche sur Les espèces utiles, une ressource à protéger pour connaître la toxicité des différents produits).

Pucerons lanigères parasités par Aphelinus mali qui ont l’aspect de momies noires (source : Yvon Morin).

De nombreuses autres espèces peuvent être présentes dans les vergers recevant un minimum d’applications d’insecticides pendant l’été. Par exemple, les chalcides, telles Polynema sp. et Sympiesis sp., parasitent respectivement les œufs de la cérèse buffle et les larves de la mineuse marbrée, de même que plusieurs autres espèces incluant les pucerons. L’eulophide du nom de Colpoclypeus florus est un parasitoïde commun des chenilles de la tordeuse à bandes obliques, et le scélionide Telenomus sp. parasite fréquemment les œufs des punaises pentatomides (punaise brune et autres).

Masse d’œufs de punaise pentatomide parasitée (œufs noircis) (source : Francine Pelletier, IRDA).

Petite guêpe eulophide Colpoclypeus florus qui pond dans les larves de tordeuses à bandes obliques (source : Franz Vanoosthuyse, IRDA).

Larves et pupe de Colpoclypeus florus ayant parasité une chenille de tordeuse à bandes obliques (source : Franz Vanoosthuyse, IRDA).

Régulièrement, il est possible d’observer en verger des œufs de tordeuses parasités par Trichogramma minutum. Les trichogrammes ont fait l’objet de nombreuses recherches en Amérique du Nord et l’espèce T. minutum est disponible commercialement au Québec pour lutter contre le carpocapse de la pomme et la tordeuse à bandes obliques (TRICHO-FRUITS). La grande sensibilité de ces insectes aux pesticides et leur coût d’achat limitent actuellement l’utilisation des trichogrammes, mais la protection des populations de parasitoïdes indigènes est fortement recommandée et profitable, comme démontré ci-après.

Trichogramma minutum sur un œuf de carpocapse de la pomme (source : IRDA).

Abondance et efficacité des parasitoïdes au Québec

Pour la mineuse marbrée, il est estimé que les populations peuvent être maintenues naturellement en dessous des seuils de nuisibilité lorsqu’il y a présence de parasitoïdes (cocons blanchâtres) dans 30 % des mines de première génération (en juin), et qu’elles peuvent être ainsi maintenues pour le reste de la saison si les parasitoïdes ne sont pas décimés par les pesticides utilisés pendant l’été.

Pour le puceron lanigère, il est estimé que les populations peuvent être maintenues naturellement en dessous des seuils de nuisibilité lorsqu’il y a présence de prédateurs (voir la fiche Description et efficacité des prédateurs de pucerons) ou de parasitoïdes dans les colonies au début août (un seuil précis n’est pas disponible).

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.