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DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(F. Pelletier et G. Chouinard)

Le temps froid des derniers jours a fortement ralenti le développement des pommiers. Pour le cultivar McIntosh, en date du 13 mai, les stades observés dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :

  • Plusieurs bourgeons sont au stade « prébouton rose » dans la région du sud-ouest de Montréal. Ce stade (75 % des bourgeons) devrait être atteint le 14 mai selon le modèle prévisionnel.
  • Les pommiers sont encore au stade « débourrement avancé » dans les régions de la Montérégie et de Missisquoi, mais ils s’approchent du stade « prébouton rose ».
  • Le stade « débourrement avancé » a été atteint le 8 mai dans les Laurentides et le 11 mai en Estrie pour les sites les plus hâtifs de ces régions.
  • Le stade « débourrement » a été atteint le 7 mai dans la région de Québec et le stade « débourrement avancé » devrait être observé incessamment.

Quelques épisodes de températures sous le point de congélation ont également été observés pour l’ensemble des régions. Des dégâts causés par le gel ont été rapportés par les observateurs du Réseau, notamment en Montérégie, mais sur une minorité de bourgeons seulement. Le début de saison est également caractérisé par une faible quantité de précipitations cumulées dans plusieurs régions, particulièrement dans les régions du sud-ouest de Montréal, de la Montérégie, de Missisquoi et des Laurentides. Veuillez consulter le sommaire du RAP pour obtenir les détails régionaux.

TAVELURE 
(V. Philion)

Célébrer le début de la tavelure : il faut arroser ça!
Alors que les spores sont prêtes depuis plus d’un mois, que des records d’éjection (au laboratoire) sont battus et que le feuillage se déploie depuis des semaines pour les accueillir, la pluie nécessaire à l’éjection et l’infection de la tavelure tardent à arriver. Si les prévisions météorologiques pour la journée de vendredi s’avèrent exactes, la plus grosse infection de la saison est sur le point d’arriver.

Selon le niveau de tavelure présent dans votre verger l’année dernière, vos efforts pour éliminer les feuilles de la litière et la sensibilité des cultivars de vos différents blocs de verger, il n’est pas rare qu’un seul traitement en protection juste avant l’infection soit insuffisant pour bien réprimer l’infection. Ce n’est pas tant le lessivage après le traitement qu’il faut craindre, mais bien la qualité de la couverture du feuillage : chaque feuille manquée par votre pulvérisateur ou sortie après votre traitement est une cible que la tavelure peut atteindre quand les éjections sont massives et que l’infection est optimale.

Chaque situation est unique et plusieurs stratégies sont possibles :

  1. Traitement en protection (juste avant la pluie), sur tous les rangs : c’est une approche classique. Cette stratégie est souvent suffisante, mais pas toujours. La croissance du feuillage n’arrête pas pendant la pluie et ce nouveau feuillage n’est jamais protégé, peu importe le produit utilisé.
  2. Traitement en protection, un rang sur deux : cette stratégie est souvent insuffisante. Les résultats sont variables selon le nombre de spores présentes dans le verger, la tolérance du cultivar et l’équipement de pulvérisation utilisé.
  3. Protection un rang sur deux et traitement des autres rangées pendant la fenêtre de germination: Approche populaire pour gérer le risque. En absence de pluie, seul un demi traitement est perdu. Par contre, cette approche nécessite une bonne logistique pour permettre de traiter pendant la pluie.
  4. Traitement de germination : les traitements sont synchronisés avec la fin des éjections, mais sont réalisés avant que l’infection soit trop avancée. Ce sont les traitements les plus efficaces. Cette stratégie permet aux producteurs certifiés biologiques de réussir à bien réprimer la tavelure malgré que les produits homologués dans cette régie soient moins efficaces. Toutefois, cette approche nécessite une excellente logistique, puisque les délais pour intervenir sont assez courts.
  5. Traitement « La ceinture et les bretelles » : dans les vergers très à risque (inoculum élevé, cultivar sensible, etc.), la moindre erreur dans la réalisation des traitements laisse passer des taches de tavelure. Un traitement en protection pendant ou après la pluie peut alors être nécessaire en plus d’un traitement en protection avant la pluie. C’est le scénario qu’on tente d’éviter en privilégiant la réduction préalable de l’inoculum, l’utilisation de bons pulvérisateurs, etc.

Le modèle RIMpro montre l’éjection massive de spores prévue le vendredi 15 mai. Le meilleur moment pour tuer les spores serait donc vendredi soir, selon ces prévisions.

L’urée : un traitement intéressant contre la tavelure
L’urée foliaire appliquée à répétition sur les feuilles entre le stade « prébouton rose » et le stade « calice » est une excellente stratégie pour fournir l’azote requis par les arbres tout en combattant la tavelure.

La recette à utiliser est de 3 kg/ha par application, pour un total de 5 passages ou 15 kg/ha (cette quantité d’urée donne environ 7 unités d’azote). Mélanger l’urée à vos traitements fongicides est probablement la meilleure approche pour y arriver. Le Solubor, qui est recommandé dès le stade « bouton rose », est compatible en mélange avec l’urée.

Pour plus de détails sur la fertilisation et la phytoprotection : https://reseaupommier.irda.qc.ca/?p=19671.

PAGE BLANCHE POUR LE BLANC
(V. Philion)

Quand les conditions météorologiques printanières ne sont pas favorables à la tavelure, il arrive fréquemment qu’elles le soient pour une autre maladie du pommier : le blanc (oïdium). Quand c’est le cas, des traitements spécifiques peuvent être requis dès le stade « prébouton rose ».

Actuellement, le modèle RIMpro utilisé pour prédire l’apparition du blanc n’indique aucun risque, mais la situation peut changer. Comme pour la tavelure et les autres modèles, les prévisions sont mises à jour chaque heure. Des traitements spécifiques contre le blanc pourraient devenir pertinents dans les vergers avec un historique de cette maladie et où les conditions deviennent propices à son développement.

INSECTES
(G. Chouinard)

Image Agri-RéseauPunaise terne sur piège collant, le 6 mai 2020 à Saint-Bruno. Francine Pelletier (IRDA)

Quelques punaises ternes actives ont été observées localement au milieu de la semaine dernière. Mais avec le temps frais et venteux des derniers jours, une minorité de vergers seulement ont atteint le seuil d’intervention à ce jour.

Selon le modèle prévisionnel, les premières captures d’hoplocampe des pommes pourraient être observées à partir de la semaine prochaine dans les régions les plus chaudes (sud-ouest de Montréal et Montérégie). Il est donc temps de penser à installer vos pièges. Consultez la fiche 65 du Guide de référence en production fruitière intégrée (Guide de PFI) pour la méthode de dépistage.

La pose des diffuseurs pour la confusion sexuelle du carpocapse a commencé dans plusieurs vergers. Préparez-vous aussi au dépistage : la méthode est décrite à la fiche 65 du Guide de PFI et la confusion sexuelle à la fiche 76.

Confusion sexuelle : est-il trop tôt pour installer les diffuseurs à phéromone? Non, mais attendez toutefois d’avoir fait votre application d’huile pour éviter d’affecter leur taux de diffusion (cette hypothèse est en cours de vérification à l’IRDA). Si vous utilisez la confusion sexuelle, procurez-vous vos diffuseurs, car la pose doit se faire avant la floraison. Consultez la fiche 76  pour obtenir plus d’information sur les principes de base et l’aide financière disponible, la méthode de calcul du patron d’installation des diffuseurs, la technique d’installation des diffuseurs, les instructions pour fabriquer soi-même les outils nécessaires à la pose, les observations hebdomadaires et les traitements insecticides à effectuer.

ACARIENS
(G. Chouinard)

Le début de l’éclosion des œufs du tétranyque rouge a été rapporté par des collaborateurs du Réseau dans quelques sites très hâtifs. Selon le modèle prévisionnel, l’éclosion devrait commencer au cours de la semaine prochaine dans la plupart des régions (voir le sommaire du RAP pour l’ensemble des prévisions et observations par région).

Est-il trop tard pour appliquer l’huile? Non! En fait, les applications réalisées juste avant l’éclosion des œufs (qui commence habituellement au stade « prébouton rose »), voire durant la période d’éclosion des œufs, sont très efficaces si les conditions d’application sont bonnes. Veuillez consulter les communiqués des semaines précédentes pour plus d’information.

UN TRAITEMENT INSECTICIDE PRÉFLORAL EST-IL TOUJOURS NÉCESSAIRE?
(G. Chouinard)

Les insectes sont peu actifs par temps froid, car leur activité est dépendante de la température. Les conditions météorologiques actuelles ne se prêtent pas beaucoup à leur activité. Il peut donc être envisagé de « sauter » cette intervention, mais seulement si quelques autres conditions sont présentes, comme la possibilité de traiter en période postflorale. Le seul ravageur d’importance qu’un traitement insecticide postfloral ne peut contrôler est la punaise terne. Ce dernier doit donc être ciblé en période préflorale. Pour plus d’information, consultez la section « Omission du traitement préfloral » de la fiche 69.

 

CLINIQUE VIRTUELLE D’ÉCLAIRCISSAGE ET DE LUTTE AU FEU BACTÉRIEN

Le Réseau-pommier vous offrira sous peu son troisième webinaire sous la forme d’une clinique virtuelle d’éclaircissage et de gestion du feu bactérien. Restez connectés pour ne pas rater l’annonce officielle ! D’ici là, si vous n’êtes pas familiers avec les outils informatiques et que vous voulez vous y préparer, visitez la page explicative du Réseau sur cette nouvelle façon de vous servir dans le contexte actuel.

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 13 MAI
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

 

Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.
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