Fiche 115

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La marmotte

Daniel Cormier, Robert Maheux et Yvon Morin

 

La marmotte creuse des trous et des tunnels sous les arbres, ce qui entraîne le dessèchement des racines. La présence de ces trous à la surface du sol est également une source de danger pour les travailleurs et les cueilleurs, et cause parfois des bris de machinerie. La marmotte peut en outre endommager le tronc des pommiers. Il faut éviter de confondre le terrier de la marmotte avec celui du renard (à proximité duquel se trouvent souvent des animaux morts) ou celui de la mouffette (bordé de fèces contenant des carapaces d’insectes). L’ouverture du terrier de la marmotte possède un diamètre d’environ 25 cm).

marmotte

ATTENTION! Les terriers désaffectés peuvent abriter certains gibiers pendant l’hiver : ratons laveurs, renards, lièvres, etc.

 

Stratégie de lutte
Treillis métallique et clôtures
  • Les cylindres grillagés protègent le bas des arbres, mais malheureusement pas les racines.
  • Les clôtures utilisées contre les cerfs de Virginie ne suffisent pas à éloigner les marmottes, qui creuseront simplement un tunnel en-dessous.
Répulsion

Le piment fort ou le poivre noir moulus saupoudrés autour de son habitat peuvent s’avérer efficace. Des répulsifs commerciaux tels que ROPEL peuvent également repousser les marmottes. Cependant, leur utilisation ne garantit pas que l’animal ne creusera pas un autre terrier dans le verger.

Piégeage

Pour un animal isolé, il faut placer une cage-trappe à bascule de type HAVAHART sur le sentier qu’il utilise régulièrement. Puis, il suffit de l’appâter avec du beurre d’arachide, de la laitue, du maïs sucré, des pommes ou des carottes. Ce type de trappe permet d’éviter la mort d’animaux domestiques ou sauvages non visés. L’animal doit être relocalisé à au moins 30 km de tout jardin ou culture. Les pièges CONIBEAR 120 (pour les jeunes) ou 220 sont déconseillés lorsqu’il existe un risque de capturer des animaux domestiques.

Chasse

Une chasse intensive au printemps peut constituer un moyen rapide et efficace pour réduire les populations de marmottes à un niveau acceptable. Le moment le plus propice pour s’y adonner est lors de journées ensoleillées lorsque la marmotte se tient immobile près de son terrier. Il est recommandé de vérifier la réglementation de votre municipalité concernant la possibilité d’utiliser une arme à feu, car il peut y avoir des interdictions. La Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune s’applique aussi à votre verger. Consultez la fiche 20, et pour vous procurer un permis de chasse aux petits gibiers, consultez le site Internet du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) : www.mffp.gouv.qc.ca sous la rubrique «&nbspLa faune/Chasse ».

Fumigation

La fumigation des tunnels de marmottes fonctionne efficacement, mais elle doit être utilisée avec les plus grandes précautions. Les produits homologués, à base de sulfate de soufre, ne doivent pas être utilisés à proximité des bâtiments à cause des risques d’incendie et de propagation de la fumée. Cette technique consiste, lorsque l’animal est dans son terrier, à boucher toutes les entrées avec de grosses pierres, sauf une et d’allumer la mèche de la « bombe à marmottes » (ex. : SANEX WOODCHUCK BOMB ou GIANT DESTROYER) puis de la lancer au fond du trou en le rebouchant promptement. Il faut prendre bien soin de se placer dos au vent pour éviter de respirer les émanations.

 

Cette fiche est tirée du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation écrite.

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Daniel Cormier

Daniel Cormier est détenteur d’un baccalauréat en agronomie avec une spécialité en phytoprotection, assorti d’une mineure en agriculture biologique. Il a aussi obtenu un doctorat en entomologie à l’Université McGill. En avril 1999, Daniel Cormier s’est joint à l’IRDA à titre de chercheur entomologiste en pomiculture. Ses travaux de recherche visent principalement à développer de nouvelles stratégies de lutte contre les insectes ravageurs du pommier par l’utilisation de moyens à risque réduit pour l’environnement et en conformité avec le programme de Production Fruitière Intégrée (PFI).

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