La pluie prévue samedi risque de provoquer à la fois une infection de tavelure et de feu bactérien dans les vergers où l’éclosion des fleurs est déjà entamée.

En PFI, la plupart des fongicides sont compatibles en mélange avec la streptomycine. Il n’y a donc pas d’enjeu particulier. La seule exception dont il faut tenir compte est que le bicarbonate (B2K) est incompatible avec la streptomycine. La meilleure stratégie serait d’appliquer la streptomycine demain et d’appliquer le bicarbonate après l’infection.

En BIO, le portrait est plus compliqué. Dans les vergers traités à l’huile, il est risqué de traiter avec du soufre. Comme le cuivre peut aussi être phytotoxique pendant la floraison, le B2K devient un choix incontournable. Malheureusement, le B2K est incompatible avec la levure Blossom Protect utilisée pour réprimer le feu bactérien. Une stratégie possible :

Vendredi = Blossom Protect (Sera efficace pour les infections de feu bactérien prévue samedi et dimanche). Dans les vergers où l’huile n’a pas été appliquée, le mélange Blossom Protect et de soufre (ex. : KUMULUS) est pourrait vous protéger d’une partie de l’infection de tavelure.

Dimanche midi = B2K pour combattre la tavelure. Le traitement de B2K affectera très peu la performance du Blossom Protect si le traitement B2K est fait 48h après la levure. Ne tardez pas trop le traitement contre la tavelure.

 

Une partie de la floraison des poiriers et des pommiers aura lieu cette année pendant une période propice au développement du feu bactérien. Au moment de l’ouverture des pétales, les bactéries sont toujours absentes des fleurs. Les insectes pollinisateurs contaminent les fleurs à mesure de leur éclosion, mais la population bactérienne de départ n’est pas suffisante pour causer une infection. Les bactéries doivent se multiplier et atteindre un seuil avant que le risque de feu soit appréciable.  Les bactéries sont favorisées par une température élevée, surtout la nuit quand l’humidité est élevée. Une pluie ou une rosée importante sont ensuite requis pour que les bactéries migrent dans la fleur pour causer une infection.

Comme les traitements (STREPTOMYCINE, BLOSSOM PROTECT) ne sont vraiment efficaces que sur les fleurs déjà écloses au moment du traitement, le moment du traitement devient rapidement un enjeu. Les traitements doivent avoir lieu après l’ouverture des fleurs à risque, mais maximum 24h avant l’infection (BLOSSOM PROTECT) ou le jour de l’infection (STREPTOMYCIN).

Pour éviter d’avoir à traiter chaque jour de nouvelles fleurs, il est bien de considérer que le temps minimum entre l’éclosion des fleurs et l’infection est de 36 h minimum.  Suivre les modèles et en particulier RIMpro permet d’espacer davantage les traitements. Les fleurs traitées sont protégées jusqu’à la fin de leur vie.

Les fleurs qui ouvrent aujourd’hui sont à risque d’infection samedi. Un traitement demain devrait couvrir les infections du 14 et du 15 mai. Le refroidissement prévu devrait atténuer le risque les jours suivants.

 

 

 

DEVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(F. Pelletier)

En date du 10 mai, les derniers stades observés (cultivar ‘McIntosh’) dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :

  • Le « prébouton rose » a été atteint le 8 mai dans les sites les plus chauds en Montérégie, le 9 mai dans la région de Missisquoi ainsi que le 10 mai dans les Laurentides. Ce stade sera atteint possiblement aujourd’hui (11 mai) dans les sites les plus hâtifs en Estrie.
  • Le « débourrement » a été atteint le 6 mai dans la région de Québec.

Le temps chaud accélère le développement des pommiers. Les prévisions du Réseau indiquent que le « bouton rose » sera atteint aujourd’hui (11 mai) et la pleine floraison dans 4-5 jours seulement (le 15 ou le 16 mai) dans les régions les plus hâtives et à la fin de la semaine prochaine en Estrie. Dans la région de Québec, le « débourrement avancé » devrait être atteint d’ici la fin de la semaine (voir le sommaire au bas de ce communiqué pour les prévisions et observations par région).

Le manque d’eau à ce temps-ci de la saison est préoccupant pour l’ensemble des régions pomicoles. Un manque d’eau à ce stade réduit la croissance et peut limiter non seulement le rendement potentiel pour cette année mais aussi celui de l’an prochain. Le guide L’implantation d’un verger de pommiers (disponible au CRAAQ) présente des informations complètes sur l’irrigation, la conception et la mise en place des systèmes de même que sur leur conduite.

INSECTES RAVAGEURS
(F. Pelletier)

L’activité de la punaise terne a été en hausse dans certains vergers ou secteurs de vergers particulièrement depuis le début de cette semaine et la hausse des températures. Des recommandations de traitements ont été faites pour quelques sites.

Les premières larves de tordeuses à bandes obliques (TBO) et autres chenilles printanières (noctuelle du fruit vert, arpenteuses, etc.) ont été observées par les collaborateurs du Réseau sur les nouvelles pousses ou bourgeons. À l’exception de quelques sites ayant atteint le seuil d’intervention, leur présence demeure à des niveaux faibles jusqu’à présent dans la majorité des vergers. Le début de l’éclosion des jeunes chenilles de spongieuses a également été observé au verger expérimental du Réseau à Saint-Bruno.

Aucune capture d’hoplocampe des pommes n’est rapportée pour le moment mais selon le modèle prévisionnel, les premières captures devraient être observées dans les prochains jours dans les régions les plus hâtives. Il est temps d’installer vos pièges à hoplocampe si ce n’est déja fait (fiche 68 du Guide de référence en production fruitière intégrée [Guide de PFI])!

La pose des diffuseurs pour la confusion sexuelle du carpocapse est complétée ou en cours dans plusieurs vergers.

Des populations de thrips du poirier sont observées dans les bourgeons floraux de nombreux vergers cette année. Les niveaux sont plus ou moins abondants selon le site. Les applications d’huile ont eu un effet sur les populations mais c’est un insecte à surveiller particulièrement dans les rangées de pommiers en bordure d’érablières.

Pour la punaise terne et l’hoplocampe, n’intervenez avant la floraison que si les seuils sont atteints. Pour les tordeuses, le dépistage des bourgeons floraux peut débuter au bouton rose, mais un traitement spécifique contre la TBO ne sera recommandé au calice que si le dépistage montre que le seuil d’intervention est dépassé. Pour la TBO seule, le seuil est de 3 % des bourgeons affectés. Consultez la fiche 74 du Guide de PFI.

ACARIENS
(G. Chouinard)

Le début de l’éclosion des œufs du tétranyque rouge a été rapporté par des collaborateurs du Réseau pour quelques sites en Montérégie. Selon le modèle prévisionnel, l’éclosion a débuté ou débutera d’ici jeudi dans la plupart des régions (sauf pour la région de Québec où l’écolsion est prévue en début de semaine prochaine).  Voir le sommaire en fin de communiqué pour l’ensemble des prévisions et observations par région.
Il n’est pas trop tard pour l’application d’huile. L’huile peut être appliquée avec succès contre les très jeunes stades du tétranyque rouge si toutefois les conditions météo sont idéales (plus de 20 ºC, peu de vent, pas de pluie dans les jours suivant l’application). De plus, pour éviter les risques de phytotoxicité, il est nécessaire de ne pas dépasser la moitié de la dose au prébouton rose (30 L/ha) et le quart de la dose au bouton rose (15-20 l/ha) et de respecter les délais préconisés avec les applications de captane (ex. : MAESTRO et CAPTAN). L’application à dose réduite perdra par contre son efficacité contre les cochenilles.

BLANC DU POMMIER : POUR NE PAS BROYER DU NOIR 
(V. Philion)

Consultez le dernier billet de V. Philion publié le 10 mai sur la plateforme PFI.

NOUVEAUTÉ : DES VIDÉOS SUR LES « NOUVEAUX » OUTILS DE LUTTE CONTRE LA TAVELURE
(G. Chouinard)

Ne manquez pas de visionner ces capsules qui démystifient trois pratiques à moindre risques : l’utilisation du bicarbonate de potassium, d’un broyeur à feuilles et d’un pulvérisateur à pression d’air optimisée. Produites par l’IRDA, ces capsules présentent les équipements nécessaires et les commentaires de producteurs, conseillers et experts du Québec. Ces outils ne sont peut-être pas véritablement ou entièrement nouveaux, mais ils sont assurément sous-utilisés. À ne pas manquer!

Image Agri-Réseau

RUCHES ET POLLINISATION
(G. Chouinard)

Les premières fleurs du cv. ‘McIntosh’ pourraient ouvrir dès le 13 mai dans les sites chauds de la Montérégie. La liste des apiculteurs qui offrent leurs services pour la pollinisation est disponible ici. Pour des conseils sur la pollinisation (nombre de ruches, arbres pollinisateurs, protection des abeilles, etc.), consultez la fiche 42 et la fiche 95 du Guide de PFI.

OPÉRATIONS DURANT LA FLORAISON
(G. Chouinard)

Prévenir l’intoxication des abeilles
Tout utilisateur de pesticides a le devoir de prendre les mesures nécessaires pour ne pas intoxiquer les abeilles. Ceci inclut notamment l’obligation légale de ne pas pulvériser un pesticide toxique aux abeilles dans un verger en fleurs, mais bien d’autres choses aussi, mentionnées à la fiche 95 du Guide de PFI. S’il est indispensable d’appliquer des pesticides pendant la floraison, il faut se limiter aux produits peu toxiques ou inoffensifs et le faire entre 19 h et 7 h, moment où les abeilles sont à la ruche. La toxicité des pesticides envers les abeilles est disponible sur l’affiche PFI, à la fiche 95 du Guide de PFI de même que sur le site Web de SAgE pesticides.

Destruction des réservoirs de ravageurs pendant la floraison 
Le début de la floraison est le temps idéal pour inspecter les alentours de votre verger afin de déceler les pommiers, les pruniers sauvages et les autres plantes de la famille des rosacées qui sont en fleurs et faciles à repérer. La plupart servent de réservoir à des insectes nuisibles tels que l’hoplocampe des pommes, le charançon de la prune, la mouche de la pomme et plusieurs autres, sans compter les maladies.  Pour en savoir plus, consultez la fiche 34 du Guide de PFI.

Les réservoirs à éliminer ne sont pas sur votre propriété?  Vous pouvez déposer une plainte pour les organismes nuisibles réglementés par la Loi sur la protection sanitaire des cultures à l’aide d’un formulaire en ligne sur le site Web du MAPAQ.

Contrôle de la vigueur
Que vous utilisiez APOGEE pour contrôler la vigueur de vos arbres ou pour mieux gérer le feu bactérien, n’oubliez pas que la première application se fait généralement à la floraison.

Carpocapse
La floraison est le moment idéal pour installer votre ou vos pièges à carpocapse. Le dépistage est une nécessité économique. La méthode de dépistage est décrite à la fiche 65 du Guide de PFI. Rappel concernant la confusion sexuelle: l’installation des diffuseurs doit se faire au plus tard à la floraison. Consultez le communiqué du 20 avril 2022 pour les détails.

Tordeuse à bandes obliques et autres tordeuses
Pour les tordeuses, le dépistage des bourgeons floraux peut commencer dès le stade « bouton rose », mais un traitement spécifique contre la tordeuse à bandes obliques (TBO) ne sera recommandé au stade « calice » que si le seuil d’intervention est dépassé selon le dépistage effectué. Pour la TBO seule, le seuil est de 3 % des bourgeons affectés. Consultez la fiche 74 du Guide de PFI.

Dépistage des acariens sur feuillage
Si vous n’avez pas pu ou ne prévoyez pas faire une application d’huile, il sera bientôt temps de commencer le dépistage sur le feuillage. Les seuils d’intervention proposés dans le Guide de PFI (fiche 65) peuvent être modulés en fonction du nombre d’œufs, de la vigueur des arbres, de l’importance de la récolte et de tout stress hydrique ou climatique.

ÉCLAIRCISSAGE : ÇA COMMENCE DÈS LA FLORAISON!
(E. Barriault)

Pour bien réussir votre éclaircissage des variétés difficiles à éclaircir (Paulared, Gingergold, Gala, Honeycrips, Spartan, Empire, etc.) il est recommandé de faire plusieurs traitements et d’utiliser toutes les fenêtres d’opportunités disponibles, en commençant dès la floraison. En effet, des traitements mécaniques avec des appareils comme Darwin ou des traitements chimiques avec l’ANA (FRUITONE) sont possibles dès le stade 20 à 50% de la pleine floraison (1 à 2 fleurs ouvertes). Les traitements de fertilisation foliaire à base d’azote avec ATS ont également un effet éclaircissant. Dans le cadre du projet de verger vitrine, nous avons obtenu de très bons résultats même sans l’usage du carbaryl (SEVIN), en commença dès la floraison.   Pour plus d’information sur l’éclaircissage floral, consultez l’article : RIMpro, un nouvel outil pour planifier l’éclaircissage et la fiche 43 du Guide de PFI pour plus d’information sur l’éclaircissage mécanique et chimique.

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 10 MAI
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages téléphoniques des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.

Dans plusieurs vergers avec antécédents du blanc du pommier, les premiers signes de la maladie devraient être visibles. Les bourgeons affectés l’an passé commencent à libérer des spores qui peuvent infecter les nouvelles feuilles de l’année. Contrairement à la tavelure, le blanc n’est pas favorisé par la pluie. Par contre, cette maladie a besoin d’une humidité élevée pour s’installer. L’humidité prédite au cours des prochains jours est donc parfaite pour la maladie. Le modèle RIMpro a tendance à sous estimer les périodes favorables à l’infection. Plusieurs stations indiquent actuellement soit des risques d’infections ou sont proches du seuil. Quand le modèle prédit une infection de blanc, comme actuellement, c’est qu’elle est grave!   Un traitement dirigé maintenant contre le blanc peut être nécessaire selon l’historique du verger et la sensibilité du cultivar.

 

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(G. Chouinard)

Le « débourrement avancé » (cultivar ‘McIntosh’) a été atteint le 1er mai au sud-ouest de Montréal, le 2 mai dans les sites les plus chauds en Montérégie et le 3 mai dans Missisquoi. Ce stade sera atteint possiblement aujourd’hui (4 mai) en Estrie, dans les sites les plus chauds.

Selon les prévisions des prochains jours, le stade « débourrement » est prévu pour le 9 mai dans la région de Québec alors que le stade « prébouton rose » devrait être atteint le 8 mai dans les régions les plus hâtives.

Consultez le tableau sommaire (en lien au bas de ce communiqué) pour de l’information par région.

TAVELURE : PREMIÈRE GROSSE INFECTION EN 2022
(V. Philion)

Dans plusieurs secteurs pomicoles, la pluie en cours (mercredi 4 mai) provoquera la première infection de tavelure de 2022. Cette année, les spores sont en avance et l’infection prévue par RIMpro est à risque élevé. La stratégie la plus efficace pour réprimer les infections est de traiter pendant la fenêtre de germination des spores (traitements « stop »), soit après l’éjection, mais avant l’infection. Comme la période des éjections aujourd’hui se terminera après le début de l’infection des premières spores, cette approche n’est pas possible. Par contre, plusieurs produits demeurent excellents pour des traitements réalisés jusqu’à 250 degrés-heures après le début de l’infection. Cette stratégie est parfaitement adaptée à l’infection en cours.

Pour cette approche, le bicarbonate de potassium (c’est encore mieux s’il est appliqué en mélange avec du soufre, dans les vergers sans huile*) est très efficace, abordable et n’est pas sujet à la résistance.

Les traitements plus tardifs impliquent des produits plus chers et sujets à la résistance. La dose requise pour arrêter la tavelure augmente à mesure qu’on retarde le traitement. Il vaut mieux traiter rapidement sous la pluie que d’attendre le retour du beau temps.

*L’huile est compatible avec tous les fongicides sauf : CAPTAN, FOLPAN, le soufre et la bouillie soufrée.

 

INSECTES  PRINTANIERS
(G. Chouinard)
Punaise terne
Des captures de punaises ternes et quelques dommages (exsudat) ont été observés à des niveaux variables selon les sites. Jusqu’à présent, le seuil d’intervention a été atteint de façon localisée dans une minorité de vergers. Selon le modèle prévisionnel, on sera au pic de captures pour cet insecte dans les prochains jours pour la plupart des régions à l’exception de celle de Québec.

Pour évaluer le risque posé par ce ravageur, il faut tenir compte non seulement des captures sur les pièges, mais aussi de l’activité observée sur les bourgeons, de l’historique de la parcelle, des variétés présentes, des conditions climatiques et du type de mise en marché (voir la fiche 65 du Guide de référence en production fruitière intégrée [Guide de PFI] pour les seuils d’intervention). Le moment de l’intervention est important et doit coïncider avec les conditions favorables à l’activité de la punaise (peu ou pas de vent, température au-dessus de 15 °C et absence de pluie), ce qui se produit le plus souvent entre le « débourrement avancé » et le « prébouton rose ».

Ravageurs secondaires
Des captures élevées de papillons de la noctuelle du fruit vert sont observées dans les vergers pilotes du Réseau comparativement aux dernières années. Les premières captures de tordeuse à bandes rouges et de mineuse marbrée ont aussi été rapportées en Montérégie (Est et Ouest). La présence occasionnelle de ravageurs mineurs (thrips du poirier, orcheste du pommier) a aussi été rapportée par quelques observateurs du Réseau.

Les ravageurs secondaires ne nécessitent habituellement pas d’interventions spécifiques sauf de façon localisée (par exemple, dans les rangées bordant les érablières dans le cas du thrips du poirier). Le traitement insecticide préfloral classique (voir ci-après) peut aussi prévenir les dommages causés par les ravageurs secondaires. Qu’il s’agisse de traitements localisés ou complets, assurez-vous que ces ravageurs sont bien présents dans votre verger avant de sortir le pulvérisateur et choisissez le produit en fonction des espèces à réprimer. Pour connaître les caractéristiques des produits utilisables, consultez l’affiche Production fruitière intégrée 2022 ou consultez le site de SAgE pesticides.

HUILE SUPÉRIEURE VS ACARIENS ET SPONGIEUSE
(G. Chouinard)

Selon le modèle et les prévisions météorologiques actuelles, l’éclosion des œufs du tétranyque rouge pourrait survenir à partir du 10 mai dans les régions les plus hâtives (Montérégie-Ouest et Est). Pour faire suite aux recommandations de la semaine dernière, surveillez les prévisions météo et préparez-vous pour une application d’huile supérieure, sauf si le dépistage des œufs vous indique qu’un traitement contre les œufs n’est pas nécessaire (il s’agit d’une situation moins fréquente, mais possible). Consultez la fiche 92 du Guide de PFI pour les détails.

Votre verger a subi les attaques de la spongieuse l’année passée? L’huile aura aussi un effet étouffant sur les oeufs pondus sur les branches de pommier la saison dernière, et qui écloront sinon à partir de la mi-mai. Au besoin, inspectez vos pommiers afin de vérifier si des masses d’oeufs sont présentes. Si le problème est localisé, vous pouvez détruire manuellement les masses d’oeufs, facilement identifiables grâce à leur taille et la présence des poils qui les recouvrent.

Image Agri-Réseau

Femelle de spongieuse et sa masse d’oeufs sur un tuteur de bambou (été 2021 à Saint-Bruno). F. Vanoosthuyse (IRDA)

Rappels concernant l’huile

  • L’huile a une efficacité redoutable contre les œufs de tétranyque rouge si elle est appliquée dans de bonnes conditions : température chaude (idéalement 18 °C ou plus), vents faibles et application soignée de façon à bien couvrir les bourgeons.
  • Vous n’avez pas pu appliquer l’huile avant l’éclosion des oeufs? Sachez que lorsqu’elle est appliquée dans de bonnes conditions, l’huile est très efficace autant sur les premiers stades mobiles du tétranyque que sur les œufs.
  • Pour éviter toute phytotoxicité, utilisez la moitié de la dose d’huile au stade « prébouton rose » (max. 30 l/ha) et le quart de la dose au « bouton rose » (15-20 l/ha). Cette dose réduite appliquée au prébouton rose perdra cependant son efficacité contre les cochenilles.

LE TRAITEMENT INSECTICIDE PRÉFLORAL : PAS TOUJOURS NÉCESSAIRE
(G. Chouinard)

 

Les insectes sont peu actifs par temps froid, car ils sont dépendants de la température. Lorsque les conditions météorologiques sont défavorables à leur activité, il peut être envisagé de « sauter » cette intervention faite conventionnellement avec un insecticide à large spectre. Éviter le traitement insecticide préfloral est possible si quelques autres conditions sont présentes, comme la possibilité de traiter en période postflorale. Le seul insecte ravageur préfloral d’importance qui ne peut pas être contrôlé après la floraison est la punaise terne. Cette dernière doit donc être surveillée en période préflorale. Pour plus d’information, consultez la section « Omission du traitement préfloral » de la fiche 69 du Guide de PFI.

VOTRE PULVÉRISATEUR,  VOTRE SÉCURITÉ
(G. Chouinard)

Qu’il s’agisse de votre sécurité financière ou de votre sécurité personnelle, votre pulvérisateur est au coeur de votre entreprise et de votre vie. Ne négligez pas :

  1. de bien l’entretenir et de vérifier son réglage afin que vos pulvérisations soient conformes à vos besoins;
  2. d’y apporter les améliorations requises, voire le remplacer au besoin, afin qu’il réponde à vos exigences et à celles de votre entourage et de vos acheteurs.
Besoin de guides? Consultez la fiche 61 du Guide de PFI sur le réglage et l’étalonnage du pulvérisateur, de même que la nouvelle capsule vidéo sur la pulvérisation à distribution d’air optimisée.

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 3 MAI
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages téléphoniques des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.

Au cours des 25 dernières années, les outils disponibles pour lutter contre la tavelure ont considérablement changé. Au moins trois facteurs ont forcé les producteurs à s’adapter:

1) La résistance de la tavelure aux fongicides a joué un rôle de premier plan. Les fongicides du groupe 11 (strobilurines, QoI) représenté par des produits comme Sovran et Flint est apparu au tournant du siècle et déjà quasiment disparu. Contre la tavelure, il ne restera bientôt que le Merivon qui en contiendra, mais en mélange seulement. Le groupe 3 (IBS), qui était la pierre angulaire de nos stratégies de jadis (Nova), a été renouvelé pour affronter la résistance et quelques produits comme Inspire Super sont encore recommandables.

2) L’innovation a été plus lente que la résistance, mais l’arrivée du groupe 7 (SDHI), avec une pléthore de produits (Aprovia, Fontelis, Sercadis, etc.), a donné un sursis, du moins jusqu’à ce que le champignon s’y adapte. D’autres nouveautés PFI (à venir) non apparentées aux produits actuels (ex.: Kinoprol) pourraient aussi faciliter les rotations.

L’homologation du bicarbonate de potassium (B2K), dont on ne parle pas assez, est une occasion unique pour les producteurs du Québec. Le B2K est efficace, pas cher, “bio” et à l’abri de la résistance, une combinaison très rare. Les homologations “bio” sont souvent ni efficaces, ni bon marché. En fait, le B2K ne devrait pas être réservé à la communauté “bio”. Tous les producteurs devraient en profiter.

3) La réglementation canadienne, et en particulier le retrait du Polyram, les restrictions majeures sur l’utilisation du Captan et celles à venir sur le mancozèbe vont compliquer davantage le choix des produits.

Dans ce contexte, nous avons opté pour tester quasiment tous les produits disponibles pour mieux guider vos choix de traitements. Les produits biologiques, à faibles risque, et les produits anciens y sont presque tous passés.  L’efficacité pour les traitements de protection, pendant la pluie, après l’infection: toutes les stratégies ont été considérées. Comme le coût des produits n’est pas négligeable et très variable entre les matières actives, nous avons décidé d’inclure ce facteur dans notre sélection. Entre deux produits équivalents, il est normal que le prix soit considéré dans votre choix. La comparaison a été faite avec les prix de 2021, mais elle sera mise à jour au besoin ou sur demande.

Malheureusement, certains produits n’ont pas été testés. Les produits exclus des tests ont été choisis par les membres du réseau pommier et pourront être inclus dans un projet à venir si la demande est suffisante et si le projet est renouvelé. Ils apparaissent au tableau avec l’information disponible.

Comme la dose homologuée par l’ARLA ne garantie pas une efficacité égale entre produits, nous avons d’abord procédé en établissant une dose “équivalente” entre les formulations commerciales.

La dose équivalente est basée sur la capacité de contrer l’infection, mais ne considère rien d’autre. La dose équivalente d’un produit qui résiste au délavage (ex.: Captan) peut donc être jugée plus utile que celle d’un produit facilement lessivable par la pluie (ex.: bicarbonate ou B2K). Cependant, comme aucun produit n’a la capacité de protéger adéquatement une feuille en croissance au moment du traitement, la sortie des nouvelles feuilles est souvent beaucoup plus critique comme critère de renouvellement des traitements que le lessivage.

Dans certains cas (Buran, Cueva, Excalia, Serenade Opti) la dose homologuée n’est probablement pas assez élevée pour garantir une efficacité comparable aux autres produits. La dose “équivalente” requise ne serait pas permise. Il nous apparaissait important que cette information soit connue. Pour certains produits, l’écart est moins grand. À pleine dose, ils donnent probablement une efficacité similaire à la moitié de la dose suggérée pour les autres produits (ex.: Flint, Scala). À l’inverse, la dose homologuée pour plusieurs produits (ex.: Captan, mancozeb, soufre) est très élevée et la dose “équivalente” est nettement réduite par rapport à l’étiquette.

La dose équivalente peut sembler élevée pour certains produits. Par exemple, le tableau suggère 10.4 kg/ha de Kumulus alors que des doses plus faibles sont régulièrement utilisées. Si vous utilisez déjà une dose plus faible, le tableau pourra vous être utile pour calculer une dose approximativement équivalente d’un autre produit.

La dose vraiment requise dans un verger diffère selon la pression de la maladie et la qualité de la pulvérisation. Dans les vergers “propres”, une dose faible de soufre (ex.: 5 kg/ha) bien positionnée avec un pulvérisateur performant (ex.: Aircheck) pourrait donner un résultat suffisant, mais pas ailleurs. Si c’est le cas, il est possible d’ajuster la dose des autres produits en utilisant la dose équivalente comme guide.

Attention: utiliser une dose “trop faible” a cependant des conséquences importantes. La première est évidemment que laisser passer trop de taches vous oblige à des traitements plus fréquents pour le reste de la saison. L’économie initiale est vite perdue dans ce cas. Dans le cas des produits à risque de résistance, les taches qui passent sont aussi plus souvent tolérantes aux fongicides. Les doses trop faibles peuvent abréger leur vie utile.

Le “limbo” des doses est certainement une avenue intéressante, mais les limites à ne pas franchir sont réelles. Par exemple, les tests à l’IRDA avec 1,2 kg/ha de Captan 80% ont toujours donné de bons résultats, mais pas à 0,6 kg/ha. La dose de référence de nos tests avec captan pour le calcul de la dose “équivalente” est de 1,3 kg/ha  (ou 2,1 kg /ha de formulation 48%). La dose calculée dans le tableau s’approche donc des limites constatées sur le terrain.

En matière de gestion de la résistance, la dose “équivalente” suggérée pour toutes les familles permet d’éliminer le risque provoqué par les produits plus faibles. Par exemple,  appliquer 0,4 L/ha de Aprovia a la même efficacité que 0,8 L/ha de Excalia. Comme la dose maximale homologuée pour Excalia est seulement de 0,219 L/ha, l’efficacité attendue pour ce produit est moindre et les risques liés à la résistance sont donc accrus.

Le calcul de la dose “équivalente” n’est probablement pas parfait, mais c’est la meilleure information disponible.

Au cours de la saison 2022 et dans des réunions prévues cet automne, des programmes de traitement seront proposés qui tiendront compte des résultats de nos projets et des contraintes réglementaires.

Par exemple, les limites imposées sur le Captan (2 traitements) et le Mancozèbe (4 traitements) vont forcer un grand nombre de producteurs à chercher des alternatives au delà des 6 traitements classiques du groupe M “à bas prix” (<30$/ha).

L’option la plus simple pour limiter l’usage du mancozèbe et du captan est certainement d’éliminer les mélanges avec les autres fongicides. Plusieurs étiquettes de produits à risque pour la résistance (ex.: Scala) suggèrent fortement de mélanger avec un produit du groupe M pour retarder la résistance. Cette stratégie qui est aussi relayée par les services “extension” aux USA n’est pas utile pour les traitements en post infection et n’est pas nécessaire si vous faites une rotation entre les familles, ou si le produit appliqué est déjà un mélange entre les groupes (ex: Inspire Super = 3 + 9).

En considérant qu’obtenir une efficacité égale au Captan avec le Folpan (84 $/ha) ou Allegro (118 $/ha) aurait un impact majeur sur le budget, il pourrait être opportun de changer de stratégie et traiter du B2K + Kumulus en lien avec les pluies (<20 $/ha). Les stratégies sans B2K forceront le recours plus fréquent aux produits à risque de résistance (ex.: Aprovia, 53 $/ha ou Inspire Super, 77 $/ha).

Pour tous les produits testés, nous avons observé que les traitements pendant la pluie étaient les plus efficaces. Comme cette approche (traitement de germination [STOP]) ne permet pas de rémanence et que les produits sont lessivés rapidement, il vaut mieux la réserver pour les produits les moins chers (ex.: B2K + Kumulus). Les produits jugés “excellents” jusqu’à 24 heures après l’arrivée des spores peuvent être utilisés à la dose “équivalente”, soit en protection ou jusqu’à environ 250 DH après le début de l’infection (ligne rouge de RIMpro).

Nous avons constaté que l’efficacité de tous les produits chutait brutalement lors des traitements plus tardifs. C’est pour cette raison qu’aucun produit n’a été classé “excellent” pour les traitements effectués 48 heures après le début de la pluie (672 DH). Dans les cas où vous êtes forcés à traiter tardivement, ne coupez pas les doses et n’utilisez que les produits produits classés à efficacité “bonne” ou “très bonne”.

Les tableaux sont visibles en cliquant sur ce lien

La version simplifiée élimine les produits de plus de 125 $/ha et les formulations similaires d’un même produit. Le tableau simplifié élimine aussi la plupart des produits non retenus dans nos essais.

Les produits en mélange compliquent les rotations puisque deux groupes sont utilisés lors de chaque traitement. Voici notre suggestion par groupe:

Choix du groupe 3: Le difénoconazole est la molécule la plus efficace du groupe. Malheureusement, cette molécule n’est disponible qu’en mélange. Nous proposons d’utiliser Inspire Super et non Aprovia Top ou Miravis Duo pour éviter l’abus des fongicides du groupe 7. Pour obtenir une efficacité similaire avec Cevya, il faudrait dépasser la dose homologuée. Les autres fongicides du groupe 3 ne sont pas assez efficaces à la dose homologuée.

Choix du groupe 7: En absence d’information précise sur le fongicide Parade et quelques molécules non sélectionnées dans les tests, nous proposons Aprovia comme choix économique à efficacité égale. Le fongicide Fontelis est aussi efficace à la dose homologuée, mais plus cher. Évitez Miravis Duo et Aprovia Top pour maintenir la possibilité d’utiliser un groupe 3 au moment jugé opportun.

Choix du groupe 9: Comme les produits du groupe 9 ne sont pas efficaces sur fruits, nous avons préféré prioriser les groupes 3 et 7. Le Scala est actuellement le seul produit du groupe qui n’est pas imposé en mélange, mais en moins efficace que les autres produits.

Choix du groupe 11: Dans les vergers où la résistance n’est pas installée, ce groupe est efficace. Cependant, Flint est le seul produit qui n’est pas imposé en mélange et sa dose homologuée est faible par rapport à la dose “équivalente” et très chère. Comme Merivon et Pristine contiennent un groupe 7, il est probablement plus sage de les éviter pour préserver vos options de traitements.

 

Les premières ascospores de la tavelure du pommier sont arrivées à maturité il y a quelques semaines dans le sud du Québec. Les feuilles envoyées au laboratoire témoignent que les spores sont prêtes à l’éjection si elles en ont l’occasion. Comme les tests au laboratoire sont réalisées à la température pièce, il est normal que les éjections observées soient plus élevées que celles prédites en vergers. Le modèle RIMpro tient compte de la température extérieure qui inhibe fortement les éjections quand il fait froid. C’est ce qui explique la grande différence entre les données publiées pour les deux outils.  La température extérieure finira bien par augmenter et les éjections en verger atteindront vite des niveaux élevés cette année.

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(G. Chouinard)

En date du 26 avril, les derniers stades (cultivar McIntosh) observés dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :

  • Le débourrement a été atteint le 20 avril au sud-ouest de Montréal, le 23 avril dans la région de Missisquoi et le 25 avril en Montérégie-Est ainsi que dans les sites les plus chauds en Estrie et dans les Laurentides.

Selon les prévisions des prochains jours, le stade débourrement avancé est prévu au début de mai dans les régions les plus hâtives et celui du débourrement pour le 9 mai dans la région de Québec. Consultez le tableau sommaire (au bas de ce communiqué) pour de l’information région par région.

TAVELURE
(V. Philion)

Des ascospores matures sont déjà présentes et prêtes à être éjectées à la prochaine occasion dans toutes les régions, sauf celle de Québec. Pour plus d’informations, consultez le dernier billet tavelure sur la plateforme PFI.

TÉTRANYQUE ROUGE ET COCHENILLES
(G. Chouinard)

Situation actuelle

La présence d’œufs de tétranyque rouge est variable d’un verger à l’autre. Le seuil d’intervention pour les applications d’huile est atteint dans certains blocs, mais certains collaborateurs rapportent que, de façon générale, les populations sont moins abondantes que les années précédentes. Des traitements d’huile ont été recommandés par plusieurs collaborateurs dans les vergers avec des historiques de dommage de cochenilles, mais la présence de bonnes fenêtres d’application a été limitée jusqu’à présent.

Dépistage

La période actuelle est un bon moment pour effectuer un comptage des œufs d’hiver de tétranyque rouge. Ceci vous permettra de déterminer le besoin d’une application d’huile. La méthode de dépistage est décrite dans le Guide de référence en production fruitière intégrée (Guide de PFI) (fiche 92).

Application d’huile

Si le seuil d’intervention du tétranyque est atteint, votre investissement en huile sera plus que rentable. Toutefois :

  • N’appliquez pas l’huile avant le réchauffement des températures. L’huile a une efficacité redoutable contre les œufs si elle est appliquée dans de bonnes conditions : température chaude (idéalement 18 °C ou plus), vents faibles et application soignée de façon à bien couvrir les bourgeons. Typiquement, l’application est effectuée entre les stades débourrement avancé et prébouton rose, mais des applications au débourrement ou au bouton rose peuvent s’avérer tout aussi, voire plus efficaces, si les conditions météo sont plus favorables à ce moment.
  • Deux passages à demi-dose peuvent être nécessaires pour bien couvrir les arbres selon les conditions d’application.
  • Attention à la phytotoxicité : ne pas utiliser du soufre ou du captane moins de 10 jours avant et après une application d’huile, et éviter d’appliquer si du gel est prévu dans les 2 jours qui suivent le traitement.

Un mot sur la quantité d’eau à utiliser : il est bien sûr nécessaire d’appliquer suffisamment d’eau pour bien couvrir les arbres, mais il n’est ni nécessaire ni recommandé d’appliquer plus d’eau qu’il n’en faut. Une bonne couverture peut être réalisée de bien des façons, par exemple avec une application à faible volume effectuée à basse vitesse. Le succès des pulvérisations à faible volume dans les vergers-vitrines est d’ailleurs éloquent à ce sujet. Quelques autres points à considérer :

  • Les applications d’huile supérieure évitent le développement de problèmes de cochenilles.
  • Lorsqu’elle est appliquée dans de bonnes conditions, l’huile est efficace autant sur les premiers stades mobiles du tétranyque que sur les œufs.
  • Pour éviter toute phytotoxicité, utiliser la moitié de la dose d’huile au stade « prébouton rose » (max. 30 l/ha) et le quart de la dose au « bouton rose » (15-20 l/ha). Cette dose réduite appliquée au prébouton rose perdra cependant son efficacité contre les cochenilles.

 

PUNAISE TERNE
(G. Chouinard)
Le début de l’activité en verger de la punaise terne a été noté en début de semaine en Montérégie (Est et Ouest) et dans la région de Missisquoi. Quelques captures ont été observées dans les sites où les pièges étaient installés. Pour évaluer le risque posé par ce ravageur, il faut toutefois tenir compte non seulement des captures sur les pièges, mais aussi de l’activité observée sur les bourgeons, de l’historique de la parcelle, des variétés présentes, des conditions climatiques et du type de mise en marché (voir la fiche 65 du Guide de PFI pour les seuils d’intervention). Le moment de l’intervention est important et doit coïncider avec les conditions favorables à l’activité de la punaise (peu ou pas de vent, température au-dessus de 15 °C et pas de pluie), ce qui se produit le plus souvent entre le « débourrement avancé » et le « prébouton rose ».
PROTECTEURS DE TRONC POUR JEUNES POMMIERS
Lors de la plantation de jeunes pommiers, il est courant d’installer une forme de protection de la partie inférieure du tronc pour contrer plusieurs risques (brûlure du sud-ouest, rongeurs, sésie, désherbeur mal ajusté, etc.). Différents types de protections existent, mais aucune ne protège contre tous les risques. Les spirales de plastique blanc, par exemple, n’offrent aucune protection contre la sésie; en fait, ils procurent des conditions idéales pour la ponte de la sésie et le développement de certaines maladies du point de greffe. Favorisez la peinture au latex pour prévenir la brûlure du sud-ouest; pour prévenir les dommages de rongeurs et de sésie, utilisez préférablement un grillage. Celui-ci sera plus ou moins serré et plus ou moins flexible selon les dommages à prévenir. Vous pouvez utiliser une double ou triple épaisseur au besoin, ou même une combinaison de deux types de grillage.

 

LES SERVICES DU RÉSEAU-POMMIER EN 2022
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour la présentation annuelle des vergers pilotes, des membres du Réseau, de nos plus récentes publications et plus encore!

 

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 26 AVRIL
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(G. Chouinard)

Le stade débourrement (cv. McIntosh) sera atteint le 21 avril dans les sites les plus chauds du sud-ouest du Québec, mais jusqu’à une semaine plus tard dans les autres vergers de la Montérégie. Les prévisions pointent vers les derniers jours d’avril pour l’atteinte de ce stade en Estrie et dans la région de Deux-Montagnes, et une semaine plus tard dans la région de Québec. Le sommaire hebdomadaire sera disponible à partir de la semaine prochaine.

LES ASCOSPORES SONT PRÊTES, ET VOUS?
(V. Philion)

Les premières spores de la tavelure du pommier (ascospores) sont arrivées à maturité et certaines sont prêtes à l’éjection depuis environ le 9 avril. Les spores sont donc très en avance sur le débourrement encore cette année. Les traitements fongicides ne sont pas utiles avant l’apparition des premières feuilles (stade débourrement). Toutefois, il s’agit actuellement d’un bon moment pour finaliser la préparation de votre pulvérisateur. Ne planifiez pas en fonction de « sauter » le premier traitement de l’année, surtout dans les vergers avec un historique de problèmes.

Pour la destruction des spores par le broyage de la litière et l’application d’urée en complémentarité, consultez ce billet publié le 14 avril.

NOUVEAUTÉ : CAPSULES VIDÉOS POMICOLES 
(G. Chouinard)

Tout nouveau tout chaud! L’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) annonce la sortie d’une série de courtes capsules qui démystifient chacune une pratique à moindre risque qui gagne à être connue. Présentées par des producteurs de chez nous et des conseillers connus du milieu, ces pratiques portent sur les sujets suivants : la pulvérisation optimisée, le bicarbonate et le broyage de feuilles contre la tavelure, l’exclusion, le désherbage mécanique et la lutte attracticide contre la mouche de la pomme. Ces pratiques sont utilisées dans les vergers-vitrines depuis quatre ans. Pour en savoir plus, suivez ce lien. Et pour les voir en action dans un verger-vitrine, continuez à lire!

 

EN POMICULTURE, C’EST EN 2022 QUE ÇA SE PASSE
(G. Chouinard)
Les producteurs de pommes du Québec ont été à l’avant-garde dans le développement de nombreuses innovations agricoles, et ce, depuis longtemps. Cela ne risque pas de changer au cours des trois prochaines années, car deux projets d’envergure viennent de recevoir un appui financier du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) dans le cadre du Plan d’agriculture durable du gouvernement du Québec. D’une part, le programme de production fruitière intégrée (PFI) développé au début des années 2000 sera évalué et révisé, et de nouveaux outils seront développés afin de poursuivre son implantation auprès des producteurs. D’autre part, de nouveaux « vergers-vitrines » seront implantés dans les régions pomicoles et une caravane de l’innovation sillonnera la province afin de faire connaître au plus grand nombre les pratiques de régie à moindre risque pour la pomiculture.
Surveillez votre courrier prochainement afin de ne pas rater la programmation estivale des nombreuses journées de démonstration et de formation qui seront offertes dans un verger près de chez vous. Et surtout, soyez présent, car si la pandémie ne revient pas chambouler les plans, « c’est en 2022 que ça se passe! » .

 

ACTUALITÉS PESTICIDES : QUELQUES RAPPELS
L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) réévalue maintenant les pesticides utilisables en arboriculture fruitière (et dans les autres cultures), sur une base régulière. Voici un rappel des plus importants changements pour 2022 :

IMIDAN (phosmet) : 2022 est la dernière année avant l’entrée en vigueur complète de plusieurs nouvelles restrictions. La plus contraignante est l’interdiction de faire de l’éclaircissage manuel si le verger a reçu une application de ce produit. Le délai avant récolte a aussi été revu, de même que la quantité et le nombre maximum d’applications permises par saison. Si toutefois le fabricant a déjà commencé à distribuer des contenants portant la nouvelle étiquette, sachez que vous pouvez toujours vous conformer à l’étiquette précédente (sans ces nouvelles restrictions) si vous l’avez en main. En 2023, les restrictions s’appliqueront, peu importe que vous ayez ou non la vieille étiquette en main.

POLYRAM (métirame) : ce produit a perdu son homologation en 2021 et ne peut maintenant plus être utilisé, que vous ayez ou non la vieille étiquette en main.

DITHANE, MANZATE, PENNCOZEB (mancozèbe) : 2022 est la dernière année avant l’entrée en vigueur complète de plusieurs nouvelles restrictions. La plus contraignante est le nombre maximum d’applications qui sera instauré (quatre par année, avec un délai avant récolte de 77 jours). Si toutefois le fabricant a déjà commencé à distribuer des contenants portant la nouvelle étiquette, sachez que vous pouvez toujours vous conformer à l’étiquette précédente (sans ces nouvelles restrictions) si vous l’avez en main. En 2023, les restrictions s’appliqueront, peu importe que vous ayez ou non la vieille étiquette en main.

 

CARPOCAPSE : LA CONFUSION SEXUELLE TOUJOURS DANS L’AIR
(A. Charbonneau)
Plus de 2 000 hectares au Québec sous confusion sexuelle contre le carpocapse; joignez-vous grâce à l’aide financière du MAPAQ! Les frais d’achat des diffuseurs et des pièges Delta sont subventionnés à 70 % par le volet 1 du Programme Prime-Vert. Une aide financière de 90 % est possible pour les entreprises qui répondent à l’un des trois critères suivants : 1) l’intervention est liée à un projet d’approche de mobilisation collective reconnue par le Ministère; 2) un ou des producteurs de l’entreprise agricole sont de la relève agricole; 3) l’entreprise détient une précertification ou une certification biologique pour son verger ou un cahier des charges en matière de production durable reconnu par le MAPAQ. Le Programme permet une aide financière maximale de 12 000 $/année par exploitation agricole. Consultez les détails ici ou parlez-en à votre conseiller pomicole.

L’utilisation de la confusion sexuelle pour lutter contre le carpocapse de la pomme permet de réduire le nombre d’applications d’insecticides dans les vergers ainsi que les risques pour l’environnement et la santé. Dès la deuxième année d’utilisation de la confusion sexuelle, la diminution du nombre d’applications d’insecticides visant le carpocapse de la pomme et les risques qui y sont associés diminuent de plus de 50 %. Au Québec, en 2021, 164 entreprises pomicoles ont utilisé la confusion sexuelle sur plus de 2 005 hectares de vergers, ce qui représente 40 % des entreprises pomicoles et 46 % de la surface en production de pommes du Québec.

Pour obtenir plus d’information sur la méthode de la confusion sexuelle contre le carpocapse de la pomme, consultez les fiches suivantes : Principes de base et aide financière disponible, Calcul du patron d’installation des diffuseursInstallation des diffuseurs (ISOMATE®-CM/OFM TT), Observation hebdomadaire et traitement insecticide et Comment fabriquer soi-même les outils nécessaires à la pose des diffuseurs et des pièges.

Ne manquez pas cette belle occasion de réduire votre utilisation d’insecticides et de protéger l’environnement et la santé! Commandez dès maintenant vos diffuseurs à phéromone pour lutter contre le carpocapse de la pomme!

 

L’AFFICHE 2022 « PRODUCTION FRUITIÈRE INTÉGRÉE » EST ARRIVÉE
(G. Chouinard)

La version 2022 de l’affiche Production fruitière intégrée a été distribuée à tous les producteurs membres à la fin mars, par un envoi postal des Producteurs de pommes du Québec. Vous ne l’avez pas reçue? Elle est téléchargeable gratuitement sur Internet.

WEBINAIRES DU RÉSEAU-POMMIER

Les 21 février et 15 mars derniers, le Réseau-pommier a présenté des conférences de formation et d’information sur les sujets suivants :

  • Code de gestion des pesticides (l’article 52 en détail)
  • Les vergers-vitrines : portrait de quatre années de régie à moindre risque
  • Le Guide d’implantation d’un verger de pommiers et le fichier Profitabilité
  • Portrait de la consommation de pommes et outils de développement pour le Québec
  • Produits phytosanitaires dans la pomme : revue des récentes décisions de l’ARLA
  • Paillis organiques pour les vergers
  • Comment utiliser la base de données du RECUPOM.
Vous n’avez pas pu assister à un des webinaires de cet hiver? Vous pouvez consulter le matériel présenté (sur Agriréseau) ou en regarder certains en différé (sur la chaîne Youtube de l’IRDA).

QUATRE OUTILS POUR BIEN GÉRER VOS PESTICIDES DANS TOUTE SITUATION

  1. Pour une information axée « pomiculture » : le Guide de référence en production fruitière intégrée (Guide de PFI) contient plusieurs fiches d’information sur les pesticides et des stratégies d’intervention.
  2. Pour une information axée « pesticides » : le site Web SAgE pesticides maintient à jour toute l’information officielle sur les produits utilisables au Québec, incluant les hyperliens vers les étiquettes. Il contient également une section « PFI » qui présente les cotes d’efficacité des pesticides contre les ravageurs et leur toxicité envers les espèces utiles.
  3. Pour une affiche-couleur grand format : l’affiche « Production fruitière intégrée 2022 » présente les principales recommandations du Comité de PFI et la classification PFI, ainsi que les cotes de toxicité et d’efficacité des pesticides (voir la section précédente pour les détails).
  4. Pour un registre d’utilisation de pesticides tenu à jour sans douleur : essayez le registre gratuit en ligne IRPeQ-Express de SAgE pesticides (liste de pesticides préétablie, calculs automatisés, sauvegarde pour vos différents blocs, etc.).

POUR PLUS D’INFORMATION

MESSAGES TÉLÉPHONIQUES DES CONSEILLERS DU MAPAQ (“RÉPONDEURS”) :

  • Montérégie-Est et Montérégie-Ouest : 1 888 799-9599
  • Laurentides : pas de répondeur, messages sur Internet seulement
  • Estrie : 819 820-3001, poste 2
  • Québec et Chaudière-Appalaches : 418 643-0033, poste 4

La version écrite des messages téléphoniques est aussi disponible pour la plupart des régions sur Agri-Réseau. Choisissez une des régions qui apparaissent au haut de la page d’accueil de la section Arbres fruitiers.

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.

Les premières spores de la tavelure du pommier (ascospores) sont arrivées à maturité et certaines sont prêtes à l’éjection depuis environ le 9 avril. Les spores sont donc très en avance sur le débourrement encore cette année.

Mieux vaut prévenir que guérir :

 Les traitements fongicides ne sont pas utiles avant l’apparition des premières feuilles (stade débourrement), mais c’est actuellement un bon moment pour finaliser la préparation de votre pulvérisateur. Ne planifiez pas en fonction de « sauter » le premier traitement de l’année, surtout dans les vergers avec un historique de problèmes.

Broyage de la litière et urée en complémentarité :
Le broyage des feuilles de la litière avant le début de la saison permet de détruire une grande partie des spores qui sont à l’origine des infections de tavelure au printemps. En principe, l’application d’urée au sol a le même objectif, mais les résultats sont moins « visibles » puisque la dégradation de la litière prend plusieurs jours. Selon l’équipement disponible, il peut être techniquement plus simple de broyer au centre des rangées et appliquer l’urée sur le rang. Dans les deux cas, l’effort investi pour rejoindre un maximum de feuilles est déterminant.

Pour l’urée, le traitement « classique » est fait avec une solution de 50 kg par hectare dans un volume d’eau suffisant pour dissoudre l’urée. Il est possible de dissoudre 50 kg d’urée dans 75 litres d’eau à 0 °C, mais c’est plus facile avec les volumes usuels (ex. : 250 l/ha). Il n’y a donc pas de problème de préparation. L’efficacité est proportionnelle à la quantité d’urée appliquée. Donc diminuer la quantité d’urée par hectare diminue l’efficacité de la technique.

Pour les traitements au sol, vous pouvez l’appliquer avec votre pulvérisateur conventionnel de deux manières : soit en utilisant seulement les jets du bas ou, mieux encore, en branchant une simple rampe horizontale (style herbicide) avec des buses qui couvrent au mieux la largeur de la rangée. Il est également possible d’utiliser votre pulvérisateur d’herbicide conventionnel et de le modifier pour couvrir plus large. Cette dernière solution est moins intéressante à cause des volumes d’eau importants à transporter. L’objectif est de bien mouiller la zone où l’on trouve les feuilles de litière, souvent le long du rang. L’application d’urée après le déchiquetage donne les meilleurs résultats. Évitez d’appliquer l’urée juste avant une pluie. Comme l’urée est très soluble, elle serait alors rapidement éliminée par ruissellement. Cependant, le temps de contact requis entre l’urée et les feuilles de litière pour maximiser l’efficacité n’a pas été étudié spécifiquement. L’urée appliquée à la volée en granules n’est pas absorbée également par la litière et n’est donc pas aussi efficace.

Urée au débourrement comme source d’azote :

 Comme l’azote appliqué au sol n’est pas immédiatement disponible pour l’arbre, il est préférable d’appliquer l’engrais le plus tôt possible en saison. L’application de 50 kg/ha d’urée au stade débourrement donne 23 unités d’azote assez tôt pour que l’arbre en bénéficie au moment opportun. Les autres formes d’azote appliquées au sol plus tardivement sont assimilées trop tard pour l’arbre et peuvent entrainer différents problèmes. Par contre, les traitements d’urée foliaire peuvent combler une partie des besoins immédiats de l’arbre après le stade débourrement. Consultez la fiche sur la fertilisation et la phytoprotection pour les détails.