Suite au webinaire du vendredi 22 mai sur le feu bactérien (disponible pour visionnement en cliquant sur le lien “enregistrements”), nous avons reçu plusieurs questions rarement discutées:

  • Est-ce que la canicule arrête le feu:

R: La bactérie est certainement ralentie et même éventuellement arrêtée quand la température dépasse le seuil de 28°C. À 34°C la bactérie ne va pas plus vite qu’à 20°C. Le modèle RIMpro est conçu pour refléter cette réalité, mais ce n’est pas le cas pour tous les modèles.

  • Une fleur éclose ce matin peut-elle vraiment être infectée demain?

R: Entre l’éclosion, la visite par un insecte, la contamination de la fleur, la multiplication des bactéries à un niveau dommageable et enfin l’infection (rosée ou pluie), il faut du temps. Les bactéries sont très rapides, mais en 24 h les infections naturelles sont à peu près impossibles. C’est pourquoi on a jamais besoin de traiter tous les jours, même avec les outils biologiques comme Blossom Protect. Le temps minimum utile entre deux traitements est d’environ 48 h. Pour éviter un trou de plus de 48 h, il peut arriver que les traitements soient appliqués sur deux jours consécutifs (ex: Mardi matin et Mercredi soir  (36 h), pour éviter des mauvaises conditions d’application (ex: temps venteux jeudi matin). Ne pas tenir compte de la biologie mène à des recommendations couteuses qui n’ont pas d’utilité agronomique. Un nouveau traitement après 24 heures… ne sert qu’au bonheur des vendeurs.

  • Est-ce que la sécheresse arrête le feu:

R: En principe, oui. En pratique, la baisse de risque ne semble pas assez forte pour qu’on puisse en tirer un avantage. Si l’irrigation des arbres est nécessaire, leur donner le minimum d’eau nécessaire par goutte à goutte. L’irrigation par aspersion est une méthode extrêmement efficace pour lancer des épidémies de feu bactérien.

  • Est-ce que la chaleur tue la levure:

R: Les applications de Blossom Protect devraient être faites le soir pour éviter la canicule, mais la chaleur ne tuera pas la levure. Comme le feu est également fortement ralenti par la chaleur (> 28°C), le temps additionnel requis par la levure pour s’installer n’a pas de conséquence sur son efficacité.

  • Est-ce que la chaleur affecte la streptomycine

R: Plusieurs tests ont été réalisés aux USA à température élevée.

 

 

 

Le texte sur le feu bactérien publié dans le dernier avis du RAP soulignait qu’une simple rosée pourrait suffire pour déclencher une infection par le feu bactérien. La simulation RIMpro pour plusieurs stations rapporte ce matin une infection en lien avec les fleurs écloses le 21 mai. Or ce déclenchement d’infection est probablement très “conservateur”. L’humidité relative n’était probablement pas assez élevée pour provoquer une condensation de rosée sur les fleurs et cette prévision est probablement un “faux positif”.

Si vous avez observé de la rosée sur fleurs cette nuit dans votre verger, ou si vous en observez d’ici la fin de la floraison, vous pourriez nous aider à améliorer nos modèles. SVP nous écrire (Vincent.philion@irda.qc.ca). L’information nous servira à valider le modèle de rosée sur les fleurs de pommiers qui est intégré depuis cette année dans RIMpro.

 

 

Avec le climat ensoleillé des derniers jours, le sujet des fongicides n’est pas trop d’actualité. La météo peut cependant changer et une infection surprise de tavelure peut survenir d’ici la fin de la floraison.

En production biologique (et dans les vergers où on évite la streptomycine), le Blossom Protect est le meilleur traitement pour prévenir les infections par le feu bactérien. Une des contraintes du Blossom Protect est que cette levure est sensible à une gamme variée de fongicides. Les mélanges en cuve de Blossom Protect sont à proscrire avec la plupart des fongicides conventionnels, incluant le bicarbonate de potassium.

Le mélange avec le soufre est possible, mais la restriction demeure contraignante. Par exemple, un traitement de soufre et bicarbonate pendant la pluie (fenêtre de germination, ou stop) va tuer au passage la levure qui protège les fleurs contre le feu bactérien.

Il faut donc renouveler le traitement de Blossom protect après les traitements fongicides, tant que le risque de feu est présent. Le tampon acide de Blossom Protect va neutraliser le bicarbonate présent sur les fleurs et la levure pourra à nouveau les coloniser et les protéger.

Entre le passage avec le bicarbonate et le renouvellement avec le Blossom Protect, le temps d’attente n’a pas besoin d’être très long. Le bicarbonate agit rapidement pour tuer les spores (quelques heures probablement) et le “tasser” rapidement avec le Blossom Protect n’aura pas d’impact négatif: Le bicarbonate aura déjà tué les spores de tavelure avant l’arrivée de la levure.

Par contre, laisser les fleurs à découvert pendant une période prolongée n’est pas une bonne idée. Attendre 24 h avant la nouvelle application de Blossom Protect n’est pas très risquée, mais attendre 48 h pourrait être catastrophique selon le nombre de fleurs écloses en âge d’infection et la température.

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(F. Pelletier et G. Chouinard)

Pour le cultivar McIntosh, en date du 19 mai, les stades observés dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :

  • Le stade « bouton rose » est atteint dans la région du sud-ouest de Montréal;
  • Les pommiers sont encore au stade « pré-bouton rose » en Montérégie et dans Missisquoi, mais quelques sites plus hâtifs en Montérégie ont atteint le stade « bouton rose » le 18 mai;
  • Le stade « pré-bouton rose » a été atteint le 18 mai en Estrie et le 19 mai dans les Laurentides pour les sites les plus hâtifs de ces régions;
  • Le stade « débourrement avancé » a été atteint le 17 mai dans la région de Québec.

Selon le modèle phénologique et les prévisions météorologiques des prochains jours, la pleine floraison serait atteinte en fin de semaine dans la région du sud-ouest de Montréal. Veuillez consulter le sommaire du RAP pour l’ensemble des prévisions et observations par région.

CLINIQUE VIRTUELLE SUR LA BRÛLURE BACTÉRIENNE ET L’ÉCLAIRCISSAGE DES POMMIERS 
(E. Barriault)

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La pandémie forçant toujours vos conseillers à rester confinés, le Réseau-pommier vous convie le vendredi 22 mai à 13 h à son prochain webinaire, sous la forme d’une clinique virtuelle sur la brûlure bactérienne (feu bactérien) et l’éclaircissage des pommiers. Cliquez sur l’image ci-dessus pour vous inscrire. Si le lien ne fonctionne pas, envoyez un courriel à inscriptionswebinaires@gmail.com avec la mention « Inscrivez-moi » pour recevoir les informations de connexion.

Au programme de la clinique :

  • Stratégies de lutte contre le feu bactérien, par Vincent Philion (IRDA), Vicky Filion (Club de producteurs Sud-Ouest) et Evelyne Barriault (MAPAQ) : Présentation d’un guide décisionnel pour la gestion du feu bactérien;
  • Éclaircissage des pommiers, par Evelyne Barriault (MAPAQ) : Outils disponibles pour réussir votre éclaircissage, éclaircissage mécanique floral, stratégies d’éclaircissage sans SEVIN XLR (carbaryl).

Les webinaires du Réseau-pommier sont spécialement conçus pour les producteurs de pommes. Ils sont offerts gratuitement grâce au support du RAP et ne sont pas commandités par des intérêts commerciaux.

LE FEU BACTÉRIEN N’OSERA PAS SANS ROSÉE
(V. Philion)

Cette année, la floraison des pommiers commence avec une période de chaleur très favorable à la multiplication des bactéries. Cependant, l’humidité faible qui accompagnera cette chaleur va fortement réduire la probabilité que les bactéries pénètrent dans la fleur. Les épidémies importantes de feu bactérien sont possibles seulement que lorsque toutes les conditions suivantes sont réunies:

  1. Fleurs ouvertes (éclosion commencée);
  2. Source locale de feu bactérien (chancres dans les vergers ou sur les plantes hôtes à proximité);
  3. Transport des bactéries et contamination des fleurs par les insectes (inévitable);
  4. Multiplication des bactéries à la surface des organes femelles des fleurs (prévue toute la semaine);
  5. Transfert des bactéries vers les glandes à nectar (nécessite une rosée ou de la pluie) et infection du pommier.

Le modèle RIMpro prévoit une population de bactéries atteignant le niveau critique sur plusieurs cohortes de fleurs, mais aucune infection en absence d’humidité. De toutes les conditions mentionnées ci-dessus, la condition no5 est la seule qui ne serait pas rencontrée cette semaine. Cependant, la situation peut changer rapidement. À la moindre rosée en présence d’une forte population de bactéries, une infection importante pourrait avoir lieu.

Précautions à prendre :

  • Production fruitière intégrée (PFI) : Dans les blocs les plus à risque, une application de streptomycine dans les heures suivant l’apparition de la rosée est très efficace pour réprimer la maladie. Ayez d’avance le produit en main. La streptomycine est compatible avec les traitements fongicides et est très efficace dans les applications à volume réduit.
  • Régie biologique : Si vous prévoyez un éclaircissage, la bouillie soufrée doit être appliquée avant les autres interventions contre le feu bactérien. Des applications ciblées de BLOSSOM PROTECT peuvent être utiles pour limiter la multiplication bactérienne et prévenir une éventuelle infection. Attendez au minimum un jour ou deux après l’ouverture de la première fleur (ou après un traitement de bouillie soufrée) pour le premier traitement de BLOSSOM PROTECT et espacez vos traitements pour limiter le nombre de traitements requis. Comptabiliser la proportion de fleurs ouvertes est la seule façon de savoir réellement si toutes vos fleurs à risque ont été protégées. En cas de rosée, un traitement rapide avec OXIDATE 2.0 pourrait limiter les dégâts. Cependant, ne comptez pas seulement sur cette roue de secours. Le BLOSSOM PROTECT est certainement l’outil à privilégier. Les questions les plus fréquentes sur ce produit sont regroupées ici.
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LE SOUFRE DANS LE BLANC POUR ÉVITER LES MAUX DE TÊTE?

(V. Philion)

Le blanc du pommier est historiquement une maladie secondaire au Québec, mais dans certains vergers elle cause des dommages considérables.

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Bourgeon infecté par le blanc l’année précédente, qui constitue la source des infections primaires des nouvelles pousses.

À chaque année, les épidémies démarrent à partir de quelques bourgeons infectés l’année précédente. Lorsque les bourgeons infectés atteignent le stade « pré-bouton rose », ils deviennent facile à reconnaître, mais peuvent néanmoins passer inaperçus. Cet inoculum primaire peut être éliminé par la taille et l’arrachage, mais les traitements fongicides n’en viendront pas à bout.

Cependant, les spores libérées par ces foyers d’infection contaminent les nouvelles pousses et des traitements peuvent être nécessaires pour arrêter l’épidémie. Le modèle RIMpro permet de cibler les traitements en lien avec les nouvelles infections.

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Propagation du blanc sur les nouvelles pousses. Photo : Valentin Joubert (IRDA)

Actuellement, l’humidité relative prédite est faible et les spores qui atterrissent sur les nouvelles pousses n’ont pas les conditions requises pour infecter le feuillage. Évidemment, cette prévision peut changer.

Les traitements de soufre et/ou de bicarbonate appliqués juste avant les infections ou certains fongicides systémiques sont efficaces contre le blanc. Les traitements non ciblés avec des molécules coûteuses ne sont pas plus efficaces que des traitements de soufre bien positionnés.

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INSECTES
(F. Pelletier)

  • En général, les captures de punaise terne sont demeurées faibles au cours de la dernière semaine, bien qu’une augmentation de l’activité soit rapportée à certains endroits avec la chaleur qui s’installe.
  • Quelques dégâts de chenilles printanières sur les bourgeons sont observés par les collaborateurs du Réseau, attribuables à différentes espèces (tordeuse à bandes obliques, noctuelle du fruit vert et autres). Toutefois, peu de sites ont atteint à ce jour le seuil pour justifier un traitement.
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Bouton floral aperçu à St-Bruno le 19 mai dans une parcelle sans insecticide. L’agrandissement à gauche montre les deux chenilles présentes : le pique-bouton du pommier (de couleur brune) et l’eupithécie rectangulaire (« Green pug moth »), deux ravageurs mineurs. Photo : Francine Pelletier (IRDA)

  •  Aucune capture d’hoplocampe n’est rapportée pour le moment. Cependant, selon le modèle prévisionnel, les captures devraient commencer ces jours-ci dans l’ensemble des régions, à l’exception de celle de Québec.
  • Des observateurs du Réseau rapportent cette année la présence d’un plus grand nombre de thrips du poirier dans certains sites de différentes régions (Montérégie, Missisquoi et Québec).
  • La pose des diffuseurs pour la confusion sexuelle du carpocapse se poursuit dans les différentes régions.

ACARIENS
(F. Pelletier)

Le début de l’éclosion des œufs du tétranyque rouge a été rapporté par un grand nombre de collaborateurs du Réseau pour les régions du sud-ouest de Montréal, de la Montérégie et de Missisquoi. Selon le modèle prévisionnel, l’éclosion devrait s’amorcer dans les prochains jours dans les Laurentides et en Estrie et la semaine prochaine dans la région de Québec. Veuillez consulter le sommaire du RAP pour l’ensemble des prévisions et observations par région.

La présence hâtive de tétranyques à deux points (adultes, larves et oeufs) ainsi que de tétranyques de McDaniel (une espèce très semblable) est rapportée par plusieurs collaborateurs du Réseau dans les régions de la Montérégie et de Missisquoi. Des acariens prédateurs (phytoséides et agistèmes) sont également présents.

OPÉRATIONS DURANT LA FLORAISON
(G. Chouinard)
Prévenir l’intoxication des abeilles
Tout utilisateur de pesticides a le devoir de prendre les mesures nécessaires pour ne pas intoxiquer les abeilles. Ceci inclut notamment l’obligation légale de ne pas pulvériser un pesticide toxique aux abeilles dans un verger en fleurs, mais bien d’autres choses aussi, mentionnées à la fiche 95 du Guide de PFI. S’il est indispensable d’appliquer des pesticides pendant la floraison, il faut se limiter aux produits peu toxiques ou inoffensifs et le faire entre 19 h et 7 h, moment où les abeilles sont à la ruche. La toxicité des pesticides envers les abeilles est disponible sur le site Web de SAgE pesticides de même que sur l’affiche PFI.

Destruction des réservoirs de ravageurs pendant la floraison 
Le début de la floraison est le temps idéal pour inspecter les alentours de votre verger afin de déceler les pommiers, les pruniers sauvages et les autres plantes de la famille des rosacées qui sont en fleurs et faciles à repérer. La plupart servent de réservoir à des insectes nuisibles tels que l’hoplocampe des pommes, le charançon de la prune, la mouche de la pomme et plusieurs autres, sans compter les maladies.  Pour en savoir plus, consultez la fiche 34 du Guide de PFI.

Les réservoirs à éliminer ne sont pas sur votre propriété?  Vous pouvez déposer une plainte pour les organismes nuisibles réglementés par la Loi sur la protection sanitaire des cultures à l’aide d’un formulaire en ligne sur le site Web du MAPAQ.

Contrôle de la vigueur
Que vous utilisiez APOGEE pour contrôler la vigueur de vos arbres ou pour mieux gérer le feu bactérien, n’oubliez pas que la première application se fait généralement à la floraison.

Carpocapse
La floraison est le moment idéal pour installer votre ou vos pièges à carpocapse. Le dépistage est une nécessité économique. La méthode de dépistage est décrite à la fiche 65 du Guide de PFI. Rappel concernant la confusion sexuelle: l’installation des diffuseurs doit se faire au plus tard à la floraison. Consultez les communiqués précédents pour les détails.

Tordeuse à bandes obliques et autres tordeuses
Pour les tordeuses, le dépistage des bourgeons floraux peut commencer au stade « bouton rose », mais un traitement spécifique contre la tordeuse à bandes obliques (TBO) ne sera recommandé au stade « calice » que si le seuil d’intervention est dépassé selon le dépistage effectué. Pour la TBO seule, le seuil est de 3 % des bourgeons affectés. Consultez la fiche 74 du Guide de PFI.

Acariens
Si vous n’avez pas pu ou ne prévoyez pas faire une application d’huile, il est temps de commencer le dépistage sur le feuillage. Les seuils d’intervention proposés dans le Guide de PFI (fiche 65) peuvent être modulés en fonction du nombre d’œufs, de la vigueur des arbres, de l’importance de la récolte et de tout stress hydrique ou climatique.

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 19 MAI
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

 

Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.

L’écart entre les prévisions météorologiques et ce qui est observé est un sujet éternel de discussions. Même le confinement ne vient pas à bout des conversations sur la météo.

Actuellement, on observe un écart de 4 °C (et plus) entre la prévision à court terme et les observations enregistrées par les stations météos. De plus, la variation entre les stations pour la prévision d’humidité affecte la durée prédite d’humectation du feuillage.

La température plus froide que celle prédite et une durée d’humectation différente selon les stations affectent considérablement le niveau de risque d’infection de la tavelure. Une infection avec un RIM très élevé (ex: > 300) n’a pas les mêmes conséquences qu’une infection avec un RIM plus faible.

La gestion du risque (ex: qualité de couverture) doit s’adapter aux conditions. Dans les vergers où la couverture est marginale un RIM faible est plus facilement tolérable qu’un RIM élevé. Heureusement, il est possible de s’adapter en intervenant après les éjections. (Voir billet précédent)

Quand les conditions météorologiques au printemps ne sont pas favorables à la tavelure, il arrive fréquemment qu’elles soient favorables à une autre maladie du pommier: le blanc (oïdium). Quand c’est le cas, des traitements spécifiques peuvent être requis dès le stade du pré bouton rose. Actuellement le modèle RIMpro utilisé pour prédire le blanc n’indique aucun risque, mais la situation peut changer. Comme pour la tavelure et les autres modèles, les prévisions sont mises à jour à chaque heure. Dans les vergers avec un historique de cette maladie et où les conditions deviennent propices au blanc, des traitements spécifiques pourraient devenir pertinents.

DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS 
(F. Pelletier et G. Chouinard)

Le temps froid des derniers jours a fortement ralenti le développement des pommiers. Pour le cultivar McIntosh, en date du 13 mai, les stades observés dans les différentes régions pomicoles sont les suivants :

  • Plusieurs bourgeons sont au stade « prébouton rose » dans la région du sud-ouest de Montréal. Ce stade (75 % des bourgeons) devrait être atteint le 14 mai selon le modèle prévisionnel.
  • Les pommiers sont encore au stade « débourrement avancé » dans les régions de la Montérégie et de Missisquoi, mais ils s’approchent du stade « prébouton rose ».
  • Le stade « débourrement avancé » a été atteint le 8 mai dans les Laurentides et le 11 mai en Estrie pour les sites les plus hâtifs de ces régions.
  • Le stade « débourrement » a été atteint le 7 mai dans la région de Québec et le stade « débourrement avancé » devrait être observé incessamment.

Quelques épisodes de températures sous le point de congélation ont également été observés pour l’ensemble des régions. Des dégâts causés par le gel ont été rapportés par les observateurs du Réseau, notamment en Montérégie, mais sur une minorité de bourgeons seulement. Le début de saison est également caractérisé par une faible quantité de précipitations cumulées dans plusieurs régions, particulièrement dans les régions du sud-ouest de Montréal, de la Montérégie, de Missisquoi et des Laurentides. Veuillez consulter le sommaire du RAP pour obtenir les détails régionaux.

TAVELURE 
(V. Philion)

Célébrer le début de la tavelure : il faut arroser ça!
Alors que les spores sont prêtes depuis plus d’un mois, que des records d’éjection (au laboratoire) sont battus et que le feuillage se déploie depuis des semaines pour les accueillir, la pluie nécessaire à l’éjection et l’infection de la tavelure tardent à arriver. Si les prévisions météorologiques pour la journée de vendredi s’avèrent exactes, la plus grosse infection de la saison est sur le point d’arriver.

Selon le niveau de tavelure présent dans votre verger l’année dernière, vos efforts pour éliminer les feuilles de la litière et la sensibilité des cultivars de vos différents blocs de verger, il n’est pas rare qu’un seul traitement en protection juste avant l’infection soit insuffisant pour bien réprimer l’infection. Ce n’est pas tant le lessivage après le traitement qu’il faut craindre, mais bien la qualité de la couverture du feuillage : chaque feuille manquée par votre pulvérisateur ou sortie après votre traitement est une cible que la tavelure peut atteindre quand les éjections sont massives et que l’infection est optimale.

Chaque situation est unique et plusieurs stratégies sont possibles :

  1. Traitement en protection (juste avant la pluie), sur tous les rangs : c’est une approche classique. Cette stratégie est souvent suffisante, mais pas toujours. La croissance du feuillage n’arrête pas pendant la pluie et ce nouveau feuillage n’est jamais protégé, peu importe le produit utilisé.
  2. Traitement en protection, un rang sur deux : cette stratégie est souvent insuffisante. Les résultats sont variables selon le nombre de spores présentes dans le verger, la tolérance du cultivar et l’équipement de pulvérisation utilisé.
  3. Protection un rang sur deux et traitement des autres rangées pendant la fenêtre de germination: Approche populaire pour gérer le risque. En absence de pluie, seul un demi traitement est perdu. Par contre, cette approche nécessite une bonne logistique pour permettre de traiter pendant la pluie.
  4. Traitement de germination : les traitements sont synchronisés avec la fin des éjections, mais sont réalisés avant que l’infection soit trop avancée. Ce sont les traitements les plus efficaces. Cette stratégie permet aux producteurs certifiés biologiques de réussir à bien réprimer la tavelure malgré que les produits homologués dans cette régie soient moins efficaces. Toutefois, cette approche nécessite une excellente logistique, puisque les délais pour intervenir sont assez courts.
  5. Traitement « La ceinture et les bretelles » : dans les vergers très à risque (inoculum élevé, cultivar sensible, etc.), la moindre erreur dans la réalisation des traitements laisse passer des taches de tavelure. Un traitement en protection pendant ou après la pluie peut alors être nécessaire en plus d’un traitement en protection avant la pluie. C’est le scénario qu’on tente d’éviter en privilégiant la réduction préalable de l’inoculum, l’utilisation de bons pulvérisateurs, etc.

Le modèle RIMpro montre l’éjection massive de spores prévue le vendredi 15 mai. Le meilleur moment pour tuer les spores serait donc vendredi soir, selon ces prévisions.

L’urée : un traitement intéressant contre la tavelure
L’urée foliaire appliquée à répétition sur les feuilles entre le stade « prébouton rose » et le stade « calice » est une excellente stratégie pour fournir l’azote requis par les arbres tout en combattant la tavelure.

La recette à utiliser est de 3 kg/ha par application, pour un total de 5 passages ou 15 kg/ha (cette quantité d’urée donne environ 7 unités d’azote). Mélanger l’urée à vos traitements fongicides est probablement la meilleure approche pour y arriver. Le Solubor, qui est recommandé dès le stade « bouton rose », est compatible en mélange avec l’urée.

Pour plus de détails sur la fertilisation et la phytoprotection : https://reseaupommier.irda.qc.ca/?p=19671.

PAGE BLANCHE POUR LE BLANC
(V. Philion)

Quand les conditions météorologiques printanières ne sont pas favorables à la tavelure, il arrive fréquemment qu’elles le soient pour une autre maladie du pommier : le blanc (oïdium). Quand c’est le cas, des traitements spécifiques peuvent être requis dès le stade « prébouton rose ».

Actuellement, le modèle RIMpro utilisé pour prédire l’apparition du blanc n’indique aucun risque, mais la situation peut changer. Comme pour la tavelure et les autres modèles, les prévisions sont mises à jour chaque heure. Des traitements spécifiques contre le blanc pourraient devenir pertinents dans les vergers avec un historique de cette maladie et où les conditions deviennent propices à son développement.

INSECTES
(G. Chouinard)

Image Agri-RéseauPunaise terne sur piège collant, le 6 mai 2020 à Saint-Bruno. Francine Pelletier (IRDA)

Quelques punaises ternes actives ont été observées localement au milieu de la semaine dernière. Mais avec le temps frais et venteux des derniers jours, une minorité de vergers seulement ont atteint le seuil d’intervention à ce jour.

Selon le modèle prévisionnel, les premières captures d’hoplocampe des pommes pourraient être observées à partir de la semaine prochaine dans les régions les plus chaudes (sud-ouest de Montréal et Montérégie). Il est donc temps de penser à installer vos pièges. Consultez la fiche 65 du Guide de référence en production fruitière intégrée (Guide de PFI) pour la méthode de dépistage.

La pose des diffuseurs pour la confusion sexuelle du carpocapse a commencé dans plusieurs vergers. Préparez-vous aussi au dépistage : la méthode est décrite à la fiche 65 du Guide de PFI et la confusion sexuelle à la fiche 76.

Confusion sexuelle : est-il trop tôt pour installer les diffuseurs à phéromone? Non, mais attendez toutefois d’avoir fait votre application d’huile pour éviter d’affecter leur taux de diffusion (cette hypothèse est en cours de vérification à l’IRDA). Si vous utilisez la confusion sexuelle, procurez-vous vos diffuseurs, car la pose doit se faire avant la floraison. Consultez la fiche 76  pour obtenir plus d’information sur les principes de base et l’aide financière disponible, la méthode de calcul du patron d’installation des diffuseurs, la technique d’installation des diffuseurs, les instructions pour fabriquer soi-même les outils nécessaires à la pose, les observations hebdomadaires et les traitements insecticides à effectuer.

ACARIENS
(G. Chouinard)

Le début de l’éclosion des œufs du tétranyque rouge a été rapporté par des collaborateurs du Réseau dans quelques sites très hâtifs. Selon le modèle prévisionnel, l’éclosion devrait commencer au cours de la semaine prochaine dans la plupart des régions (voir le sommaire du RAP pour l’ensemble des prévisions et observations par région).

Est-il trop tard pour appliquer l’huile? Non! En fait, les applications réalisées juste avant l’éclosion des œufs (qui commence habituellement au stade « prébouton rose »), voire durant la période d’éclosion des œufs, sont très efficaces si les conditions d’application sont bonnes. Veuillez consulter les communiqués des semaines précédentes pour plus d’information.

UN TRAITEMENT INSECTICIDE PRÉFLORAL EST-IL TOUJOURS NÉCESSAIRE?
(G. Chouinard)

Les insectes sont peu actifs par temps froid, car leur activité est dépendante de la température. Les conditions météorologiques actuelles ne se prêtent pas beaucoup à leur activité. Il peut donc être envisagé de « sauter » cette intervention, mais seulement si quelques autres conditions sont présentes, comme la possibilité de traiter en période postflorale. Le seul ravageur d’importance qu’un traitement insecticide postfloral ne peut contrôler est la punaise terne. Ce dernier doit donc être ciblé en période préflorale. Pour plus d’information, consultez la section « Omission du traitement préfloral » de la fiche 69.

 

CLINIQUE VIRTUELLE D’ÉCLAIRCISSAGE ET DE LUTTE AU FEU BACTÉRIEN

Le Réseau-pommier vous offrira sous peu son troisième webinaire sous la forme d’une clinique virtuelle d’éclaircissage et de gestion du feu bactérien. Restez connectés pour ne pas rater l’annonce officielle ! D’ici là, si vous n’êtes pas familiers avec les outils informatiques et que vous voulez vous y préparer, visitez la page explicative du Réseau sur cette nouvelle façon de vous servir dans le contexte actuel.

OBSERVATIONS ET PRÉVISIONS DU RÉSEAU EN DATE DU 13 MAI
(F. Pelletier)

Cliquez ici pour consulter le sommaire préparé chaque semaine pour les différentes régions pomicoles.

POUR EN SAVOIR PLUS
(G. Chouinard)

Cliquez ici pour les messages des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les dernières prévisions et les observations en temps réel dans les vergers pilotes du Réseau-pommier.

 

Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.

Alors que les spores sont prêtes depuis plus qu’un mois et battent des records d’éjection (au laboratoire) et que le feuillage se déploie depuis des semaines pour les accueillir, la pluie, nécessaire à l’éjection et à l’infection de la tavelure, tarde à arriver. Si les prévisions pour vendredi s’avèrent exactes, la plus grosse infection de la saison est sur le point de nous tomber dessus.

Selon le niveau de tavelure présent dans votre verger l’année dernière, vos efforts pour éliminer les feuilles de la litière et la sensibilité des cultivars de vos différents blocs de verger, il n’est pas rare qu’un seul traitement en protection juste avant l’infection soit insuffisant pour bien réprimer l’infection. Ce n’est pas tant le lessivage par la pluie après le traitement qu’il faut craindre, mais bien la qualité de votre couverture: chaque feuille manquée par votre pulvérisateur ou sortie après votre traitement est une cible que la tavelure peut atteindre quand les éjections sont massives et que l’infection est optimale.

Chaque situation est unique et plusieurs stratégies sont possibles:

  1. Un traitement en protection à chaque rangée juste avant la pluie: C’est une approche classique. Souvent suffisante, mais pas toujours. La croissance du feuillage n’arrête pas pendant la pluie et ce nouveau feuillage n’est jamais protégé. Peu importe le produit utilisé.
  2. Un traitement en protection, un rang sur deux: Souvent insuffisant, résultats variables selon le nombre de spores dans le verger, la tolérance du cultivar et l’équipement de pulvérisation.
  3. Protection un rang sur deux et traitement des autres rangées pendant la fenêtre de germination: Approche populaire pour gérer le risque. En absence de pluie, seul un demi traitement est perdu. Par contre, cette approche nécessite une bonne logistique pour permettre de traiter pendant la pluie.
  4. Traitement de germination: Les traitements synchronisés avec la fin des éjections, mais avant que l’infection soit trop avancée sont les plus efficaces. Les producteurs certifiés “bio” réussissent à bien réprimer la tavelure grâce à cette stratégie, malgré des produits moins efficaces. Par contre, cette approche nécessite une organisation logistique importante puisque les délais pour intervenir sont assez courts.
  5. La ceinture et les bretelles: Dans les vergers très à risque (inoculum élevé, cultivar sensible, etc), la moindre impasse laisse passer des taches. Un traitement pendant ou après la pluie peut être nécessaire en plus d’une stratégie en protection. C’est le scénario qu’on tente d’éviter en privilégiant la réduction d’inoculum, des bons pulvérisateurs, etc.

L’exemple RIMpro, montre l’éjection massive prévue vendredi le 15 mai et le meilleur moment pour tuer les spores: vendredi soir. C’est une excellente occasion pour un traitement avec le mélange de bicarbonate et de soufre.

 

La pluie prévue cet après midi provoquera une éjection de spores importante dans plusieurs régions. Cependant, la chute de température qui accompagnera cette pluie va allonger la durée de mouillure requise pour que les spores réussissent à percer la cuticule des feuilles et causer une infection. Selon le moment où les feuilles finiront par sécher et la température réelle, les premières spores pourraient réussir l’infection vers 15h demain. À moins d’un revirement majeur, le froid maintiendra l’infection à un niveau marginal jusqu’à dimanche.

La longue période entre la fin des éjections et l’infection est idéale pour un traitement de germination (traitement stop). Le temps froid prévu (en absence de vent) donne du temps pour s’ajuster et intervenir seulement au besoin. Les spores sont également très faciles à tuer pendant qu’elles sont à la surface du feuillage et même les produits un peu moins efficaces comme le soufre et/ou le bicarbonate peuvent facilement tuer les spores pendant la période de germination et en début d’infection.

Les pluies du printemps provoquent l’éjection des spores responsables des infections de tavelure. Parfois, la pluie arrête et le feuillage sèche sans que les spores aient eu le temps de pénétrer la cuticule des feuilles et l’infection est interrompue. Les spores peuvent évidemment survivre un certain temps sur les feuilles en attendant une nouvelle pluie, mais pas toujours. C’est un tir à blanc.

La durée de survie des spores est un sujet qui revient régulièrement dans les discussions sur la tavelure. Est-ce qu’une période sèche de 4, 6, 12, ou 24 heures est nécessaire pour qu’elles meurent? Est-ce que l’infection continue avec la prochaine pluie? En fait, la survie dépend beaucoup du temps passé sur les feuilles avant la période sèche. Une pluie très courte suivie d’une période sèche tue les spores beaucoup plus rapidement qu’une pluie plus longue qui laisse aux spores un peu de temps pour commencer à germer et s’installer. Il n’existe donc pas de “règle simple et fiable”.

Heureusement, à mesure qu’elles sont publiées toutes les connaissances sur la survie des spores sont intégrées dans le logiciel RIMpro et le graphique résume bien la situation.

RIMpro représente les spores en attente d’infection par une “montagne” blanche. Plus l’éjection est forte, plus la montagne est élevée. La montagne diminue à mesure que les spores meurent pendant la période sèche. Les spores survivantes qui réussissent à infecter le feuillage sont représentées par une ligne rouge, l’indice RIM. Plus la ligne rouge monte, plus l’infection est grave.

La pluie prévue jeudi risque de mener à un “tir à blanc”: La pluie de jour donnera lieu à une éjection (en jaune) assez forte et une forte accumulation de spores sur les feuilles (montagne blanche), mais aucune infection n’est prévue. Le froid prévu pour les prochains jours ralentit la maturation, l’éjection et allonge le temps requis pour l’infection. Tout ce qui manque, c’est de la neige pour compéter ce portrait blanc!