Archive d’étiquettes pour : Description des pesticides

Auteurs de la première édition : Vincent Philion, Yvon Morin, Robert Maheux et Gérald Chouinard
Auteur de la mise à jour 2024 : Vincent Philion
Dernière mise à jour par l’auteur : 25 juillet 2024

 

NOTE : Les produits homologués au Canada ne le sont pas nécessairement aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Avant d’en faire l’utilisation, il importe donc de vérifier les conséquences possibles si la récolte doit être exportée.

En 2023, un article paru dans l’American Phytopathological Society (APS) par Vincent Philion, Valentin Joubert et Marc Tramanet Arne Stensvand a étudié l’efficacité de fongicides utilisés fréquemment par les pomiculteurs québécois. De cette étude est né un tableau résumant les caractéristiques agronomiques principales des fongicides testés pour lutter contre la tavelure du pommier.

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Extrait du tableau caractéristiques agronomiques principales des fongicides testés pour lutter contre la tavelure du pommier (source: Vincent Philion). 

Les produits commercialisés pour la répression des maladies sont pour la plupart des pesticides de synthèse « classiques » qui s’attaquent directement à l’agent pathogène par différents modes d’action. Pour les bactéries, on parle communément des antibiotiques alors que pour les champignons, ce sont les produits fongicides. Comme la plupart des maladies sont d’origine fongique, une gamme variée de matières fongicides existe et ceux-ci agissent avec différents modes d’action. Outre les pesticides classiques, des pesticides d’origine biologique (vivants) qui sont antagonistes des maladies sont aussi homologués. Finalement, certains produits ne s’attaquent pas aux organismes pathogènes, mais activent plutôt des mécanismes de défense de la plante (éliciteurs).

Les produits utilisés pour réprimer les maladies peuvent être classés de différentes façons selon leurs caractéristiques chimiques, leurs propriétés physiques sur la plante, les maladies réprimées, la résistance des agents pathogènes, etc. Dans ce guide, les produits ont été regroupés avec une stratégie mixte qui sépare au mieux les produits efficaces contre les différentes maladies fongiques et le feu bactérien, et ensuite selon leur mode d’action et leur chimie en lien avec les risques de résistance (voir tableaux ci-après). Le texte de description suit le même ordre avec une description générale de chaque groupe et quand c’est nécessaire, une précision pour les produits du groupe. Cette classification a pour but de lier rapidement sur un tableau les maladies visées aux options disponibles, afin de faciliter le choix des produits dans un contexte de résistance de plus en plus fréquente. Cette classification n’est pas parfaite puisque certains produits sont efficaces contre plusieurs maladies et chevauchent certains autres critères de classification.

Les fiches Description des produits bactéricides, de lutte biologique et éliciteurs, Description des fongicides non sujets à la résistance, Description des fongicides unisites et à risque de résistance et Mélanges de fongicides ont été produites en lien avec le tableau ci-dessous.

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Extrait du tableau efficacité potentielle des produits utilisés contre les maladies les plus souvent rencontrées en pomiculture au Québec.

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Danielle Bernier, Karine Toulouse, Gérald Chouinard et Francine Pelletier
Auteures de la mise à jour 2024 : Francine Pelletier, Stéphanie Gervais, Catherine Pouchet et Audrey Charbonneau
Dernière mise à jour par les auteures : 8 mars 2024

 

Les cotes présentées sont tirées de SAgE pesticides. Selon les critères de la Directive d’homologation DIR2003-04 de l’ARLA, le traitement (1) supprime, (2) réprime ou (3) arrête la croissance des parties aériennes des mauvaises herbes. Les renseignements présentés dans ce tableau ne remplacent en aucun temps l’étiquette du fabricant. Toujours lire l’étiquette avant de recommander ou d’utiliser un produit.

Pour des détails additionnels sur les stratégies de lutte aux mauvaises herbes, consultez la fiche sur Les mauvaises herbes. Une grille d’évaluation des herbicides est également disponible dans le Guide de lutte contre les mauvaises herbes Cultures horticoles 2021, publication 75B-F du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario.

Dans le cas des traitements herbicides de post-levée, il y a un délai à respecter avant le début d’une pluie afin d’assurer une pleine efficacité de l’herbicide utilisé. Consultez l’étiquette des produits ou contactez votre représentant de pesticides.

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Extrait du tableau d’efficacité potentielles des herbicides.

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Yvon Morin, Robert Maheux, Sylvie Bellerose, Francine Pelletier et Maude Lachapelle
Auteure de la mise à jour 2023 : Gaëlle Charpentier
Dernière mise à jour par l’auteure : 26 janvier 2023

 

Les produits phytosanitaires, ou pesticides, sont réglementés par la Loi sur les produits antiparasitaires (LPA, consultez la fiche sur L’utilisation des pesticides (homologation, vente, entreposage et application) et la loi). Ils sont destinés à protéger les végétaux contre tout organisme nuisible, à réguler la croissance des végétaux et à détruire les végétaux indésirables. Les pesticides sont des intrants utilisables en PFI, à condition de respecter les trois conditions suivantes :

  • Les utiliser au minimum, en intervenant lorsque les seuils d’intervention sont atteints à la suite d’un dépistage et/ou selon un modèle prévisionnel ;
  • Favoriser les produits à faible impact (produits classés « verts », consultez l’affiche PFI de l’année en cours disponible sur agri-réseau ou dans la fiche sur les Ressources essentielles en PFI) ;
  • Respecter les conditions nécessaires à une utilisation sécuritaire et soucieuse de l’environnement.

La présente fiche vous aidera à respecter ces trois conditions. Référez-vous également aux méthodes de lutte contre les insectes, les acariens, les maladies et les autres ravageurs sur le guide de référence en production fruitière intégrée 2021 pour des recommandations adaptées à une problématique particulière.

Les différents types de pesticides

Les pesticides utilisables en PFI sont les suivants :

TYPE DE PESTICIDE ORGANSIMES VISÉS
Acaricide acariens (tétranyques et ériophyides)
Bactéricide bactéries
Fongicide champignons (tavelure, etc.)
Herbicide végétaux
Insecticide Insectes
Nématicide nématodes
Régulateurs de croissance végétaux
Rodenticide rongeurs

Formulation

La formulation commerciale d’un pesticide est composée d’une ou de plusieurs matières actives auxquelles sont ajoutés d’autres produits qualifiés d’inertes ou d’adjuvants. Ces produits influencent grandement l’efficacité de l’application, notamment en améliorant la stabilité physique ou chimique de la bouillie.

Voici quelques exemples de produits utilisés en tant qu’adjuvants :

Les solvants (distillats de pétrole tels naphta, xylènes, alcools et glycols)
Ils dissolvent la matière active dans les formulations liquides telles les émulsions concentrées (EC), les solutions (SN) et les suspensions concentrées (SC). En raison de la toxicité des solvants, tout produit contenant plus de 10 % de distillats de pétrole est automatiquement considéré comme un poison, qu’il contienne ou non un pesticide. Tout comme l’huile minérale, les émulsions concentrées de solvants peuvent entrainer des problèmes de phytotoxicité si elles ne sont pas appliquées selon les recommandations. De façon générale, évitez de mélanger le cuivre, le captane et/ou les strobilurines avec des formulations liquides EC afin de prévenir les risques de phytotoxicité.

Les stabilisants (tampons pH, antioxydants)
Ils limitent la dégradation de la matière active pouvant être provoquée par les acides, les bases, la lumière ou tout autre agent susceptible d’être présent dans le produit, la bouillie ou l’environnement.

Les tensioactifs (émulsifiants, surfactants, mouillants)
Ceux-ci diminuent la tension superficielle de l’eau améliorant ainsi :

  • L’étalement de la bouillie sur la plante et sur les ravageurs ;
  • L’adhérence sur les parties traitées ;
  • La résistance au lessivage.

Les agents anti-moussants

Ils réduisent la formation de mousse créée lors de l’agitation par la présence d’agents tensioactifs.

Classification des pesticides selon leur formulation

Les principales formulations utilisables en PFI sont présentées au tableau suivant (avec l’abréviation équivalente en anglais). Toutefois de nouvelles formulations apparaissent rapidement sur le marché et cette liste n’est pas exhaustive.

FORMULATIONS LIQUIDES

Français Abréviation Anglais
Concentré émulsifiable  EC  Emulsifiable concentrate
Concentré soluble dans l’eau WS Water soluble concentrate
Suspension

Suspension concentrée
(ou Concentrée pulvérisable)

SU

SC

F/FL

Suspension

Suspension concentrate
(ou sprayable concentrate)

Flowable

Liquide LI Liquid
Solution SN / SL Solution

FORMULATIONS SOLIDES

Poudre mouillable W/WP/WS Wettable powder
Poudre soluble SP Soluble powder
Granules GR Granular
Pâte fluide

Granulés dispersables dans l’eau

Granulés mouillables

DF

WDG

WG

Dry flowable

Water dispersible granules

Wettable granules

Granules solubles SG Soluble granules
Sachets solubles SP

WSP

Soluble Packet, Instapak, Solupak

Water Soluble Pouches

 

 

 

 

 

Dans le cas des formulations solides, la concentration est normalement exprimée en pourcentage, comme dans l’exemple suivant : PENNCOZEB 80WP = 80 % de matière active (mancozèbe).

Dans le cas des formulations liquides, la concentration est généralement indiquée en grammes de matière active par litre de formulation, comme dans l’exemple suivant : MATADOR 120 EC = 120 g de lambda-cyhalothrine par litre de produit.

Des exceptions confirment cependant la règle (par exemple, DECIS 5 EC = 5,0 % de matière active). Il faut donc lire attentivement l’étiquette pour connaitre la concentration d’un produit avec lequel on n’est pas familier.

Activité systémique (totale ou translaminaire)

Un pesticide systémique pénètre dans la plante et est véhiculé à l’intérieur de celle-ci. Il atteint ainsi les parties de la plante qui n’ont pas été touchées par la pulvérisation. En plus d’être moins sujets au lessivage, les produits systémiques possèdent habituellement une activité résiduelle plus longue. Une activité systémique totale implique un déplacement des pesticides systémiques autant vers le haut que vers le bas de la plante. Quant au pesticide translaminaire, il est absorbé localement et transporté à travers la feuille, du dessus au-dessous (et vice-versa). Il n’a pas la capacité de se déplacer vers les nouvelles feuilles.

Il est donc important de considérer le développement foliaire (sortie de nouvelles feuilles) et le grossissement du fruit dans l’efficacité de ces pesticides. Des essais de l’IRDA concernant les fongicides utilisés contre la tavelure du pommier ont démontré que le développement foliaire est un facteur limitant dans le renouvellement des traitements, y compris avec les fongicides systémiques.

Pour maximiser l’efficacité de ces pesticides, il faut favoriser leur absorption par le pommier. Il est donc recommandé de les appliquer lorsque le temps est chaud et humide, par exemple le matin ou le soir, plutôt qu’en plein soleil ou par temps venteux et sec. Plusieurs insecticides et acaricides homologués en vergers ont une action systémique locale.

Résistance au lessivage par la pluie

La plupart des nouveaux insecticides et acaricides utilisés en pomiculture sont formulés pour résister au délavage causé par la pluie après un traitement. Mais combien de millimètres de pluie sont nécessaires pour faire en sorte que le traitement ne soit plus efficace ? La réponse dépend bien sûr de la résistance au délavage du produit (tableau ci-après), mais aussi de l’espèce et du stade visé (œuf, larve, adulte) et de la partie du pommier (feuille, fruit ou bois) visée par le ravageur.

Ainsi, un insecte immature et sensible à un insecticide donné nécessitera que très peu de résidus pour être efficacement contrôlé. Cependant, si cet insecte atteint un stade plus avancé et qu’il se niche à l’intérieur d’un groupe de feuilles enroulées, il risque de ne plus être affecté par des résidus délavés par la pluie.

Le tableau suivant, adapté du Michigan Fruit Management Guide, présente la résistance au lessivage des principales familles d’insecticides. C’est un outil de plus pour vous aider à prendre une décision éclairée en matière de PFI dans votre verger, de concert avec vos données de dépistage et l’historique des ravageurs dans vos pommiers. À noter que pour les produits systémiques, les résidus absorbés dans les tissus ne peuvent être lessivés et que les cotes ne valent que pour la portion non-absorbée des produits.

PRÉCIPITATIONS CUMULÉES : ≤12,5 mm ≤25 mm ≤50 mm
Fruits Feuilles Fruits Feuilles Fruits Feuilles
Organophosphorés * ** * ** * *
Pyréthrinoïdes ** ** ** ** * *
Carbamates ** ** ** ** * *
Régulateurs de croissance des insectes (IGRs)2 ** ** ** ** * *
Néonicotinoïdes1 ** *** * * * *
Spinosynes2 *** ** *** ** ** *
Diamides1 *** *** *** ** ** *
Avermectines1 ** *** * ** * *

*** Très résistant au délavage : moins de 30 % des résidus lessivés.
** Résistant au délavage : moins de 50 % des résidus lessivés.
* Faible résistance au délavage : au moins 70 % des résidus lessivés.
1 Familles de produits comportant principalement des insecticides à action systémique
2 Familles de produits comportant quelques insecticides à action systémique translaminaire

Photosensibilité

Pour compter sur un contrôle résiduel des insectes de la part des matières actives, il ne faut pas oublier que certaines matières actives comme le Bt (DIPEL, BIOPROTEC) et le granulovirus du carpocapse de la pomme (Virosoft, CYD-X) se décomposent plus rapidement lors de journées ensoleillées que lors de journées nuageuses. Consultez les étiquettes pour connaître la photosensibilité des produits.

Caractéristiques des principales familles d’insecticides et d’acaricides

Carbamates – groupe 1A : Les carbamates agissent sur le système nerveux des insectes en inhibant l’acétylcholinestérase, une importante enzyme impliquée dans le fonctionnement des systèmes nerveux et musculaire. Cette action provoque une paralysie de l’influx nerveux, la contraction involontaire et répétée des muscles, puis la mort des insectes sensibles. Comme le système enzymatique des insectes est activé par la température, ces produits sont plus efficaces lorsque la température est suffisamment élevée lors de l’application (minimum 15 °C, préférablement au-dessus de 20 °C). En général, ils sont peu compatibles avec la PFI (ex. : SEVIN, homologué comme agent éclaircissant).

Insecticides microbiens : Ce type de pesticide est particulier puisque son ingrédient actif est un micro-organisme (bactérie, champignon, virus, etc.) ou il est produit par celui-ci. Les insecticides microbiens font partie des biopesticides (ex. : BIOPROTEC, VIROSOFT). En général ceux-ci sont acceptés en production certifiée biologique, cependant vous devez toujours valider avec votre organisme de certification avant d’utiliser un pesticide.

Néonicotinoïdes – groupe 4A : Ces insecticides agissent sur le système nerveux central des insectes. Les insectes cessent alors de s’alimenter et sont paralysés ; ils meurent de faim ou de déshydratation ou sont victimes de prédateurs. Ce sont des produits à action systémique locale (translaminaire). Ils sont généralement très toxiques pour les abeilles (ex. : ASSAIL, CALYPSO).

Organophosphorés – groupe 1B : Tout comme les carbamates, les organophosphorés agissent sur le système nerveux des insectes en inhibant l’acétylcholinestérase. Ces produits sont donc plus efficaces lorsque la température est suffisamment élevée lors de l’application (minimum 15 °C, préférablement au-dessus de 20 °C). Ces produits agissent principalement par contact direct de la bouillie sur l’insecte lors de l’application ou par ingestion de résidus laissés à la surface des feuilles et des fruits. Ils sont peu compatibles avec la production fruitière intégrée, sauf certaines exceptions (ex. : IMIDAN).

Huiles – groupe UNM : Ces produits d’origine minérale ou végétale agissent par contact physique et provoquent l’asphyxie des œufs d’insectes et acariens (plus particulièrement le tétranyque rouge) ou encore le ramollissement de l’enveloppe externe chez les insectes à cuticule cireuse (cochenille) (ex. : HUILE SUPÉRIEURE, HUILE D’ÉTÉ).

Pyréthrinoïdes de synthèse – groupe 3 : Les pyréthrinoïdes sont des insecticides de synthèse apparentés à un insecticide naturel appelé pyréthrine. Bien que leur mode d’action ne soit pas tout à fait élucidé, il est connu qu’elles agissent sur le système nerveux en paralysant l’insecte, à la façon des organochlorés. Elles agissent principalement par contact et ingestion. Elles ne sont pas dégradées par la lumière et demeurent donc efficaces sur le feuillage pendant une période prolongée (3-4 semaines). Les pyréthrinoïdes utilisées dans les vergers ne doivent pas être appliquées lorsque la température est supérieure à 25 °C. Elles sont toutes très toxiques pour les poissons et pour plusieurs insectes et acariens utiles, et pour cette raison, leur utilisation n’est pas recommandée après la floraison (ex. : DECIS, MATADOR, SILENCER).

Régulateurs de croissance des insectes : Ce groupe de produits inclut différentes familles chimiques qui imitent l’hormone de mue (régulateurs de croissance) chez les insectes. Les larves exposées subissent une mue incomplète ou cessent de se nourrir, puis meurent dans les jours suivants. Certains de ces produits peuvent également avoir un effet sur les œufs (voir par exemple la fiche sur Le carpocapse de la pomme) (ex. : CONFIRM, INTREPID, RIMON).

Spinosynes – groupe 5 : Cette famille de produits agit au niveau des récepteurs nicotiniques qui transmettent les messages au système nerveux des insectes. Elle agit par contact et par ingestion (ex. : SUCCESS, ENTRUST, DELEGATE, GF-120).

Autres familles : Les nouveaux insecticides appartiennent souvent à des familles chimiques particulières. Les propriétés de ces familles sont souvent uniques. Afin d’en savoir plus à ce sujet, consultez la fiche sur les Insecticides homologués en pomiculture au Québec . Parmi les familles particulières se retrouvent les avermectines – groupe 6 (ex. : AGRI-MEK), les acides tétroniques et tétramiques – groupe 23 (ex. : ENVIDOR, MOVENTO), les inhibiteurs du complexe III de transport mitochondrial – groupe 20 (ex. : ACRAMITE, KANEMITE), les inhibiteurs de croissance des acariens – groupe 10A (ex. : APOLLO), les diamides – groupe 28 (ex. : ALTACOR, EXIREL), les flonicamides – groupe 29 (ex. : BELEAF) et plusieurs autres.

Caractéristiques des principales familles de fongicides

Les familles de fongicides sont décrites aux côtés des formulations commerciales et des matières actives concernées dans la fiche Caractéristiques des produits utilisés pour réprimer les maladies en pomiculture au Québec.

Produits phytosanitaires autres que les pesticides

Tout produit commercial utilisé dans un but de protection doit être homologué au Canada pour que son utilisation soit permise. Ceci inclut donc non seulement les pesticides au sens strict, mais aussi les savons, les huiles, les phéromones, les bactéries et micro-organismes bénéfiques pouvant avoir un effet protecteur. Pour fins de simplification, ces produits ont été inclus, en se basant sur leur efficacité principale, dans les descriptions figurant aux fiches de la section Description des pesticides du guide de référence en production fruitière intégrée 2021.

Notez cependant qu’il existe tout de même de rares produits qui ne nécessitent ni homologation ni autre autorisation pour être appliqués en vergers, comme par exemple, les « macro-organismes » utiles présents naturellement dans la même zone écologique que celle dans laquelle se trouve votre verger. Par exemple : coccinelles, nématodes, acariens prédateurs, trichogrammes, etc. décrits dans la fiche  Les espèces utiles, une ressource à protéger.

Rationaliser l’usage des pesticides

Les pesticides peuvent apparaître comme des solutions à tous les problèmes, mais ils ont bien des inconvénients dont les producteurs de pommes, autant que les acheteurs de pommes, sont de plus en conscients. Avant de penser « pesticide », posez-vous toujours les questions suivantes :

  • Est-ce que la problématique a été bien mesurée ? Est-ce qu’il y a un historique (antécédent) de dégâts ?
  • Est-ce que les autres techniques (prévention, dépistage, action des espèces utiles, etc.) ont été utilisées pour régler le problème ?
  • L’application d’un pesticide (ou l’utilisation d’autres méthodes) est-elle économiquement rentable ?

Pour répondre à ces questions, particulièrement au sujet de la rentabilité, il faut évaluer le gain que le traitement devrait raisonnablement procurer et le comparer au coût du traitement envisagé. La comparaison n’est pas qu’une question de coût immédiat. Il faut également évaluer l’efficacité du pesticide contre le ravageur visé et ses effets possibles sur l’environnement et sur les espèces utiles à l’œuvre dans votre verger. La rentabilité réelle des pesticides n’est pas toujours aussi bonne qu’elle le semble à première vue. Tenez donc compte des facteurs suivants pour rationaliser leur utilisation :

Quantité :

Achetez des volumes qu’il vous sera possible d’entreposer dans votre local à pesticides selon les règles d’entreposage du Code de gestion des pesticides. Pour de plus amples informations, référez-vous à la fiche sur L’utilisation des pesticides (homologation, vente, entreposage et application) et la loi.

Efficacité principale et secondaire :

Consultez la fiche sur l’Efficacité potentielle des insecticides et acaricides et la fiche Caractéristiques des produits utilisés pour réprimer les maladies en pomiculture au Québec et utilisez uniquement des produits homologués et recommandés contre les ravageurs de la pomme. Certains pesticides sont plus efficaces que d’autres contre un ravageur donné et pourront avoir une action secondaire intéressante pour votre situation.

Par exemple, une application de carbaryl (SEVIN) comme agent d’éclaircissage peut réprimer adéquatement la cicadelle blanche du pommier, alors que l’application d’un organophosphoré (comme IMIDAN) contre le charançon de la prune n’aura aucun effet sur la cicadelle.

Formulation :

Favorisez les granulés dispersibles (DG) aux poudres mouillables (WP) car ces dernières engendrent beaucoup de poussières toxiques lors de leur manipulation. Portez attention aux émulsions concentrées (EC) qui contiennent des solvants souvent toxiques et qui peuvent poser des problèmes d’incompatibilité lors des mélanges (voir la fiche sur la Compatibilité des mélanges). De plus, les EC doivent généralement être entreposées à l’abri du gel.

Indice d’impact :

Évaluez l’impact potentiel de chaque application prévue. Cet impact peut être évalué selon trois indices :

  • l’IRS (Indice de risque pour la santé) ;
  • l’IRE (Indice de risque pour l’environnement) ;
  • l’IRB (Indice de risque pour la faune bénéfique).

Les deux premiers indices font partie de l’Indicateur de risque des pesticides du Québec (IRPeQ), et le troisième, développé par l’IRDA, se trouve dans la Classification des pesticides utilisables en PFI en fonction de leur impact sur l’environnement, la santé et la faune auxiliaire pour les fins du programme de PFI. Les valeurs de ces indices, pour des applications à la dose maximale homologuée en pomiculture, se retrouvent dans les tableaux des fiches suivantes : Efficacité potentielle des insecticides et acaricides et Caractéristiques des produits utilisés pour réprimer les maladies en pomiculture au Québec.

Dans l’exemple ci-haut d’une application de SEVIN comme agent d’éclaircissage, l’examen des cotes d’impact révèle que ce produit a un IRB très élevé, donc un impact négatif important sur la faune auxiliaire (abeilles, prédateurs d’acariens et de pucerons, parasites de mineuses, de tordeuses et de pucerons). Cet effet secondaire indésirable peut être évité par l’utilisation d’un autre agent d’éclaircissage, lorsque disponible pour le cultivar concerné.

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

 

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Yvon Morin, Robert Maheux, Sylvie Bellerose et Maude Lachapelle
Auteures de la mise à jour 2024 : Francine Pelletier, Stéphanie Gervais, Catherine Pouchet et Audrey Charbonneau
Dernière mise à jour par les auteures : 8 mars 2024

 

Cette fiche présente une description sommaire et une liste non exhaustive des acaricides homologués pour les vergers de pommiers au Canada pour l’année 2024. À chaque début de saison, le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) du pommier effectue une mise à jour de cette liste et diffuse les ajouts et retraits par le biais de communiqués. Consultez la fiche sur les Ressources essentielles en PFI pour en savoir plus sur le RAP.

NOTE : Pour une information complète et à jour sur les pesticides, visitez le service en ligne d’information sur les pesticides du gouvernement du Québec, SAgE pesticides, et du Canada, Recherche dans les étiquettes de pesticides – Santé Canada.

ATTENTION : Bien qu’homologués au Canada, les produits mentionnés ne sont pas nécessairement disponibles partout au pays, et ils ne sont pas nécessairement autorisés aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Avant de les utiliser, il importe donc de vérifier les conséquences possibles de leur utilisation si la récolte doit être exportée.

Cliquez ici pour télécharger le tableau complet.

Extrait du tableau acaricides homologués en pomiculture au Québec.

ACRAMITE (bifénazate) : Cet acaricide sélectif de synthèse de la famille des bifénazates agit rapidement par contact et possède une bonne activité résiduelle. Il n’est pas systémique. Une excellente couverture est requise et il faut ajuster le volume de bouillie selon le gabarit des arbres. Il ne présente pas de risque de résistance croisée avec les autres acaricides. Un adjuvant peut être ajouté pour améliorer la qualité de la pulvérisation selon les indications sur l’étiquette.

AGRI-MEK (abamectine) : Cet acaricide sélectif naturel de la famille des avermectines dérivé de la fermentation de la bactérie Streptomycines avermitilis possède aussi des propriétés insecticides. Il agit surtout par ingestion, mais aussi par contact. Il possède une activité systémique locale (translaminaire) et une action persistante prolongée (de quatre à six semaines). Il est recommandé d’utiliser de l’huile horticole comme adjuvant, en respectant un délai de dix jours avant ou après un traitement avec un produit contenant du captane, du folpet ou du soufre.

APOLLO SC (clofentézine) : Ce produit est un acaricide sélectif de synthèse de la famille des tétrazines. Il agit principalement par contact sur les œufs et les larves. Il possède une activité systémique locale (translaminaire) et une action persistante prolongée. Cet acaricide a une certaine efficacité contre les stades immatures, mais est inefficace contre les adultes. Il agit moins rapidement que la plupart des acaricides : attendre deux à trois semaines avant de vérifier l’efficacité du traitement.

ENVIDOR (spirodiclofène) : Ce produit est un acaricide sélectif de synthèse de la famille des dérivés de l’acide tétronique. Il agit par contact sur tous les stades de développement incluant les œufs et les femelles adultes. Il n’est pas systémique mais il se fixe à la cuticule des feuilles ce qui lui confère une activité résiduelle de plusieurs semaines. Il n’est pas recommandé de le mélanger avec des adjuvants ou des produits qui en contiennent.

HUILE SUPÉRIEURE 70S (et autres formulations) : Cet acaricide et insecticide minéral à large spectre agit par contact physique (asphyxie) sur les œufs d’acariens et de plusieurs insectes. Lorsqu’appliqué au printemps avant l’éclosion des œufs du tétranyque rouge, ce produit constitue une excellente façon de prévenir leur multiplication. Il ne favorise pas le développement de la résistance chez les insectes et acariens. ATTENTION : évitez d’appliquer des produits contenant du captane, du folpet ou du soufre dans les 10-14 jours précédant ou suivant une application d’huile. Dans le cas des cultivars Empire et Délicieuse rouge, toute période de gel moins de 48 heures avant ou après une application risque également de causer des problèmes de phytotoxicité. Ce produit est admissible en production biologique.

HUILE DE PULVÉRISATION 13E (PURE SPRAY): Cet acaricide et insecticide minéral à large spectre peut être utilisé comme huile de dormance, mais contrairement aux autres huiles, il peut aussi être appliqué l’été. Pour les traitements d’été, il faut l’appliquer sur les acariens à partir du stade calice et répéter aux 10 à 14 jours au besoin (trois applications annuelles sont recommandées). Il est important de surveiller la phytotoxicité en évitant d’appliquer, dans les 14 jours précédant ou suivant son utilisation, des produits contenant du captane, du folpet ou du soufre. Évitez également de l’utiliser lors des conditions de sécheresse ou dans les 48 heures suivant une période de gel. Ce produit est admissible en production biologique. Les formulations SUFFOIL-X et DOUBLE DOWN peuvent aussi être appliquées l’été.

KANEMITE (acéquinocyl) : Ce produit est un acaricide sélectif de synthèse de la classe des quinolines. Le produit agit principalement par contact, mais aussi par ingestion. Sa persistance d’action est modérée (environ trois semaines). Son mode d’action étant similaire à celui de l’acaricide NEXTER (pyridabène), il est recommandé de limiter l’application de ces deux produits à un traitement par saison afin d’éviter l’apparition de résistance croisée.

MAGISTER SC (fénazaquin) : Ce produit est un acaricide et fongicide contre l’oïdium. Ne pas appliquer pendant la floraison de la culture ou des plantes situés dans l’entre-rang car le produit est toxique pour les abeilles et les pollinisateurs sauvages. Aucun éclaircissage manuel avant 17 jours. Pour plus d’informations, consultez l’essai mené par le Michigan State University.

NEXTER (pyridabène) : Ce produit est un acaricide sélectif de synthèse de la famille des pyridazinones. Il agit par contact et offre un effet résiduel de quatre à sept semaines. Une excellente couverture est requise pour assurer l’efficacité du produit. Son mode d’action étant similaire à celui de l’acaricide KANEMITE (acéquinocyl), il est recommandé de limiter l’application de ces deux produits à un traitement par saison afin d’éviter l’apparition de résistance croisée.

NEALTA (cyflumetofen) : Ce produit est un acaricide sélectif de synthèse de la famille des benzoylacétonitriles. Il agit par contact et possède une bonne efficacité sur tous les stades des tétranyques (œufs et formes mobiles) mais pas sur les autres acariens nuisibles (ex. ériophyides) ou utiles (ex. phytoséides et stigmaéides).

SAFER’S, OPAL, KOPA, OLEGROW (sels de potassium d’acides gras) : Cet insecticide-acaricide naturel agit de manière sélective envers certains insectes à corps mou (pucerons, cochenilles) et envers les acariens. Il agit sur les œufs, les larves et les adultes par contact direct avec la solution liquide. Les résidus sont sans effet une fois séchés. Il peut causer de la roussissure sur fruits lorsqu’appliqué en solution diluée. Comme il s’agit d’un savon, l’agitation constante dans le réservoir est déconseillée car elle peut causer une mousse abondante et l’utilisation d’un agent anti-mousse est recommandée. Ce produit est admissible en production biologique.

SURROUND (kaolin) : un agent de lutte minéral non toxique à base d’argile, agissant comme une barrière physique sur les fruits pour aider à réduire les dommages causés par les insectes, mais ayant aussi un certain effet acaricide (principalement sur les stades immatures). Un lavage des fruits à la récolte peut être nécessaire afin d’éliminer les résidus blanchâtres. Ce produit est admissible en production biologique. Voir aussi la description du SURROUND dans la fiche sur les Insecticides homologués en pomiculture au Québec.

VYDATE L (oxamyle): voir la fiche sur les Insecticides homologués en pomiculture au Québec.

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Yvon Morin, Robert Maheux, Sylvie Bellerose et Maude Lachapelle
Auteures de la mise à jour 2024 : Francine Pelletier, Stéphanie Gervais, Catherine Pouchet et Audrey Charbonneau
Dernière mise à jour par les auteures : 8 mars 2024

 

Cette fiche présente une description sommaire et une liste non exhaustive des insecticides homologués pour les vergers de pommiers au Canada pour l’année 2024. À chaque début de saison, le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) du pommier effectue une mise à jour de cette liste et diffuse les ajouts et retraits par le biais de communiqués. Consultez la fiche sur les Ressources essentielles en PFI pour en savoir plus sur le RAP.

NOTE : Pour une information complète et à jour sur les pesticides, visitez le service en ligne d’information sur les pesticides du gouvernement du Québec, SAgE pesticides, et du Canada, Recherche dans les étiquettes de pesticides – Santé Canada,

ATTENTION : Bien qu’homologués au Canada, les produits mentionnés ne sont pas nécessairement disponibles partout au pays, et ils ne sont pas nécessairement autorisés aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Avant de les utiliser, il importe donc de vérifier les conséquences possibles de leur utilisation si la récolte doit être exportée.

Cliquez ici pour télécharger le tableau complet. 

Extrait du tableau insecticides homologués en pomiculture au Québec.

ACETA (acétamipride) : voir ASSAIL.

AGRI-MEK (abamectine): voir la fiche Acaricides homologués en pomiculture au Québec.

ALTACOR (chlorantraniliprole) : Ce produit est un insecticide de synthèse à large spectre de la famille des diamides. Il agit surtout par ingestion et par contact et est véhiculé dans la plante de façon systémique locale (translaminaire). Il possède une action ovicide et larvicide contre différents lépidoptères (principalement larvicide dans le cas du carpocapse de la pomme). Il est recommandé d’appliquer le produit lors de conditions favorisant l’absorption du produit (séchage lent). L’utilisation d’un adjuvant n’est pas recommandée si l’application est effectuée dans les 60 jours précédant la récolte.

AMBUSH (perméthrine) : Cet insecticide de synthèse à large spectre est un produit de la famille des pyréthrinoïdes. Il agit par contact et par ingestion et possède une action persistante prolongée (deux à trois semaines). Il est nuisible pour plusieurs espèces d’insectes et d’acariens utiles et favorise la multiplication des acariens phytophages. Ce produit (la perméthrine) n’est pas compatible avec la PFI.

ASSAIL 70WP (acétamipride) : Ce produit est un insecticide de synthèse à large spectre de la famille des néonicotinoïdes, à activité systémique locale (translaminaire). Il agit principalement par ingestion. Il est recommandé de l’appliquer lors de conditions favorisant l’absorption du produit (séchage lent). Une phytotoxicité est observée lorsqu’utilisé avec AGRAL comme adjuvant.

BELEAF 50SG (flonicamide) : Cet insecticide sélectif de synthèse appartient à la famille des flonicamides. Il a une action systémique locale (translaminaire). Il peut protéger les nouveaux tissus jusqu’à trois semaines après l’application. Il agit par contact et par ingestion sur les divers types de pucerons.

BIOPROTEC (Bacillus thuringiensis var. kurstaki) : Ces produits sont des insecticides naturels sélectifs, composés de bactéries entomopathogènes et de cristaux protéiques. Ils sont photosensibles et doivent être ingérés par les larves pour être efficaces. Ils possèdent une action spécifique sur les larves de lépidoptères (chenilles). Il est préférable de les appliquer par temps nuageux ou en soirée, et lors de conditions chaudes (plus de 10 °C la nuit ou plus de 18 °C le jour). Ces conditions sont propices à l’activité des larves et à l’efficacité des applications. Il n’est pas recommandé de mélanger ces produits avec du bore. Ils sont admissibles en production biologique.

CALYPSO (thiaclopride) : Cet insecticide de synthèse à large spectre fait partie de la famille des néonicotinoïdes. Il agit par contact et par ingestion. Il possède une activité systémique locale (translaminaire). Ce produit ne peut pas être mélangé avec le fongicide ALIETTE (fosétyl-aluminium).

CLOSER (sulfoxaflor) : Cet insecticide de synthèse sélectif appartient à la famille des néonicotinoïdes. Il agit par contact et par ingestion. Il possède une activité systémique locale (translaminaire) et une persistance modérée (une à deux semaines). Il est homologué pour le contrôle des insectes suceurs (pucerons verts, pucerons roses et cochenilles) ainsi que le puceron lanigère (avec une moindre efficacité). Très toxique pour les abeilles.

CONFIRM 240F (tébufénozide) : Ce produit est un insecticide sélectif de synthèse du groupe des régulateurs de croissance des insectes, qui agit en provoquant une mue prématurée des insectes. Il possède une action spécifique sur les larves de lépidoptères (chenilles). Il agit par ingestion et il doit être consommé par les larves pour être efficace.

CYCLANILIPROLE (cyclaniliprole) : voir HARVANTA.

CYD-X (virus de la granulose du carpocapse) : voir VIROSOFT.

DANITOL (fenpropathrine) : Cet insecticide de synthèse fait partie de la famille des pyréthrinoïdes.  Il est homologué contre le carpocapse, la mouche de la pomme, le scarabée japonais, les mineuses et tordeuses, mais il est aussi efficace contre plusieurs autres espèces. Il agit par contact et ingestion. Comme tous les pyrèthres, il est très toxique pour les abeilles et pour les insectes utiles sans exception.

DECIS (deltamétrine) : Cet insecticide de synthèse à large spectre fait partie de la famille des pyréthrinoïdes. Il agit par contact et par ingestion. Il est nocif pour plusieurs espèces d’insectes et d’acariens prédateurs et favorise la multiplication des acariens phytophages. Il est recommandé de ne pas utiliser de pyréthrinoïdes après la floraison pour protéger la faune auxiliaire.

DELEGATE (spinétorame) : Ce produit est un insecticide à large spectre de la famille des spinosynes, dérivé d’un produit de fermentation d’une bactérie (Saccharopolyspora spinosa). Apparenté au spinosad (SUCCESS), il est cependant efficace contre un plus grand nombre de ravageurs et est moins photosensible. Il agit par ingestion et par contact. Pour obtenir un contrôle efficace, il doit être ingéré par les larves visées. Il possède une activité systémique locale (translaminaire). Il est recommandé d’éviter de le mélanger avec des produits qui élèvent le pH de la bouillie (ex. : calcium).

DIPEL (Bacillus thuringiensis var. kurstaki) : voir BIOPROTEC.

ENTRUST (spinosad) : voir SUCCESS.

EXIREL (cyantraniliprole) : Cet insecticide est homologué contre plusieurs ravageurs du pommier dont le carpocapse de la pomme, le charançon de la prune et la mouche de la pomme. Il agit principalement par ingestion.  Ce produit est translaminaire et il a une bonne persistance d’action. Il fait partie du groupe 28 (famille des diamides) dont plusieurs produits sont utilisés en pomiculture comme l’ALTACOR. La gestion des groupes d’insecticide est importante afin de lutter contre le développement de la résistance. Ce produit est toxique pour les abeilles.

GF-120 NF (spinosad 0,02 %) : Ce produit est un insecticide sélectif utilisé comme attracticide (appât toxique) pour la lutte contre la mouche de la pomme. Il s’applique sous forme ultra-concentrée (5-10 L de bouillie/ha) avec de grosses gouttelettes (> 5 mm) et une couverture uniforme n’est pas souhaitable. Il a un mode d’application garantissant la plus faible dérive et le plus faible impact sur l’environnement. Ce produit est admissible en production biologique.

HARVANTA 50SL (cyclaniliprole) : Un insecticide homologué pour le contrôle de la tordeuse à bandes obliques, le carpocapse de la pomme et la tordeuse orientale du pêcher ainsi que pour le contrôle partiel du charançon de la prune et de la mouche de la pomme. Il agit par contact et par ingestion et possède une activité systémique locale (translaminaire). Pour contrer le développement de résistance, ne pas utiliser en alternance avec d’autres produits du groupe 28 comme ALTACOR et EXIREL, ni appliquer plus de deux fois au cours d’une même génération d’un insecte nuisible ou à moins de 30 jours d’une autre application. Ce produit est toxique pour les abeilles.

HUILE SUPÉRIEURE (huile minérale) et HUILE DE PULVÉRISATION 13 E (huile minérale): voir à la fiche Acaricides homologués en pomiculture au Québec.

IMIDAN (phosmet) : Cet insecticide de synthèse à large spectre fait partie de la famille des organophosphorés. Il agit principalement par contact mais également par ingestion et inhalation. Ce produit est un irritant pour les yeux.

INTREPID (méthoxyfénozide) : Cet insecticide sélectif de synthèse est un régulateur de croissance qui fait partie de la famille des diacylhydrazines. Il agit par ingestion et possède une activité systémique locale (translaminaire). Il possède une action spécifique sur les larves de lépidoptères (chenilles) ainsi que sur les œufs. Une fois ingéré par la chenille, il provoque la mue, l’arrêt de la nutrition et la mort des larves à l’intérieur de deux à cinq jours. Une période de six heures de séchage est recommandée pour lui assurer une résistance au délavage.

ISOMATE CM/OFM TT (phéromone du carpocapse de la pomme, de la tordeuse orientale du pêcher et du petit carpocapse) : Ce produit n’est pas pulvérisé, il émane plutôt de diffuseurs qui doivent être installés, juste avant l’apparition des papillons, dans un faible nombre de pommiers répartis à l’intérieur du verger. La phéromone agit en empêchant l’accouplement des papillons listés sur l’étiquette, prévenant ainsi l’apparition des larves causant les dommages. Ce produit ne possède pas d’effet toxique ni pour l’humain ni pour l’environnement et il est admissible en production biologique.

diffuseur de phéromones du carpocapse de la pomme

Diffuseur d’Isomate accrocher dans un arbre pour la confusion sexuelle du carpocapse de la pomme (source : Francine Pelletier, IRDA).

ISOMATE CM FLEX (phéromone du carpocapse de la pomme) : Tout comme le produit précédent, ce produit ne possède pas d’effet toxique et agit en empêchant l’accouplement des papillons, prévenant ainsi l’apparition des larves causant les dommages. Il est spécifique au carpocapse de la pomme et est admissible en production biologique.

ISOMATE OFM TT (phéromone de la tordeuse orientale du pêcher) : Tout comme le produit précédent, ce produit ne possède pas d’effet toxique et agit en empêchant l’accouplement des papillons, prévenant ainsi l’apparition des larves causant les dommages. Son action est spécifique à la tordeuse orientale du pêcher et il est admissible en production biologique.

ISOMATE CM/LR TT (phéromone du carpocapse de la pomme, de la tordeuse à bandes obliques, de la tordeuse trilignée et de la tordeuse européenne) : Tout comme le produit précédent, ce cocktail de phéromones ne possède pas d’effet toxique et agit en empêchant l’accouplement des papillons listés surl’étiquette, prévenant ainsi l’apparition des larves causant les dommages. Ce produit ne possède pas d’effet toxique ni pour l’humain ni pour l’environnement et il est admissible en production biologique.

ISOMATE DWB (phéromone de la sésie du cornouiller) : Tout comme le produit précédent, ce produit ne possède pas d’effet toxique et agit en empêchant l’accouplement des papillons, prévenant ainsi l’apparition des larves causant les dommages. Son action est spécifique à la sésie du cornouiller et il est admissible en production biologique.

LABAMBA (lambda-cyhalothrine) : voir MATADOR.

MALATHION 85E (malathion) : Cet insecticide de synthèse à large spectre fait partie de la famille des organophosphorés. Il agit par contact, ingestion et inhalation. Ce produit est peu persistant sur le feuillage (moins d’une semaine).

MATADOR 120EC (lambda-cyhalothrine) : Cet insecticide de synthèse à large spectre fait partie de la famille des pyréthrinoïdes. Il agit par contact et par ingestion. Son action n’est pas systémique, mais persistante (trois à quatre semaines). Il est nuisible pour plusieurs espèces d’insectes et d’acariens utiles et favorise la multiplication des acariens phytophages. Il est recommandé de ne pas utiliser de pyréthrinoïdes après la floraison pour protéger la faune auxiliaire.

MOVENTO (spirotétramate) : Cet insecticide sélectif de synthèse fait partie de la famille des dérivés de l’acide tétronique. Il possède une activité systémique totale, c’est-à-dire qu’il est transporté dans toute la plante via le xylème et le phloème. Il agit par ingestion sur les insectes immatures se nourrissant de végétaux traités, par toxicité directe mais aussi en réduisant la capacité de reproduction de la femelle et la survie de sa progéniture. Il possède une action spécifique sur les pucerons et cochenilles. Le produit est peu toxique pour la faune auxiliaire en général mais modérément toxique pour les acariens prédateurs. De meilleurs résultats sont obtenus en l’utilisant avec un adjuvant non-ionique (ex.  AGRAL).

PERM-UP (perméthrine) : voir AMBUSH.

POLECI (deltaméthrine) : voir DECIS.

POUNCE (perméthrine) : voir AMBUSH.

RIMON (novaluron) : Ce produit est un insecticide sélectif de synthèse du groupe des régulateurs de croissance des insectes. Il possède une action spécifique sur les lépidoptères, essentiellement par ingestion (jeunes stades larvaires) et par contact (œufs). Il n’affecte pas le stade adulte des ravageurs visés. Bien que son action soit non-systémique, il est absorbé par la cuticule des feuilles (action transcuticulaire) et résiste bien au lessivage par la pluie ce qui lui confère une action persistante modérée (jusqu’à 14 jours sur feuillage, jusqu’à 10 jours sur fruits). C’est toutefois le « moins sélectif » des régulateurs de croissance des insectes et des applications répétées de ce produit peuvent causer une baisse des acariens prédateurs phytoséiides et une augmentation des populations de tétranyque rouge.

SAFER’S, OPAL, KOPA, OLEGROW (sel de potassium d’acide gras) : voir la fiche Acaricides homologués en pomiculture au Québec.

SEFINA (afidopyropen) : voir VERSYS.

SEVIN XLR (carbaryl) : Cet insecticide de synthèse à large spectre fait partie de la famille des carbamates. Il agit par contact et par ingestion. Il est nocif pour les abeilles et plusieurs insectes utiles et favorise la multiplication des acariens phytophages. Depuis 2017, cet insecticide est homologué uniquement comme agent d’éclaircissage des fruits. Ce produit peut être phytotoxique à haute dose, particulièrement sur le cultivar McIntosh, en conditions de séchage lent. Il y a aussi un risque d’incompatibilité lorsqu’appliqué en mélange avec de l’huile (huile supérieure et huile d’été).

SEMIOS CM PLUS (phéromone du carpocapse de la pomme): Ce produit n’est pas pulvérisé, il émane d’un distributeur à taux variable selon les captures enregistrées dans les pièges et d’un réseau maillé sans fil. Il interfère avec l’accouplement des papillons comme les ISOMATE CM/OFM TT. L’achat du piège vient avec un service d’accompagnement. Il peut être moins efficace dans certaines situations que les produits ISOMATE selon certaines données au Québec.

SILENCER (lambda-cyhalothrine) : voir MATADOR.

SHIP 250 EC (cyperméthrine) : voir UP-CYDE

SUCCESS (spinosad) : Cet insecticide naturel sélectif fait partie de la famille des spinosynes. Il provient des toxines produites par la bactérie Saccharopolyspora spinosa. Il agit par contact et par ingestion. Son activité est systémique locale (translaminaire). Il possède une action spécifique sur les larves de lépidoptères (chenilles) et est utilisé principalement, dans les vergers du Québec, pour le contrôle de la tordeuse à bandes obliques. Il est recommandé de l’appliquer lorsque les larves se nourrissent, en évitant les journées venteuses ou trop ensoleillées pour favoriser son absorption et réduire sa dégradation par la lumière. Il est aussi recommandé d’éviter de le mélanger avec des produits qui élèvent le pH de la bouillie (calcium). ENTRUST 80W est la formulation du spinosad admissible en production biologique.

SURROUND (kaolin) : Un agent de lutte minéral non toxique à base d’argile, agissant comme une barrière physique sur les fruits pour aider à réduire les dommages causés par les insectes et l’insolation. Pour obtenir de bons résultats, l’application du produit doit débuter avant l’apparition des insectes ravageurs et doit se poursuivre à une fréquence de 7 à 14 jours par la suite. Un lavage des fruits à la récolte peut être nécessaire afin d’éliminer les résidus blanchâtres. Ce produit est admissible en production biologique.

SIVANTO PRIME (flupyradifurone) : Cet insecticide de la famille des buténolides, a un mode d’action similaire à celui des néonicotinoïdes, mais son spectre d’action est beaucoup moins large, il est par conséquent moins toxique pour les abeilles. Dans la pomme, cet insecticide systémique est utilisable contre la plupart des insectes suceurs (pucerons, cicadelles, cochenilles) sauf le puceron lanigère.

THEME (thiaclopride) : voir CALYPSO.

TROUNCE (pyréthrines/sel de potassium d’acide gras) : Un insecticide-acaricide combinant la pyréthrine et le savon. Il agit par contact et ingestion et est toxique pour plusieurs insectes utiles incluant les abeilles. Ce produit est admissible en production biologique. Vérifier avec votre organisme de certification avant de l’utiliser.

UP-CYDE (cyperméthrine) : Ce produit est un insecticide de synthèse à large spectre de la famille des pyréthrinoïdes. Il agit par contact et par ingestion et possède une action persistante prolongée. Il est nuisible pour plusieurs espèces d’insectes et d’acariens utiles et favorise la multiplication des acariens phytophages. Ce produit (la cyperméthrine) n’est pas compatible avec la PFI.

VAYEGO (tétraniliprole) : De la même famille que ALTACOR et EXIREL, cet insecticide à large spectre est efficace particulièrement contre les chenilles (carpocapse, TBO) et l’hoplocampe. Il a aussi une certaine efficacité contre le charançon de la prune et la mouche de la pomme. Relativement sélectif envers les espèces utiles mais toxique pour les abeilles et les guêpes parasitoïdes. Activité systémique translaminaire, résistant au lessivage après l’assèchement du produit. Relativement persistant. Homologué seulement en post-floraison.

VERSYS (afidopyropen): Un insecticide dérivé du pyripyropène A produit par un champignon filamenteux. C’est le seul produit de ce groupe d’insecticides. Il agit par contact et est homologué contre le puceron rose et le puceron vert du pêcher. Ce produit est modérément toxique pour les abeilles.

VIROSOFT CP4, CYD-X (virus de la granulose du carpocapse) : Cet insecticide naturel sélectif d’origine virale est spécifique au carpocapse de la pomme. Il agit uniquement par ingestion. Il est produit à partir de souches de virus naturellement présents dans les vergers. Il est sans toxicité pour tous les autres organismes et pour l’environnement. Il s’applique par pulvérisation comme un insecticide, mais jamais par temps clair car l’exposition directe aux rayons solaires l’inactive. Il exige une bonne couverture, en utilisant un volume de bouillie selon le gabarit des arbres, c.-à-d. de 500-1000 L/ha. Des applications répétées sont nécessaires afin de bien atteindre l’ensemble de la population. Il n’est pas recommandé de le mélanger avec d’autres produits. Ce produit est admissible en production biologique.

VYDATE L (oxamyle) : Cet insecticide et acaricide de synthèse à large spectre fait partie de la famille des carbamates. Il possède également une action nématicide. Il agit par contact et possède une activité systémique. Il est utilisé dans les vergers du Québec principalement comme nématicide avant la plantation et comme insecticide-acaricide sur les arbres en pépinière. Il peut provoquer de la roussissure sur les fruits des cultivars sensibles.  Ce produit n’est pas compatible avec la PFI.

XENTARI WG (B. thuringiensis var. aizawai): C’est un insecticide spécifique aux lépidoptères qui agit par ingestion. Il est homologué contre certains ravageurs importants tels que le carpocapse de la pomme et la tordeuse à bandes obliques et aussi contre certaines chenilles défoliatrices. Ce produit est admissible en production biologique. Vérifiez avec votre organisme de certification avant de l’utiliser.

ZIVATA (lambda-cyhalothrine) : voir MATADOR

Notez que de rares produits ne nécessitent ni homologation, ni autre autorisation pour être appliqués en vergers, par exemple, les « macro-organismes » utiles présents naturellement dans la même zone écologique que celle dans laquelle se trouve votre verger. En pratique : coccinelles, nématodes, acariens prédateurs, trichogrammes, etc. Ces organismes sont décrits dans les fiches suivantes : Les espèces utiles, une ressource à protéger, Description et efficacité des prédateurs d’acariens, Description et efficacité des prédateurs de pucerons et Description et efficacité des parasitoïdes.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Gérald Chouinard, Yvon Morin, Robert Maheux, Sylvie Bellerose et Maude Lachapelle
Auteures de la mise à jour 2024 : Francine Pelletier et Stéphanie Gervais
Dernière mise à jour par les auteures : 8 mars 2024

 

Les cotes d’efficacité potentielle des insecticides et des acaricides utilisables en pomiculture tiennent compte de la toxicité du produit, de sa persistance d’action et des contraintes reliées à sa période d’application. Elles ont été déterminées à partir des informations suivantes : recommandations de l’état de New York, de la Nouvelle-Angleterre, de l’Ontario, de la Pennsylvanie ainsi que des essais et observations effectués au Québec par les conseillers et chercheurs membres du Réseau-pommier.

Attention!

  • L’attribution d’une cote ne signifie pas que le produit est homologué pour cet usage spécifique, ni qu’il est disponible commercialement ou qu’il est recommandé ou admissible en PFI. Pour plus de détails sur chaque produit, consultez la fiche Acaricides homologués en pomiculture au Québec et Insecticides homologués en pomiculture au Québec.
  • Les cotes indiquent l’efficacité potentielle des produits sur le stade normalement visé pour une intervention. Cette cote tient compte de l’activité immédiate du pesticide, mais également de ses caractéristiques comme la persistance, l’activité systémique,
  • Pour connaitre l’efficacité réelle de l’intervention, il faut tenir compte non seulement de sa cote d’efficacité, mais également de la période et des conditions d’application. Par exemple, un produit potentiellement efficace, mais peu persistant et appliqué juste avant une pluie, aura une faible efficacité réelle.
  • Un produit ayant une cote supérieure n’est pas automatiquement le meilleur choix! Le coût du pesticide, sa toxicité pour les abeilles et les autres organismes utiles du verger, ses effets néfastes sur l’utilisateur et l’environnement, le type de marché visé, la gestion de la résistance, doivent également être considérés. À titre d’exemple, pour les vergers d’autocueillette, il est important à l’approche de la récolte d’éviter les applications qui laissent des résidus blanchâtres sur les fruits. La fiche sur Les espèces utiles, une ressource à protéger vous aidera également à choisir les produits ayant un minimum d’impacts négatifs sur les insectes et acariens utiles du verger.
  • L’efficacité des pesticides peut être modifiée lorsqu’ils sont mélangés à d’autres pesticides ou adjuvants. Dans certains cas, l’efficacité pourra être bonifiée, mais dans d’autres, l’effet pourra être nul, voir négatif. La fiche sur la Compatibilité des mélanges vous aidera à connaître les conséquences de cette pratique.
  • Ces cotes représentent la situation moyenne pour l’ensemble des vergers : la situation peut être différente de celle dans votre verger. Dans certaines régions du nord de Montréal et dans certains vergers ailleurs au Québec par exemple, la tordeuse à bandes obliques a développé de la résistance aux organophosphorés, aux pyréthrinoïdes et au tébufénozide

Les informations concernant les nouveaux produits et les insectes occasionnels sont fragmentaires et sujettes à révision.

Cliquez ici pour télécharger le tableau complet.Extrait du tableau efficacité potentielle des insecticides et acaricides.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteurs de la première édition : Vincent Philion, Yvon Morin, Robert Maheux et Gérald Chouinard
Auteures de la mise à jour 2024 : Francine Pelletier, Stéphanie Gervais, Catherine Pouchet et Audrey Charbonneau
Dernière mise à jour par les auteures : 8 mars 2024

 

Cette fiche présente une description sommaire et une liste non exhaustive des fongicides et bactéricides homologués pour les vergers de pommiers au Canada pour l’année 2024. À chaque début de saison, le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) du pommier effectue une mise à jour de cette liste et diffuse les ajouts et retraits par le biais de communiqués. Consultez la fiche sur les Ressources essentielles en PFI pour en savoir plus sur le RAP.

NOTE : Pour une information complète et à jour sur les pesticides, visitez le service en ligne d’information sur les pesticides du gouvernement du Québec, SAgE pesticides, et du Canada, Recherche dans les étiquettes de pesticides – Santé Canada.

ATTENTION : Bien qu’homologués au Canada, les produits mentionnés ne sont pas nécessairement disponibles partout au pays, et ils ne sont pas nécessairement autorisés aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Avant de les utiliser, il importe donc de vérifier les conséquences possibles de leur utilisation si la récolte doit être exportée.

Cliquez ici pour télécharger le tableau complet. 

Extrait du tableau fongicides et bactéricides homologués en pomiculture au Québec.

 

 

Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteur de la première édition : Vincent Philion
Auteur de la mise à jour 2024 : Vincent Philion
Dernière mise à jour par l’auteur : 16 mai 2024

 

Cette fiche regroupe la plupart des produits dont l’utilité pour la gestion des maladies est centrée sur la répression du feu bactérien. Le cuivre et la bouillie soufrée, qui sont aussi utilisés pour lutter contre le feu bactérien, sont décrits dans la fiche sur la Description des fongicides non sujets à la résistance.

Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) du pommier effectue une mise à jour régulière de cette liste et diffuse les ajouts et retraits par le biais de communiqués. Consultez la fiche sur les Ressources essentielles en PFI pour en savoir plus sur le RAP.

NOTE : Pour une information complète et à jour sur les pesticides, visitez le service en ligne d’information sur les pesticides du gouvernement du Québec et du Canada.

Bactéricides

Dans la plupart des pays, l’utilisation des antibiotiques en pomiculture n’est pas permise. Même si ces produits sont sécuritaires pour l’humain, ils peuvent avoir des impacts environnementaux. Par exemple, la streptomycine affecte les pollinisateurs et peut nuire à leur travail1. Au Canada, deux antibiotiques sont homologués pour lutter contre le feu bactérien. Dans les régions où leur usage est restreint à la période florale, les problèmes de résistance sont à peu près inexistants. Comme aucune résistance aux antibiotiques n’a été rapportée au Québec, les deux antibiotiques homologués pourraient être utilisés en rotation pour prévenir la résistance. Cette rotation n’est pas nécessaire si les traitements antibiotiques sont parcimonieux. Le mélange des antibiotiques n’apporte pas de gain particulier et n’est pas suggéré. Consulter la fiche sur Le feu bactérien : stratégie de lutte.

STREPTOMYCIN 17WP (sulfate de streptomycine) : La streptomycine est l’antibiotique le plus utilisé pour réprimer le feu bactérien. Dans plusieurs États américains, une utilisation abusive (notamment en été) a conduit à une perte d’efficacité complète. L’étiquette canadienne de ce produit ne prévoit pas de dose officielle par hectare. La dose « traditionnelle » de streptomycine (100 ppm d’ingrédients actifs) est de 1,8 kg/ha dans 2800 L/ha sur des pommiers standards. Cette approche n’est pas préconisée dans les vergers commerciaux où les traitements sont réalisés avec un pulvérisateur à jet porté usuel. Un volume d’eau élevé n’est pas nécessaire pour obtenir une bonne couverture. La dose peut être ajustée à la dimension des arbres (ex. : 1 kg/ha) et être appliquée dans un petit volume d’eau. Des tests réalisés à l’IRDA ont démontré que les traitements avec de petites gouttelettes à volume réduit (225 L/ha) étaient plus efficaces que les traitements à volume élevé (450 L/ha) pour une même dose à l’hectare2.

Selon les cultivars, la streptomycine peut être légèrement phytotoxique et provoquer un jaunissement (chlorose) si la concentration dans le réservoir est plus grande que 1 kg dans 250 L d’eau (voir photo). Cette phytotoxicité bénigne n’a pas de conséquences3. La dose appliquée ne devrait jamais être moindre que 600 g/ha. À la dose minimale, l’efficacité peut être insuffisante, notamment quand le risque est élevé ou lors de traitements dans les heures suivants l’infection. La dose de 600 g/ha est en usage dans certains pays (Kunz, Triloff comm. pers.), mais seulement pour des applications avant l’infection. À la dose correctement ajustée, la streptomycine est efficace au moins 24 h en post infection même quand la température extérieure est élevée3,4. Les traitements réalisés pendant les périodes d’humidité plus élevée (ex : en soirée) favorisent une meilleure pénétration du bactéricide3

phytotoxicité de streptomycine sur Cortland

Phytotoxicité marginale suite à une application de streptomycine sur le cv Cortland (source : IRDA).

Le produit est stable pendant plusieurs années à la température pièce5 s’il est conservé à l’abri de la lumière. Le contenant original (opaque) est adéquat pour la conservation. Le produit peut tolérer une exposition temporaire à une température plus élevée, mais l’efficacité pourrait en être réduite.

Les applications en mélange avec un surfactant (Regulaid) sont largement recommandées aux États-Unis, mais ce produit n’est pas disponible au Canada et substituer l’adjuvant pourrait nuire à l’efficacité. Le LI-700 est parfois suggéré comme alternative au Regulaid même si la pomme n’apparaît pas à l’étiquette. Si ce choix est fait, assurez-vous que le pH ne soit pas trop acide.

Les applications de streptomycine en mélange avec d’autres pesticides (ex. : fongicides) sont fréquentes aux États-Unis, malgré une étude qui démontre une absorption moindre, notamment pour des mélanges avec le Captan, la dodine et le soufre6. Comme les tests sur fleurs détachées réalisés à l’IRDA ont montré une bonne efficacité des mélanges, cette baisse d’absorption potentielle ne semble pas assez importante pour justifier des traitements séparés. Il est également possible que les formulations testées lors de la première étude de compatibilité soient très différentes de celles en usage aujourd’hui. En fait, le mélange de Captan et de streptomycine en parcelles de verger s’est avéré plus efficace que la streptomycine appliquée seule (2019). La streptomycine serait néanmoins incompatible7 avec les formulations EC (ex: Aprovia). Le mélange avec d’autres types de formulations plus usuelles (ex: SC) n’est pas mentionné comme problématique dans la littérature.

Cependant, la streptomycine demeure incompatible avec les produits très alcalins8 (ex. : bicarbonate, cuivre fixe) et très acides. Le mélange avec le bicarbonate est donc impossible, mais aussi l’application sur des résidus alcalins (bouillie bordelaise, bicarbonate, bouillie soufrée) ou très acides (LI-700) serait problématique. Assurez-vous que la pluie a bien lessivé ce genre de résidu avant un traitement.

Idéalement, laissez une fenêtre suffisante pour l’absorption de la streptomycine avant un traitement avec un produit incompatible.

KASUMIN 2L (2 % kasugamycin) : La kasumine a été homologuée comme alternative à la streptomycine dans les États où la résistance était présente. En absence de résistance, ce produit n’a pas beaucoup d’intérêt. Le délai avant récolte de 90 jours empêche son utilisation dans les cultivars hâtifs (ex. : Paulared). À dose équivalente, cet antibiotique est aussi efficace que la streptomycine. Cependant, contrairement à l’étiquette américaine, le taux d’application au Canada est limité à 5 L/ha, ce qui correspond à la moitié de la dose de Streptomycine. Dans des tests à l’IRDA, une dose de 10 L/ha de Kasumin (40 $/L, 400 $/ha)) était nécessaire pour obtenir une efficacité similaire à la pleine dose de streptomycine (1,8 kg/ha, 167 $/kg = 300 $/ha). Un plus grand nombre de foyers de feu a été observé dans les parcelles traitées à la dose réduite de Kasumine9. Cependant, dans d’autres tests la Kasumine à 5 L/ha était aussi efficace que la streptomycine au moins 24 h en post infection, même quand la température extérieure était élevée4.

Lutte biologique et extraits de plantes

Les produits de lutte biologique homologués pour lutter contre les maladies du pommier sont principalement utilisés pour réprimer le feu bactérien, mais certains sont également homologués contre la tavelure. Ils comprennent des bactéries (Pantoea, Pseudomonas, Bacillus), une levure (champignon) antagoniste et des extraits de plantes comme l’ail et la Renouée de Sakhaline. D’autres produits à l’étude (ex. : les virus bactériophages) mais non homologués sont inclus. La plupart des produits homologués portent une mention « d’efficacité moindre », mais le vocabulaire porte à confusion.

Par exemple, une version antérieure de l’étiquette en français du « Serenade MAXa » précise que c’est un produit « préventif à large spectre pour la suppression de plusieurs maladies des plantes ». Le mot « suppression » est une traduction erronée. En anglais, le mot « suppression » est défini par l’ARLA comme : « consistent control at a level which is not optimal but is still of commercial benefit », autrement dit d’une efficacité restreinte mais tout de même utile. Selon les normes linguistiques de l’ARLA, le terme « répression » aurait dû être utiliséb, mais ce terme ne reflète pas non plus la nuance d’efficacité partielle.  En français, on devrait plutôt privilégier « atténuation » ou « réduction » significative de la maladie. L’étiquette a depuis été corrigée, mais les ambiguïtés linguistiques demeurent.

Dans certaines circonstances, les produits homologués avec une efficacité moindre (répression/suppression) peuvent néanmoins  avoir une utilité agronomique suffisante et leur utilité en PFI est indiquée.

  1. http://www.agrireseau.qc.ca/legumeschamp/documents/SerenadeMA.pdf
  2. Lignes directrices concernant l’efficacité des produits phytosanitaires, DIR2003-04

Selon les normes de l’ARLA, les produits très efficaces portent la mention « supprimer » en français ou « control » en anglais. Cependant, la dose homologuée ne confère pas une efficacité égale entre les produits, peu importe la note accordée par l’ARLA10.

Aucun produit biologique homologué n’est considéré à risque pour le développement de résistance. Ils sont tous admissibles en production biologique.

Bactéries antagonistes

Au Canada, trois bactéries antagonistes (Bacillus amyloliquefaciens, Pseudomonas fluorescens et Pantoea agglomerans) ont été homologuées exclusivement pour la lutte contre le feu bactérien (Erwinia amylovora). Une quatrième bactérie (Bacillus subtilis) est homologuée pour réprimer différentes maladies, dont le feu bactérien. D’autres bactéries (ex. : Bacillus mycoides) sont en cours d’homologation. Ces bactéries ont différents modes d’action qui incluent l’activation des mécanismes de défense de la plante, la production de composés antibiotiques et la compétition pour occuper la fleur. Ces produits ne sont pas aussi efficaces qu’un simple traitement antibiotique bien ciblé. Il est possible d’augmenter l’efficacité des bactéries antagonistes dans une stratégie combinée avec la streptomycine.

BLIGHTBAN et BLOOMTIME : Pour des raisons commerciales, aucun de ces produits homologués n’est facilement disponible. Sauf exception (voir BLIGHTBAN A506), les produits à base de Pantoea et Pseudomonas doivent être maintenus congelés jusqu’à leur utilisation et ne peuvent être congelés plus d’une année. Ils ne doivent pas être utilisés à proximité de nouvelles plantations de conifères. L’utilisation combinée de Pantoea et Pseudomonas n’est pas recommandée. À l’exception des traitements avec BLIGHTBAN C9-1, aucun traitement de cuivre ne peut précéder ou suivre un traitement avec ces organismes puisque ces bactéries sont sensibles au cuivre. L’eau chlorée des municipalités n’affecte pas la viabilité des bactéries.

BLIGHTBAN A506 (Pseudomonas fluorescens, souche A506) : En plus de son efficacité pour réprimer le feu bactérien, P. fluorescens est un antagoniste des bactéries qui provoque la nucléation de la glace et peut parfois contribuer à diminuer les dommages de gel lorsque les traitements sont débutés avant le bouton rose. La souche A506 peut également réprimer certaines bactéries responsables du roussissement. Ces deux usages sont homologués aux États-Unis. La souche A506 peut tolérer un mois à 4 °C ou une semaine à la température pièce avant l’application.

BLIGHTBAN C9-1 (Nufarm, Pantoea agglomerans, souche C9-1) : Dans les tests, le C9-1 était toujours plus efficace que la souche E325.

BLOOMTIME BIOLOGICAL FD (NAP, Pantoea agglomerans, souche E325) : Incompatible avec les produits à base de cuivre. Dans certains tests américains, le produit n’a aucune efficacité11.

DOUBLE NICKEL LC (Bacillus amyloliquefaciens, souche D747, Certis) : Ce produit contient la bactérie ainsi que des produits de fermentation. Comme le Serenade, Double Nickel (DN) a un spectre d’usage large, mais d’efficacité limitée. En pomiculture, il est seulement homologué pour la lutte contre le feu bactérien. Il n’est pas efficace contre la tavelure. Il est compatible en mélange avec le cuivre (ex. : Cueva, oxychlorure). Le mélange avec le cuivre atténue la roussissure liée au cuivre12–14. Cependant, dans le cas des infections sur fleurs, l’effet du Double Nickel seul est variable4,11,15 et le mélange avec le cuivre n’augmente pas toujours l’efficacité du cuivre4,13,15. Des traitements réguliers du mélange Double Nickel et de cuivre (ex. : Cueva, 5 L/ha) à partir du stade chute des pétales atténue partiellement la propagation du feu12,16 en protégeant les pousses en croissance. Cependant, cet effet du mélange n’est pas confirmé dans tous les tests. Le consensus des chercheurs impliqués (réunion de 2019 à Traverse, Michigan) est que le produit n’est pas assez efficace pour être recommandé.

STARGUS (Marrone) (Bacillus amyloliquefaciens) : Très peu efficace contre la tavelure (Cornell 2020).

LIFEGARD (Bacillus mycoides, Certis) : (Selon l’étiquette 2024) Éliciteur des mécanismes de défense. Efficacité partielle et variable contre le feu bactérien sur pousses, la tavelure du pommier, le blanc, la suie-moucheture et possiblement la pourriture amère (hors étiquette). Applications régulières requises aux 7 à 14 jours à partir du stade de la chute des pétales et en rotation avec des traitements efficaces. Non recommandé pendant la floraison. Utilité non démontrée dans un programme PFI.

SERENADE MAX, ASO, ou OPTIMUM (Bacillus subtilis, Bayer) : Tous ces produits contiennent la souche QST 713 de la bactérie Bacillus subtilis, ainsi que ses produits de fermentation (lipopeptides), mais la concentration de la version « optimum » est plus élevée17. En plus de l’efficacité comme antagoniste du feu, Serenade Optimum a une certaine efficacité contre la tavelure17 et le blanc. Par contre, la tavelure n’apparaît pas sur l’étiquette de SERENADE ASO. Serenade n’est pas efficace contre les pourritures de fruit (ex. : pourriture amère), ou la suie-moucheture17. Vu l’efficacité limitée des produits à base de Bacillus, les formulations de SERENADE devraient être utilisées seulement en prévention, sous des pressions de maladie faibles et en rotation avec d’autres produits. Les formulations de SERENADE ne sont pas actuellement considérées utiles en PFI mais peuvent avoir une utilité dans un contexte de production biologique.

Levure antagoniste

La levure noire Aureobasidium pullulans est un champignon ubiquiste, c’est-à-dire qu’elle est présente partout et dans différents environnements (sol, air, eau). On la retrouve souvent sur la surface de différentes plantes, dont le pommier où elle survit comme épiphyte, sans affecter son hôte. Elle est néanmoins associée à certains problèmes de roussissure des fruits quand sa population est très élevée et que les conditions (cultivar, climat) favorisent la roussissure. Certaines souches de cette levure ont été sélectionnées pour leur efficacité contre différentes maladies du pommier, notamment contre le feu bactérien et les pourritures d’entrepôts. Le mode d’action de la levure pour réprimer le feu bactérien est complexe. La levure a peu d’effet sur la multiplication bactérienne. Cependant, une fois appliquée, la levure colonise la corolle de la fleur et empêche l’entrée des bactéries dans la plante (infection). La levure acidifie la fleur (naturellement à pH = 6), et abaisse son pH à 5, ce qui inhibe le mouvement bactérien (chimiotaxie) qui n’est actif que lorsque le pH est entre 5 et 8. Le tampon (acide citrique et tampon phosphate, pH = 4) en mélange avec la levure aide à abaisser le pH et agit en synergie. L’acide citrique (citrate18) a une efficacité réduite quand il est appliqué seul.

BLOSSOM PROTECT (Aureobasidium pullulans) : Ce produit a été homologué au Canada en 2013 comme alternative à l’utilisation des antibiotiques pendant la floraison pour réprimer le feu bactérien. Ilest incompatible en mélange avec la plupart des fongicides usuels19 et les traitements contre la tavelure doivent être faits en tenant compte de cette contrainte.

Contrairement à la mention de l’étiquette du produit, le mélange de Blossom Protect est néanmoins possible19 avec les fongicides suivants : le soufre (ex. : KUMULUS, mais pas la bouillie soufrée), les AP  (ex. : SCALA, VANGARD) et certains SDHI  (ex. : LUNA TRANQUILITY et FONTELIS, mais pas APROVIA) et certains        moins puissants (ex. : KENJA). Les fongicides « incompatibles » (ex. : Bicarbonate, Captan, cuivre, folpan, fluazinam, etc.) peuvent néanmoins être utilisés un jour avant ou deux jours après un traitement avec BLOSSOM PROTECT sans nuire à l’efficacité. En gros, le tampon inclus avec le Blossom Protect peut « neutraliser » un fongicide appliqué la veille et permettre à la levure de s’installer. Cependant, une fois le Blossom Protect en place il faut laisser au moins 36 h pour permettre à la levure de s’installer avant d’appliquer un fongicide incompatible.

La streptomycine, Apogee, le chlorure de calcium, l’urée et la plupart des adjuvants peuvent être mélangés sans problème au Blossom Protect.

Les applications de Blossom Protect devraient être faites le soir pour éviter les périodes de température très élevées parce que la chaleur ralentit la levure (Kunz, comm. pers.). Comme le feu bactérien est également fortement ralenti par la chaleur (> 28 °C), le temps additionnel requis par la levure pour s’installer n’a pas de conséquence sur son efficacité.

Dose : Le texte de l’étiquette est tiré d’un modèle européen de dosimétrie (dose par hauteur de canopée) qui est différent du système américain. La dose suggérée par l’étiquette pour le mélange des deux composants (6 kg/ha de Buffer Protect NT + 1,5 kg/ha de Blossom Protect) est une recette qui peut être modifiée selon la taille des arbres. Pour des arbres de dimension « usuelle » (ex. : 60 % à 75 % de TRV), la dose suggérée par l’étiquette est appropriée. Pour des arbres plus gros (ex. : TRV de 100 %) il faudrait jusqu’à 15,75 kg/ha du tampon et 2,25 kg/ha de la levure. Pour des arbres plus petits, ajustez les quantités en maintenant la proportion entre le tampon et la levure. La nouvelle formulation (Buffer Protect NT, 2021) requiert moins de tampon, soit 6 kg/ha. Avec la nouvelle étiquette, la cuve doit toujours contenir quatre foisplus de tampon que de levure.
Une fois la dose fixée, le volume d’eau par hectare n’est pas un facteur déterminant. Contrairement à la mention de l’étiquette, il n’est pas nécessaire d’appliquer 500 ou 1000 L/ha de bouillie. Les applications peuvent être faites « en concentré » dans aussi peu que 180 L/ha (ou même moins) comme tous les traitements à bas volume, dans la mesure où la bouillie est agitée en permanence et que l’équipement le permet.
Le tampon doit être ajouté à la cuve avant la levure.

Quand les applications sont limitées à deux par année, cette levure n’engendre habituellement pas de roussissure sur les pommes. Des applications additionnelles en fin de floraison peuvent être problématiques20. Les poires à peau lisse sont plus sujettes à des problèmes de roussissure. Comme le mélange de Blossom Protect est acide (tampon), il ne doit pas être utilisé dans les blocs où du cuivre a été appliqué dans la semaine précédente car il y a alors risque d’augmenter la phytotoxicité du cuivre. De plus, comme Blossom Protect limite l’utilisation des fongicides durant la période florale, un traitement fongicide efficace contre la roussissure pourrait être requis dans les blocs sensibles où la levure est appliquée. Contrairement aux données publiées sur l’étiquette, le produit peut être conservé à moins de 8 °C (réfrigérateur) et être utilisé jusqu’à 30 mois après fabrication. Le produit peut également être congelé lors de l’achat (congélateur domestique) et il gardera son efficacité pendant plusieurs années, à condition qu’il ne subisse pas de cycle de gel/dégel (S. Kunz, comm. pers.).

Maximum deux traitements sur Golden, Jonagold et Idared. Sécuritaire jusqu’à quatre traitements sur la plupart des variétés tolérantes à la roussissure, incluant Gala.

Extraits de plantes

On trouve dans la littérature des références à différents extraits de plantes pour lutter contre les maladies du pommier. Certains de ces extraits sont homologués aux États-Unis, comme par exemple des extraits d’huiles essentielles (thym, etc.). Aucun de ces produits n’est très efficace et leur coût est la plupart du temps prohibitif. Cependant, il est possible qu’avec un tensioactif approprié, certains deviennent utiles (ex. : Thyme guard + Cohere4 ou Top film21). Ces extraits ne sont pas homologués au Canada. Seulement deux extraits de plantes sont homologués en pomiculture au Canada : l’ail et la renouée de Sakhaline.

BURAN (poudre d’ail) : L’ail a des propriétés qui peuvent s’avérer utiles pour réprimer certaines maladies comme le blanc, la suie-moucheture et la tavelure. Par contre, dans les tests comparatifs rendus publics, l’efficacité du fongicide BURAN était assez faible22,23. L’activité contre le blanc serait favorisée par l’ajout d’un surfactant non ionique (0,1 % v/v). Compte tenu de l’efficacité assez faible et du coût, le BURAN n’est pas actuellement considéré utile en PFI.

Regalia® Maxx (Reynoutria sachalinensis, 20 %) : La renouée de Sakhaline est un éliciteur des mécanismes de défense des plantes (voir cette section ci-dessous). Le Regalia n’a donc pas d’effet direct sur les agents pathogènes. Au Canada, le Regalia est homologué pour la répression partielle du blanc, des pourritures de fruits dues à Alternaria, du complexe suie-moucheture, de la pourriture blanche (Botryosphaeria dothidea) et de la pourriture amère (Colletotrichum). Ce produit n’a pas été testé sous nos conditions et les résultats d’efficacité publiés ailleurs ne permettent pas de conclure que ce produit est utile en PFI.

Vacciplant (Laminarin) : Effet marginal ou nul contre la tavelure et le feu bactérien (IRDA et Cornell24).

Virus bactériophages

Les virus de bactéries ne sont pas homologués au Canada mais sont à l’étude. Par exemple, le produit américain Fire Quencher est testé, mais n’est pas fiable en verger11.

Éliciteurs des mécanismes de défense et régulateurs de croissance

Certains produits agissent un peu comme des vaccins et activent les mécanismes de défense naturels du pommier. Cette activation n’est pas instantanée et il peut s’écouler jusqu’à deux semaines avant qu’un effet soit mesurable. De plus, leur efficacité, qui est toujours partielle, dépend de bonnes conditions d’absorption. Utilisés seuls, ces produits sont parfois assez efficaces pour réprimer le feu bactérien ou la tavelure quand la pression de la maladie est assez faible. Lorsqu’utilisés en mélange, ou dans le cadre d’un programme de traitements, ils peuvent augmenter l’efficacité quand la pression des maladies est élevée. Les produits dans cette catégorie comprennent actuellement des dérivés de la chimie des phosphonates (ex. : ALIETTE, PHOSTROL) qui ne sont pas nécessairement homologués pour réprimer les maladies, mais qui sont vendus comme engrais foliaire. Ils comprennent aussi le prohexadione-Ca (APOGEE), utilisé comme régulateur de croissance et pour lutter contre le feu bactérien et réprimer en partie la tavelure en été. D’autres éliciteurs sont homologués sur la pomme aux États-Unis (ex. : ACTIGARD (BION)). Ce dernier présente souvent une bonne efficacité contre le feu bactérien, mais les résultats contre la tavelure sont variables (essais PEPS, France).

Phosphonates

Les phosphonates sont des produits dérivés de l’acide phosphoreux (HPO(OH)2). Ils sont aussi connus sous le nom de phosphites ou alors d’acide phosphonique. Ils sont habituellement vendus sous forme de sels de sodium, potassium et ammonium, mais d’autres formes existent, notamment le phosphonate de calcium, zinc, silicium et cuivre25. Bien qu’ils contiennent du phosphore, ils ne doivent pas être confondus avec les engrais à base de phosphates. Les ions phosphites sont absorbés dans les plantes, mais ne sont pas impliqués directement dans la nutrition. Ils sont néanmoins éventuellement convertis en phosphates par certaines bactéries du sol. Cette forme particulière de phosphore a un effet direct sur certains agents pathogènes, mais également un effet éliciteur sur les mécanismes de défense des plantes. À cause de ces effets variés, ils ont un spectre d’efficacité vaste mais inégal. Leur action dans la pomme comprend une efficacité directe bien documentée sur la pourriture du collet, mais pas contre les spores de la tavelure26. Par contre, les phosphonates ont une efficacité partielle comme éliciteurs contre la tavelure25,26, le feu bactérien et la pourriture du cœur. Les phosphonates ont donc surtout une efficacité indirecte. En été, les phosphonates sont partiellement efficaces contre le complexe suie-moucheture et peuvent contribuer à diminuer la progression du feu bactérien, mais ne sont pas efficaces contre les pourritures estivales.

Les phosphonates les plus efficaces contre la tavelure (cuivre, silice, zinc et calcium)25 ne sont pas en usage commercial contre ces maladies.

Même s’ils sont classés par le FRAC  (groupe 33), ces produits présentent un faible risque de résistance. Une fois absorbés par les racines ou les feuilles, ils sont véhiculés partout dans la plante. Ce sont les seuls produits avec à la fois une activité systémique acropétale (qui monte dans la plante) et basipétale (qui descend vers les racines). L’utilisation des phosphonates avec des surfactants (tensioactifs), des engrais foliaires ou des adjuvants qui augmentent l’absorption peut conduire à des réactions phytotoxiques. De même, les phosphonates utilisés de concert avec certains ions métalliques comme les fongicides à base de cuivre peuvent provoquer une trop grande absorption de ces métaux et conduire à une phytotoxicité. En été, les traitements avec des phosphonates peuvent provoquer une chlorose (jaunissement) foliaire. Les applications par temps très chaud (> 32 °C) peuvent causer des brûlures des fruits. Finalement, lorsque le pH de la bouillie appliquée est faible (pH < 5,5), les traitements en concentrés (< 500 L/ha) peuvent être phytotoxiques27.

Les phosphonates sont très persistants et des résidus peuvent être détectés dans les fruits plusieurs années après la dernière application sur l’arbre28. Selon les études, les applications réalisées avant le stade de la floraison n’occasionnent pas d’accumulation dans l’arbre et pourrait donc être une avenue intéressante29, mais les risques de résidus dans les fruits restent préoccupants30. Finalement, certaines formulations contiennent de l’azote, qui n’est pas recommandé en été31. Pour ces raisons, leur utilisation en PFI est sujette à controverse. Les phosphonates sont interdits en production biologique32.

ALIETTE WDG (fosétyl-aluminium) : Fongicide de la compagnie Bayer. Ce produit est le premier homologué de la famille des phosphonates. C’est le seul produit de cette catégorie qui soit actuellement homologué au Canada comme fongicide sur le pommier. Il est homologué contre la pourriture du collet et la tache vésiculeuse de la pomme, mais cette maladie, qui est surtout restreinte à quelques cultivars dont Mutsu, Jonagold et Golden, est absente au Québec et n’est pas décrite dans ce guide.

PHOSTROL (Phosphites monobasique et dibasique de sodium, de potassium et d’ammonium. 53,6 %) : Homologué contre la suie-moucheture.

Régulateurs de croissance

Le prohexadione de calcium est un régulateur de croissance qui inhibe la synthèse des gibbérellines. Il était à l’origine surtout utilisé pour son efficacité à ralentir la croissance végétative, ce qui réduit les besoins de taille et favorise la coloration et la qualité des fruits. Par ailleurs, cette molécule est aussi un éliciteur des mécanismes de défense qui a pour effet de réduire la sévérité du feu bactérien sur pousse, l’incidence de la tavelure du pommier33 et également la roussissure sur fruits. Les produits à base de prohexadione-Ca doivent être appliqués sur des pousses en croissance et doivent être bien absorbés pour agir. Les traitements sont généralement recommandés à la floraison, mais peuvent cependant commencer plus tôt, au bouton rose ou même après la floraison selon l’objectif visé. Tant que le feuillage est fonctionnel au moment du traitement, une application après la récolte a des effets mesurables le printemps suivant34.

Sur les jeunes arbres en croissance, une seule application au stade bouton rose peut réduire les risques de feu bactérien et de point amer, sans compromettre la croissance qui reprendra au cours de l’été35,36.  Les applications après la fleur peuvent cependant augmenter les risques de point amer.

La dose d’emploi est très variable selon la vigueur et la dimension des arbres. L’effet sur le feu bactérien commence à des doses faibles alors que le contrôle de vigueur requiert des doses plus élevées. Il est donc possible de tirer bénéfice du régulateur de croissance pour lutter partiellement contre le feu bactérien sur des jeunes arbres (deux à cinq ans)37 sans nuire à la croissance.

Dose par application du régulateur de croissance Apogee ou Kudos:

DIMENSION VIGUEUR FAIBLE* VIGUEUR MOYENNE VIGUEUR ÉLEVÉE
Gros arbres (100 % TRV) 625 g/ha 810 g/ha 1350 g/ha
Arbres nains (67 % TRV) 420 g/ha 540 g/ha 900 g/ha

*Effet partiel contre le feu bactérien sans effet notable sur la croissance31 ou pour les traitements débutant au bouton rose28.

Comme pour la plupart des produits phytosanitaires, le volume d’application n’est pas déterminant. Le prohexadione-Ca est efficace même lorsque le volume de bouillie appliqué à l’hectare est faible (traitements en concentré)35.

Le pH optimal de l’eau de pulvérisation doit être entre 4 et 5,538. L’eau alcaline et/ou à forte teneur en calcium nuit à l’absorption du produit. Le produit sera absorbé par la plante en deux heures quand l’eau est acidifiée, mais peut prendre jusqu’à huit heures quand l’eau est alcaline38.

En présence de calcium dans l’eau, l’ajout de sulfate d’ammonium (ratio 1:1, ex. : 1 kg sulfate d’ammonium pour 1 kg de Apogee) restaure l’activité39. Les étiquettes précisent que l’ajout d’Agral 90 (0,5 mL/L) peut améliorer l’efficacité lorsque les conditions ne sont pas propices à l’absorption. Les applications de calcium (ex. : chlorure de calcium) devraient être décalées quelques jours après l’application du prohexadione-Ca.

Le prohexadione-Ca est efficace sur les poiriers40 et sur les pommiers mais n’est pas toujours homologué sur les deux cultures, selon les pays. La dose requise est un peu plus élevée sur poiriers40, mais les doses élevées peuvent légèrement réduire le retour à la fleur. Apogee/Kudos permet de réduire fortement la présence des fleurs secondaires qui sont les plus à risque pour le feu bactérien.  Ce régulateur rend l’éclaircissage plus difficile et il faut en tenir compte pour le contrôle de charge. Finalement, l’étiquette recommande de ne pas appliquer APOGEE sur le cultivar Empire41 parce qu’il pourrait provoquer la formation de liège ou le fendillement des fruits. Il y est également mentionné que le produit peut réduire le rendement et la qualité du cultivar Cortland. Les essais réalisés au Québec et en Ontario n’ont pas permis d’observer de problèmes, mais les traitements effectués sur ces cultivars devraient être faits avec précaution sur des surfaces limitées.

Traitement d’urgence contre le feu bactérien : Dans les blocs où des symptômes de feu bactérien sur fleurs viennent d’apparaître (symptômes frais, avant qu’ils virent bruns), il est possible de limiter la propagation du feu42 en débutant dès que possible un programme de deux traitements à la dose maximale homologuée.

Produits commerciaux : Deux formulations commerciales sont disponibles. À peu près rien ne distingue les formulations, cependant, des différences mineures d’efficacité sont possibles.

  • APOGEE : (BASF). Prohexadione de calcium (27,5 %).
  • KUDOS : (Bartlett). Prohexadione de calcium (27,5 %).

Stérilisation de surface

Les produits générateurs de peroxyde peuvent tuer rapidement les bactéries et les spores de champignons à la surface des feuilles, mais offrent peu de rémanence et leur efficacité est donc restreinte dans le temps. Cette approche est efficace, mais les feuilles ou les fleurs traitées peuvent être rapidement colonisées à nouveau.

OXIDATE : Admissible en production biologique. Partiellement efficace contre le feu bactérien, la tavelure et contre le blanc. Compatible en mélange avec le soufre, le captan, la plupart des pesticides et engrais foliaires.  Cependant, Oxidate est acide en solution et est donc incompatible dans les mélanges alcalins. Les mélanges avec les ions métalliques comme le cuivre peuvent être instables.

 

Références
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Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteur de la première édition : Vincent Philion
Auteur de la mise à jour 2024 : Vincent Philion
Dernière mise à jour par l’auteur : 17 mai 2024

 

Les matières fongicides qui altèrent plusieurs mécanismes dans la biochimie des champignons permettent rarement la sélection d’individus tolérants (résistants) au sein des populations. On retrouve dans ce regroupement toutes les matières actives plus anciennes et dont la toxicité environnementale et humaine est élevée, mais aussi les sels comme le bicarbonate qui ne laissent présager aucun risque de résistance et dont la toxicité est faible.

Minéraux et dérivés

Les fongicides minéraux sont les plus anciens en usage. Ils sont utilisés principalement en production biologique. Ils agissent surtout par contact, mais les sels sont également absorbés par des pores moléculaires de la cuticule des feuilles et des fruits1,2, ce qui ouvre la possibilité d’une efficacité restreinte en post infection. Ces produits comprennent le cuivre (depuis 1760), incluant la bouillie bordelaise (1885), le soufre (1824) et la bouillie soufrée (1833). Plus récemment, des essais ont démontré que les sels (ex. : le chlorure de calcium, CaCl2) incluant les carbonates (ex. : bicarbonate de potassium) et la chaux hydratée, pouvaient aussi réprimer les maladies. Les minéraux comme le silicium sous forme soluble (silicate de potassium) ont aussi des effets connus contre plusieurs maladies3. Des mélanges de ces produits sont aussi possibles.

Produits à base de cuivre

Le cuivre est un métal lourd qui s’accumule de façon permanente dans les sols et qui est toxique pour les vers de terre, les poissons, etc. Dans plusieurs pays d’Europe, son usage est désormais interdit, ou alors la dose permise à l’hectare est fortement limitée d’ici au bannissement complet. Néanmoins, l’efficacité du cuivre pour combattre à la fois le feu bactérien, la tavelure du pommier et plusieurs maladies secondaires en PFI pousse les producteurs à intégrer annuellement au moins un traitement de cuivre. Au Canada, un assouplissement des étiquettes des produits est prévu pour permettre un usage moins restrictif du cuivre contre la tavelure et le feu en cours de saison.

Efficacité vs phytotoxicité : Les traitements au cuivre ont démontré depuis plus de 200 ans leur efficacité contre un bon nombre de maladies, mais ils peuvent également être phytotoxiques. Ainsi, les ions de cuivre qui sont toxiques aux bactéries et aux champignons peuvent également causer des dommages aux feuilles et aux fruits. Certains dommages liés au cuivre semblent inévitables, notamment la perte du « lustre » des fruits en été. Au moins quatre facteurs importants jouent sur l’efficacité et la phytotoxicité du cuivre : la formulation, la dose, la disponibilité (pH) et le volume d’application.

Formulation : Le cuivre en solution (sulfate de cuivre pentahydraté) est immédiatement disponible et a le plus gros potentiel de phytotoxicité. Différents mélanges et différentes formulations de cuivre le rendent moins immédiatement disponible. Ralentir ou « fixer » le cuivre diminue mais n’élimine pas la phytotoxicité. Le cuivre « fixe », peu importe sa formulation, est conçu pour laisser un résidu peu soluble à la surface des feuilles. Lorsque le feuillage est mouillé, les ions cuivre s’échappent lentement de ces dépôts et s’attaquent aux bactéries et champignons. Cette libération graduelle du cuivre maintient une efficacité pendant une plus longue période et évite que la concentration d’ions devienne trop grande et provoque l’effet phytotoxique redouté. En pomiculture, on utilise seulement des formulations de cuivre « fixe ». Au Canada, il existe cinq possibilités : hydroxyde, oxychlorure, octanoate, sulfate tribasique et bouillie bordelaise maison. Nos voisins américains ont accès à plusieurs autres formulations (ex. : oxyde de cuivre4) et à des mélanges (ex. : C-O-C-S, oxychlorure + sulfate), avec des adjuvants comme le gypse et d’autres éléments qui ont pour fonction de « fixer » le cuivre à des degrés divers. En Europe, l’éventail des possibilités est encore plus grand. Toutes les formulations de cuivre sont homologuées en production biologique, mais certains producteurs continuent de privilégier la bouillie bordelaise. Cette dernière n’est pas recommandée en PFI puisque les autres produits plus simples à manipuler existent.

L’efficacité des produits cuivrés est surtout liée à la quantité de cuivre traitée et à la finesse des particules en suspension4 et moins à leur forme chimique. Dans ce contexte, il peut être approprié de considérer seulement le coût par kilogramme d’ingrédients actifs pour guider son choix. Cette règle est applicable même pour les produits plus récents comme l’octanoate, puisque les données disponibles ne permettent pas de garantir que ce produit a une efficacité égale avec moins de cuivre métal.

Dose : La quantité de cuivre requise par application dépend du type de traitement et a un impact direct sur la phytotoxicité. Selon l’usage, la dose peut être optimisée. Les doses homologuées (ex. : 3,2 kg/ha pour l’oxychlorure) sont souvent conçues pour laisser un dépôt important sur le bois en début de saison et maintenir une efficacité à long terme, pendant quelques semaines. Le cuivre est alors libéré et lessivé graduellement. Pour des traitements réguliers contre la tavelure ou le feu bactérien, la dose requise est moindre et l’effet recherché est immédiat. Le mélange de cuivre et de soufre est souvent privilégié pour bénéficier de l’efficacité du cuivre et éviter la phytotoxicité. Sans soufre, la dose de 0,4 kg/ha de formulation (50 % cuivre sous forme d’oxychlorure) donne environ 200 g de métal par hectare, une dose plancher pour combattre la tavelure lorsque les applications sont ciblées et que le risque n’est pas trop élevé.

Effet du pH : La vitesse de libération des ions cuivre est fonction de l’acidité de la bouillie de pulvérisation. Plus l’eau est acide (pH faible), plus les résidus libèrent d’ions cuivre. Inversement, lorsque le pH est alcalin, la toxicité du cuivre envers les bactéries et les champignons diminue parce que moins d’ions sont libérés. Comme chaque application peut réactiver le cuivre en place, la sensibilité au pH continue après le traitement initial. Dans les blocs traités au cuivre au printemps (usage unique), il faut éviter les traitements « acidifiants » avec des produits comme le phosphonate et les bouillies acides en général, parce que la libération de cuivre serait accélérée.

Volume d’eau : Réduire le volume de bouillie à l’hectare (ex. : 300 L/ha5) lors des applications et viser des périodes de séchage rapide peut grandement diminuer les risques de phytotoxicité du cuivre lors des applications régulières. Pour éviter la phytotoxicité, le cuivre n’est pas recommandé sur feuillage humide (rosée) ou pendant la pluie. Ce produit n’est donc pas recommandé pendant la fenêtre de germination de la tavelure. Cependant, avant la floraison certains auteurs recommandent malgré tout le cuivre à dose faible en mélange avec du soufre pendant la période de germination des spores5,6. Selon la sensibilité du cultivar et le moment de l’application, cette approche peut être risquée.

Autres contraintes : Le cuivre ne devrait pas être appliqué avant une période de gel ou pendant les heures de dégel des bourgeons. Le cuivre à la surface des bourgeons peut être absorbé par les cellules et accentuer le dommage du gel. Cependant, le mélange de cuivre, de zinc et de bore est parfois rapporté comme bénéfique aux bourgeons affectés par le gel4,7. Les programmes d’applications à base de cuivre pour lutter contre la tavelure peuvent affecter la coloration de certains cultivars8 en comparaison aux programmes de lutte plus conventionnels.

Recommandations d’usage pour les produits commerciaux à base de cuivre :

  • Traitement de début de saison : Pour augmenter l’efficacité fongicide et bactéricide du cuivre et économiser un passage au verger, il est possible de combiner le cuivre fixe et l’huile de dormance dans un même traitement. Ce mélange est préconisé depuis très longtemps9. La fenêtre d’application du cuivre est un peu trop hâtive pour que le mélange réprime entièrement les acariens rouges, mais ce traitement peut réprimer les cochenilles et les pucerons roses (voir la fiche sur Les pucerons). Il faut profiter des conditions favorables pour l’application d’huile quand elles se présentent. Le mélange peut causer une légère phytotoxicité sur feuillage. Comme les traitements à l’huile sont souvent réalisés à basse vitesse ou avec deux passages, la couverture antibactérienne et fongicide n’en sera que meilleure. L’huile est compatible avec toutes les formulations de cuivre fixe, incluant la bouillie bordelaise.
    Plus le cuivre à haute dose est appliqué tardivement (ex. : pré bouton rose), plus il risque par la suite d’être « éclaboussé » sur les fleurs et causer une roussissure (rugosité) inacceptable sur les fruits des cultivars Empire, Idared, Jonagold, McIntosh, Spartan, entre autres, et une baisse de la nouaison. À l’inverse, le cuivre n’occasionne aucun problème sur Gala ou sur les poires qui tolèrent bien le cuivre.
  • Pour le feu bactérien pendant la floraison : Là où c’est légal, le cuivre (ex. : hydroxyde), est efficace à des doses assez faibles (400 g/ha en équivalent métal) pour réprimer partiellement le feu pendant la floraison10. Cependant, cette fenêtre d’application est la plus à risque pour la phytotoxicité. Le mélange de cuivre avec l’agent de lutte biologique Double Nickel pourrait atténuer cette phytotoxicité10,11, mais cette approche n’est pas constante et n’est pas préconisée12.
  • Pour la tavelure du pommier : Là où c’est légal, l’oxychlorure (50 %) est souvent privilégié par les producteurs parce que plus abordable que le CUEVA pour une efficacité jugée similaire. Le mélange de cuivre et soufre en protection est plus efficace que chacune des molécules utilisées seules8, probablement parce que le lessivage du cuivre est moindre que pour le soufre et que le soufre a un meilleur effet en post infection. Le ratio 1:10, (exemple 200 g/ha de cuivre métal et 2 kg/ha de soufre) est souvent utilisé. Avec ce mélange, les producteurs bio en Nouvelle-Zélande13 réussissent à réprimer la tavelure aussi bien qu’avec un programme conventionnel en utilisant de 1,2 à 1,5 kg de cuivre métallique par hectare pendant toute la saison, sur environ huit traitements, soit 200 à 300 g/ha de cuivre par traitement bien ciblé, les autres traitements étant à base de soufre ou de bouillie soufrée. Des doses plus élevées (ex. : 800 g/ha de formulation) sont rapportées pour des applications non ciblées (de type calendrier)14. Même avec une dose faible, toutes les formulations peuvent provoquer une rugosité commercialement inacceptable dans les traitements à fort volume (ex. : 1000 L/ha)8.

Exemples de doses en usage :

4 kg/ha soufre (ex. : 5 kg/ha de KUMULUS) + 450 g/ha de cuivre métal (ex. : 900 g/ha de cuivre fixe formulé à 50 %)15.

2,9 kg/ha soufre (ex. : 3,6 kg/ha de KUMULUS) + 250 g/ha de cuivre métal (ex. : 640 g/ha de cuivre fixe formulé à 40 %)8.

Mélange de cuivre et soufre pendant la période de germination5,6,16 :

4,8 kg/ha soufre (ex. : 6 kg/ha de KUMULUS) + 480 g/ha de cuivre métal (ex. : 960 g/ha de cuivre fixe formulé à 50 %)16.

Produits commerciaux :

  • CUIVRE FIXE / FIXED COPPER SPRAY (50 % de cuivre sous forme d’oxychlorure de cuivre) : n’ajoutez pas de chaux hydratée au cuivre fixe.
  • COPPER 53W (sulfate de cuivre tribasique) : le cuivre « 53W » est un autre cuivre fixe homologué sur le pommier. Comme l’étiquette du « 53W » stipule qu’il faut néanmoins ajouter de la chaux pour usage sur la pomme, il est rarement utilisé et ne présente pas d’avantage particulier.
  • CUEVA (10 % octanoate de cuivre, 63,6 g/mol (Cu)/350 g/mol (octanoate), soit 1,8 % de cuivre métallique) : homologué au Canada depuis 2016. La dose homologuée selon l’étiquette canadienne va de 2,5 L dans 500 L (0,5 %) à 20 L dans 1000 L (2 %) par hectare. La quantité de cuivre homologuée varie donc d’environ 45 g à 360 g/ha, soit un facteur 8x. L’étiquette très vague (#31825, 2015) ne permet donc pas de recommandations précises actuellement. La dose américaine (1 % v/v en dilué) correspond à un maximum de 28-30 L/ha dans une parcelle avec un de 100 %, soit environ 0,54 kg de cuivre métallique par hectare. Une dose similaire est homologuée en Europe. Dans la plupart des vergers, la dose correspondante est donc de l’ordre de 15 à 20 L/ha (TRV entre 50 % et 66 %).
    Cependant, la dose efficace la plus faible obtenue dans les tests pour réprimer le feu bactérien pendant la floraison est d’environ 5 L/ha17–19 de formulation soit environ 90 g de cuivre élémentaire par hectare. Une dose similaire est requise pour réprimer les maladies d’été (suie, moucheture, pourriture amère)17. La dose testée pour limiter la propagation du feu en été est aussi d’environ 5 L/ha20,21 et est celle recommandée12. Il est donc possible de réduire la dose par rapport à celle préconisée sur l’étiquette.
  • KOCIDE 2000-O (pâte granulée, 35 % de cuivre métallique sous forme d’hydroxyde de cuivre) (Cosaco) : homologué à la dose maximale de 1,96 kg/ha contre la tavelure, soit environ 0,7 kg de cuivre par hectare. La dose homologuée pour le feu bactérien est moindre, soit 0,84 kg/ha de formulation. Le Kocide 3000-O, formulation avec particules plus fines et doses réduites, n’est pas homologué dans la pomme au Canada.
  • PARASOL (liquide, 24,4 % de cuivre métallique sous forme d’hydroxyde de cuivre) (Nufarm) : homologué seulement contre le feu bactérien à la dose de 4,7 L/ha, soit environ 1,15 kg de cuivre par hectare. La formulation granulaire et la formulation en poudre ne sont pas homologuées dans la pomme.
  • Bouillie bordelaise : Le botaniste français Millardet a découvert que l’effet phytotoxique du sulfate de cuivre soluble pouvait être grandement atténué en le mélangeant avec de la chaux hydratée (hydroxide de calcium). Ce mélange a pour effet de « fixer » le cuivre, soit neutraliser l’acidité du cuivre mis en solution. Cette « bouillie bordelaise » reste donc une option en agriculture biologique, à condition de vouloir faire ce mélange soi-même. Même si la bouillie bordelaise est plus efficace que l’oxychlorure de cuivre, elle est aussi potentiellement plus phytotoxique et peu compatible avec les autres traitements.

Millardet

Photo du botaniste français Millardet (source : Inconnu).

Il existe plusieurs recettes de bouillie bordelaise et une notation un peu particulière. Par exemple, la formule courante à 1 % consiste à mélanger 1 kg de chaux par kilogramme de sulfate de cuivre dans 100 L d’eau, ce qui donne la formulation 1-1-100, soit la même chose que la formulation 10-10-1000 qui est souvent citée sur Internet. Notez que le pH élevé des résidus de la bouillie bordelaise peut inactiver complètement d’autres molécules, notamment la streptomycine22. Il n’est donc pas possible d’appliquer la streptomycine rapidement après un traitement à la bouillie bordelaise, à moins que la pluie ne délave complètement les résidus du traitement avant la fleur.

Produits à base de soufre

Le soufre (toutes les formulations) est un fongicide à action multisites ayant aussi des propriétés acaricides, surtout, et malheureusement, contre les acariens prédateurs. Son utilisation régulière à dose élevée entraîne souvent des problèmes d’acariens23. Le soufre est cependant utilisé pour réprimer le « rust mite » (ériophyides) (Triloff, comm. pers.) L’effet sur les prédateurs n’est pas rapporté aux doses faibles recommandées en PFI5.

Tous les produits à base de soufre sont efficaces contre plusieurs maladies fongiques. Par contre, le soufre est peu résiduel et généralement moins efficace que les fongicides de synthèse, à moins que les traitements soient réalisés au moment optimum (ex. : traitement de germination).

Phytotoxicité liée à la chaleur : L’utilisation de toutes les formulations de soufre comporte un risque élevé de phytotoxicité (brûlure, roussissure sur les fruits) si utilisées par temps chaud. Le soufre élémentaire cause des problèmes à partir de 30 °C24 et la bouillie soufrée est problématique dès 26 °C25. Les brûlures apparaissent surtout sur les fruits orientés vers le sud-ouest, où la surface des fruits est la plus exposée (Triloff). Le soufre ne devrait jamais être appliqué si des températures très élevées sont prévues au cours des prochains jours. En absence de pluie pour lessiver le soufre en place, la phytotoxicité due à la chaleur peut survenir lors d’une canicule, lorsque le temps est « lourd » (humide, sans vent) et ce, plusieurs semaines après l’application (Trapman, comm. pers.) L’ouverture des stomates par temps très humide est possiblement le point d’entrée pour la sublimation gazeuse de soufre à la surface des fruits (Triloff).

Cette phytotoxicité du soufre n’est pas réduite en pulvérisant avec de petites gouttelettes, n’est pas affectée par le temps de séchage et est possible même à très faible dose (Triloff, comm. pers.) Les risques diminuent très légèrement à la fin de l’été avec la baisse de l’intensité solaire (angle) (Triloff).

Pour minimiser les risques d’insolation en période de risque liés à la chaleur, les produits à base de soufre devraient être appliqués immédiatement avant une période de pluie prévue, ou pendant la pluie, mais non après la pluie.

Les produits à base de soufre sont aussi phytotoxiques lorsqu’ils sont mélangés avec de l’huile ou tout autre produit contenant des distillats de pétrole. Il faut respecter un minimum d’une semaine avant ou après une application de soufre, ou ses dérivés, pour appliquer de l’huile. L’incompatibilité de l’huile avec le soufre élémentaire (S) ne s’applique pas au sulfate (SO4).

Dans le sol, le soufre est oxydé graduellement en acide sulfurique, ce qui entraîne une lente acidification du sol25.

Certains cultivars de fruits sont très sensibles au soufre, alors que d’autres bénéficient des traitements. L’utilisation répétée du soufre à la dose élevée de l’étiquette a généralement un effet cumulatif néfaste sur la physiologie des arbres. L’utilisation répétée du soufre en été peut augmenter les problèmes de pourritures estivales, probablement par un effet phytotoxique sur les lenticelles des fruits. Une partie des problèmes liés au soufre peuvent être atténués, voire éliminés, en diminuant la dose par rapport à celle préconisée sur l’étiquette. À dose faible (4-5 kg/ha en équivalent soufre), les problèmes associés au soufre sont assez mineurs26.

Aux doses faibles proposées en PFI, le soufre garde certains effets négatifs mineurs sur la photosynthèse8, un effet d’éclaircissage8, affecte la coloration de certains cultivars8, mais peut aussi augmenter les rendements par son action fertilisante6.

Il existe trois types de formulations de soufre : 1) le soufre élémentaire presque pur; 2) formulé avec des adjuvants; 3) en mélange avec de la chaux éteinte pour produire la chaux soufrée (voir cette section ci-dessous). Pour une quantité égale de soufre, la chaux soufrée est la plus efficace contre la tavelure5 mais aussi la plus toxique aux arbres. Le soufre élémentaire, et formulé, est parfois recommandé en mélange avec du cuivre5 (voir la section sur le cuivre ci-dessus).

Les produits à base de soufre sont tous admissibles en production biologique. Toutes les étiquettes de soufre stipulent un maximum de huit applications par année.

Soufre élémentaire et formulé : Le soufre élémentaire à 92 % est une poudre mouillable qui peut être appliquée avec un pulvérisateur conventionnel mais qui était aussi traditionnellement poudrée sans eau sur les cultures, notamment pour le blanc. Le soufre à 80 % est vendu sous différentes formulations granulaires qui permettent de faciliter la dispersion du soufre dans l’eau et de créer une suspension uniforme.

Outre son effet sur le blanc et la tavelure, le soufre élémentaire, et formulé, en mélange à l’argile (Kaolin) peut réduire la roussissure pendant la période post florale.

  • Pour la tavelure du pommier : Le soufre utilisé seul est relativement peu efficace en protection. Les traitements en protection peuvent difficilement arrêter une épidémie de tavelure, à moins que le niveau de tavelure de départ soit très faible. La pleine dose homologuée pour le soufre élémentaire ou formulé (>18 kg/ha) n’est pas nécessaire pour être utile, mais à la dose de 4 kg/ha le soufre que les traitements conventionnels à faible dose appliqués aux mêmes dates26,27. La meilleure fenêtre d’utilisation du soufre est en lien avec les traitements durant la fenêtre de germination, pendant la pluie, autant au printemps qu’en été. En fait, le soufre fonctionne jusqu’à quelques heures après le début de l’infection6,28. Le soufre est aussi préconisé en mélange avec le bicarbonate de potassium, la chaux hydratée et le cuivre (voir la fiche sur Les mélanges de fongicides).
  • Produits commerciaux :
    • SOUFRE MICROFIN : poudre mouillable (plusieurs manufacturiers : ex. : Bartlett, UAP).
    • KUMULUS, MICROTHIOL DISPERSS, COSAVET DF EDGE : formulation granulaire des compagnies BASF, United Phosphorus et Engage Agro, respectievement.

Bouillie ou chaux soufrée : Ce produit est aussi connu sous le nom de bouillie nantaise, bouillie versaillaise23, eau de Grison23, bouillie sulfo-calcique, polysulfure de calcium, sulfure de calcium (en anglais, calcium polysulfide, lime sulfur ou LLS pour Liquid Lime Sulfur). Ce produit est obtenu par la réaction de l’hydroxyde de calcium en solution dans l’eau avec du soufre et un surfactant. La molécule obtenue, de dimension variable, est une association entre un atome de calcium et plusieurs atomes de soufre (CaSx où x est variable entre 2 et 7). D’autres sous-produits sont présents dans les mélanges. La bouillie était traditionnellement fabriquée à la ferme, mais les formulations commerciales standardisées sont préférables.

La bouillie soufrée (1851, Versailles, France) est le tout premier pesticide synthétique fabriqué par l’homme, mais est néanmoins admissible en production biologique. Il est utilisé à la fois comme traitement insecticide au stade dormant (psylle du poirier, pucerons, cochenille), comme acaricide, bactéricide, agent éclaircissant et comme fongicide. Son utilité comme fongicide est connue depuis plus d’un siècle29. Jusqu’à l’arrivée du bicarbonate de potassium, la bouillie soufrée était le seul fongicide approuvé en agriculture biologique qui pouvait être appliqué pour réprimer la tavelure comme traitement en post infection. Pour la tavelure, la bouillie soufrée serait moins efficace pour protéger les fruits que les feuilles (Karl Schloffer, comm. pers.). La chaux soufrée est très efficace contre le complexe suie-moucheture30 et le blanc. Cependant, la bouillie n’est pas efficace contre la rouille et peut aggraver les pourritures de fruits (ex. : pourriture amère)30. La bouillie est alcaline (pH > 11) et est donc incompatible en mélange avec la plupart des pesticides.

La bouillie soufrée est beaucoup plus efficace comme fongicide que le soufre élémentaire, mais est aussi beaucoup plus phytotoxique25.

L’utilisation régulière de la bouillie soufrée diminue les rendements en comparaison au soufre élémentaire. L’utilisation répétée de la bouillie soufrée à la dose homologuée est phytotoxique sur feuillage et peut causer une roussissure inacceptable sur certains cultivars (ex. : Gala, Jonagold, Golden23). Une partie des problèmes de phytotoxicité disparaît dans les traitements à volume faible25. De plus, la bouillie soufrée est efficace à partir de 5 L/ha et n’est pas phytotoxique à cette dose réduite. Contrairement aux indications de l’étiquette, la bouillie soufrée peut être utilisée sur feuillage humide, sauf pendant la période critique pour le roussissement (voir la fiche sur Le roussissement). Le cultivar Red Delicious serait sensible à la bouillie soufrée, même en été.

  • Pour la tavelure du pommier : Pour une même quantité de soufre, la bouillie soufrée est plus efficace que le soufre seul16. De plus, la bouillie soufrée est plus versatile que le soufre. Elle est efficace en protection26, pendant la période de germination et en post infection. Cependant, ce produit même à forte dose (15 L/ha) que les traitements conventionnels à faible dose appliqués aux mêmes dates26. À faible dose (5 L/ha), il est préférable de l’utiliser sur feuillage mouillé pendant la fenêtre de germination des spores. La bouillie soufrée est efficace jusqu’à 300 DH après le début de l’infection, mais la dose doit être augmentée à 14 L/ha31. Son effet en post infection est aussi moindre que celui obtenu par les traitements conventionnels de post infection26. Le mélange de bicarbonate de potassium et de soufre est aussi efficace que la bouillie soufrée en post infection27,31.
  • Pour l’éclaircissage et le feu bactérien : La « phytotoxicité » de la bouillie soufrée peut être utilisée avantageusement lors de l’éclaircissage pour brûler les fleurs après pollinisation et réduire les risques de feu bactérien. La dose d’éclaircissage est de 20 L/ha ou plus. L’ajout d’huile de poisson à la bouillie soufrée augmente l’effet d’éclaircissage (voir la fiche sur le Contrôle de la charge (éclaircissage chimique, mécanique et manuel). L’huile de poisson peut être substituée par de l’huile minérale d’été. La bouillie soufrée est cependant incompatible avec le BLOSSOM PROTECT et la séquence des traitements doit en tenir compte. Les traitements de bouillie soufrée sont habituellement appliqués avant le BLOSSOM PROTECT (voir fiche sur la Description des produits bactéricides, de lutte biologique et éliciteurs).

En été, la bouillie soufrée est efficace contre la suie-moucheture à une dose faible (7 L/ha) mais pas contre la pourriture noire32.

Note : Un dérivé de la bouillie soufrée appelé « soufre colloïdal » peut être fabriqué à la ferme en ajoutant simplement du sulfate de fer (500 g/ha) au réservoir contenant la bouillie soufrée commerciale. Cette variation crée par Tafradzhijski est très prisée en Europe de l’Est, mais n’a pas été retenue par la littérature américaine29. Le soufre colloïdal serait moins phytotoxique que la bouillie soufrée standard. Ce mélange serait légal dans la mesure où le fer est appliqué comme engrais foliaire.

ATS : l’ammonium thiosulfate utilisé pour l’éclaircissage des pommiers est aussi un produit soufré avec des propriétés fongicides. Il a une efficacité partielle contre le blanc du pommier33 mais n’a pas d’efficacité connue contre la tavelure ou le feu bactérien (voir fiche sur Le feu bactérien : stratégies de lutte).

Produits commerciaux

Chaux soufrée (polysulfure de calcium 22 % à 30 % selon la formulation) : La concentration en polysulfure varie selon les manufacturiers et la dose doit être ajustée en conséquence. Contrairement à tous les pesticides liquides dont la densité est proche de celle de l’eau, la densité de la chaux (bouillie) soufrée peut atteindre 1,27 kg/L selon les formulations. Il faut donc en tenir compte dans les calculs de conversion entre les recommandations en poids ou en volume.

Sels et autres molécules inorganiques simples

Plusieurs sels sont efficaces pour réprimer différentes maladies. Les sels peuvent agir par contact avec les agents pathogènes à la surface des plantes, mais aussi dans la plante. La cuticule des plantes est une barrière généralement efficace pour l’eau et prévient la déshydratation. Cependant, cette barrière n’est pas parfaite et les sels appliqués en solution sur les surfaces aériennes des plantes peuvent être absorbés (ex : l’urée comme engrais foliaire). Le principe s’applique pour le calcium et d’autres éléments. Cette pénétration des sels est passive et résulte d’un processus physique simple. Les sels et l’eau passent lentement la barrière cuticulaire cireuse par des pores aqueux de dimension moléculaire1. Tant que la plante demeure mouillée ou que l’humidité relative de l’air reste au-dessus du point de déliquescence du sel (hygroscopicité), les sels continuent d’entrer dans la plante par cette voie. Il est possible de prédire la vitesse de pénétration du sel dans la plante par sa constante de déliquescence. Cependant, comme la pluie lessive également les sels, la quantité réellement absorbée par la plante est limitée par l’intensité de la pluie après le traitement. Des tensioactifs (surfactants) sont nécessaires pour maximiser le contact entre les sels et la cuticule et ainsi maximiser leur pénétration dans la plante.

Carbonates : Les carbonates (carbonate et bicarbonate (monohydrogéno)) sont des sels basiques très solubles qui n’ont aucune rémanence sur le feuillage dès qu’il pleut. De plus, les carbonates ont une efficacité généralement assez faible contre les champignons. Par exemple, ils peuvent inhiber partiellement la germination des spores de la tavelure, mais seulement à des doses très élevées (ex. : K2CO3 (9 g/L)34). Cependant, les carbonates sont en partie absorbés par la cuticule2 et ont donc une efficacité en post infection. Quand ils sont bien synchronisés en post infection et qu’ils peuvent agir sans être lessivés, ils sont efficaces contre la tavelure du pommier. Ils sont aussi connus pour leur efficacité à réprimer le blanc dans plusieurs cultures. Selon le sel et la forme de carbonate, leur efficacité est très variable. Par exemple, le carbonate de calcium (CaCO3, calcaire, ou craie non soluble) n’a pas d’effet utile contre la tavelure35.

Selon la fréquence d’utilisation et à dose élevée (ex. : 10 kg/ha), les carbonates peuvent provoquer une chlorose (jaunissement) du feuillage. Les nombreuses formulations commerciales de carbonates dans le monde (ARMICARB, ASTRAL, BI-CARB, KALIGREEN, OMNI PROTECT, TUI ECO-FUNGICIDE) sont souvent plus efficaces que le bicarbonate pur contre la tavelure28, mais peuvent être plus phytotoxiques que la matière active utilisée seule36. Les résultats publiés pour la formulation VITISAN (99% bicarbonate de potassium) sont probablement plus fiables pour une comparaison directe avec le B2K homologué au Canada.

Bicarbonate de potassium : De tous les carbonates (calcium, sodium6, ammonium6, K2CO3, etc.), le bicarbonate de potassium (KHCO3) a été identifié comme le plus efficace28 et le plus utile en pomiculture. En plus de l’effet fongicide du bicarbonate, l’apport de potassium contribue aussi à la répression de plusieurs maladies.

Ne confondez pas le carbonate (potasse, pearl ash, potash, K2CO3) et le bicarbonate (KHCO3) de potassium. Le carbonate de potassium (potasse) est un engrais fréquemment appliqué au sol où il est sans effet sur la tavelure37. Pour des traitements foliaires, le carbonate est efficace 38, mais les quantités requises le rendent inabordable et l’apport de potassium serait excessif. La conversion du carbonate (pH = 11,434) en bicarbonate (pH = 8,4) de potassium est facile en acidifiant la solution, mais seul le bicarbonate avec une étiquette réglementaire est homologué contre la tavelure.

Le bicarbonate de potassium est souvent vendu comme engrais foliaire avec la formulation 0-0-47 et comme ingrédient dans l’industrie alimentaire. Le 0-0-47 et le bicarbonate de potassium alimentaire sont identiques au produit homologué, mais ne sont pas permis pour lutter contre la tavelure sans l’étiquette réglementaire de l’ARLA.

Le bicarbonate de potassium est utilisé en Europe en pomiculture depuis plus de dix ans pour réprimer la tavelure et d’autres maladies. Il est largement utilisé en production biologique puisque ce produit est non toxique, peu coûteux et efficace pour les traitements en post infection. En plus de la tavelure, le bicarbonate est efficace pour réprimer le blanc et le complexe suie-moucheture en été. À dose élevée (> 15 kg/ha) et avec des applications répétées, il peut aussi aider au contrôle de la charge fruitière39. Son action hygroscopique assècherait les stigmates et empêcherait la germination du pollen.

Pour la tavelure du pommier : Au laboratoire, les applications à n’importe quel moment du bicarbonate de potassium sont efficaces contre la tavelure28. En pratique, la pluie le lessive rapidement et il doit donc être appliqué après l’arrivée des spores pour être utile. Le bicarbonate peut être utilisé seul pendant la germination des spores ou en post infection autant sur feuillage sec6,40 que sur feuillage mouillé. Cependant, la couverture peut être améliorée lors des applications sur feuillage mouillé. Comme le bicarbonate de potassium est hygroscopique41 (déliquescent), son absorption par la feuille continue après le séchage. Pour pallier la tendance au lessivage et augmenter l’efficacité, le bicarbonate de potassium est souvent appliqué en mélange avec du soufre élémentaire (voir fiche sur les Mélanges de fongicides) ou vendu formulé pour améliorer sa rémanence et son efficacité. D’autres mélanges sont possibles6,42, mais doivent être validés avant l’emploi à grande échelle. Par exemple, le mélange 1:1 (ex. : 4 kg/ha + 4 L/ha) de bicarbonate et d’huile minérale horticole d’été est intéressant, mais sans ajouter de soufre. Lorsque la dose de bicarbonate est plus élevée, l’huile en mélange réduit les risques de phytotoxicité6. Cependant, l’utilisation d’huile peut interférer avec vos autres traitements. L’huile végétale n’améliore pas l’efficacité du bicarbonate28.

Un avertissement (Le bicarbonate et RIMpro) a été publiée pour aider à bien cibler les traitements.

Le bicarbonate est compatible en mélange avec l’argile blanche (kaolin, Surround). Le mélange de bicarbonate + soufre + Surround est aussi efficace pour réprimer la tavelure que le mélange sans kaolin43.

Restrictions : Ne pas mélanger le bicarbonate avec des agents mouillants non testés ou non homologués, des produits ayant des formulations EC, ou des produits à base de cuivre liquide. Quand les conditions sont propices à la roussissure des fruits, le bicarbonate peut augmenter les symptômes, notamment en présence de résidus de cuivre. Le mélange de bicarbonate et de cuivre réduit l’adhérence du cuivre44.

Ne pas modifier le pH de la solution avec des adjuvants (ex : LI-700). Une partie de l’efficacité du bicarbonate provient de son pH élevé (pH > 8,4)43. L’acidification de la solution entraîne automatiquement une diminution de l’efficacité.

Par ailleurs, le bicarbonate de potassium est incompatible avec le chlorure de calcium puisqu’ils réagissent ensemble pour former de la craie (Carbonate de calcium) (voir la fiche sur La fertilisation sans nuire à la phytoprotection). Chaque molécule de chlorure de calcium présente sur le feuillage neutralise deux molécules de bicarbonate de potassium (2 KHCO3 + CaCl2 → 2 KCl + CaCO3 + H2O + CO2). Un traitement de 4 kg/ha de chlorure de calcium peut donc inactiver jusqu’à 7,2 kg/ha de bicarbonate de potassium. Assurez-vous donc que le chlorure de calcium soit bien lessivé (minimum >5 mm de pluie45) ou qu’une nouvelle feuille soit apparue avant les traitements avec du bicarbonate pour assurer l’efficacité de votre traitement fongicide.

Le bicarbonate de potassium est stable et peut être stocké pendant plusieurs années dans un contenant fermé. Cependant, l’exposition prolongée à une température supérieure à 25 °C et à une humidité relative élevée pourrait dégrader le produit et conduire à une libération graduelle de CO2 et la formation de carbonate, comme c’est le cas pour le bicarbonate de sodium41.

Selon les pays, la dose usuelle de traitement pour le bicarbonate de potassium est de 3 à 9 kg/ha, selon la taille des arbres, et l’efficacité est fonction de la dose6. Dans la plupart des vergers, 4-5 kg/ha suffisent. Cependant, comme la dose homologuée au Canada est déjà très faible, ne coupez pas la dose. Aucun ajustement de dose (ex. : TRV) à la baisse n’est possible. Le bicarbonate a été testé avec succès dans les volumes de bouillie réduit (ex. : 300 L/ha5).

Produits commerciaux :

  • BICARBONATE DE POTASSIUM 100 % : une homologation de bicarbonate de potassium alimentaire « générique » a été obtenue au Québec à l’automne 2016 par Naturpac (coopérative de Deux-Montagnes). (Numéro 32451).
  • SIROCCO ou MILSTOP : une formulation américaine de bicarbonate vendue au Canada jusqu’à 2021. Non disponible en 2022.

Autres sels :

Hydroxyde de calcium : La chaux hydratée (chaux éteinte, en anglais slaked lime) sous forme de suspension (lait de chaux) a un effet reconnu contre la tavelure38,44,46, mais n’a pas d’efficacité contre le blanc15. Certains producteurs commerciaux en Australie et en Nouvelle Zélande utilisent régulièrement la chaux comme traitement fongicide foliaire contre la tavelure47. Cependant, comme la dose d’efficacité équivalente au bicarbonate serait de l’ordre de 50 kg/ha (50$/ha), la manutention et le prix limitent l’utilité de ce produit.

Pendant la période des infections primaires, la chaux est appliquée comme le bicarbonate en traitements foliaires (jusqu’à 14 kg/ha selon la dimension des arbres en Nouvelle Zélande) pour des traitements en post infection. Une solution saturée ne suffit pas pour obtenir l’effet fongicide, il faut une suspension assez concentrée pour laisser un dépôt insoluble (lait de chaux). Une partie de l’efficacité est liée au pH élevé (pH > 12,4). La chaux est rapidement convertie en carbonate de calcium, inefficace, et ne peut donc pas être appliquée en protection34 et des traitements non dirigés de type calendrier ne sont pas assez efficaces15,47, même avec un taux d’application élevé (30 kg/ha8). Contrairement à la bouillie soufrée, la chaux n’est pas phytotoxique35 et ne cause pas de roussissure15. Le dépôt blanc laissé sur les fruits n’affecte pas la coloration8,15 et peut même prévenir l’insolation8. Cependant le résidu doit parfois être lavé à la récolte. L’agitation en cuve est importante pour maintenir la chaux en suspension. Attention : La chaux est corrosive et peut abîmer certaines pompes (ex. : pompe à piston).

Mélanges : La chaux est compatible en mélange avec le cuivre15, mais ce mélange est moins efficace que d’autres combinaisons (ex. : soufre + cuivre). Le mélange de chaux et d’huile est inefficace42. Comme la chaux est un engrais, son statut légal est incertain pour un usage fongicide35.

La combinaison de chaux éteinte et de la bouillie soufrée aurait un effet synergique contre les maladies, notamment celles causées par Alternaria48.

  • Chlorure de calcium : Le chlorure de calcium n’a pas d’effet fongicide, du moins pour la tavelure34, ou bactéricide direct. Cependant, ce produit exerce différents effets bénéfiques pour lutter contre les maladies. Par exemple, lorsqu’il est utilisé pour l’éclaircissage49 durant la fleur, le chlorure de calcium réduit indirectement les risques d’infection du feu bactérien. Comme engrais foliaire, le chlorure de calcium réprime en partie la tavelure (feuilles et fruits)50, le blanc, la suie-moucheture et la pourriture amère. Les apports répétés de chlorure de calcium diminuent les risques de point amer (désordre physiologique), mais aussi les risques de pourritures en entrepôt (gloeosporioses). Le trempage des fruits après récolte dans le chlorure de calcium est également bénéfique. La plupart des autres formulations de calcium en été (ex. : nitrates50, chélatés), n’ont pas ces bénéfices et peuvent même empirer les problèmes de maladie (feu bactérien, pourritures d’entrepôt) et des problèmes physiologiques comme le point liégeux51. Les applications de nitrate de calcium en été peuvent aussi contribuer à l’augmentation des problèmes de cicadelles, pucerons, acariens, tordeuses, etc. Voir la fiche sur La fertilisation sans nuire à la phytoprotection pour une stratégie de fertilisation azotée efficace.Les mélanges de calcium avec les fongicides usuels (ex. : Captan, Sovran) diminuent l’absorption du calcium52 et les adjuvants compris dans ces fongicides ne corrigent pas le problème. Le chlorure de calcium est incompatible avec le bicarbonate de potassium. Le chlorure de calcium est recommandé en mélange avec le bore (Solubor) et augmente l’efficacité de ce dernier53. (Voir la fiche sur La fertilisation sans nuire à la phytoprotection).Pour augmenter l’efficacité, le chlorure de calcium peut être mélangé à un agent mouillant pour réduire la tension de surface. La pénétration accélérée du calcium mélangé à l’agent mouillant permet notamment d’éviter le lessivage54. Cependant, évitez les conditions qui favorisent une trop grande absorption de calcium qui peuvent mener à une phytotoxicité. Les produits à base d’alkyls polyglucoside55 sont à privilégier (voir tensioactifs ci-dessous ). Le tensioactif Silwet L77 (organosilicone) est aussi efficace50, de même que l’huile de canola56.

Autres molécules inorganiques simples :

  • Urée : L’urée inhibe la reproduction de la tavelure dans les feuilles de litière et a donc un effet « fongicide » (voir la La tavelure : stratégies générales de lutte). L’urée appliqué comme engrais foliaire au printemps inhibe aussi la tavelure (voir la ). Les traitements immédiatement avant la pluie sont les plus efficaces.
  • Silicium (K2SiO3, silicate de potassium) : Le silicium en solution est partiellement efficace contre le blanc et la tavelure du pommier57, notamment lorsque les traitements sont dirigés pendant la germination du champignon58. Le silicate n’est pas plus efficace en mélange avec le bicarbonate de potassium59 (confirmé par Fibl en 2021, comm. pers.)
  • Silicate de potassium seul (2,6 kg/ha), efficacité moyenne, parfois inefficace16,60.
  • Bicarbonate de potassium (B2K) (2,5 kg/ha + Silicate de potassium (0,5 kg/ha actif)58 ),efficacité similaire au mélange B2K (5 kg/ha) + soufre (2 kg/ha).

Le silicate en solution a un pH élevé et est incompatible avec plusieurs produits. Le silicate de potassium est utilisé dans l’industrie alimentaire comme additif (E560) pour ajuster le pH.

Tensioactifs et autres adjuvants (surfactants, agents mouillants) (en anglais : spreader/sticker)

Les adjuvants ont une variété d’effets, mais sont surtout utilisés pour faciliter la répartition de la bouillie de pulvérisation et contrôler la mousse (tensioactifs), « coller » le produit en place (adsorption), faciliter la pénétration dans la plante (absorption), ou simplement ajuster le pH. Ils sont souvent intégrés comme additifs aux formulations commerciales, mais il est également possible d’en ajouter lors des traitements. Certains manufacturiers en font la promotion parce qu’ils peuvent augmenter l’efficacité des traitements. Les adjuvants n’ont en général pas d’effet direct sur les maladies, mais leur effet indirect sur la répartition et l’adsorption des gouttelettes peut être appréciable dans la gestion des maladies. Certains produits ont aussi parfois un effet direct sur les spores, notamment pour lutter contre la tavelure, mais cette efficacité est relativement faible.

Les adjuvants tensioactifs (surfactants) réduisent la tension de surface, ce qui a pour effet d’écraser les gouttes et donc d’augmenter la surface qu’elles occupent. La bouillie prend plus la forme d’un film d’eau que de gouttes individuelles. C’est l’effet « mouillant ». Leur usage est plus important avec les buses à grosses gouttes. Les tensioactifs sont catégorisés selon leur charge ou polarité (ioniques, ou non). Les agents anti mousse (ex. : dimethylpolysiloxane) sont souvent intégrés aux formulations des tensioactifs.

Certains adjuvants ont aussi une propriété « collante » (sticker) qui limitent le lessivage par la pluie61, les pertes par évaporation, ou par le soleil (photodégradation). Finalement, certains adjuvants sont à la fois mouillants et collants. Cependant, les meilleurs agents collants (ex. : latex, et résines) ne sont pas aussi efficaces comme agents mouillants. Même si l’idée de « coller » un fongicide peut sembler intéressante, l’utilité pour des maladies comme la tavelure et le blanc est limitée puisque la durée de protection est plus souvent limitée par la croissance des feuilles que par le lessivage par la pluie.

D’autres adjuvants sont conçus pour réduire la dérive en augmentant la viscosité et le diamètre des gouttelettes. Comme ces produits peuvent altérer la répartition des gouttelettes et nuire à l’efficacité de vos traitements, il est préférable d’adopter d’autres méthodes de réduction de la dérive.

Malgré leur potentiel, les adjuvants ne sont pas toujours utiles et peuvent même être responsables de réactions phytotoxiques. Mélanger des adjuvants avec des pesticides qui en contiennent déjà peut avoir des effets parfois imprévisibles.Par exemple, les produits conçus pour abaisser le pH (ex. : LI-700) peuvent augmenter l’efficacité des fongicides comme le Captan lorsque l’eau est alcaline, mais neutralisent l’effet des produits comme le bicarbonate de potassium et peuvent augmenter l’effet phytotoxique des produits comme le cuivre. Certains tensioactifs non ioniques éthoxylés (ethoxylated surfactants) (ex. : Agral, Enhance, Ag-Surf) peuvent nuire à l’absorption du calcium52 ou modifier la couche cireuse et provoquer une phytotoxicité62 ou une augmentation des maladies. Finalement, les adjuvants doivent être homologués pour la culture. Le choix de l’adjuvant est donc important.

Produits commerciaux (ou ingrédient générique):

  • Xiameter/Silwet L77 (organosilicone) (Stilwet) : facilite la pénétration des engrais. Sécuritaire en pomiculture50. Augmente l’effet des insecticides et fongicides63, mais n’a pas d’effet direct sur la tavelure50. Fonctionne pour des solutions à pH élevé64 et serait donc optimal en mélange avec le bicarbonate de potassium (mais non testé à notre connaissance).
  • Glucopon et Plantacare34 (250 ppm) : ils peuvent inhiber la germination des spores et la croissance du mycelium de la tavelure34. C’est probablement le cas des autres membres de cette famille de tensioactifs (polyglycoside, APG ou Alkyl polysaccharide surfactant (APS)). Ces produits (CAS 68515-73-1) sont sur la liste d’exemption de l’ parce que sécuritaires sur les aliments ( 180.910). Ils sont sécuritaires pour la culture et pour l’environnement.
  • Nu-Film-P (0,1 %, ex. : 0,3 L/ha) : produit à base de terpène. En mélange avec du cuivre ou des fongicides à base de soufre peut contribuer à une réduction de la tavelure65.
  • Liberate : tensioactif à base de lécithine de soya. Effet neutre sur le pH et n’affecte pas la cuticule.
  • LI-700 : effet acidifiant. Non homologué sur le pommier au Canada. Augmente l’effet fongicide du Captan66 mais diminue l’efficacité de la Kasumin.
  • Pod-Stik (Max-Bond) : agent collant à base de latex synthétique. Effet neutre sur le pH. Augmente l’effet fongicide du Captan66.
  • Huile de canola : augmente l’étalement des gouttelettes de pulvérisation, ce qui favorise une plus grande surface de contact et une plus grande absorption du calcium56.
  • Lait écrémé en poudre : (0,05 % m/v de bouillie, ex. : 50 g par 100L) agent collant. Augmente considérablement la rétention de la bouillie pesticide67.
  • Regulaid : couramment utilisé aux États-Unis pour augmenter l’efficacité de la streptomycine, mais non homologué au Canada.

Fongicides de contact multisites

Les fongicides de contact homologués en pomiculture sont issus de deux grands groupes de fongicides (Dithiocarbamates et Dicarboximides) développés il y a une cinquantaine d’années. Le fluaziname a longtemps été classé comme fongicide « de contact » mais comme il est absorbé par les feuilles du pommier il a été reclassé dans la fiche sur la Description des fongicides unisites et à risque de résistance. Les quinones, qui ne sont plus homologués au Canada, sont présentés dans la liste du fait de leur importance historique et leur utilisation actuelle en pomiculture dans la plupart des pays exportateurs de pommes.

Tous les produits issus de ces familles sont des génériques qui ne sont plus protégés par brevet. Ils partagent une efficacité contre une gamme variée de maladies, incluant la tavelure et le complexe suie-moucheture, mais aucun n’est très efficace contre le blanc du pommier. Ces produits agissent surtout par contact, c’est-à-dire qu’ils doivent être appliqués avant l’arrivée des spores du champignon visé ou pendant leur germination puisqu’ils ont une efficacité limitée en post infection. Ces produits adhèrent assez peu à la cuticule des feuilles et ne sont pas absorbés. Ils sont donc lessivés graduellement par les pluies. Vu leurs modes d’action complexes, ils sont rarement sujets à la résistance et la rotation entre les familles de fongicides de contact ou leur mélange n’est donc pas utile à cet égard. Malgré leurs similitudes, les différents produits ont des particularités propres dont il faut tenir compte dans le choix des produits à utiliser.

Dithiocarbamates

Historiquement, les dithiocarbamates ont remplacé le soufre et le cuivre parce qu’ils étaient actifs à des doses moindres et moins phytotoxiques. En plus des maladies réprimées par tous les fongicides de contact, les dithiocarbamates sont efficaces contre la tache ocellée et d’autres maladies mineures. Aux États-Unis, ils sont surtout prisés pour leur efficacité contre la rouille, une maladie quasi absente au Québec. Aucun cas de résistance n’a jamais été rapporté contre les dithiocarbamates. Leur avantage majeur est leur compatibilité en mélange avec la plupart des autres pesticides, les régulateurs de croissance et les engrais foliaires, alors que les autres familles de produits ont souvent des restrictions d’usage importantes pour éviter la phytotoxicité. Par exemple, les dithiocarbamates sont compatibles en mélange avec l’huile.

Par ailleurs, les dithiocarbamates ont tous des effets toxiques à des degrés divers contre les prédateurs d’acariens dont il faut tenir compte en PFI. Aucun fongicide de cette famille n’est admis dans les cahiers de charge de PFI de nombreux pays.

Le premier dithiocarbamate à avoir été homologué est le THIRAM. Par la suite, différentes variations ont été découvertes comme le FERBAM et le ZIRAM. Plus récemment dans les années 1960, un sous-groupe (EBDC) comprenant le mancozèbe, une combinaison de manèbe et de zineb, et le métirame ont été homologués. Chacun se distinguait par les ions (fer, zinc, etc.) coordonnés à la portion dithiocarbamate qui était commune à tous les produits. Les différents ions conféraient aux produits des propriétés particulières et servaient d’engrais foliaire. Les éléments présents dans chaque produit sont indiqués dans la liste.

Le sous-groupe des EBDC partage une même toxicologie incluant leur principal produit de décomposition, l’éthylènethiourée (ETU). Conséquemment, les mêmes restrictions s’appliquent aux EBDC homologués, incluant un délai d’usage de 45 jours avant récolte. Certaines craintes quant à la toxicité du ETU font en sorte que l’homologation du métirame a été entièrement révoquée et que celle du mancozèbe est en révision.

Produits commerciaux

Produits retirés :

  • THIRAM 65WP, GRANUFLO T (thirame) : produit utilisé principalement en mélange avec une peinture au latex pour la prévention des chancres sur le tronc des pommiers. Utilisé comme répulsif contre le campagnol, le lapin et le chevreuil avec des résultats variables. Le THIRAM a été remplacé comme fongicide par d’autres dithiocarbamates parce qu’environ 25 % de la population blanche y est allergique. Le THIRAM n’est plus homologué dans la pomme (décision de l’ARLA RVD2018-38).
  • FERBAM 76WDG (76% ferbame) : (ions fer) le FERBAM est le premier dithiocarbamate à avoir été homologué pour réprimer la tavelure du pommier. Le fer contenu dans ce produit laissait à la récolte des traces noirâtres sur les fruits. Le FERBAM n’est plus homologué dans la pomme (décision de l’ARLA RVD2018-37).
  • ZIRAM, ZIRAM GRANUFLO (zirame) : (ions zinc) les fongicides avec la marque commerciale ZIRAM sont à base du dithiocarbamate « zirame », qui ne doit pas être confondu avec le zinèbe. Le zinèbe n’a pas été homologué au Canada. Le ZIRAM a seulement été homologué sur la pomme en Colombie-Britannique. Le ZIRAM est très facilement lessivé par la pluie et a donc une faible capacité résiduelle par rapport aux autres EBDC. Le ZIRAM n’est plus homologué dans la pomme (décision de l’ARLA RVD2018-39).
  • POLYRAM DF (métirame) : (ions zinc). produit banni en 2020. Cet EBDC aurait moins d’effets toxiques sur les prédateurs d’acariens. En comparaison aux autres fongicides de contact, les fruits traités au POLYRAM ont souvent moins de roussissure.

Produits en usage courant (2020) :

  • DITHANE, FORTUNA, KINGPIN, MANZATE, PENNCOZEB (75 % mancozèbe) : (ions zinc + manganèse) le mancozèbe est le EBDC le plus utilisé en pomiculture. À la dose usuelle (4,5 kg/ha), il est moins efficace que le captane (3 kg/ha) pour réprimer la tavelure, mais aussi moins cher. La matière active du Captan est environ deux fois plus efficace que le mancozèbe. Lorsque les doses sont ajustées de façon à rendre leur prix égal, l’efficacité des deux produits est similaire. Baisser la dose a une incidence immédiate sur le nombre de taches observées lorsque les conditions sont favorables à la maladie. Des doses plus faibles de mancozèbe (ex. : 3 kg/ha) sont parfois recommandées en mélange avec d’autres produits pour augmenter l’efficacité68. Les étiquettes mentionnent une possible phytotoxicité sur Golden.
  • Phthalimides: Classe de fongicides variés issus du groupe des dicarboximides. Dans cette classe, différents fongicides ont été utilisés en pomiculture, dont le DIFOLATAN (captafol) qui a été retiré en 1988. Deux molécules de ce groupe sont encore homologuées au Canada en pomiculture, soit le captane et le folpet.   (folpet) sont très similaires. Le renouvellement de l’homologation du Captan (2018) et du Folpet (2020) ont restreint les possibilités d’usage pour ces deux fongicides.

Produits commerciaux :

  • CAPTAN 80WP, SUPRA CAPTAN 80 WDG, MAESTRO, SHARDA CAPTAN 48SC (captane) : le captane est très efficace contre une gamme variée de maladies sur le pommier. Outre la tavelure, il est efficace contre le complexe suie-moucheture et la tache ocellée. Par contre, le captane est légèrement moins efficace que les EBDC pour réprimer le complexe suie-moucheture. Le captane est aussi homologué contre certaines maladies mineures rarement présentes au Québec et qui ne sont pas couvertes dans ce guide (ex. : tache de Brooks).

Pour la tavelure, le Captan est utile en protection, pendant la fenêtre de germination des spores, mais peut aussi stopper la croissance du champignon sous la cuticule23 dans les heures suivants l’infection.

Ce produit possède d’excellentes propriétés de redistribution sur le feuillage et protège bien les fruits. Par contre, le captane est régulièrement impliqué dans des problèmes de phytotoxicité quand les conditions climatiques et certains mélanges favorisent son absorption69. Le Captan appliqué seul n’est à peu près jamais problématique69.

Le mélange d’huile et de captane est très phytotoxique et ne doit pas être utilisé. Les applications de captane sont aussi à éviter dans les sept à dix jours précédant ou suivant une application d’huile. Les agents mouillants sont à éviter en mélange avec le captane, à moins de l’avoir testé. Le mélange soufre et captane ne doit pas être utilisé sur les cultivars reconnus sensibles au soufre. Le guide de traitements de l’Université Cornell recommande d’éviter les mélanges avec captane dans les semaines suivant la floraison parce que les réactions phytotoxiques pour ce produit sont de plus en plus difficiles à prédire. Augmenter le nombre de produits en mélange augmente certainement la probabilité que le mélange favorisera l’absorption du captane qui mènera à une réaction phytotoxique69.

Des conditions nuageuses prolongées qui nuisent à la formation de la cuticule avant une application de captane peuvent parfois suffire pour provoquer des symptômes de phytotoxicité69, notamment des taches foliaires semblables à la tache ocellée (voir la fiche sur Les maladies secondaires du pommier) (captan spot). À l’inverse, le captane peut aussi parfois provoquer des symptômes de phytotoxicité par temps chaud (> 29 °C)24. Les bouillies avec un pH élevé (ex. : bouillie soufrée, bicarbonate de potassium) peuvent réduire l’efficacité du captane.

La dose homologuée en Amérique jusqu’en 2020 (3,75 kg/ha de Captan 80 %) est très élevée par rapport à la dose usuelle en Nouvelle Zélande (1,5 kg/ha8), la dose homologuée en Europe (1,9 kg/ha en France) ou même la dose jugée « normale » en Angleterre en 1969 (2,75 kg/ha)70. Une dose élevée n’est pas nécessaire pour être efficace. La dose homologuée à partir de 2020 au Canada (3 kg/ha de Captan 80 %) est encore plus élevée que nécessaire.

  • FOLPAN (folpet) : Ce fongicide est homologué au Canada contre les mêmes maladies que le captane et les deux produits sont très similaires. Le FOLPAN est aussi homologué contre la tache alternarienne, mais le diagnostic de cette maladie est ambigu et des traitements ne sont pas nécessairement requis. Comme le Captan, le FOLPAN est associé à différents problèmes de roussissure. Il est classé rouge (inacceptable) selon la cote PFI en lien avec son effet sur la santé humaine (IRS). Le folpet a été discontinué aux Ètats-Unis notamment à cause de ses effets sur la santé humaine71. Des données récentes72 et des modifications à la réglementation internationale sur les résidus permettent l’exportation de fruits traités au FOLPAN dans les pays où cette molécule est interdite, dans la mesure où la limite de résidus est respectée. D’un point de vue agronomique, ce produit pourrait remplacer le Captan dans les parcelles où des restrictions limitent les traitements. Par contre, il faut une dose de matière active 2,1 foisplus élevée de FOLPAN pour obtenir la même efficacité que le CAPTAN (2,6 kg/ha de FOLPAN 80WDG = 1,2 kg/ha de CAPTAN Supra 80). Un maximum de six applications de FOLPAN est possible par année à raison de 3 kg/ha de matière active (3,75 kg/ha de formulation).

Quinones
Cette vieille famille de fongicides comprend différents produits, dont le dichlone (PHYGON) qui n’est plus homologué dans la pomme, mais qui comprend également le dithianon71 (DELAN), encore largement autorisé en Europe73 et ailleurs dans le monde mais jamais homologué en Amérique. Le DELAN est le fongicide multisite le plus utilisé en Europe. Très efficace contre la tavelure à 500 g d’ingrédients actifs par hectare74.

NOTE : La liste est complète en date de publication de ce document. À chaque début de saison, le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) du pommier diffuse les ajouts et retraits de pesticides par le biais de communiqués. Consultez la Fiche 9 Ressources essentielles en PFI pour en savoir plus sur le RAP. Pour une information complète et à jour sur les pesticides, visitez le service en ligne d’information sur les pesticides du gouvernement du Québec et du Canada.

ATTENTION DOSES RÉDUITES : l’ARLA ne prend pas action contre ceux qui préconisent de telles pratiques, si elles n’entraînent pas de danger pour la santé ou la sécurité humaine ou pour l’environnement et qu’elles ne sont pas destinées à promouvoir la vente de produits antiparasitaires. Si toutefois l’utilisation de doses réduites ou adaptées devait entraîner des pertes pour les utilisateurs, les conseillers ou les organisations qui les recommandent pourraient être tenus responsables de leurs recommandations dans des actions civiles.

 

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Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.

Auteur de la première édition : Vincent Philion
Auteur de la mise à jour 2024: Vincent Philion
Dernière mise à jour par l’auteur : 17 mai 2024

 

Cette fiche présente une description sommaire et une liste non exhaustive des fongicides unisites et à risque de résistance qui sont homologués pour les vergers de pommiers au Canada.

NOTE : Pour une information complète et à jour sur les pesticides, visitez le service en ligne d’information sur les pesticides du gouvernement du Québec, SAgE pesticides, et du Canada, Recherche dans les étiquettes de pesticides – Santé Canada.

En comparaison aux autres familles de produits, les produits classés comme « unisites » sont généralement plus récents et moins toxiques. Presque tous les produits jugés à « risques réduits » par l’ARLA sont dans ce groupe. En principe, trois propriétés agronomiques majeures les démarquent des autres produits : la résistance au lessivage, l’efficacité en post infection pour la tavelure et le risque de résistance.

Tous les fongicides unisites sont absorbés par la plante à des degrés divers et résident soit dans la cuticule ou sont systémiques dans la feuille. Conséquemment, tous les produits classés parmi les unisites sont en principe à l’épreuve du lessivage par la pluie et ont une certaine efficacité en post infection pour la tavelure du pommier. En pratique, la résistance au lessivage n’est pas si différente des autres produits et la redistribution au feuillage déployé après l’application est faible. Les différentes familles se distinguent par le spectre des maladies qu’elles peuvent contrôler et leur site d’action sur les champignons visés.

Comme leur nom l’indique, les produits à mode d’action unisite agissent seulement sur un aspect du métabolisme des agents pathogènes (mode d’action) et sont plus sujets au développement de la résistance. La résistance se propage parce que des individus naturellement présents dans la population ont un métabolisme différent qui contourne l’effet fongicide. À chaque mode d’action correspond un mécanisme de résistance qui est généralement indépendant des autres. Les populations devenues résistantes à une famille de produits sont sensibles aux autres familles. Par contre, les populations peuvent éventuellement devenir résistantes à plusieurs familles de produits.

Pour simplifier le choix des produits, les matières fongicides sont classées par le FRAC (Fungicide Resistance Action Committee) et c’est cette classification qui est utilisée dans le Guide. Les populations résistantes à un produit sont résistantes à tous les autres produits de la même famille.

Les problèmes de résistance ont un impact concret sur la gestion de la tavelure et le même principe s’applique au blanc du pommier et éventuellement aux autres maladies, notamment le complexe suie-moucheture. Les individus résistants peuvent soit remplacer rapidement toute la population (résistance qualitative), soit s’accumuler graduellement dans la population (résistance quantitative). En cas de résistance qualitative, la perte d’efficacité est brutale (ex.: benzimidazole, QoI) alors que la perte d’efficacité est graduelle quand la résistance est quantitative (ex. : dodine, IBS). Le type de résistance rencontré pour la tavelure est indiqué pour chaque classe de produit lorsque connu. La progression de la résistance est irréversible pour toutes les catégories de produits. Les individus résistants persistent dans la population même en absence de traitement.

Pour éviter l’accumulation des individus résistants, il est recommandé d’éviter les traitements de secours, de traiter dans les meilleures conditions en maintenant la dose recommandée, de limiter le nombre d’applications par saison pour une même famille et de faire la rotation entre les familles de produits unisites. Les mélanges de produits peuvent aussi ralentir la résistance et la fiche sur les Mélanges de fongicides leur est consacrée. Il est possible d’éviter d’avoir à gérer la résistance en utilisant seulement des produits multisites efficaces contre la maladie visée.

Traitements de secours

Les produits sujets à la résistance ne devraient jamais être appliqués dans les vergers où des symptômes de la maladie sont déjà apparents. Les traitements sur taches de tavelure déclarées, ou dans les vergers envahis de blanc dans le but de « brûler » les symptômes sont efficaces à court terme, mais accélèrent invariablement la sélection des individus tolérants ou résistants. Les traitements de secours ont conduit à la résistance de la tavelure envers la dodine (SYLLIT) et la résistance du blanc aux IBS. En présence de symptômes, il est toujours préférable de recourir à des traitements avec des produits multisites.

Conditions de traitement

Comme tous les produits unisites sont absorbés par la plante, leur efficacité ne dépend pas seulement de la dose appliquée, mais aussi de la dose réellement absorbée par la plante. L’absorption dépend des conditions de séchage. Pour maximiser l’efficacité des traitements, toutes les conditions doivent être réunies pour favoriser l’absorption. En outre, les traitements unisites ne doivent jamais être réalisés pendant la pluie. D’autres restrictions existent selon la catégorie de produits et leur sensibilité aux conditions d’absorption. Les traitements réalisés avec des produits unisites dans de mauvaises conditions (pluie, froid) sont généralement beaucoup moins efficaces que les traitements avec des produits multisites appliqués dans des conditions similaires. En plus des pertes directes liées à un mauvais traitement, les traitements inefficaces entraînent invariablement une pression de sélection accrue pour la résistance. Cette sélection est d’autant plus rapide quand les doses appliquées sont coupées.

Guanidines (FRAC U12)

La dodine est le seul fongicide de la famille des guanidines (FRAC U12) homologué dans la pomme (depuis 1957) et n’est efficace sur le pommier que pour réprimer la tavelure. Il est encore largement utilisé dans la plupart des pays européens. Initialement commercialisé sous le nom de CYPREX, c’est à la fois un fongicide de contact et un fongicide systémique local. La dodine est efficace en protection et en post infection jusqu’à 300 degrés-heures après le début de l’infection, soit environ 36 h après le début de la pluie. L’absorption de la dodine est rapide et le produit peut être appliqué sur du feuillage mouillé ou à basse température. Cependant, la dodine est parfois sujette à causer une phytotoxicité sur fruits quand le séchage est très lent ou quand la température est près du point de congélation. Comme tous les produits sujets à la phytotoxicité, il est recommandé d’éviter de l’utiliser pendant la période de sensibilité critique des fruits juste après la floraison (voir la fiche sur Le roussissement). Pour réduire davantage les risques, il faut le pulvériser lors de bonnes conditions de séchage assez rapide. La dodine est compatible en mélange avec l’huile.

Les guanidines modifient la perméabilité sélective des membranes cellulaires des champignons pathogènes. Malgré ce mode d’action assez complexe, un usage répété a démontré qu’elles sont sujettes à la propagation de souches résistantes de tavelure, notamment lorsqu’utilisées après l’apparition des symptômes. Pour cette raison, les guanidines sont classées dans la catégorie « à risque » parmi les autres produits unisites. La résistance à la dodine est relativement fréquente depuis plusieurs décennies1, mais comme son développement est plus lent que pour les autres produits et que la perte d’efficacité est graduelle (résistance quantitative), la dodine peut s’avérer une alternative utile à d’autres familles de produits devenus inefficaces. Même si le produit a perdu son efficacité moins de 10 ans après l’homologation dans certains vergers1, dans les vergers où l’usage a été moins intensif, le produit est resté efficace. C’est le cas dans la plupart des vergers en Europe et dans une forte proportion de vergers au Québec2.

EQUAL 65 WP, CYPREX : Produits retirés. Ces produits étaient des poudres mouillables, plus phytotoxiques que les formulations modernes. Les données d’efficacité de ces produits restent pertinentes, mais pas les rapports sur la phytotoxicité qui sont en partie liées à la formulation.

SYLLIT 400 FL (dodine) : Formulation moderne de la dodine. L’étiquette canadienne stipule une dose minimale de 700 g/ha de matière active (1,75 L/ha) alors qu’en France, la dose maximale autorisée de 680 g/ha de matière active est jugée très efficace.

Benzimidazoles (FRAC 1)

Cette famille de fongicides génériques a vu le jour dans les années 1960 et a été popularisée dans la pomme avec l’arrivée du benomyl (BENLATE), disparu depuis 2001. Les benzimidazoles bloquent la division cellulaire et nucléaire (mitose) des pathogènes visés. Ils sont très sujets au développement de la résistance, au point où tout le système de classification de la résistance (FRAC) débute avec eux (groupe 1). La perte d’efficacité due à la résistance est aussi soudaine que brutale pour toutes les maladies visées (résistance dite qualitative). Le thiophanate-méthyl originellement vendu sous le nom « EASOUT », TOPSIN-M aux USA et maintenant SENATOR au Canada, est le seul produit de cette famille encore homologué pour des traitements en verger. Le MERTEC (thiabendazole) est issu de la même famille et est encore homologué pour les traitements post-récolte, malgré la résistance généralisée des maladies qu’il est censé réprimer. Les benzimidazoles sont très toxiques aux vers de terre, mais également toxiques aux abeilles, aux oiseaux et à d’autres organismes3 et leur usage est parfois interdit pour cette raison. L’usage répété des benzimidazoles est aussi néfaste aux prédateurs d’acariens.

SENATOR 70WP (thiophanate-méthyl) : Le SENATOR est homologué pour la tavelure et le blanc du pommier. La résistance de la tavelure aux benzimidazoles est généralisée et son usage n’est plus recommandé pour cette maladie depuis plusieurs années. Les mélanges ne peuvent pas rétablir l’efficacité du SENATOR et reviennent à compter seulement sur le produit en mélange. Il est possible que le thiophanate-méthyl soit encore efficace pour réprimer le blanc (voir la fiche sur Le blanc du pommier), mais les risques de développement de la résistance sont élevés. Par contre, SENATOR est très efficace contre la suie-moucheture même si cette maladie n’apparaît pas sur l’étiquette. Le SENATOR est incompatible avec la bouillie soufrée et toutes les bouillies alcalines. Délai d’application avant récolte de 1 jour.

IBS (FRAC 3)

Ces fongicides sont également appelés IBE (pour inhibiteurs de la biosynthèse des ergostérols) ou SI ou SBI (pour inhibiteurs de la biosynthèse des stérols en anglais). Ils forment un grand groupe de fongicides comprenant différentes classes et familles. Les IBS provoquent l’inhibition d’enzymes impliqués dans la synthèse des stérols, entraînant une perturbation du fonctionnement et de la formation des membranes cellulaires des champignons. En pomiculture, tous les IBS homologués se trouvent dans le groupe « G1 », DMI (SBI : classe 1, inhibiteurs de déméthylation) et sont tous sujets à une résistance croisée (code FRAC 3). Cependant, la résistance n’est pas parfaitement corrélée et des variations importantes sont observées.  Différents IBS ont été homologués au cours des années. Au Canada, le fenarimol (pyrimidine, RUBIGAN ou VINTAGE aux États-Unis), le triforine (piperazines, FUNGINEX) et les triazoles, soit le bitertanol (BAYCOR), le myclobutanil (NOVA), le flusilazole (Nustar), le flutriafol (FULLBACK), le difenoconazole (INSPIRE) et finalement le mefentrifluconazole (CEVYA) ont été commercialisés. L’efficacité des IBS pour réprimer la tavelure a été augmentée avec chaque nouvelle génération de produits jusqu’au difenoconazole. Par contre, la résistance naturellement présente des champignons s’est aussi graduellement accrue avec l’usage et l’efficacité générale de chaque IBS a diminué progressivement. Une longue période d’utilisation du myclobutanil (NOVA), souvent à des doses faibles, a accéléré la perte d’efficacité des IBS. Le difenoconazole (INSPIRE) et le mefentrifluconazole (CEVYA) sont les seuls IBS encore recommandables pour réprimer la tavelure dans les vergers où le NOVA a été utilisé.

Les IBS ont une activité systémique locale translaminaire. Ils sont absorbés par la cuticule et redistribués au sein des feuilles traitées. La répartition ou redistribution du fongicide est limitée à une certaine surface autour de son point de contact. Une fois déposé sur la surface foliaire, le produit est absorbé en une heure. Les IBS sont néanmoins très sensibles aux conditions d’absorption. L’absorption des IBS est limitée à basse température et aucun traitement IBS n’est recommandé quand la température est inférieure à 12 °C.

Les IBS ont une activité systémique locale translaminaire. Ils sont absorbés par la cuticule et redistribués au sein des feuilles traitées. La répartition ou redistribution du fongicide est limitée à une certaine surface autour de son point de contact. Une fois déposé sur la surface foliaire, le produit est absorbé en une heure. Les IBS sont néanmoins très sensibles aux conditions d’absorption. L’absorption des IBS est limitée à basse température et aucun traitement IBS n’est recommandé quand la température est inférieure à 12 °C.

De par leur mode d’action, les IBS sont peu efficaces en protection puisqu’ils agissent seulement après la germination du champignon4. Ils sont par contre très efficaces après la pluie en post infection et peuvent arrêter la progression du champignon sous la cuticule des feuilles plusieurs jours après la pluie. En absence de résistance, ils peuvent être utilisés jusqu’à 1000 degrés-heures après le début de l’infection, soit environ 96 h après le début d’une pluie. Passé ce délai, leur efficacité diminue, mais reste mesurable quoique insuffisante. Les IBS ne tuent pas le champignon en croissance, mais le freinent. Ils sont donc techniquement « fongistatiques » et non « fongicides ». Conséquemment, une certaine résurgence a lieu en fin de saison et le champignon peut survivre d’une année à l’autre.

En absence de résistance dans les populations de champignons, les IBS sont efficaces contre une gamme variée de champignons incluant plusieurs maladies usuelles du pommier (tavelure, blanc), mais aussi des maladies pour lesquelles des traitements ne sont habituellement pas requis en PFI (ex. : rouille). L’efficacité contre chacune des maladies est variable selon le produit. Les IBS très efficaces contre la tavelure sont généralement moins efficaces contre le blanc et réciproquement. Par ailleurs, les premiers IBS n’avaient à peu près aucune efficacité contre la suie-moucheture (SBFS) alors que le difénoconazole est très efficace contre cette maladie.

Dans les vergers où les IBS sont encore efficaces contre la tavelure, leur utilisation en mélange est à considérer pour les traitements en post infection, en tenant compte du mode d’action. Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides. L’utilisation du FULLBACK (ou du NOVA) pour lutter contre le blanc pourrait potentiellement accélérer la résistance de la tavelure et mettre en péril l’efficacité des IBS encore efficaces contre cette maladie. Outre leur efficacité comme fongicides, les IBS ont souvent un effet hormonal sur le pommier. Cet effet est variable selon les molécules.

CEVYA (mefentrifluconazole) : Aussi connu comme Revysol (BAS-750-07F, BAS-752). Homologué au Canada en 2019 pour la saison de croissance 2020. Efficacité contre la tavelure équivalente ou légèrement moindre que INSPIRE5,6. La compagnie allègue que le produit est efficace contre les souches tolérantes aux IBS, mais les données ne sont pas publiées. Peu efficace contre le blanc à moins d’être bien synchronisé.

FULLBACK (flutriafol) : Homologué au Canada en 2014, ce produit est connu aux États-Unis sous le nom TOPGUARD ou RHYME. Cet IBS est très efficace contre le blanc du pommier. Par contre, son efficacité pour réprimer la tavelure est moindre5,6, notamment dans les vergers où la tavelure est tolérante au NOVA. Le produit n’est d’ailleurs pas recommandé seul pour réprimer la tavelure.

FUNGINEX (triforine) : Homologué au Canada seulement sur les pommiers non en production. Le triforine inhibe en partie la mise à fruit7.

NOVA 40W (myclobutanil) : Ce fongicide a été initialement commercialisé par Dow Chemicals. Son efficacité pour la tavelure est compromise par la résistance et le produit n’est plus recommandé dans la plupart des vergers. Les résultats d’essais récents illustrent que ce produit est moins efficace que les nouveaux IBS pour réprimer la tavelure6.  Ce fongicide doit être utilisé en mélange avec un fongicide de contact à partir de la floraison car il est peu efficace pour empêcher la tavelure sur les fruits. Il s’avère toutefois un excellent fongicide pour réprimer le blanc.

NUSTAR (flusilazole) : Fongicide jadis commercialisé par la compagnie Dupont. À la dose homologuée, le flusilazole pouvait réprimer efficacement les populations de champignons devenues tolérantes au myclobutanil. Retiré du marché après la saison 2011 même si l’homologation est restée valide jusqu’en 2018.

INSPIRE (difénoconazole) : IBS homologué par la compagnie Syngenta. Le difénoconazole est la molécule de cette famille la plus efficace contre la tavelure du pommier. Néanmoins, des souches tolérantes au difénoconazole sont fréquemment trouvées. Dans les vergers où la résistance au NOVA est bien installée, INSPIRE peut être utile si la pression de la maladie n’est pas trop forte, par exemple sur des cultivars moins sensibles que McIntosh. Par ailleurs, l’efficacité du INSPIRE est limitée pour réprimer le blanc. Efficace contre la suie-moucheture. Le INSPIRE est graduellement remplacé par le mélange INSPIRE SUPER.

INSPIRE SUPER : Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides.

AP (FRAC 9)

Les fongicides du groupe des anilinopyrimidines (AP) provoquent l’inhibition de la synthèse de la méthionine (acide aminé) chez les pathogènes visés. Dans d’autres cultures, les AP sont surtout utilisés contre les champignons apparentés au Botrytis, mais ils ont aussi une assez bonne activité contre la tavelure du pommier. Cependant, les résultats sont variables. Dans une stratégie en « protection » ils ne sont pas recommandables8. Pour la tavelure, les AP sont efficaces jusqu’à 450 degrés-heures après le début de l’infection et perdent 50% de leur efficacité lorsqu’appliqués 750 degrés-heures après le début de la pluie. Les AP ne sont pas efficaces contre le blanc.

Pour être efficaces, les traitements avec AP doivent être absorbés par le feuillage. Leur systémie est locale (translaminaire). Les AP sont notamment présumés bien absorbés à basse température et sont préconisés en début de saison. Par contre, la période de séchage est critique pour assurer l’efficacité des produits de cette famille. Il faut compter deux heures de séchage pour garantir l’efficacité. Les AP ne répriment pas la tavelure sur fruits et ne sont donc pas recommandés après la floraison9. Les lacunes des AP en été sont bien documentées10.  Bien que la résistance croisée entre les AP (groupe 9) et les IBS (groupe 3) ne soit pas démontrée, leur efficacité pourrait être réduite dans les vergers où il y résistance aux fongicides de la famille des IBS. Les deux molécules homologuées dans ce groupe sont d’efficacité équivalente lorsqu’utilisées à la dose homologuée.

VANGARD 75WG (cyprodinile) : Premier fongicide de la famille des AP homologué au Canada (1998). Le produit existe aussi dans d’autres pays, notamment en Europe sous le nom de CHORUS.

SCALA (pyriméthanil) : Outre son homologation préflorale, le SCALA peut être utilisé avant la récolte pour réprimer les maladies comme le Botrytis et le Penicillium.

IMPALA (pyriméthanil) : Formulation générique de pyrimethanil identique à SCALA.

INSPIRE SUPER : Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides.

QoI (FRAC 11)

Ce groupe de fongicides est le résultat d’une fusion des strobilurines et d’autres produits fongicides apparentés. Les QoI sont des produits relativement récents (1996) qui sont des dérivés d’un extrait de champignon naturellement fongicide. Ils agissent en causant l’inhibition de la respiration mitochondriale des cellules et sont efficaces contre une gamme variée de champignons. Les QoI sont très sujets à la résistance et cette résistance peut prendre différentes formes. Dans certains cas, la première résistance aux QoI qui apparaît est graduelle mais par la suite dans tous les cas une résistance très brutale (résistance qualitative) s’installe et les traitements peuvent soudainement perdre toute efficacité. Dans certains pays, la résistance est apparue après seulement quelques années d’usage modéré10.

En absence de résistance, leur spectre d’activité comprend toutes les maladies usuelles en pomiculture, incluant la tavelure, le blanc et le complexe suie-moucheture.

Ces produits ont une forte affinité pour la cuticule des plantes. Les QoI homologués dans la pomme ne sont pas systémiques4, ne sont pas stables dans la feuille et ont en général un faible mouvement translaminaire4. Sur pommier, leur activité translaminaire est quand même assez bonne11 pour protéger les surfaces non traitées.  Les QoI sont redistribués localement à la surface des feuilles par diffusion dans la cuticule. En principe, les QoI peuvent aussi s’évaporer et protéger des feuilles non touchées par la bouillie pesticide. Cependant, ils sont peu volatiles4 et l’effet est négligeable en conditions normales.

Comme ils inhibent la germination des spores4, ils ont d’excellentes propriétés de protection. Leur efficacité en post infection est maximale jusqu’à 427 degrés-heures, soit environ 48 h depuis le début de la pluie11. Même s’ils ont un effet reconnu en post-infection4,11, les QoI ne sont pas recommandés en post-infection en Europe.

Les QoI ont des effets physiologiques utiles à la plante. Ils aident à la photosynthèse, à l’assimilation des engrais et améliorent la résistance au gel. La pyraclostrobine (ex : MERIVON) appliqué avant un gel très léger pendant la floraison peut atténuer les dommages.

Par contre, les QoI ont aussi tendance à provoquer une phytotoxicité soit sur pommiers ou sur vigne. Les produits homologués sur la pomme sont donc souvent phytotoxiques sur la vigne et inversement. En pomiculture, il faut donc user d’une prudence extrême dans les sites à proximité des vignobles et des autres cultures où des fongicides de type QoI sont utilisés. Une dérive très faible du fongicide azoxystrobine (Quadris, Abound) utilisé dans plusieurs cultures peut provoquer des symptômes graves12 sur pommiers. Le partage d’équipement entre les cultures est impossible puisque même un nettoyage approfondi du pulvérisateur n’est pas suffisant pour éviter la phytotoxicité.

Les dommages varient selon le cultivar touché et sont importants notamment sur McIntosh, Gala, Spartan et Cortland, mais pas sur la Délicieuse rouge. La sévérité des dommages dépend du stade phénologique.

SOVRAN (krésoxim-méthyl) : Commercialisé par BASF, premier QoI homologué dans la pomme au Canada (2000). Selon la dose utilisée, ce produit est moins efficace que FLINT. Il faut au moins 280 g/ha de SOVRAN pour obtenir une efficacité comparable à FLINT à 140 g/ha. De plus, le SOVRAN est plus sujet à la résistance graduelle que le FLINT. Phytotoxique sur cerises.

FLINT (trifloxystrobine) : Commercialisé au Canada par Bayer depuis 2004. La résistance aux QoI est responsable de pertes d’efficacité en Ontario depuis 2011. Homologué jusqu’à 175 g/ha.

MERIVON de BASF (pyraclostrobine + fluxapyroxad) : Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides.

PRISTINE de BASF (pyraclostrobine + boscalid) : Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides.

SDHI (FRAC 7)

Les SDHI (succinate dehydrogenase inhibitors) du groupe des carboxamides constituent la dernière famille de produits unisites homologués dans la pomme. Différents produits contenant un SDHI sont homologués au Canada. Les SDHI ont une forte affinité pour la cuticule des feuilles et sont en partie absorbés. La portion absorbée est supposée systémique localement (translaminaire). Le premier SDHI (boscalide, contenu dans PRISTINE) n’avait pas d’efficacité reconnue contre la tavelure, mais les SDHI homologués par la suite incluent la tavelure dans leur spectre d’efficacité. Pour la tavelure, les nouveaux SDHI sont efficaces en protection et ont une efficacité en post infection d’environ 450 degrés-heures, soit environ 48 h depuis le début de la pluie. Certaines étiquettes (ex. : Luna Tranquility) qui incluent un SDHI en mélange peuvent indiquer une plus longue période d’activité en post infection, mais l’effet est obtenu par le partenaire de mélange et non le SDHI. Les fongicides SDHI sont également efficaces contre le blanc et d’autres maladies mineures comme la suie-moucheture.

Comme tous les SDHI sont à risque élevé de résistance (FRAC 7), il est important d’adopter une stratégie de gestion de la résistance avant leur utilisation généralisée.

APROVIA (benzovindiflupyr) : Produit homologué par Syngenta et commercialisé à partir de 2016. Cette molécule est la plus efficace du groupe pour réprimer la tavelure du pommier. Par contre, Aprovia n’a aucune efficacité contre le blanc (Cox, Cornell).

APROVIA TOP (benzovindiflupyr + difenoconazole) : Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides.

EXCALIA (Inpyrfluxam (31,25 %)) : Produit homologué (2020) par Valent/Nufarm, la molécule est aussi connue sous le nom de « indiflin ». À la dose homologuée au Canada, EXCALIA n’est pas très efficace contre la tavelure11. Le traitement doit être complété au moins une heure avant la pluie, deux heures selon la documentation technique de Valent. La dose prescrite varie entre 146 et 219 mL/ha selon la pression de la maladie. L’intervalle minimal entre les applications est de 10 jours et seulement deux applications sont permises par année. De plus, le délai avant récolte empêche tout usage après la chute des pétales. L’étiquette précise qu’un minimum de 500 L/ha est requis lors de l’application, mais les applications à volume réduit fonctionnent. Un adjuvant (ex. : Xiameter, Silwet) est requis contre le blanc, mais les tensioactifs comme Liberate ou LI-700 peuvent nuire à l’efficacité. Selon les tests de Cornell, EXCALIA n’a aucune efficacité contre le blanc du pommier.

FONTELIS (penthiopyrad) : Le premier « SDHI » à voir le jour au Canada (2012) pour réprimer la tavelure. À la dose homologuée au Canada, le produit est très efficace pour la tavelure11 et le blanc du pommier (Cornell). La formulation de FONTELIS (Dupont) contient de l’huile qui peut engendrer des problèmes lors de l’utilisation conjointe avec le CAPTAN13–15. Le Fontelis ne doit pas être mélangé avec les produits d’éclaircissage15.

KENJA (isofetamid) : Peu de données comparatives. Homologué en 2018. Molécule de ISK. Homologué pour la tavelure à la dose de 0,913 L/ha. Pas homologué contre le blanc.

LUNA PRIVILEGE (fluopyram) : La gamme Luna (Bayer) a d’abord été homologuée en mélange (voir Luna Tranquility). En 2016, la molécule active a été homologuée seule. Dans plusieurs tests, cette molécule s’est avérée la moins efficace du groupe contre la tavelure, notamment lors d’un sondage sur la résistance au Canada. Par contre, les produits LUNA sont efficaces contre le blanc.

LUNA TRANQUILITY (fluopyram + pyrimethanil) : Mélange d’un SDHI avec un AP. Voir la   sur les Mélanges de fongicides.

MERIVON de BASF (pyraclostrobine + fluxapyroxad) : Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides.

MIRAVIS DUO (pydiflumetofen + difenoconazole) : Aussi connu sous le nom de technologie « Adepidyn » Homologation Syngenta. Mélange d’un fongicide du groupe 7 avec un groupe 3. Peu efficace contre le blanc, mais homologué contre la suie-moucheture. Maximum de 2,34 L/ha par saison. Pour une dose non optimisée de 0,585 L/ha, 4 applications sont permises (voir résistance). Délai avant récolte d’un mois. Similaire à Aprovia Top. Voir la   sur les Mélanges de fongicides.

PRISTINE : Voir la fiche sur les Mélanges de fongicides.

SERCADIS (fluxapyroxad) : Molécule de BASF, aussi connu sous le nom de XEMIUM selon les pays et marchés. Cette molécule est aussi vendue sous le nom MERIVON (voir la fiche sur les Mélanges de fongicides). Le mélange n’est pas plus efficace que Sercadis16 contre la tavelure. Sercadis est très efficace contre le blanc. L’étiquette mentionne que l’utilisation d’un surfactant non-ionique (0,125 % v/v) est recommandée.

POLYOXINS (FRAC 19)

Les polyoxins (polyoxorim) tuent les champignons en inhibant la formation de la chitine (chitine synthase) qui est une composante essentielle des parois cellulaires des champignons pathogènes. Cette molécule fongicide d’origine naturelle est fabriquée par une bactérie actinomycète (Streptomyces cacaoi var asoensis). Cependant, la molécule est modifiée pour la rendre moins soluble. Les produits homologués (ex. : Oso (Certis), PH-D (Arysta)) ne sont pas automatiquement admissibles en production biologique (OMRI)17.  Vérifiez avec votre organisme de certification. Les polyoxins ont une efficacité limitée contre la tavelure du pommier et ne sont pas utiles contre cette maladie. Un seul produit de ce groupe est homologué au Canada pour la répression partielle du blanc. Cependant, le polyoxin D serait efficace contre la suie-moucheture en été et est homologué aux États-Unis contre une gamme variée de maladies secondaires (ex. : rouille, alternariose, pourriture du cœur, pourriture du calice, pourriture noire, Marssonina).

Le OSO (5 % actif, comme Diplomat) est recommandé aux USA en été à la dose de 19,5 oz/A, soit 1,4 L/ha).

DIPLOMAT 5SC (polyoxin D zinc salt 5%) : La dose homologuée est comprise entre 259-926 mL/ha. Ajustez la dose selon la dimension des arbres, mais tenez compte que la dose homologuée au Canada est plus faible que celle utilisée dans les essais américains. Compte tenu de son efficacité limitée, ce produit n’est pas jugé utile en PFI pour réprimer le blanc mais son efficacité contre la suie-moucheture est notable même si cette maladie n’apparait pas sur l’étiquette au Canada.

PYRIDINAMINE (PYRIDINE) 18,19 (FRAC 29)

Un seul fongicide du groupe 29 (fluazinam) est homologué sur pommiers. Les risques de résistance à ce groupe sont faibles.

ALLEGRO 500F (40 % fluazinam) : Le fluazinam est un fongicide développé dans les années 1980. Fongicide à large spectre qui inhibe la germination et la croissance mycéliale des spores. À l’origine, le fluazinam n’était considéré efficace qu’en protection18. Cependant des tests en laboratoire11, en serres20 et en verger21 ont démontré une efficacité en post infection contre la tavelure. Le fluazinam est absorbé par les feuilles et a une activité translaminaire sur pommiers11 et n’est donc probablement pas lessivé par la pluie. Le renouvellement des traitements est donc en fonction de la croissance. Ce produit est homologué et efficace en prévention pour réprimer la tavelure du pommier21,22, le complexe suie-moucheture et des maladies mineures comme les rouilles, l’alternariose, la pourriture noire, les pourritures estivales (gloesporiose) et le Brooks spot (Mycosphaerella pomi), mais pas contre le blanc. Son utilité pour les maladies mineures est limitée par le délai avant récolte de 28 jours.

Pour la tavelure, l’efficacité à la dose maximale homologuée de 1 L/ha (400 g actif par hectare) laisse une marge de manœuvre pour la réduction des doses. De très bons résultats sont possibles avec 300 g ai/ha8, ce qui correspond à la dose terrain suggérée par la fiche 48.  L’étiquette indique qu’un minimum de 1000 L/ha est requis pour la pulvérisation, mais cette recommandation n’est pas nécessaire et les traitements peuvent être faits à volume réduit comme pour les autres produits. Allegro est régulièrement utilisé à volume réduit lors des tests sur pommiers à l’IRDA.  L’utilisation régulière d’ALLEGRO à la dose maximale réprime partiellement les populations d’acariens phytophages (tétranyque rouge, à deux points, ériophyide)18, mais n’aurait pas d’impact sur les prédateurs21. Le produit est incompatible avec les traitements d’huile23. En PFI, le produit est classé rouge en lien avec l’indice santé alors qu’il est classé « à risques réduits » par l’ARLA.

DHODHI (FRAC 52)

Nouvelle homologation en 2022. Aucune résistance croisée avec les autres familles FRAC.

KINOPROL 20SC (ipflufenoquin 20%)24 :  Données disponibles limitées, mais serait efficace contre la tavelure et le blanc. 355 mL/ha 3 applications maximum par année. Délai de récolte de 14 jours.

 

Références

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Cette fiche est une mise à jour de la fiche originale du Guide de référence en production fruitière intégrée à l’intention des producteurs de pommes du Québec 2015. © Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Reproduction interdite sans autorisation.